2018/18: De chair et de sang, John HARVEY

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Après 30 ans de bons et loyaux services dans la police de Nottigham, l’inspecteur principal Franck Elder a donné sa démission. Il s’est réfugié dans un cottage en Cornouailles, mais le passé continue de la hanter. Il ne s’est jamais remis d’une affaire non élucidée: la disparition, en 1998, d’une adolescente nommée Susan Blacklock. Deux psychopathes condamnés à l’époque pour le viol et le meurtre d’une autre jeune fille restent pour l’inspecteur des suspects idéaux. Apprenant que l’un d’eux va bénéficier d’une libération, Franck Elder s’intéresse de nouveau à l’affaire Blacklock. Il ne se doute pas qu’il va plonger jusqu’au cou dans un drame auquel sera mêlée sa propre famille.

Shane Donald va bénéficier d’une libération conditionnelle. Il y a quelques années, Shane et Alan ont enlevé, violé et tué une adolescente. Franck Elder, à l’époque, recherchait une autre jeune fille, Susan, disparue dans des conditions similaires. Malgré son enquête, Elder n’a pas pu prouver la culpabilité de Shane et Alan dans cette seconde disparition. Alors bien sur, quand il apprend la libération de Shane, Elder replonge dans son passé et recommencer à chercher… Il va sortir de sa retraite pour trouver enfin les réponses qu’il n’a pas trouvées autrefois. D’autant qu’une nouvelle jeune fille va disparaître, du même âge que la sienne.

Un très bon polar, dans lequel j’ai littéralement plongé. Un bon rythme, du suspens, ce qu’il faut de rebondissements et de surprises. Le personnage de Shane Donald est intéressant et ambigu, et l’auteur ne se gêne pas pour en jouer et nous balader… Des interrogations quant aux victimes et aux bourreaux, des remises en question.

Ce roman est le premier d’une série que vous retrouverez forcément ici.

 

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2018/17: Luz, Marin LEDUN

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Premier dimanche des vacances d’été. Luz claque la porte de chez elle, furieuse après ces adultes qui restent à table jusqu’au milieu de l’après-midi, qui rient et qui boivent trop. Légèrement grisée par le soleil brûlant, l’adolescente gagne les rives de la Volte où se prélassent des groupes de baigneurs. Elle rencontre thomas, un élève de troisième qu’elle connaît peu mais qui lui plaît, accompagné d’une amie. Tous les trois décident de se rendre jusqu’à un point d’eau difficile d’accès, mais beaucoup moins fréquenté. Là où la nature devient dangereuse, les rencontres aussi…

Luz, quatorze ans, part vite de chez elle pour aller se baigner à la rivière, laissant derrière elle les adultes avinés encore attablés dans le jardin, pendant que sa mère et sa tante font la vaisselle et rangent la maison. Elle fuit surtout le voisin, ami de son père, dont le comportement équivoque la met très mal à l’aise. Elle retrouve près de la rivière Thomas et Manon, une élève de sa classe. Une fois installés au fameux point d’eau, au regret de Luz, des amis de Thomas s’incrustent. La bière coule à flot, la jeunesse n’est pas sérieuse… Mais voilà, tout ne va pas se passer comme espéré…

Un roman court (158 pages, Editions J’ai Lu) mais prenant, que je qualifierais de roman à suspens jeunesse. Un roman agréable, qui décrit les incertitudes et les contradictions d’une adolescente en pleine découverte d’elle-même. Luz n’est pas encore capable de gérer le désir qu’elle peut provoquer chez les garçons, mais pourtant son envie de plaire et de séduire la taraude. Comment se donner une attitude cool tout en restant sage? Donner libre court à son envie de liberté et d’émancipation tout en se préservant des mauvaises surprises ou des mauvais comportements? Difficile finalement de céder aux tentations…

Un petit roman intéressant.


2018/16: Je sais pas, Barbara ABEL

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C’est le grand jour de la sortie en forêt de l’école maternelle des Pinsons: un avant-goût de vacances. Tout se déroule pour le mieux jusqu’au moment du retour, quand une enfant manque à l’appel. Emma, cinq ans, a disparu. C’est l’affolement général. Que s’est-il passé dans la forêt? A cinq ans, on est innocent. Pourtant, ne dit-on pas qu’une figure d’ange peut cacher un cœur de démon?

Sortie scolaire aux Pinsons: journée en forêt, pique-nique, jeux. Mais voilà, à l’heure de rentrer, Emma est introuvable. Emma, cinq ans, une enfant désagréable, capricieuse. Trois des instituteurs partent à sa recherche. Quand deux d’entre eux reviennent bredouilles, la directrice appelle la police. Lorsque les secours arrivent sur place, Mylène, l’institutrice d’Emma, n’est toujours pas revenue. Quand, enfin, quelques heures plus tard, Emma est retrouvée, saine et sauve, elle porte autour du bras le foulard de Mylène. Pourtant, de Mylène, toujours pas de trace. Qu’est-elle devenue? Que s’est-il passé durant cette poignée d’heures durant lesquelles la jeune femme et l’enfant étaient perdues? Emma a-t-elle rencontré Mylène? Quand elle est interrogée, Emma ne répond qu’une chose: « Je sais pas ». Alors commence un terrible compte à rebours: Mylène est diabétique. Si elle n’a pas sa dose d’insuline rapidement, elle mourra. La course contre la montre s’engage…

Si tu lis ces chroniques de temps en temps, tu sais que j’aime bien Barbara Abel. Elle fait partie de ces auteurs que j’affectionne. Ce dernier roman ne dément pas mon addiction. C’est très bon. J’aime son écriture. J’aime la façon dont elle construit ses personnages, la profondeur qu’elle leur donne. Ils vivent au-delà de sa plume. Et puis Barbara Abel a cette façon de raconter… Elle sait donner l’importance qu’il faut aux détails essentiels sans non plus qu’ils ressortent trop. Elle sait parfaitement distiller ses effets, faire doucement monter l’angoisse. On a juste l’impression d’y être aussi. Ils se vivent, ces romans…

Une fois de plus, j’ai été complètement embarquée dans cette histoire. La narration est très juste, très fine et subtile.

Je ne peux que te conseiller vivement de lire ce roman.

 


Bloody Fleury 2018

Coucou tous!

Voici mon butin ramené du salon Bloody Fleury le week-end dernier. Une bonne pêche…

 

Bilan: 11 livres neufs dédicacés, 7 poches d’occasion et 2 numéros du magazine Sang Froid.


2018/15: Vous connaissez peut-être, Joann SFAR

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Au début il y a cette fille, Lili, rencontrée sur Facebook. Ca commence par « vous connaissez peut-être », on clique sur la photo du profil et un jour on se retrouve chez les flics. J’ai aussi pris un chien, et j’essaie de lui apprendre à ne pas tuer mes chats. Tant que je n’aurai pas résolu le problème du chien et le mystère de la fille, je ne tournerai pas rond. Ca va durer six mois. Ce roman fait suite à « Comment tu parles de ton père ». On y trouve quelques portraits de femmes, et un portrait de chien. C’est une enquête. Tout est vrai sinon ce n’est pas drôle.

Bon, Lili et les relations virtuelles n’occupent finalement qu’une petite moitié de ce livre. L’autre moitié est emplie de digressions, d’anecdotes diverses en rapport avec ses anciennes maîtresses et quelques amis, et surtout Le Chien… Il est beaucoup question de ce chien tout de même…

Quelques longueurs, sur des petits épisodes du quotidien de l’auteur qui n’ont pas plus d’intérêt que ça. Il y a une grosse part d’introspection tout de même… Un certain nombre de réflexions plus ou moins bienvenues. J’avoue que certaines anecdotes m’ont bien fait rire.  Quant à Lili… Elle est une sorte de fil rouge, qui revient régulièrement entre les pensées de l’auteur.

Bref, une lecture somme tout sympa, mais pas le livre de l’année…

 


2018/14: Au nom de la vie, CETRO

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La suite de « Au nom de l’art ». Ames sensibles s’abstenir.

Au nom de l’art ou de toute autre concept présenté comme étant d’intérêt supérieur (science, patrie, religion, …), certains sont prêts à tout, y compris au pire.
Au nom de la vie, la leur et celle de leurs proches, d’autres sont prêts à se surpasser, jusqu’à se mettre en péril.
Asseyez-vous, préparez votre coeur… et lisez.

Nous retrouvons Soraya, Noah (et les autres) en pleine fuite. Ils se sont séparés pour avoir plus de chances de survivre. C’est une course poursuite folle qui s’engage, avec pleins d’espoirs, de désillusions, de surprises. Des héros insoupçonnés. Des salauds bien campés.

Le rythme reste intense. Il y a moins de descriptions de supplices, l’action est plus centrée sur la fuite de nos victimes et leur traque par ce qu’est devenu Dudule. Quoique l’idée de l’arbre sanguin est … stupéfiante. On en apprend plus sur Edmond et sur ses motivations. Icare se dévoile, Noah aussi. Sinon, j’ai quelques doutes sur le personnage d’Estelle qui me laisse dubitative. Quant à Soraya, elle incarne toutes les figures féminines à la fois.

Donc c’est mordant, prenant, incisif, brutal. Certaines situations paraissent aberrantes mais pourtant ça fonctionne. J’aime!


2018/13: Au nom de l’art, CETRO

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Texte susceptible de choquer . À déconseiller aux âmes sensibles.

L’Art. Jusqu’où certains sont-ils prêts à aller en son nom?
Des familles entières disparaissent, enlevées à leur domicile.
Une horrible machination est mise en place pour satisfaire les appétits déviants de fortunés amateurs d’art.
Soraya, adolescente de 16 ans, sera-t-elle le grain de sable dans ces rouages infernaux?

Soraya est une adolescente rebelle, sauvage, à fleur de peau, qui seul Julien a réussi à apprivoiser. Mais voilà, une nuit, Soraya, sa mère et son petit frère disparaissent sans laisser de traces. D’abord, Julien tourne en rond. Puis, il se met à chercher et suit son instinct. Dont il devrait peut être se méfier…

C’est …. wouah… Décidemment ces derniers temps, je cumule les romans très sombres et très forts! Donc après « Ame à âme » de Christian Perrot et « Danse de sang » de Frédéric Livyns, voici « Au nom de l’art » de Cétro… C’est noir, c’est moche, c’est violent, c’est dégueulasse!

Que de riches mécènes sont -ils prêts à financer pour occuper leur loisirs et satisfaire leur soif d’interdit? Qu’est-ce que des criminels sont-ils prêts à faire pour les sustenter? Jusqu’où sont-ils prêts à aller? Seront-ils capables de défier l’innommable?

Tous les ingrédients sont là, il n’y a pas de temps mort, le rythme est haletant, l’ambiance glauque à souhait. Cétro fait partie de ces auteurs, comme Maxime Chattam, au sujet desquels je me suis dit: heureusement qu’il a choisi d’écrire… Une imagination débordante, diabolique. Les deux scientifiques et l’artiste sont truculents, cruels, géniaux! Les personnages de Soraya, Julien et Noah sont hyper attachants. Les autres… Je te laisse le plaisir de les découvrir.

Mention spéciale pour les personnages de Dudule, et du couple Brigitte et Emmanuel…

Pour moi, c’est un vrai page-turner. Je reviens vite te parler de la suite.