2016/75: L’enfant qui criait au loup, Gunnar STAALESEN

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Avant d’être détective privé, Varg Veum travaillait à la Protection de l’enfance. Trop idéaliste et entier, il avait fini par en être renvoyé. Parmi les enfants qu’il avait essayé d’arracher à un destin déjà écrit figurait Janegutt, dont il s’était occupé à plusieurs reprises. Aujourd’hui devenu adulte et accusé du meurtre de ses parents adoptifs, Janegutt est retranché dans un fjord et ne veut parler qu’à une seule personne: Varg Veum.

Varg Veum a rencontré Janegutt au début de sa carrière à la protection de l’enfance. L’enfant avait deux ans et demi, avait dû être retiré à sa mère droguée et placé. Les deux se rencontreront à plusieurs reprises. Veum fera son possible pour venir en aide à Janegutt. Mais ce ne sera pas aussi simple qu’aurait pu le croire Veum…

Nous allons suivre la vie et les déboires de Janegutt. Nous le retrouverons à des périodes décisives mais critiques de sa vie d’enfant et de jeune homme. Les morts entourent ce pauvre Janegutt, le malheur traîne dans son sillage…

Même si la lecture de ce roman est plaisante, j’ai trouvé certains passages un peu longs. L’avancée de l’histoire est un peu lente. Et l’épilogue me laisse sur ma faim. J’ai trouvé cette fin un peu rapide par rapport au reste du livre qui s’étire quelque peu. Cela reste un polar sombre, qui met le doigt sur la détresse sociale et affective de certains sans non plus rentrer vraiment dans le sujet. C’est plutôt une toile de fond à l’histoire de Janegutt.

Un polar agréable à lire même s’il ne restera pas dans mes préférences.


2016/74: Surtensions, Olivier NOREK

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Cette sœur acceptera-t-elle le marché risqué qu’on lui propose pour faire évader son frère de la prison la plus dangereuse de France? De quoi ce père sera-t-il capable pour sauver sa famille des quatre prédateurs qui ont fait irruption dans sa maison et qui comptent y rester? Comment cinq criminels – un pédophile, un assassin, un ancien légionnaire serbe, un kidnappeur et un braqueur – se retrouvent-ils dans une même histoire et pourquoi Coste fonce-t-il dans ce nid de vipères, mettant en danger ceux qui comptent le plus pour lui? Des âmes perdues, des meurtres par amour, des flics en anges déchus: la rédemption passe parfois par la vengeance…

On est tout de suite mis dans l’ambiance par une plongée dans le milieu carcéral, où nous allons faire la connaissance de quelques détenus. Et aussi d’une bande du crime organisé issue du milieu mafieux corse.

Un polar très efficace. Un rythme rapide, presque nerveux, qui se tient jusqu’à la fin. Aucun temps mort. On est vite pris au piège. Une plume parfaitement maîtrisée, un auteur qui connaît son sujet sur le bout des doigts. Une tension, une fébrilité palpables d’un bout à l’autre, qui jamais ne retombe. J’ai même été en colère contre Olivier Norek, comprendront pourquoi ceux qui ont déjà lu le livre; les autres le découvriront comme moi. J’ai pesté, je vous ai maudit Monsieur Norek, je me suis demandé « mais pourquoi? » « mais non!!! » « mais mais…. »

Bref , une lecture addictive, un livre qui se dévore.

Un gros point noir cependant: j’ai cru comprendre qu’Olivier Norek se dirigerait vers autre chose pour son prochain roman et que donc nous n’aurons plus le plaisir de retrouver Coste et son équipe. C’est peut être d’ailleurs ce qui a motivé en partie l’épilogue de ce roman-ci, sombre et difficile.

Un gros coup de cœur. Un incontournable pour les amateurs de polars.


2016/73: Le premier sang, SIRE Cédric

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Cité les Ruisseaux. Surveillance de nuit. Eva Svärta et Erwan Leroy espèrent enfin faire tomber Ismaël Constantin. Mais le feu ravage son appartement et le caïd meurt brûlé vif. Neuilly-sur-Seine. L’argent, le pouvoir, la beauté… Madeleine Reich avait presque oublié qu’il y avait un prix à payer. Ce soir, les anciennes blessures se rouvrent, et l’heure est venue d’affronter sa peur. Eva, la policière albinos, ne le sait que trop bien: le temps n’a pas de prise sur les liens tissés dans le sang. Surgis de l’ombre, les fantômes du passé réclament leur dû.

Difficile de parler de ce livre sans rien dévoiler de l’histoire. Eva et son collègue sont en planque devant chez Constantin, qui dirige le trafic de drogue du quartier. Ils espèrent trouver de quoi le faire tomber. Mais d’un coup, un incendie éclate qui ravage l’appartement. Constantin n’en sortira pas vivant et les enquêteurs vont faire des découvertes surprenantes. En parallèle, à Neuilly, Madeleine reçoit un avertissement. Comme le dit le 4ème de couv, les anciennes blessures se rouvrent et Madeleine va devoir affronter son passé. C’est là-dessus que s’ouvre le roman.

C’est très sombre, évidemment. Sanglant aussi. Un récit intense et captivant: impossible de le lâcher. Svärta et Vauvert vont se retrouver face à des êtres démoniaques et particulièrement pervers. Ce deuxième tome des aventures d’Eva et d’Alexandre va apporter des réponses à certains épisodes de « De fièvre et de sang » (ou du moins en éclaircir certains passages). C’est très bon, et même addictif. Il me reste à acheter « La mort en tête » pour finir le cycle de notre duo, ce qui va être fait rapidement. J’adore!

 


2016/72: Six fourmis blanches, Sandrine COLLETTE

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Le mal rôde depuis toujours dans ces montagnes maudites. Matthias le sait, lui « le sacrificateur » chargé d’éloigner les mauvais esprits des villages. Bien sûr, ces superstitions font sourire Lou et ses compagnons, randonneurs impatients d’arpenter les crêtes enneigées. Et pourtant… Egarés dans une effroyable tempête, terrifiés par la mort de l’un d’entre eux, ils vont voir leurs certitudes se dissoudre, une à une, dans la peur.

Voilà voilà…

Voici un récit qui se construit doucement. Bienvenue en Albanie! Vous ferez la connaissance d’un côté de Matthias, le sacrificateur, qui officie afin qu’hommes et esprits se côtoient en un bon équilibre. Et de l’autre, Lou et ses cinq acolytes, randonneurs amateurs, qui viennent là tester avec un guide local un nouveau parcours dans ces montagnes pour un tour opérateur qui souhaite proposer ce nouveau produit dans son catalogue. Pour citadins en mal de grand air. Pas de chance, la tempête se lève et la montagne se rebelle. Car oui, la montagne et la tempête sont ici des personnages à part entière.

L’action se met en place doucement mais devient pourtant assez vite addictive. J’ai eu du mal à lâcher ce livre avant d’en connaître les derniers rebondissements. Parce qu’il y en a, des rebondissements… Tension et stress montant crescendo, oppression constante due en partie à la rigueur climatique et aux nuages bas, la tempête, tout ça… (mais pas que…). Aussi la peur qui s’installe insidieusement.

J’étais quelque peu déçue en finissant « Un vent de cendres », restant sur ma faim après avoir beaucoup aimé « Des nœuds d’acier ». Je renoue avec l’auteure grâce à celui-ci.


Le mardi sur son 31 #37

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« Le gamin ne bougeait pas. Il continuait à fixer le train électrique, comme dans l’attente que celui-ci se remette à tourner de lui-même. Rien n’indiquait qu’il avait entendu un seul mot de ce que nous disions. On ne distinguait aucune réaction chez lui. »

L’enfant qui criait au loup, Gunnar STAALESEN, Folio Policier, p.31

 

 


2016/71: Amelia, Kimberly McCREIGHT

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A New York, Kate élève seule sa fille de quinze ans, Amelia. Très proches, elles n’ont pas de secrets l’une pour l’autre. Jusqu’à ce matin d’octobre, où elle reçoit un appel du lycée qui lui demande de venir de toute urgence. Elle ne reverra plus jamais Amelia: celle-ci a sauté du toit de l’établissement. Rongée par le chagrin, Kate plonge dans le désespoir et l’incompréhension. Pourquoi une adolescente en apparence si épanouie s’est-elle donné la mort? Mais un jour, Kate reçoit un message anonyme qui remet tout en question: « Amelia n’a pas sauté ». Obsédée par cette révélation, elle s’immisce dans la vie privée de sa fille et découvre, à travers les réseaux sociaux, les mails et les sms d’Amelia, une réalité terrible, un véritable monde parallèle qu’elle n’aurait pu imaginer.

La vie de Kate, mère célibataire d’une adolescente de quinze ans, Amelia, bascule lorsqu’elle reçoit un appel du lycée lui demandant de venir de toute urgence. Quand elle arrive sur place, c’est la débandade. Les forces de l’ordre et les secours sont là, un drame vient de se jouer. Amelia s’est jetée du toit de l’établissement. La douleur d’abord, puis l’incompréhension la plus totale ensuite, envahissent Kate. Amelia était une jeune fille brillante, à l’intelligence vive. Une jeune fille à qui l’avenir souriait. Et puis un jour arrive ce sms anonyme: « Amelia n’a pas sauté ». Kate se plonge alors dans la vie d’Amelia et dans celle de son lycée privé haut de gamme. Et elle va faire des découvertes auxquelles elle ne se serait jamais attendue.

Un livre coup de poing pour moi, dont l’intrigue n’est pas sans rappeler le terrible témoignage de Nora Fraisse, « Marion 13 ans pour toujours ». Parce que bien sur, le scénario qui se joue ici est parfaitement crédible. On entend ce genre d’histoire dans les rubriques Faits divers… Et on se dit que cela pourrait aussi toucher nos enfants.

Une histoire parfaitement réaliste donc, très bien menée, pleine de rebondissements. Le roman est mené par les deux personnages principaux, raconté tour à tour par Kate et par Amelia. Kate avec qui nous suivons les recherches, les découvertes qui la mèneront à la vérité. Amelia, depuis la rentrée scolaire, que nous allons suivre dans son environnement, avec qui nous vivrons les étapes qui mèneront à ce drame inexorable.

Un thriller plutôt à tendance psychologique, parfaitement construit. Un stress qui monte crescendo pour chacun des personnages. Une conclusion peut être un poil rapide, mais bien trouvée. J’ai dévoré les 565 pages de ce livre (en édition poche). J’ai adoré, parce qu’il s’agit d’une fiction. Imaginer cette situation me fait froid dans le dos.


2016/70: Droit dans le mur, Nick GARDEL

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Ancien vigile, Michel Marchandeau a cru au rêve campagnard: il s’est installé dans une maison des contreforts vosgiens. Mais le voisinage peut vous pourrir la vie bien plus vite qu’on ne le croit. Entre une congrégation d’illuminés aux prétentions territoriales envahissantes et un anglais chercheur de trésor, le retraité va devoir jouer des poings. Rapidement les cadavres commencent à s’entasser et cette histoire pourrait bien finir droit dans le mur…

Michel savoure sa retraite. Il repeint ses volets tranquille pépère (Merci du tuto Monsieur Gardel, le jour où j’aurai mon chez-moi je saurai comment entretenir mes volets) et partage de temps en temps une bière avec son voisin anglais, qui cherche intensivement le trésor prétendument caché sur la propriété par son aïeul. Jusque là tout va bien dans le meilleur des mondes. Sauf que. Les nouveaux voisins, une secte d’illuminés qui a construit son bâtiment sur le terrain juste à côté, et dont le gourou gère discrètement des activités annexes, a besoin des terrains mitoyens pour s’étendre. Le but est donc de trouver le moyen d’exproprier vite fait bien fait les actuels propriétaires…

Des personnages pas piqués des hannetons, des situations rocambolesques, humour noir, jeux de mots, … Une écriture qui m’a rappelé par certains côtés les jeux de mots truculents et le langage fleuri et très coloré de San Antonio. C’est léger et enlevé, bien ficelé, cocasse.

Notre héros arrivera-t-il à finir de rénover ses volets? Parviendra-t-il à conserver sa tranquillité? Finira-t-il en un seul morceau? Ah ah ah!! Tu voudrais bien le savoir, hein! Tu peux commander « Droit dans le mur » directement auprès de son auteur…