Interview: Pauline AIME

Chers tous,

C’est avec un plaisir non dissimulé que je publie aujourd’hui l’interview d’une jeune auteure que tu ne connais pas encore, mais cela ne saurait tarder. Je vais vous présenter Pauline AIME dont le roman La Dame blanche va bientôt être publié (je t’en reparlerai le moment venu).

Pauline Aimé, bonjour. Pour commencer, pouvez-vous vous présenter à vos futurs lecteurs ?

PA : Je m’appelle Pauline Aimé et je suis une jeune auteure. Je vis dans le Tarn-et-Garonne. Mon nom de plume me vient de mes grands-parents. Ma grand-mère, Pauline, et mon grand-père, Aimé. Un hommage en quelque sorte.

Vous vous apprêtez à publier votre premier roman. Pouvez-vous nous en expliquer la substance ?

PA : C’est une histoire familiale qui se déroule à la fois en 1928 et en 1999. Stéphanie, une adolescente en vacances chez sa grand-mère, ne cesse de contempler de loin le château de Sainte Livrade. Curieuse d’en savoir un peu plus sur les nombreuses légendes racontées au sujet de ce monument et de son propriétaire, elle décide de mener l’enquête avec ses amis pour savoir ce qu’il en est réellement. Le château est-il hanté par une Dame Blanche ? Le maître des lieux est-il un assassin sanguinaire ? Durant leurs recherches, les enfants apprendront que le comte De Livrade est en fait un homme au cœur meurtri. Le châtelain découvrira l’identité de ses parents biologiques, mais aussi qu’il a été arraché à sa mère le jour de sa naissance et que cette dernière est morte en tentant désespérément de le récupérer.

Une fresque familiale sur fond de croyances ésotériques… D’où vous vient cet intérêt pour la dame blanche ?

PA : Le château de Sainte Livrade se trouve juste en face de chez moi… Lorsque je déjeune sur ma terrasse, j’imagine tout un tas d’histoires qui auraient pu se passer au fil des ans.

Quelle imagination ! Comment avez-vous mûri vos personnages ?

PA : Ma principale influence a été ma propre famille. J’ai vu en Mamée, la grand-mère de Stéphanie, ma propre grand-mère chez qui je passais la plupart de mes vacances scolaires. Stéphanie est donc l’adolescente que j’aurais pu être.

Quel est le livre, ou l’auteur, qui vous a donné l’envie d’écrire à votre tour ?

PA : J’ai toujours eu des livres autour de moi. Comme je vous l’ai dit, je passais mes vacances chez ma grand-mère, à la campagne. Lorsqu’il n’était pas question de cultiver ou de soigner les bêtes, je prenais un livre pour tuer le temps.

Très tôt je me suis intéressée à Pagnol ; j’adorais cette façon qu’il avait de raconter les contes de campagne.

Quel est le message que vous souhaitez délivrer à vos lecteurs ?

PA : J’ai commencé à écrire vraiment à la mort de mon père. Il m’avait toujours dit que sa vie méritait d’être écrite. J’ai pu, grâce à l’écriture atténuer mon chagrin.

Je n’ai pas de message particulier à faire passer sauf peut-être de croire en ses rêves. Devenir une auteure reconnue fait partie de l’un des miens, bientôt concrétisé grâce à des gens formidables comme Emma Freya, mon excellente agent littéraire sans qui rien de ce rêve ne serait arrivé.

Un conseil pour nos lecteurs ?

PA : Je leur conseille de lire Virginia C. Andrews. Ses romans sont formidables.

Et pour terminer, que lisez-vous en ce moment ?

PA : Je lis les livres de mon amie Amandine Forgali, dont Ma belle-mère ce fléau et également Minute Papillon d’Aurélie Volognes. En fait, j’ai besoin d’humour ces derniers temps afin de préparer mon nouveau roman qui risque d’être complètement différent de celui-ci.

Merci beaucoup Pauline Aimé de nous avoir accordé cette interview. Nous avons hâte de tenir ce roman entre nos mains !

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2017/73: Les petites filles, Julie EWA

Bénévole dans une association qui s’occupe d’enfants, Lina est partie poursuivre ses études à Mou di, en Chine. Thomas, lui, enquête pour une ONG sur les disparitions(de petites filles essentiellement) qui sévissent depuis des décennies dans cette région reculée. La jeune femme accepte de lui servir d’espionne sur place. Elle découvre vite les ravages de la politique de l’enfant unique. Mais ses questions vont semer le trouble dans le village. Quand un mystérieux assassin se met à éliminer un à un tous ceux qui semblaient savoir quelque chose, elle se sent prise au piège. Réseaux d’adoption clandestins, mafia chinoise, trafics d’organes, prostitution… Oscillant entre passé et présent, un thriller dépaysant qui nous conduit au cœur d’une Chine cynique et corrompue, où la vie d’une petite fille ne vaut que par ce qu’elle peut rapporter.

Malgré une mise en place quelque peu improbable, voici un très bon thriller.

L’action se passe en deux temps. Il y a Lina, étudiante française qui vient en Chine approfondir ses connaissances, qui va dès son arrivée être alpaguée par le représentant d’une ONG cherchant de l’aide pour enquêter discrètement sur des disparitions inquiétantes de petites filles dans le village de Mou di depuis plusieurs décennies. Elle va donc passer quelques jours dans le village pour tenter d’en apprendre davantage.

D’autre part, en 1991, nous allons faire connaissance avec Sun Tang, l’une des habitantes de Mou di, dont la fille disparaît. Elle va se lancer dans une quête éperdue pour la retrouver.

Le sujet est lourd et très dur puisque Julie Ewa aborde ici le problème du contrôle des naissances en Chine et de la politique de l’enfant unique qui en a découlé. Elle met le doigt sur les excès et les dérives de cette politique dans un pays où le poids des traditions « ancestrales » est écrasant, un vrai fardeau. Elle va nous immerger dans le quotidien on ne peut plus rustique, difficile, oppressant de ce village de la campagne reculée chinoise. Le décalage est énorme entre les villes et les campagnes, et le choc culturel entre la Chine et l’Occident est immense et violent.

Le décalage culturel, comportemental, intellectuel et moral  entre les habitants de Mou di et la jeune française met bien évidemment en exergue les dérives du régime, la corruption, le pouvoir de la mafia et le contrôle qu’elle exerce sur tous les trafics (adoptions illégales, trafics d’organes, prostitution, ventes d’enfants…), la condition particulièrement difficile des Chinoises, ces petites filles dont la naissance n’est pas déclarée au cas où garçon viendrait à naître… Il ne reste plus alors qu’à se débarrasser de la fillette, quand elle n’a pas été vendue, abandonnée ou tuée à la naissance.

Un roman très bien écrit donc, très efficace dont les chapitres courts donnent une lecture fluide et addictive. Un récit parfaitement mené, malgré quelques incohérences et facilités qu’on oublie très vite, et un rythme intense. Une très bonne découverte.

 


Concours: les résultats

Roulements de tambour…..

Tada!

Gontier remporte Un clafoutis aux tomates cerises

Catherine Mariuzzo remporte Serre moi fort

Merci de me laisser vos coordonnées ici: ginnyzz@wanadoo.fr

Merci à tous de vos participations.

Prochain concours vendredi! Surveillez les publications…


2017/72: La femme aux fleurs de papier, Donato CARRISI

La nuit du 14 au 15 avril 1912, le Titanic sombre au beau milieu de son voyage inaugural. Un passager descend dans sa cabine de première classe, revêt un smoking et remonte sur le pont. Au lieu de chercher à sauver sa peau, il allume un cigare et attend la mort. En 1916, dans les tranchées du mont Fumo, quatre ans jour pour jour après le naufrage du Titanic, un soldat italien est fait prisonnier. A moins qu’il ne révèle son nom et son grade, il sera fusillé le lendemain. Jacob Roumann, médecin autrichien, n’a qu’une nuit pour le faire parler. Mais le prisonnier veut diriger l’interrogatoire. Sa vie, décrète-t-il, tient à trois questions: Qui est Guzman? Qui suis-je? Et qui était l’homme qui fumait sur le Titanic? Dans ce huis clos se noue alors entre les deux ennemis une alliance étrange autour d’un mystère qui a traversé le temps et su défier la mort.

L’action se passe donc en 1916 dans une tranchée. Jacob Roumann, médecin sur le front, est chargé par son commandement d’interroger un prisonnier italien afin d’établir son identité en vue d’un échange. Ce dernier va alors lui conter l’histoire fascinante de Guzman, dont la vie ressemble à un voyage initiatique. Une vie mise en scène magistralement par Guzman lui-même, puis racontée finement ensuite par ce soldat. Cela contribue à en faire une sorte de conte philosophique moderne.

On est ici très loin des habituels thrillers de Donato Carrisi. Absolument rien à voir. Un roman court qui se lit très vite, même si je déplore un petit manque de profondeur, vraiment regrettable vu les remarques et considérations mises en avant notamment sur l’étendue de la bêtise humaine. Un contexte historique très lourd, mais il manque cette tension engendrée habituellement par les scènes de guerre. Je me suis aussi interrogée sur cette obsession de Gyzman pour la tabac.

Une lecture agréable, mais il manque un petit quelque chose.


2017/71: La nuit n’est jamais complète, Niko TACKIAN

La route à perte de vue au milieu d’un désert de rocaille. Arielle et Jimmy parcourent le bitume au volant de leur vieille Ford. Mais quand le père et la fille tombent sur un barrage de police et sont obligés de passer la nuit sur place, tout dérape… Ils se réveillent seuls, abandonnés, naufragés de l’asphalte. A quelques kilomètres de là, deux immenses tours métalliques se dressent, cadavres rongés par la rouille et le temps. Quelques maisons en tôle froissée se serrent pour se protéger du vent. Cette ancienne mine sera leur refuge. Ou leur pire cauchemar… Mais ce voyage au cœur des ténèbres est-il vraiment un hasard?

Alors voilà: Jimmy et sa fille Arielle se retrouvent bloqués au milieu de nulle part par un barrage routier, sous prétexte que la route au-delà s’est effondrée, avec trois autres conducteurs naufragés comme eux: Juan, Florencio et Victor. Ils n’ont d’autre choix que de passer la nuit dans leurs voitures. Quand au matin, ils finissent par se réveiller, ils découvrent que le policier a disparu et que les batteries des véhicules sont toutes à plat. Impossible donc de faire demi-tour et de retraverser cette étendue désertique. Ils trouvent donc refuge à quelques kilomètres de là, dans une mine en apparence désaffectée. Le début du cauchemar.

Un roman noir plus qu’un thriller à mon sens, mais parfaitement maîtrisé. Même peut être un peu trop court… J’étais plongée dans ce récit et je n’avais pas du tout envie d’en sortir. D’autant que j’avais des scenarii plein la tête… C’est un récit oppressant, stressant. Nico Tackian jongle avec talent entre la rationnel et l’irrationnel. Le doute est omniprésent tout au long du roman. Je me suis même demandée un moment s’il ne s’agissait pas finalement d’un récit fantastique.

Nous assistons au lent dépérissement des protagonistes, à leur étiolement, l’épuisement qui gagne, l’abattement, jusqu’à la cachexie. Un état de langueur qui se mue petit à petit en tension de plus en plus palpable au fil des pages, au fur et à mesure que les personnages prennent la mesure de leur situation. Désespérée, la situation.

Bref, un très bon roman, avec un final auquel je ne m’attendais pas du tout.

Une vraie découverte, qui m’a en quelque sorte fait penser à une version noire et un peu destroy de l’Ecume des jours.


2017/70: Après la chute, Dennis LEHANE

Journaliste en pleine ascension, Rachel Childs s’effondre en direct devant des millions de téléspectateurs. C’est le début de la chute. En peu de temps, elle perd tout: son emploi, son conjoint, sa vie idéale. En fait, peut être pas si idéale que cela. Rachel avait une mère manipulatrice, quant à son père, elle ne l’a jamais connu. C’est en cherchant à en savoir plus sur ses origines qu’elle croise la route de Brian Delacroix. Un homme qui va tout faire basculer…

Tout d’abord, merci à Babelio et aux Editions Rivages pour cette découverte. Car si j’ai eu l’occasion d’apprécier certaines adaptations de ses romans, je n’avais encore jamais lu cet auteur. Voilà qui est chose faite.

Ce roman noir est double. Les deux premières parties s’attachent au vécu de Rachel. Sa vie, sa chute, sa dégringolade. Ces deux parties sont centrées sur sa recherche d’identité, son manquer du père, son enfance difficile auprès d’une mère castratrice. Elle se construit malgré ces manques de repères, devient journaliste, grimpe les échelons jusqu’à être envoyée couvrir la catastrophe qui ravagea Haïti. Là, elle perd pied. Elle fait une crise de panique en direct qui va faire basculer sa vie. Elle perd son assurance et le peu de marques qu’elle avait réussi à entretenir. Les années passant elle perd tout et se cloître chez elle. Mais Brian va l’aider.

La troisième partie tient plus du thriller, tourne autour du secret de Brian et de Caleb.

Autant les deux premières parties sont plutôt lentes, puisqu’on y suit chaque étape de la vie de Rachel, puis chaque étape de son effondrement et de son isolement, autant le rythme de la troisième partie s’accélère d’un coup. L’action explose, jusqu’au final qui m’a laissée sur ma faim. Peut être y a-t-il une suite en prévision…

J’avoue au fil de ma lecture m’être demandé où cela allait me mener et où l’auteur voulait en venir. Je ne voyais pas l’évolution envisagée. Et puis arrivent les premiers rebondissements et tout s’enchaîne.

Un bon roman, arrivé au courrier le vendredi, j’ai tourné la dernière page le dimanche après-midi. Une lecture fluide et agréable. Plutôt une bonne surprise.

Sortie prévue le 4/10/2017.

 

 


Concours du vendredi!

Coucou toi!

Aujourd’hui je te propose de gagner deux livres.

C’est très simple, tu likes cet article et tu me dis en commentaire lequel de ces deux livres tu aimerais.

Tu as jusque mardi 19 septembre 18h.

 

Serre moi fort, Claire FAVAN:

« Serre-moi fort. » Cela pourrait être un appel au secours désespéré. Du jeune Nick, d’abord. Marqué par la disparition inexpliquée de sa sœur, il est contraint de vivre dans un foyer brisé par l’incertitude et l’absence. Obsédés par leur quête de vérité, ses parents sont sur les traces de l’Origamiste, un tueur en série qui sévit depuis des années en toute impunité. Du lieutenant Adam Gibson, ensuite. Chargé de diriger l’enquête sur la découverte d’un effroyable charnier dans l’Alabama, il doit rendre leur identité à chacune des femmes assassinées pour espérer remonter la piste du tueur. Mais Adam prend le risque de trop, celui qui va inverser le sens de la traque. Commence alors, entre le policier et le meurtrier, un affrontement psychologique d’une rare violence.

Un clafoutis aux tomates cerises, Véronique DE BURE:

Au soir de sa vie, Jeanne, quatre-vingt-dix ans, décide d’écrire son journal intime. Sur une année, du premier jour du printemps au dernier jour de l’hiver, d’évènements minuscules en réflexions désopilantes, elle consigne ses humeurs, ses souvenirs, sa petite vie de Parisienne exilée depuis plus de soixante ans dans l’Allier, dans sa maison posée au milieu des prés, des bois et des vaches. La liberté de vie et de ton est l’un des privilèges du très grand âge, aussi Jeanne fait-elle ce qu’elle veut – et ce qu’elle peut: regarder pousser les fleurs, boire du vin blanc avec ses amies, s’amuser des mésaventures de Fernand et Marcelle, le couple haut en couleurs de la ferme d’à côté, accueillir – pas trop souvent – ses petits-enfants, remplir son congélateur de petits choux au fromage, déplier un transat pour se perdre dans les étoiles en espérant les voir toujours à la saison prochaine… Un clafoutis aux tomates cerises, le plus joli roman sur le grand âge qui soit, traite sans fard du temps qui passe et dresse le portrait d’une femme qui nous donne envie de vieillir.