Archives d’Auteur: Lysée

2017/35: Je ne suis pas un serial killer, Dan WELLS

1) Ne pas regarder les gens trop longtemps.

2) Ne pas éviscérer les animaux.

3) Ne nourrir que des pensées positives;

Son psy en convient, John Wayne Cleaver est sociopathe. A 15 ans, le charmant jeune homme fait de son mieux pour contrôler ses pulsions homicides, règles à l’appui. Ce qui n’a rien d’évident: sa mère tient le funérarium local. Là justement où finissent les victimes du « démon », serial killer décomplexé en pleine furie meurtrière dans sa ville. John est peut-être le mieux placé – et pour cause – pour l’arrêter…

Je crois que l’auteur a un peu fumé la moquette…

Voici un roman entre thriller et fantastique/horreur. Il y a un mélange des genres un peu bizarre ici à mon sens. C’est invraisemblable et rocambolesque.

J’ai trouvé ça plutôt agréable à lire, le style est fluide, et relativement amusant. Mais pas sure de lire la suite, Mr Monster. Je n’ai pas été plus emballée que ça par ce premier opus.


2017/34: L’enfant dans la valise, Lene KAABERBOL & Agnete FRIIS

Un petit garçon caché dans une valise et une femme lancée malgré elle dans une terrifiante course-poursuite… Quand une amie de Nina la supplie de lui rendre un étrange service, la jeune infirmière accepte: elle doit retirer une valise à la consigne de la gare centrale de Copenhague. A l’intérieur, elle découvre un petit garçon, nu et drogué. Paniquée, Nina tente de joindre son amie. Celle-ci a disparu… Sentant une menace peser sur elle et l’enfant, la jeune femme s’embarque avec lui dans une cavale infernale à travers le Danemark. De quel odieux trafic le petit garçon est-il la victime? Nina va tout faire pour le savoir… C’est leur unique chance de survie.

J’ai eu vraiment du mal à entrer dans cette histoire, pourtant pleine de suspens. Je n’ai pas trouvé le scénario très original et je n’ai pas croché à la fin qui pour moi est un peu expéditive. Il reste des questions sans réponse, c’est dommage.

Bref, je reste sur ma faim. Dommage.


2017/33: Rien ne se perd, Cloé MEHDI

Une petite ville semblable à tant d’autres… Et puis, un jour, la bavure… Un contrôle d’identité qui dégénère… Il s’appelait Saïd. Il avait quinze ans. Il est mort… Moi, Mattia, onze ans, je ne l’ai pas connu, mais après, j’ai vu la haine, la tristesse et la folie ronger ma famille jusqu’à la dislocation… Plus tard, alors que d’étranges individus qui ressemblent à des flics rôdent autour de moi, j’ai reconnu son visage tagué sur les murs du quartier. Des tags à la peinture rouge, accompagnés de mots réclamant justice! C’est à ce moment-là que pour faire exploser le silence, les gens du quartier vont s’en mêler, les mères, les sœurs, les amis… Alors moi, Mattia, onze ans, je ramasse les pièces du puzzle, j’essaie de comprendre et je vois que même mort, le passé n’est jamais vraiment enterré! Et personne n’a dit que c’était juste…

Une sacré découverte que ce livre, ramené du festival Polar à la plage, au Havre, samedi dernier.

Un texte fort, d’une grande sensibilité, très touchant, saisissant, sombre et poétique, empreint de beaucoup de douceur. Une très belle écriture, très fine, à fleur de peau. Les mots de Cloé Mehdi effleurent ses personnages, pour lesquels elle a beaucoup d’empathie.

Le sujet est lourd, très difficile. L’auteure évoque la noirceur de notre société et de la vie de ses protagonistes dans un désespoir en demi-teinte. Mattia, Zé, Gabrielle et les autres sont des écorchés. La vie les a salement amochés, broyés. Ils survivent ensemble, dans cette atmosphère lourde. Ils évoluent sur un fil tendu au-dessus d’un abîme, sans filet en-dessous.

L’injustice et la haine pèsent lourd dans l’entourage de Mattia. Les non-dits sont nombreux. Mattia se débat entre solitude, silence et secrets pesants. Comment sortir de ce marasme ? Comment survivre à cette noirceur, surmonter l’angoisse, la détresse? Comment panser des plaies encore sanguinolentes quinze ans après les faits, drame qui a détruit sa famille? Et pas qu’elle d’ailleurs.

Plus qu’une découverte, ce roman bouleversant que je suis incapable d’étiqueter est une rencontre. Un gros coup de cœur.


2017/32: Fièvre, Val MCDERMID

Le psychologue profileur Tony Hill a cette fois-ci affaire à un adversaire des plus retors. Un tueur insensible à la jeunesse et à l’innocence, motivé par les désirs les plus pervers. Lorsqu’on retrouve le cadavre mutilé d’une adolescente, Tony et l’inspecteur en chef Carol Jordan se rendent vite compte que c’est le début d’une cruelle campagne qui prend pour cible des jeunes gens sans lien apparent. Leur assassin, tel un véritable caméléon, les rencontre sur internet, feint de partager leurs centres d’intérêts ou leurs croyances, tout ça pour les mener à une mort certaine. Aux prises avec les fantômes qui ressurgissent de son passé, Tony, écarté de l’affaire par le patron de Carol, a désespérément besoin de s’évader dans le travail. Il lutte pour trouver les bonnes réponses dans l’une des enquêtes les plus éprouvantes qu’il ait jamais menées…

C’est le premier roman de l’auteur que je lis et je dois dire que j’ai vraiment accroché.

Tony Hill et Carole Jordan vont être confrontés à un tueur en série s’en prenant à des adolescents en apparence sans aucun lien entre eux. L’intrigue est bien menée, le rythme plutôt rapide sans pour autant être soutenu. L’histoire n’est pas écrite comme une course effrénée malgré l’urgence de la situation. L’histoire personnelle des différents personnages, et surtout de Tony, tient une place prépondérante dans ce roman, grappillant un certain espace à l’enquête. Pour autant, cela ne m’a pas gênée. Parce que le style est fluide, et que les différentes trames s’imbriquent bien les unes dans les autres.

J’ai bien aimé l’idée du dénouement bien que je trouve que la fin et la résolution de l’affaire arrive un peu vite par rapport à l’ensemble de l’enquête. Un roman entre thriller et polar, bien maîtrisé. Il est évident que je ne m’arrêterai pas à ce seul roman et que je vais prendre le temps dans les mois à venir de découvrir les autres volets de la série.

 

 


2017/31: Je voyage seule, Samuel BJORK

En pleine forêt norvégienne, une enfant est retrouvée pendue à un arbre. Sur son dos, un cartable d’écolière; autour de son cou, une pancarte avec ces mots : »Je voyage seule ». L’inspecteur Holger Munch, chargé de l’enquête, fait appel à son ancienne coéquipière, Mia Kruger, jeune policière de génie. Quand Mia découvre le chiffre 1 inscrit sur un doigt de la victime, la tension monte d’un cran: il y aura d’autres meurtres identiques, assure-t-elle. La suite lui donne raison… Jusqu’où ira le tueur? Comment arrêter le massacre? Une enquête terrifiante qui frappera les deux policiers plus intimement qu’ils ne le croient…

Une fillette de 6 ans est retrouvée pendue, habillée comme une poupée, cartable sur le dos et avec cette pancarte autour du cou: « Je voyage seule ». Voilà le début de cette enquête.

J’avoue que si j’ai aimé l’enquête en elle-même, je n’ai pas croché aux parties parlant de l’intimité des enquêteurs. Sinon, les ingrédients sont là: un bon rythme, des rebondissements, un style fluide, des meurtres en séries, des enquêteurs malmenés par la vie, …

Je reste sur une impression mitigée. Ca se lit facilement, j’ai bien aimé dans l’ensemble mais il ne restera pas dans mes annales. Il faudra que je lise le deuxième volet pour me faire une idée plus précise.

 

 

 


2017/30: Une colère noire, Ta-Nehisi COATES

« Voilà ce qu’il faut que tu saches: en Amérique, la destruction du corps noir est une tradition, un héritage. Je ne voudrais pas que tu te couches dans un rêve. Je voudrais que tu sois un citoyen de ce monde beau et terrible à la fois, un citoyen conscient. J’ai décidé de ne rien te cacher. » Dans cette lettre adressée à son fils de 15 ans, Ta-Nehisi Coates revient sur la condition de l’homme noir aux Etats-Unis. Une ode à l’humanité, un cri de colère contre le mal qui gangrène la société américaine depuis des siècles.

Ce livre est un cri du cœur, un témoignage de la condition des Noirs américains. L’auteur y évoque un certain nombre d’agressions et de crimes, dont certains dont il a été témoin ou victime. Il y démontre que la ségrégation n’est pas une notion disparue, loin de là, et que le racisme fait rage. Parce qu’il est facile de tuer des Noirs quand on est Blanc. Le rapport de domination entre Blancs et Noirs est probant et omniprésent, les rapports de violence sont ubiquitaires. Tu me diras, ce n’est pas un scoop… Non en effet, il s’agit plutôt d’un constat. D’un état des lieux en quelque sorte.

A lire.

 


2017/29: La première fois que j’ai été deux, Archibald PLOOM

Karen Traban est en terminale et vit seule avec une mère dépressive. Elle est brillante, musicienne et adore danser mais l’amour n’est jamais au rendez-vous. Les garçons de son âge lui semblent sans intérêt. Quand un jeune anglais, Tom, arrive au milieu de l’année scolaire dans sa classe, Karen le prend immédiatement en grippe… Elle ne sait pas encore que ce jeune homme si différent des autres va changer sa vie.

Merci Archibald de m’avoir permis de faire votre connaissance.

Alors, Karen…

Voici un roman initiatique. Une initiation amoureuse.

Karen se désespère. Elle est intelligente, brillante, perspicace, réfléchie et aimerait bien vivre à pleines dents. Elle se sent à l’étroit dans sa vie, dans sa ville, dans ses relations. Elle rêve Du Garçon… Mais ceux qui l’entourent ne sont pas à la hauteur. Et puis, quand elle voit les exemples qui l’entourent… Entre sa copine Mélanie qui enchaine les « erreurs », son géniteur qui s’est fait la belle, les parents de ses amis, …

Et puis un jour, voilà qu’un nouvel élève arrive dans sa classe. Un jeune Anglais, fraîchement arraché de Londres, suite au décès de son père. Un jeune homme mystérieux et spirituel, qui va vite attirer l’attention de notre Karen, bien malgré elle au départ…

Un lien historique intéressant qui lie la Grande-Bretagne, la Pologne et l’Allemagne. Un récit gai, enjoué, frais mais aussi empreint de considérations existentielles quant aux attentes et aux envies de ces adolescents, jeunes adultes en devenir. Une réflexion aussi sur la façon dont le vécu de nos aïeux contribue à nous construire.

Beaucoup d’interrogations de la part de Karen qui se cherche encore et qui ne demande qu’à se lancer à corps et à cœur perdu dans cette passion toute neuve. Karen va vivre pleinement, mais non sans une profonde introspection, cette transition entre cette adolescence qui lui pèse et cette nouvelle jeune femme qu’elle est en train de devenir, ce sentiment nouveau d’être maintenant deux…

Un récit à la fois enjoué, sarcastique et grave. Une lecture fluide et très agréable.

Bémol: Vous êtes un peu dur avec les artistes français, Archibald, quand même. Il y a tout de même quelques bonnes choses chez nous. Je vous trouve un peu injuste. De même, j’ai trouvé certains caractères un peu caricaturaux. Le personnage de Mélanie, par exemple, est intéressant dans son approche et aurait mérité d’être un peu plus affiné. Mais bon, cette lecture n’en est pas moins restée plaisante.

Merci Archibald.