Archives d’Auteur: Lysée

2017/72: La femme aux fleurs de papier, Donato CARRISI

La nuit du 14 au 15 avril 1912, le Titanic sombre au beau milieu de son voyage inaugural. Un passager descend dans sa cabine de première classe, revêt un smoking et remonte sur le pont. Au lieu de chercher à sauver sa peau, il allume un cigare et attend la mort. En 1916, dans les tranchées du mont Fumo, quatre ans jour pour jour après le naufrage du Titanic, un soldat italien est fait prisonnier. A moins qu’il ne révèle son nom et son grade, il sera fusillé le lendemain. Jacob Roumann, médecin autrichien, n’a qu’une nuit pour le faire parler. Mais le prisonnier veut diriger l’interrogatoire. Sa vie, décrète-t-il, tient à trois questions: Qui est Guzman? Qui suis-je? Et qui était l’homme qui fumait sur le Titanic? Dans ce huis clos se noue alors entre les deux ennemis une alliance étrange autour d’un mystère qui a traversé le temps et su défier la mort.

L’action se passe donc en 1916 dans une tranchée. Jacob Roumann, médecin sur le front, est chargé par son commandement d’interroger un prisonnier italien afin d’établir son identité en vue d’un échange. Ce dernier va alors lui conter l’histoire fascinante de Guzman, dont la vie ressemble à un voyage initiatique. Une vie mise en scène magistralement par Guzman lui-même, puis racontée finement ensuite par ce soldat. Cela contribue à en faire une sorte de conte philosophique moderne.

On est ici très loin des habituels thrillers de Donato Carrisi. Absolument rien à voir. Un roman court qui se lit très vite, même si je déplore un petit manque de profondeur, vraiment regrettable vu les remarques et considérations mises en avant notamment sur l’étendue de la bêtise humaine. Un contexte historique très lourd, mais il manque cette tension engendrée habituellement par les scènes de guerre. Je me suis aussi interrogée sur cette obsession de Gyzman pour la tabac.

Une lecture agréable, mais il manque un petit quelque chose.

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2017/71: La nuit n’est jamais complète, Niko TACKIAN

La route à perte de vue au milieu d’un désert de rocaille. Arielle et Jimmy parcourent le bitume au volant de leur vieille Ford. Mais quand le père et la fille tombent sur un barrage de police et sont obligés de passer la nuit sur place, tout dérape… Ils se réveillent seuls, abandonnés, naufragés de l’asphalte. A quelques kilomètres de là, deux immenses tours métalliques se dressent, cadavres rongés par la rouille et le temps. Quelques maisons en tôle froissée se serrent pour se protéger du vent. Cette ancienne mine sera leur refuge. Ou leur pire cauchemar… Mais ce voyage au cœur des ténèbres est-il vraiment un hasard?

Alors voilà: Jimmy et sa fille Arielle se retrouvent bloqués au milieu de nulle part par un barrage routier, sous prétexte que la route au-delà s’est effondrée, avec trois autres conducteurs naufragés comme eux: Juan, Florencio et Victor. Ils n’ont d’autre choix que de passer la nuit dans leurs voitures. Quand au matin, ils finissent par se réveiller, ils découvrent que le policier a disparu et que les batteries des véhicules sont toutes à plat. Impossible donc de faire demi-tour et de retraverser cette étendue désertique. Ils trouvent donc refuge à quelques kilomètres de là, dans une mine en apparence désaffectée. Le début du cauchemar.

Un roman noir plus qu’un thriller à mon sens, mais parfaitement maîtrisé. Même peut être un peu trop court… J’étais plongée dans ce récit et je n’avais pas du tout envie d’en sortir. D’autant que j’avais des scenarii plein la tête… C’est un récit oppressant, stressant. Nico Tackian jongle avec talent entre la rationnel et l’irrationnel. Le doute est omniprésent tout au long du roman. Je me suis même demandée un moment s’il ne s’agissait pas finalement d’un récit fantastique.

Nous assistons au lent dépérissement des protagonistes, à leur étiolement, l’épuisement qui gagne, l’abattement, jusqu’à la cachexie. Un état de langueur qui se mue petit à petit en tension de plus en plus palpable au fil des pages, au fur et à mesure que les personnages prennent la mesure de leur situation. Désespérée, la situation.

Bref, un très bon roman, avec un final auquel je ne m’attendais pas du tout.

Une vraie découverte, qui m’a en quelque sorte fait penser à une version noire et un peu destroy de l’Ecume des jours.


2017/70: Après la chute, Dennis LEHANE

Journaliste en pleine ascension, Rachel Childs s’effondre en direct devant des millions de téléspectateurs. C’est le début de la chute. En peu de temps, elle perd tout: son emploi, son conjoint, sa vie idéale. En fait, peut être pas si idéale que cela. Rachel avait une mère manipulatrice, quant à son père, elle ne l’a jamais connu. C’est en cherchant à en savoir plus sur ses origines qu’elle croise la route de Brian Delacroix. Un homme qui va tout faire basculer…

Tout d’abord, merci à Babelio et aux Editions Rivages pour cette découverte. Car si j’ai eu l’occasion d’apprécier certaines adaptations de ses romans, je n’avais encore jamais lu cet auteur. Voilà qui est chose faite.

Ce roman noir est double. Les deux premières parties s’attachent au vécu de Rachel. Sa vie, sa chute, sa dégringolade. Ces deux parties sont centrées sur sa recherche d’identité, son manquer du père, son enfance difficile auprès d’une mère castratrice. Elle se construit malgré ces manques de repères, devient journaliste, grimpe les échelons jusqu’à être envoyée couvrir la catastrophe qui ravagea Haïti. Là, elle perd pied. Elle fait une crise de panique en direct qui va faire basculer sa vie. Elle perd son assurance et le peu de marques qu’elle avait réussi à entretenir. Les années passant elle perd tout et se cloître chez elle. Mais Brian va l’aider.

La troisième partie tient plus du thriller, tourne autour du secret de Brian et de Caleb.

Autant les deux premières parties sont plutôt lentes, puisqu’on y suit chaque étape de la vie de Rachel, puis chaque étape de son effondrement et de son isolement, autant le rythme de la troisième partie s’accélère d’un coup. L’action explose, jusqu’au final qui m’a laissée sur ma faim. Peut être y a-t-il une suite en prévision…

J’avoue au fil de ma lecture m’être demandé où cela allait me mener et où l’auteur voulait en venir. Je ne voyais pas l’évolution envisagée. Et puis arrivent les premiers rebondissements et tout s’enchaîne.

Un bon roman, arrivé au courrier le vendredi, j’ai tourné la dernière page le dimanche après-midi. Une lecture fluide et agréable. Plutôt une bonne surprise.

Sortie prévue le 4/10/2017.

 

 


Concours du vendredi!

Coucou toi!

Aujourd’hui je te propose de gagner deux livres.

C’est très simple, tu likes cet article et tu me dis en commentaire lequel de ces deux livres tu aimerais.

Tu as jusque mardi 19 septembre 18h.

 

Serre moi fort, Claire FAVAN:

« Serre-moi fort. » Cela pourrait être un appel au secours désespéré. Du jeune Nick, d’abord. Marqué par la disparition inexpliquée de sa sœur, il est contraint de vivre dans un foyer brisé par l’incertitude et l’absence. Obsédés par leur quête de vérité, ses parents sont sur les traces de l’Origamiste, un tueur en série qui sévit depuis des années en toute impunité. Du lieutenant Adam Gibson, ensuite. Chargé de diriger l’enquête sur la découverte d’un effroyable charnier dans l’Alabama, il doit rendre leur identité à chacune des femmes assassinées pour espérer remonter la piste du tueur. Mais Adam prend le risque de trop, celui qui va inverser le sens de la traque. Commence alors, entre le policier et le meurtrier, un affrontement psychologique d’une rare violence.

Un clafoutis aux tomates cerises, Véronique DE BURE:

Au soir de sa vie, Jeanne, quatre-vingt-dix ans, décide d’écrire son journal intime. Sur une année, du premier jour du printemps au dernier jour de l’hiver, d’évènements minuscules en réflexions désopilantes, elle consigne ses humeurs, ses souvenirs, sa petite vie de Parisienne exilée depuis plus de soixante ans dans l’Allier, dans sa maison posée au milieu des prés, des bois et des vaches. La liberté de vie et de ton est l’un des privilèges du très grand âge, aussi Jeanne fait-elle ce qu’elle veut – et ce qu’elle peut: regarder pousser les fleurs, boire du vin blanc avec ses amies, s’amuser des mésaventures de Fernand et Marcelle, le couple haut en couleurs de la ferme d’à côté, accueillir – pas trop souvent – ses petits-enfants, remplir son congélateur de petits choux au fromage, déplier un transat pour se perdre dans les étoiles en espérant les voir toujours à la saison prochaine… Un clafoutis aux tomates cerises, le plus joli roman sur le grand âge qui soit, traite sans fard du temps qui passe et dresse le portrait d’une femme qui nous donne envie de vieillir.

 


2017/69: Le voyage de Phoenix, JUNG

C’est un oiseau légendaire qui a le pouvoir de renaître de ses cendres après s’être consumé sous l’effet de sa propre chaleur. Il incarne l’immortalité… Lorsqu’il sentait sa mort venir, il se construisait un nid d’herbes aromatiques pour s’y consumer. Il en renaissait un nouvel oiseau…

Voici une magnifique BD.

L’image du phoenix évoque ici la résilience, cette capacité des hommes à surmonter les épreuves et les traumatismes. D’abord il y a Jennifer qui souffre du manque de son père. Et puis il y a Aron, qui ne se remet pas de la mort de son fils. Ils sont liés par Kim. Jennifer était employée par l’orphelinat américain de Séoul, où vivait Kim. Kim qui fut adopté par Aron et son épouse Helen.

Un récit puissant, très beau, terriblement touchant et difficile puisque sont évoqués ici l’adoption, l’exil (les parents adoptifs de Kim sont américains), le deuil, la question identitaire et puis la vie en Corée des soldats en poste dans les années 60, les relations entre la Corée du Nord et la Corée du Sud. Mais aussi l’abandon, le rejet, la désertion. Et puis le pardon.

Une histoire émouvante bien que tragique, un dessin fin, une composition subtile et délicate.

Un roman graphique magnifique. Couleur de peau: miel fera forcément partie de mes prochains achats.

 


2017/68: Sans pitié ni remords, Nicolas LEBEL

9 novembre 2014. Le capitaine Mehrlicht assiste aux obsèques de son ami Jacques Morel. Quelques heures plus tard, un notaire parisien lui remet une enveloppe contenant un diamant brut: l’œil d’une statue dérobée au musée des Arts d’Afrique et d’Océanie dix ans plus tôt. De leur côté, les lieutenants Latour et Dossantos sont appelés pour constater un suicide, puis assistent à la défenestration d’une femme qui avait réclamé la protection de la police. Les deux victimes avaient un point commun: elles travaillaient ensemble au musée. La chasse au trésor organisée par Jacques vire alors au cauchemar. Que cherchent ces anciens légionnaires, qui apportant la guerre à Paris dans un jeu de piste sanglant jalonné de cadavres? Mehrlicht et son équipe ont quarante-huit heures pour boucler cette enquête sous haute tension, dans laquelle bouillonnent la fureur et les échos des conflits qui bouleversent le monde en ce début de XXIè siècle.

 

Tu aimes les polars mais tu ne connais pas encore Nicolas Lebel? Rattrape vite cette lacune!

Tu as versé une larme à la fin du tome précédent? Tu t’es dit que Jacques allait te manquer?

Eh bien sois rassuré: Jacques, bien qu’enterré, est au centre de ce jeu de piste. D’un côté un nombre improbable de suicidés qui ont tous ce point commun: ils faisaient partie du personnel de ce musée où a été dérobée une précieuse statue. D’un autre, arrivent à Paris des mercenaires avides de sang, prêts à tout, sans aucune limite. Et puis il y a ce testament laissé par Jacques à Daniel, bien mystérieux.

Voilà l’énigme au cœur de laquelle se retrouvent pris Mehrlicht et son équipe.

Un polar que j’ai lu d’une traite. Un grand plaisir de retrouver ces personnages, surtout les truculents Jacques et Mehrlicht. D’autant que Jacques a construit son énigme autour de Baudelaire, qui est pour moi une  référence. Un plaisir aussi de retrouver cet humour cynique qui m’a fait dévorer les premiers volumes. Le suspens est au rendez-vous, le récit est prenant, le rythme soutenu.

Bref, un très bon moment de lecture. Je vais vite commander le quatrième volet des aventures de cette fine équipe, De cauchemar et de feu.

 


2017/67: L’effet papillon, Jussi ADLER OLSEN

Si William Stark n’avait pas été intrigué par un SMS envoyé du Cameroun, René Eriksen, son Boss au Bureau d’aide au développement, n’aurait pas été obligé de se débarrasser de lui. Si Marco, un jeune voleur gitan, n’avait pas trouvé refuge là où le cadavre putréfié de Stark végète depuis trois ans, son oncle, chef d’un réseau mafieux, n’aurait pas lancé ses hommes à ses trousses à travers Copenhague pour l’empêcher de révéler à la police l’existence de ce corps qu’il a enterré de ses propres mains… Pour stopper cet engrenage de violence, l’inspecteur Carl Morck et l’équipe du Département V doivent retrouver Marco. Et remonter la piste d’une affaire dont les ramifications politiques et financières pourraient bien faire vaciller l’intégrité politique du Danemark.

C’est un plaisir à chaque fois renouvelé que de retrouver la fine équipe du Département V. Cette fois-ci encore, voici un bon polar, même s’il a quelques longueurs. Nous suivons parallèlement deux affaires, qui bien sur finiront par se rejoindre. Il y a du suspens, des rebondissements, du mouvement… On n’a pas le temps de s’ennuyer…

Même si nous en apprenons un petit peu plus sur Assad, notre trio est relégué au second plan dans la construction de cette intrigue. Ce ne sont pas eux qui nous tiennent en haleine. Un nouveau venu: Gordon, pénible. Très pénible. Franchement, à part rajouter quelques paragraphes, je n’ai pas vu l’intérêt de ce nouveau personnage. Il plombe l’équilibre de notre trio d’enquêteurs, sans contrepartie.

Un polar plein d’humour, comme les précédents, qui allie politique, corruption, manipulations, pouvoir. A nouveau un plaisir de suivre les pérégrinations de Carl, Assad et Rose. Hâte de lire l’opus suivant, Selfies.