Archives de Tag: Thriller

2017/102: Trois, Sarah LOTZ

Jeudi noir sur la planète: quatre avions de ligne viennent de s’écraser aux quatre coins du globe. Troublante coïncidence… D’autant que sur trois des sites, les secouristes découvrent un rescapé. Chaque fois, un enfant. Chaque fois, sa survie tient du miracle. La presse internationale s’empare de l’affaire, il n’est bientôt plus question que des « Trois ». Certains fanatiques religieux voient même en eux l’incarnation des cavaliers de l’Apocalypse, à ce détail près qu’ils devraient être quatre… Dans le même temps, les familles qui ont recueilli les enfants sont confrontés à des évènements étranges. Mais qui sont au juste ces enfants? Et que veulent-ils?

Ce Jeudi Noir, le 12 janvier 2012, vont se produire simultanément quatre crashes aériens. Le vol Maiden Airlines dans les Everglades (Floride), le vol Antonov de Dalu Air au cœur de Khayelitsha (le township le plus peuplé du Cap (Afrique du Sud), le vol Sun Air dans la forêt Aokigahara (Japon) et le vol Go! Go! Airlines en Europe. Trois survivants sont retrouvés, trois enfants sensiblement du même âge: Bobby aux Everglades, Hiro au Japon et Jess en Europe. Les théories vont s’enchaîner, toutes plus farfelues les uns que les autres. Et cela aura des conséquences insoupçonnées sur l’ordre mondial.

Ce roman se présente comme une enquête. Elspeth Martins, journaliste me semble-t-il, sort un livre sur le Jeudi noir et ses conséquences. Ce livre se compose de témoignages de gens touchés de plus ou moins près par ces évènements, familles des victimes et des trois enfants, secouristes intervenus sur les sites, interviews et retranscriptions d’entretiens et d’enregistrements divers. L’histoire se constitue donc à partir d’une myriade de points de vue. Les principaux narrateurs seront Reba (amie de Pam, victime du vol japonais), Len Vorhees (pasteur de Pam), Paul Craddock (oncle de Jess); Lilian Small (grand-mère de Bobby), Chiyoko Kamamoto (cousine de Hiro).

L’intrigue se dessine doucement. Les éléments arrivent peu à peu. Le lecteur les glane ici et là, au fil des interviews, au gré de certaines répétitions. Le puzzle se construit lentement mais surement. Toutes sortes de rumeurs circulent: fabuleux coups de chance pour ces trois enfants, théorie du complot, suicide, théories religieuses, ovni, … Et je dirai que ce choix de construction fonctionne plutôt bien, les informations importantes sont données au compte-goutte, chaque document présenté (et donc chaque narrateur) apporte un petit bout du tableau général. L’idée est intéressante et originale, le style agréable.

Mais autant j’ai bien aimé la construction alambiquée du récit, autant je n’adhère pas à sa conclusion qui me laisse dubitative. Une première bonne impression atténuée par cette conclusion abrupte, étrange et un peu frustrante. Sans cela, ce thriller aurait été excellent.

 

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2017/101: La cave, Natasha PRESTON

« Il m’appelle Lilas. Depuis des mois il me garde enfermée dans une cave avec trois autres filles: Rose, Iris et Violette. Nous sommes ses jolies fleurs, sa famille idéale. Nous devons être parfaites, ou il nous tuera. Mais je suis Summer, quoi qu’il en dise. Jamais je ne baisserai les bras. Je sortirai de là. » Imaginez une maison comme n’importe quelle autre. dedans, une pièce. Dans cette pièce, une armoire. Derrière cette armoire, une porte. Au-delà, des escaliers. Et en bas, une cave. Une cave où sont séquestrées quatre filles. Avant, Lilas s’appelait Summer. Elle avait des parents, un frère insupportable, des copines, un petit ami. Elle fera tout pour les retrouver. Car contrairement aux autres filles, elle n’est pas prête à accepter son sort jusqu’à faner et dépérir…

Summer ne s’est pas résignée. Avant que Trèfle l’enlève et ne fasse d’elle Lilas, le dernier membre de sa famille parfaite, elle avait une vie. Des parents, un frère, des amies, un petit copain. Une vie sociale. Une vie normale d’adolescente. Mais voilà, ce soir-là, elle a croisé la route de Trèfle. Maintenant, elle est l’une des occupantes de la cave, avec trois autres jeunes femmes qui, elles, semblent avoir perdu toute velléité d’évasion. Elles savent de quoi Trèfle est capable et ont trop peur pour se révolter. Lilas, elle, refuse de baisser les bras.

C’est un bon thriller jeunesse, mais cela manque de profondeur pour un public plus averti. La fin est à l’image du récit, pas choquante pour un jeune public. Mais elle manque de piquant pour nous autres. Sinon, c’est un roman intéressant. Le récit est raconté en trois temps. D’une part, par Summer (16 ans), par Trèfle, et enfin par Lewis, le petit ami de Summer qui refuse de la considérer comme morte. Le portrait de Trèfle se dessine, l’ampleur de ses problèmes psychologiques, ses comportements obsessionnels, son imprévisibilité, son instabilité autant psychologique qu’émotive, ses raisonnements absurdes et illogiques (sauf pour lui bien sûr).

Une écriture fluide et agréable. Une atmosphère pesante. Un bon roman jeunesse.

 


2017/100: Tant que dure ta colère, Asa LARSSON

Au nord de la Suède, à la fonte des glaces, la cadavre d’une jeune fille remonte à la surface du lac Vittangijärvi. Est-ce son fantôme qui trouble les nuits de la procureure Rebecka Martinsson? Alors que l’enquête réveille d’anciennes rumeurs sur la mystérieuse disparition en 1943 d’un avion allemand dans la région de Kiruna, un tueur rôde, prêt à tout pour que la vérité reste enterrée sous un demi-siècle de neige…

Dès le premier chapitre, on apprend que Wilma et Simon ont été assassinés. On sait donc que le corps de Wilma n’est pas retrouvé là où elle est morte. On devine même très vite le coupable. Par contre, le mobile du crime reste obscur.

Wilma et Simon s’intéressent de trop près à l’Histoire de la région et vont donc payer leur curiosité de leur vie. Pas de grande révélation, pas de twist, mais quand même un récit bien mené et prenant.

Une agréable découverte.

 


2017/93: Tu me plais, Jacques EXPERT

Quand, par une succession de hasards, Vincent se retrouve assis face à Stéphanie sur la ligne 1 du métro parisien, la scène a tout d’une belle rencontre. La jeune femme tombe immédiatement sous son charme; lui, semble fasciné par le galbe et la finesse de son cou. Mais ce coup de foudre pourrait bien se révéler fatal… Car, sous ses airs enjôleurs, Vincent dissimule de terrifiantes pulsions. Hasard de l’existence ou force du destin, comment sauver Stéphanie des griffes de ce funeste séducteur?

Vincent prend le métro pour aller rejoindre des amis. Il rate la rame à quelques secondes et se voit dans l’obligation d’attendre la suivante. Qui lui permettra de croiser le chemin de Stéphanie, une jolie jeune femme au cou gracile. Vincent va tout faire pour la séduire et en faire sa prochaine victime. Parce que Vincent est un tueur en série et là, il est affamé… Il lui reste encore quelques stations pour parvenir à ses fins. Temps pendant lequel il planifie son crime. Mais Stéphanie pourrait bien être sauvée. Par son petit copain qui arrive en scooter, par son père qui en promenant le chien se dirige vers la bouche du métro, par cette conductrice éméchée qui roule un peu trop vite et pourrait bien causer un accident, par les policiers qui sont aux trousses de Vincent…

Suspens…

Stéphanie va-t-elle vivre ou Vincent réussira-t-il à mener son projet à bien?

Un minute par minute angoissant. Un station par station devrais-je dire, ce serait plus juste. Un thriller court lu d’une traite (185 pages dans l’édition Le Livre de Poche). La description est précise, chaque acteur du drame qui est en train de se jouer apparaît et son rôle dans l’histoire, conscient ou pas, décrit: le copain de Stéphanie, son père, le policier, le conducteur du métro, le groupe de jeunes, la conductrice, … Chacun de ces personnages secondaires peut faire aboutir le plan de Vincent ou au contraire le contrecarrer. La vie de Stéphanie se joue à un petit rien…

C’est très bien écrit, j’aime beaucoup. C’est prenant, inquiétant, passionnant.

 


2017/90: Un sac, Solène BAKOWSKI

En pleine nuit, une jeune femme attend face au Panthéon, un sac dans les bras qu’elle sert comme un étau. Cette femme, c’est Anna-Marie Caravelle, l’Affreuse Rouquine, la marginale. Lorsque, vingt-quatre ans plus tôt, Monique Bonneuil a pris en charge son éducation à l’insu du reste du monde, elle n’imaginait pas qu’elle abritait un monstre. Car la petite s’est mise à tuer. Un peu, d’abord, puis beaucoup. Voici l’histoire d’Anna-Marie Caravelle. Que fait-elle là, agenouillée en plein Paris, au milieu de la nuit? Et que contient ce sac qui semble avoir tant d’importance?

Encore un très bon thriller.

Voici donc l’histoire hors du commun d’Anna-Marie. Une histoire sombre, glauque d’une enfant qui se retrouve parachutée là… Dès sa naissance, la chance n’est pas avec elle. Bien sûr, Monique s’est occupée d’elle et lui a donné un semblant d’éducation. Mais, bien malgré elle, Anna-Marie, dès son enfance, est déjà une marginale, au destin trouble, morose, sordide.

Sa vie entière se déroulera sur la même lignée. Elle les collectionne Anna-Marie… Et puis s’enticher comme ça du premier venu… Mais, en dépit de ses actes, on l’aime bien cette jeune fille paumée, la pauvre… Faut comprendre aussi…

Jusqu’au dénouement, funeste évidemment.

 


2017/89: Prédation, Jérôme CAMUT & Nathalie HUG

Un cadavre dénudé est découvert dans une friche industrielle, la main droite déchiquetée. Un homme se tire une balle en pleine tête, dans un centre commercial bondé. Un jeune père, dressé comme un chien, est tourmenté sans relâche au fond d’un cachot sans porte ni fenêtre. Aucune piste, aucun lien, aucun mobile… Qui sont ces hommes? Pourquoi ont-ils été choisis? Pour quelle mise à mort aberrante? « Prédation » entrouvre la porte d’un univers imprévisible et angoissant, étrangement en prise avec les faits divers les plus choquants de notre époque.

C’est le premier roman du duo que je lis et évidemment pas le dernier! Wouah!! C’est détonant et perturbant.

Un très bon thriller, au rythme soutenu. Pas le temps de s’ennuyer… Un méchant vraiment méchant et détraqué. Un type extrêmement dangereux parce que sans limites, un manipulateur hors pair. L’idée qui a germé dans son esprit malade est juste diabolique et glaçante. Un scénario qui interroge sur la capacité de l’homme à se soumettre et à se dépasser. Jusqu’où seriez-vous capable d’aller pour sauver la personne qui compte le plus pour vous? Accepteriez-vous d’être dressé? Obéiriez-vous aveuglément à votre tortionnaire? Seriez-vous capable de vous rebeller? A quel prix?

Très bon… Les deux tomes suivants ne vont pas tarder à sortir de ma PAL…

 


2017/86: Chorale, Nick GARDEL

Un magasin qui explose, un mitraillage à la kalashnikov, une sirène recherchée, un gang sanguinaire, Peter, Jean-Edouard et Lorelei sont des habitués du chaos. quand leurs extraordinaires aptitudes pour les ennuis s’entrecroisent, cette troupe soudée par l’amitié prend la route à bord d’une vieille DS qui en a vu d’autres. Mais jusqu’où peut conduire l’amitié?

Comme pour Droit dans le mur, voici un roman totalement improbable mais pourtant ça fonctionne parfaitement.

Je ne connaissais pas encre Peter, Jed et Lorelei, des personnages hauts en couleurs, truculents et excentriques. Mais ô combien attachants! Et on ne s’ennuie pas avec eux! On n’a pas le temps. Le rythme est effréné, ça ne s’arrête pas une minute. Pris malgré eux dans une histoire qui les dépasse, à la recherche d’Aykut, un ami commun, ils vont enchainer les surprises et les catastrophes. En effet, depuis que sa boutique d’aspirateurs a explosé, Aykut s’est évanoui dans la nature…

Un roman à suspens bourré d’humour mordant et sarcastique. On y retrouve un peu l’esprit d’Audiard. Une sorte de road-trip déjanté, loufoque, rocambolesque, même picaresque. Un très bon moment de lecture.