Archives de Catégorie: Romans et littérature générale

2018/76: A son image, Jérôme FERRARI

Par une soirée d’août, Antonia, flânant sur le port de Calvi après un samedi passé à immortaliser les festivités d’un mariage sous l’objectif de son appareil photo, croise un groupe de légionnaires parmi lesquels elle reconnaît Dragan, jadis rencontré pendant la guerre en ex-Yougoslavie. Après des heures d’ardente conversation, la jeune femme, bien qu’épuisée, décide de rejoindre le sud de l’île, où elle réside. Une embardée précipite sa voiture dans un ravin: elle est tuée sur le coup.

L’office funèbre de la défunte sera célébrée par un prêtre qui n’est autre que son oncle et parrain, lequel, pour faire rempart à son infinie tristesse, s’est promis de s’en tenir strictement aux règles édictées par la liturgie. Mais, dans la fournaise de la petite église, les images déferlent de toutes les mémoires, reconstituant la trajectoire de l’adolescente sui s’est rêvée en photographe, de la jeune fille qui,  au milieu des années 1980, s’est jetée dans les bras d’un trop séduisant militant nationaliste avant de se résoudre à travailler pour un quotidien local où le « reportage photographique » ne semblait obéir à d’autres fins que celles de perpétuer une collectivité insulaire mise à mal par les luttes sanglantes entre clans nationalistes.

C’est lasse de cette vie qu’Antonia, succombant à la tentation de s’inventer une vocation, décide, en 1991, de partir pour l’ex-Yougoslavie, attirée, comme tant d’autres avant elle, dans le champ magnétique de la guerre, cet irreprésentable. De l’échec de l’individu à l’examen douloureux des apories de toute représentation, Jérôme Ferrari explore, avec ce roman bouleversant d’humanité, les liens ambigus qu’entretiennent l’image, la photographie, le réel et la mort.

Je crois qu’il va être difficile d’en dire plus que la 4ème de couv.

Tout au long de la cérémonie funéraire menée difficilement par son oncle et parrain, l’auteur nous fait découvrir la vie d’Antonia. Les souvenirs défilent, des tranches de vie avec les uns et les autres, qui révèlent sa personnalité, ses engagements, ses passions.

On voit Antonia grandir et murir, faire des choix pas toujours pertinents, prendre en main sa vie, positionner ses opinions, douter de ses choix, se remettre en question, s’interroger sur ses aspirations, … C’est une jeune femme passionnée, loyale, droite, courageuse.

Ce roman interroge sur la pertinence, la conformité, la justesse de la photographie de guerre, et de la photographie de presse plus généralement. Il interroge sur le bien-fondé et la véracité du message délivré par ces images,  la violence et l’indignation partagée par le photographe qui témoigne d’une réalité si peu tangible pour son public, l’indifférence de ce public face au choc des images diffusées, face à l’horreur quotidienne vécue par des gens dont tout le monde se fout comme de sa première chemise.

On réfléchit ici sur le pouvoir des images jetées en pâture dans la presse, sur l’apparence qu’elles donnent d’une réalité qui n’est pas la même pour chaque spectateur. Quel en est le degré de spontanéité? Quel point de vue mettent-elles en avant? Ces images sont-elles représentatives de l’évènement qu’elles exposent? La photo est le témoin, le reflet normalement vrai de nos vies. La photo touche à l’intimité des êtres immortalisés, elle expose des flashs d’un moment précis, une vision subjective de l’évènement qui est en train de se dérouler… De quelle façon certaines de ces images sont-elles détournées de leur message premier?

Bref, on pourrait débattre longtemps de tout ça. Personnellement, je n’ai pas trop croché à la construction du récit, mais j’ai par contre beaucoup aimé l’écriture fine de Jérôme Ferrari.

 

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2018/75: 15 nuances de mères, Martine MAGNIN

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Le portrait idéal de la Mère, célébré chaque année au mois de mai, échappe parfois aux images oniriques. Mère rouge, mère trouble, mère de glace… Avec 15 nuances de mères, Martine Magnin, elle-même mère et grand-mère, décortique ici, via de courts récits, sans respect ni anesthésie, mais sans jugement ni accusation, les dérives et la grande imposture de certaines de nos mères, entre mission sacrée et démission totale, entre mères inutiles et mères nuisibles, entre fête des Mères et « défête ».
Tout est une question de nuances!
Après un utile rappel de l’historique de la fête des mères, découvrez les portraits de ces 15 femmes qui ne méritent pas toutes d’être fêtées…

Si tu viens de temps en temps ici, tu sais déjà que j’ai une tendresse particulière pour Martine Magnin. Tu sais déjà que j’affectionne son écriture fine et élégante.

Ce qui est bien avec Martine, c’est que chaque nouveau livre est une surprise. Toujours radicalement différent des précédents, même si on y retrouve toujours sa douceur et sa sensibilité. Cette fois-ci, Martine Magnin ne nous livre pas un roman mais un recueil de nouvelles, sur un sujet sensible: la maternité et l’instinct maternel, ou le non-instinct pour certaines. Peut-on qualifier de « mère » toutes les mères? Toutes méritent-elle d’être appelées « mères »? Toutes méritent-elles l’affection de leurs enfants?

Ici sont brossés quinze portraits. Dont certains sont corrosifs.

Mais attention, Martine livre ces portraits sans jamais en juger les acteurs ni se faire donneuse de leçon. Vous rencontrez ici des mères démissionnaires, rigides, intransigeantes, toxiques, absentes, négligentes, froides, addicts, dures, exigeantes, autoritaires, amères, désenchantées, égoïstes, trop parfaites, trop ci ou pas assez ça. Vous rencontrerez des mères omniprésentes,  étouffantes, envahissantes, fusionnelles, beaucoup trop ci et ça.

Mais vous rencontrerez aussi des enfants, dont certains parviennent à prendre le contrepied de leur génitrice, des enfants qui souffrent, des enfants qui se défendent comme ils peuvent.

Tu prendras certaines de ces nouvelles en pleine face. Tu y reconnaitras certainement des connaissances. La première nouvelle m’est arrivée comme un coup de poing. Alors j’ai refermé le livre. J’ai pris du temps avant de l’ouvrir à nouveau et d’en apprécier la saveur.

Merci Martine!

 

Pour commander, un clic ici.


2018/72: Le malheur du bas, Inès BAYARD

9782226437792-j.jpg« Au cœur de la nuit, face au mur qu’elle regardait autrefois, bousculée par le plaisir, le malheur du bas lui apparaît telle la revanche du destin sur les vies jugées trop simples. » Dans ce premier roman suffoquant, Inès Bayard dissèque la vie conjugale d’une jeune femme à travers le prisme du viol. Un récit remarquablement dérangeant.

Comme dans Chanson douce de Leïla Slimani, ce roman s’ouvre sur l’épilogue tragique de l’histoire, qui est ensuite retracée jusqu’au drame.

Marie mène une vie agréable et rangée avec son mari Laurent. Mais Marie va être victime d’un viol: par son directeur dans sa voiture. Profondément humiliée, Marie va se taire. Et quand peu après elle découvre qu’elle est enceinte, il n’y a aucun doute pour elle quant à la paternité de l’enfant. Alors face à ses proches qui célèbrent cette naissance, elle se mure dans un silence destructeur et s’effrite jusqu’à l’inéluctable.

C’est un roman coup de poing que ce premier roman. Un roman cash, brut, difficile, douloureux. Pour Marie, cet enfant dont elle va devoir s’occuper, qu’elle aura chaque jour face à elle, est la preuve vivante et irréfutable de son agression. Preuve omniprésente qui le lui rappelle à chaque instant. Une douleur à la fois physique, morale et psychologique.

Le style est critiquable, peut être un peu trop brut. Personnellement, j’ai aimé justement cette écriture cash, crue, sans concession. Telle le ressenti de Marie face à sa vie qui se désagrège. Une écriture acerbe, coléreuse, agressive. Une écriture qui exprime la violence ressentie dans les rapports conjugaux, les rapports sexuels, la grossesse, l’accouchement, la joie honnie de l’entourage, … Violence vécue intensément, traumatismes intenses.

Il s’agit d’un récit d’une noirceur absolue. Un récit dérangeant, percutant, choquant. Un récit glaçant, qui frappe au cœur. Même si l’on ne croche pas au personnage de Marie, on ne peut que comprendre sa peur, son dégoût, son mutisme ravageur, sa honte, sa haine.  Et s’indigner des réactions des proches qui se voilent les yeux, ne relevant pas (ou ne voulant pas voir) les changements pourtant radicaux dans le comportement de Marie.

Très certainement un des plus gros succès de cette rentrée littéraire.

 


2018/69: La nostalgie des pays perdus, Jean-Claude PERRIER

 

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Qu’est le monde d’hier devenu? Découvrir ses monuments et ses mystères, ses splendeurs et ses ombres, ses foules et ses visages faisait le voyage et le voyageur. Submergé par le tourisme de masse, le voilà englouti sous les guerres, les fanatismes, les tsunamis. Et la laideur. Ce livre constitue la grande cérémonie des adieux qui manquait à la littérature des ailleurs. Il est tant de lieux où l’on ne pourra plus aller ou revenir sur un globe rétréci comme peau de chagrin. Inconsolable, Jean-Claude Perrier se souvient des siens qui sont aussi les nôtres. Sa remémoration est notre consolation. Elle invite, par les mots, les images, le style, à entreprendre l’ultime tour du monde.

Une célébration des ailleurs contre le rétrécissement du monde. C’est la phrase d’accroche de ce service presse. Cette idée était plaisante. Et…. Ca aurait pu… Mais non.

Chaque chapitre est un instantané d’un lieu, un peu comme une carte postale envoyée de là-bas. Mais sans légende. Chaque chapitre, donc chaque voyage rapporté, s’attache à rendre compte des rencontres vécues et/ou des projets envisagés. Ce sont des photos dont l’auteur est le centre, entouré des gens rencontrés, ou croisés, dont d’ailleurs il ne se souvient pas toujours des noms. Alors oui, ces rencontres ont très certainement été importantes. Pour lui… Parce que, bon, pour nous, hein…

Donc voilà, je crois qu’on passe à côté du sujet annoncé. J’imagine que ces courts récits doivent parler aux personnes qui connaissent les lieux si rapidement évoqués. Mais pour moi, cela ne me permet pas de m’en faire une image réaliste, ni d’en ressentir l’ambiance. J’espérais une sorte de fresque de ces endroits désormais interdits, hors d’accès ou détruits par la folie humaine. J’aurais aimé d’autres descriptions, peut être un peu plus pittoresques et culturelles. De quoi faire naître des images. D’autant que le peu que Jean-Claude Perrier partage est intéressant.

Donc, voilà, je suis passée à côté de ce livre, ou alors je n’en ai pas compris le but. Pour moi, l’auteur est trop présent, on ne voit que lui, au détriment de lieux certainement magiques.

Merci à Babelio et son opération Masse Critique, et aux Editions du Cerf.

 


2018/66: 39 Heurts, Sylvain NAMUR

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Comment surmonter la perte d’un enfant qui vit encore ? Que fait votre mère quand elle ne répond pas au téléphone ? Comment réagir face à un monstre qui vous ronge mais exauce vos souhaits ? Que faire si vous devez choisir entre vos deux enfants ? Vous, comment feriez-vous ?

La vie, c’est manger des pâtes devant un nanar. Sortir de chez soi, flâner. Découvrir le monde. C’est faire des crêpes. Manger des omelettes au bacon. Faire du vélo. Acheter des trucs inutiles. Et en être content.
C’est lire et écrire. C’est faire du kart. C’est aller manger une glace en ville l’été, des gaufres en hiver.  C’est embrasser l’être aimé. Et tant d’autres choses… Puis quand on a tout fait, recommencer. Et seulement après, s’il reste du temps, dormir. Dormir pour être en forme et recommencer encore plus, plus longtemps, plus fort. Ce livre ne parle pas de ça, mais des raisons pour lesquelles on doit vivre comme ça.

Voici un recueil de 39 courtes nouvelles. De genres et de sensibilités différentes, entre anecdotes, contes et fables.

39 nouvelles que je ne peux évoquer dans le détail sans risquer de t’en dévoiler trop.

Tu trouveras des nouvelles noires, des nouvelles plutôt philosophiques, etc… De nombreux thèmes sont abordés dans chacune. Certaines sont ironiques, ou satiriques, ou traitent d’un reflet psychologique, d’un instant T. Certaines montrent le caractère contradictoire des hommes, l’irrationalité ou l’extravangance de certains comportements. Il y en a pour tous les goûts…

Ce sont des tranches de vie où tout est question de point de vue et de nuance. Des récits dans lesquels il ne faut jamais se fier aux apparences, tant elles peuvent être trompeuses.

Certaines de ces nouvelles m’ont mis un coup au coeur, comme L’homme heureux. Celle-ci est terrible! Parmi mes préférées: Promesses d’avenir, Désirs d’enfants, Misère, Cupidon, Le coup de fil, La peinture rose, Après la viande, …

Merci beaucoup Sylvain de m’avoir permis de découvrir votre écriture.

 


2018/64: Le silence des oeuvres accomplies, Marc SANDHOMME

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Après un grave accident de la circulation, Thomas a perdu le fil de sa vie. Il souffre d’une profonde amnésie et ne se souvient pas de ses proches ni de sa propre identité. Son corps ne répond plus. Tout, ou presque, lui a été ôté : le mouvement, le langage et même certaines de ses fonctions vitales que quelques machines maintiennent en vie. Il ne lui reste que la vue, l’ouïe et l’odorat pour garder un contact avec l’extérieur.
Emmuré dans son corps et coupé du monde, il n’aura d’autre recours que sa force intérieure et son imaginaire pour ne pas sombrer dans la folie. Il va alors tenter de retisser le lien qui le relie à son passé, notamment avec cette jeune femme qui chaque jour vient lui rendre visite et qu’il ne reconnaît pas.
« Le silence des œuvres accomplies » est un roman relatant la vie intérieure d’un homme, l’amour profond que lui portent ses proches et sa résilience face à l’adversité.

Voici un court roman dont le préambule a suffi à complètement me captiver.

Le premier chapitre s’ouvre sur la description d’une vie douce, agréable, bien rangée. Et puis…

Je lui répondrai alors que le bonheur est une vue de l’esprit. Qu’être heureux de vivre suffit. […] la vie n’est que changement et perpétuel devenir. Profitons de l’instant!

Et puis, c’est le drame…

Ce 24 juin, pour tenter d’éviter un camion fou, Thomas s’est encastré dans un platane.

Quand il reprend conscience, Thomas ne se souvient pas de grand chose ni de grand monde. Son corps ne réagit plus, son regard est vide de toute expression. Juste comprend-il qu’il est polytraumatisé. Son corps est en charpie. Son état de conscience n’est qu’intérieur.

Bien sûr, au départ, il ne mesure pas vraiment ce qui est en train de se jouer. Il est dans le coton, du fait des médicaments qui lui ont été injectés. Il est diagnostiqué comme étant plongé dans un coma profond stade 3. Voilà: nous sommes plongés au coeur de la problématique.

Il est muré dans ce corps disloqué. Personne ne perçoit son retour à la conscience. Et lui va petit à petit se rendre compte de l’étendue du problème. Autant pour lui que pour les autres. Pour les autres, il est un corps sans réaction avec un coeur qui bat encore. Il ne peut donc pas être abandonné, bien qu’il soit inerte. Il est une obligation que les autres doivent remplir, les renvoyant en même temps à leur impuissance, à leur douleur, au vide qu’il laisse. Pour lui, la réalité de son état le prend de plein fouet. Outre la souffrance et la douleur d’exister encore, il doit gérer la possibilité de l’impotence, celle de rester tel quel définitivement…

L’écriture est très belle, très fine, subtile. Le ressenti est terrible. L’impression de vécu est très marquée. La sensation de toucher à quelque chose de profondément intime transpire de ce roman. L’écriture retranscrit parfaitement le lent retour à la conscience, la lente évolution durant laquelle la moindre parcelle d’espoir est un évènement. Chaque détail prend une importance capitale: les attentions du personnel soignant et de ses proches, chaque sollicitation, même haïe…

Je ne suis pas encore mort pour parler de moi au passé, mais pas assez vivant pour que l’on s’exprime au présent.

Il y a l’instant de déni, puis de révolte, de désespoir, puis l’acceptation. Il profite de tout ce que son état de conscience lui permet. Il vit chaque instant en pleine conscience. C’est prenant, percutant, tragique.

Un coup de cœur.

 


2018/62: De miel et de saké, Nathalie MARANELLI

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Dans la forêt d’Amazonie, sur la terre des Guaranis, le vieux chef, le cacique, ordonne à Anahi de rentrer en Europe. La jeune métisse doit trouver ce mythique parchemin qui seul sauverait les Indiens de la mort annoncée. Le progrès, comme disent les  Occidentaux, ravage la forêt, et les terres ancestrales disparaissent inexorablement, emportant avec elles toute une civilisation.

De retour chez elle, à Paris, loin de la terre de ses ancêtres, Anahi doit trouver le secret de ce parchemin, le message que les Blancs sauront entendre. Avec la rencontre de deux cultures, c’est autour de la cérémonie du thé que le secret surgira : avec du miel ou avec du saké ?

SORTIE LE 8 SEPTEMBRE 2018

Tout d’abord, je remercie vivement les Editions Lazare et Capucine de l’envoi de ce service presse.

Voici un très joli roman. L’écriture est dénuée d’artifices et est empreinte d’une grande douceur. J’ai aimé le style de l’auteure, à travers lequel ressortent toute sa sensibilité et son empathie. Mais aussi ses prises de position.

L’arrière-grand-père d’Anahi est le chef et chaman d’une tribu amazonienne, les Guaranis. Il mise beaucoup sur la jeune femme pour faire passer son message et sensibiliser les Européens au problème de la déforestation massive de l’Amazonie (entre autres).

En effet, les tentatives d’ interventions du vieux chef sont restées lettre morte. Rien ni personne ne lève le petit doigt pour leur venir en aide et sauvegarder leur patrimoine. Le défrichage bat des records. Ce roman rappelle la catastrophe que représente cette déforestation et exploitation continues: le choc des cultures, le vol des terres aux tribus, la disparition de la faune et de la flore, le déplacement et l’occidentalisation des tribus, la perte des repères et des traditions ancestrales, le taux croissant de pollution, la diminution des ressources en eau, la crise écologique et énergétique, ….

Ce roman, c’est aussi une ouverture à l’Autre, c’est un encouragement au partage, chaque culture ayant à apporter aux autres, c’est une sagesse à partager. Ce roman met en avant  à la fois l’urgence de notre situation environnementale et la richesse de la diversité culturelle. C’est une éloge à la tolérance, et je pense, un parfait reflet de la personnalité de l’auteure.

J’aurais juste le regret que ce livre soit si court. J’aurais aimé en savoir davantage sur le quotidien, les mœurs et coutumes de la tribu, ici mise en avant au travers de la sagesse de Takia. Sur la culture nippone aussi, si riche en enseignements.

Bref, un joli récit, entre roman, autobiographie et conte initiatique. Un sympathique clin d’œil à la non moins sympathique Dame au Chapeau Noir… Un roman qui fait voyager, plein d’une belle philosophie de vie.