Archives de Catégorie: Romans et littérature générale

2019/36: Virgin suicides, Jeffrey EUGENIDES

  • Editions Points
  • ISBN: 978-2-7578-7906-1
  • 254 pages, 7 €
  • Pour le commander: Les Libraires.fr, chez ton libraire.

Jeunes, belles et fragiles, les cinq filles Lisbon se suicident en l’espace d’une année. Difficile de comprendre ce qui se passe derrière les murs de la villa familiale: un quotidien étouffant, une mère plus sévère que les autres, une folie contagieuse… Des garçons du quartier, effrayés et fascinés, observent les filles s’effondrer une à une. Devenus adultes, ils s’interrogent encore.

Attention: cette édition-ci propose le texte intégral du roman de Jeffrey Eugenides publié en 1993. C’est spécifié à la première page. Ce n’est donc pas une réédition tronquée qui ferait suite au film de Sofia Coppola sorti en 1999.

Tout commence avec Cecilia… Elle essaye de se suicider en se coupant les veines, mais est secourue à temps. Quelques semaines plus tard, elle se défénestre.

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2019/35: Le trois-ponts de Port-Malo, Patrick POTIER

  • Editions Lazare et Capucine
  • ISBN: 979-10-96673-25-4
  • 248 pages, 20€
  • Pour le commander: Lazare et Capucine, chez ton libraire

 

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Un jeune homme est condamné au bagne pour un assassinat horrible. Le baron de Penthièvre et son compère l’abbé ne croient pas à sa culpabilité. La quête de la vérité va les conduire bien malgré eux au cœur d’un secret d’Etat: le trésor des Montagnards ne serait pas une légende et il suscite toujours des convoitises, chez les escrocs comme dans les cabinets ministériels. Malheur à qui se mettra en travers des espions du sinistre Fouché.

De la Bretagne paysanne révolutionnaire à Paris qui sacre Napoléon, du quartier du Palais Royal et ses tripots libertins aux  repaires de flibustiers dans les Antilles, cette grande fresque historique nous plonge dans une aventure riche en rebondissements.

Tout d’abord, je remercie l’auteur et les Editions Lazare et Capucine de m’avoir confié ce roman.

J’ai déjà lu Patrick Potier pour la sortie de son premier roman, Le rêve en deuil. J’ai eu le plaisir de retrouver ici la fine plume de Patrick, même si ce roman-ci n’a absolument rien à voir avec le premier.

En effet, ici, on fait un bond dans l’Histoire. Nous voici au tout début su XIXème siècle. Napoléon est sacré Empereur des Français. La Bretagne est en pleine révolution. Patrick Potier est féru d’histoire et cela se ressent.

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2019/32: Les choses, Georges PEREC

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Sylvie et Jérôme, jeunes psychosociologues de classe moyenne, cultivent une idée matérialiste du bonheur, à laquelle ils s’asservissent… au risque de se laisser happer par le vertige des choses. Dans ce livre culte, Georges Perec dresse avec une redoutable justesse le portrait d’une génération prise dans le balbutiement des années 1960.

Le bonheur réside-t-il dans les choses que l’on possède?

C’est bien là toute la question.

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2019/24: Le baiser de Gustav, Martine MAGNIN

Je suis envahie d’une froideur bizarre, je frissonne. Je suis transie et molle. À coup sûr, je suis seule et dans des ténèbres hostiles. Le silence… si ce n’est cette machine insolite qui grogne et halète tout près de moi. Aucun souvenir. Des bruits de pas. Une voix féminine : Bonjour, Lucie, comment vas-tu aujourd’hui ? Je veux répondre, mais j’en suis incapable. Aucune logique pour expliquer cet état, mon état. Suis-je morte ? Aveugle ? Paralysée ? Immobilisée ? J’essaie pourtant de me concentrer, de bouger ne serait-ce que ma langue, mais rien ne suit ma pensée. Je n’ai plus de bouche…

Afin de nous interpeller sur les thèmes de la filiation, de la résilience, de l’érotisme et de la renaissance, l’auteure nous présente une victime d’attentat, plongée dans le coma, dont l’esprit chemine entre une douloureuse réalité et les portes de l’au-delà où elle trouve réconfort et espoir.

Martine Magnin, quand elle publie un nouveau roman, elle n’est jamais là où on l’attendrait. A chaque fois, elle me surprend.

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2019/20: L’île aux enfants, Ariane BOIS

Pauline, six ans, et sa petite sœur Clémence coulent des jours heureux sur l’île qui les a vues naître, la Réunion. Un matin de 1963, elles sont kidnappées au bord de la route et embarquent de force dans un avion pour la métropole, à neuf mille kilomètres de leurs parents. À Guéret, dans la Creuse, elles sont séparées. 1998 : quelques phrases à la radio rouvrent de vieilles blessures. Frappée par le silence dans lequel est murée sa mère, Caroline, jeune journaliste, décide d’enquêter et s’envole pour la Réunion, où elle découvre peu à peu les détails d’un mensonge d’État. À travers l’évocation de l’enlèvement méconnu d’au moins deux mille enfants réunionnais entre 1963 et 1982, dans le but de repeupler des départements sinistrés de la métropole, Ariane Bois raconte le destin de deux générations de femmes victimes de l’arbitraire et du secret. L’histoire d’une quête des origines et d’une résilience, portée par un grand souffle romanesque.

Tout d’abord, je remercie l’opération Masse Critique de Babelio et les Editions Belfond de l’envoi de ce service presse. Coup de cœur…

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2019/04: Quoi qu’il advienne, Marjorie LEVASSEUR

  • Auto-édition
  • Format Kindle ou broché (224 pages)
  • Pour le commander: Amazon

Attention: Ce roman ne peut se lire indépendamment de son tome 1, Quoi qu’il nous en coûte.

Cinq longues années. Une éternité pour Grégoire. Il a cessé depuis un moment de croire à l’impossible. Elles ne reviendraient pas. Nawel avait enterré leur brève histoire dans un lointain recoin du monde que personne ne viendrait plus explorer. C’est pourtant lorsqu’il s’apprête à tirer un trait définitif sur leur passé commun que celui-ci refait surface de la façon la plus inattendue qui soit. Mais en cinq ans, il s’est passé bien des choses et certaines d’entre elles ne présagent pas le meilleur…

A la fin du premier tome, Nawel et Lamia ont dû quitter précipitamment la France pour échapper à leur famille. Les deux sœurs ont trouvé refuge au Canada, auprès de la famille Beauchemin. Pour les lectrices de Marjorie, il y a là un joli clin d’œil à la trilogie précédente.

Mais voilà, cinq longues années ont passé. Si au début, elles ont donné des nouvelles à Grégoire, il y a longtemps qu’il n’a plus reçu le moindre signe de vie de leur part. Alors il finit par se faire une raison: Nawel a balayé leur amour naissant. Il prend donc la décision de tourner la page et d’enterrer son passé. Son frère a pris son envol et n’a plus autant besoin de lui. Alors Grégoire vend son cabinet médical et met aussi en vente la maison familiale qui regorge de trop de souvenirs… Mais il est loin d’imaginer les nouvelles qui vont lui tomber dessus…

J’ai eu plaisir à retrouver toute la bande: Nawel et Lamia, Grégoire et Romuald. Un plaisir tout aussi grand de retrouver la plume habile de Marjorie. Ce second tome tient les promesses du premier, même si je reste un petit peu sur ma faim: j’aurais bien aimé que soit un peu plus abordée la traque de ***** (biiiip, no spoil!).

Nous allons faire de nouvelles rencontres, certains personnages vont prendre plus d’ampleur. Lamia a muri, elle est plus réfléchie. Nawel est toujours aussi têtue… Pour chaque personnage, le lecteur est partagé, parce qu’on les aime bien, tous. On a envie de les secouer un peu et en même temps, on les comprend, et là ressort notre côté maternel: on a envie de les protéger et de les aider à atteindre leurs objectifs.

Comme toujours, Marjorie Levasseur met le doigt sur des problèmes de société douloureux. Et aussi sur la difficulté de se construire malgré les drames, sur notre capacité de résilience. Des introspections par lesquelles chacun se remet en question, s’interroge, envisage ses responsabilités.

Merci Marjorie, et merci à La Voie de Calliopé.


2019/01: Un dîner pour cinq, Virginie VETIL BERNAL

Editeur: Lazare et Capucine

ISBN: 979-10-96673-21-6

140 pages, 14€

Laissez stimuler vos sens par ce véritable roman de la perception. Un dîner pour cinq, le deuxième ouvrage de Virginie Vétil Bernal, se configure comme un hymne à la sensualité au sens étymologique du terme. L’auteure, à travers son écriture fraîche et aérée, emporte son lecteur dans un voyage multisensoriel, un voyage qui reflète à travers la parole les plaisirs et les voluptés du toucher, de la vue, de l’odorat, de l’ouïe et du goût.

Mais si à ce voyage correspond également une éducation sentimentale, quelle curieuse synesthésie pourra bien avoir lieu à la rencontre des cinq sens, de cinq jeunes adultes confrontés à leur quête intérieure, complexe et parfois douloureuse? La réponse de Virginie Vétil Bernal possède une qualité littéraire désormais très rare, parvenant à conjuguer avec désinvolture et légèreté la peinture de la réalité à une allégorie sensorielle captivante et singulière. Invitez-vous à cette table!

Guillaume organise un dîner avec quatre de ses voisins dans le seul but de séduire la très jolie Madeleine. 

De prime abord simpliste, ce récit va vite se révéler bien plus profond qu’il n’y paraît. Ces cinq personnages se présentent d’abord sous leurs meilleurs atours. Ils montrent le masque de l’apparence choisie. Mais au fil des pages, chacun va se dévoiler. Vont apparaître les caractères, les failles, les questionnements. 

Chacun d’eux représente un sens avec ce qu’il peut avoir de sensuel et d’ambigu. Guillaume pour le goût, Madeleine pour l’odorat, Tristan pour l’ouïe, Pascale pour le toucher et enfin Amélie pour la vue. Chaque sens caractérise son personnage. Et c’est à travers ce sens dominant que chacun transparaît et finit par se livrer.

Et on va découvrir des drames, des quêtes d’identité et des besoins de reconnaissance.

L’écriture est belle et a du style. J’ai aimé ce récit sobre, posé et tellement touchant. J’ai aimé les tâtonnements des personnages, leurs remises en question, leur comportement les uns envers les autres, les prises de conscience.

Un grand merci aux Editions Lazare et Capucine pour cette découverte.


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