2017/48: Le piège du silence, Rachel ABBOTT

Abby, 14 ans, est percutée en pleine nuit par une voiture et laissée pour morte. Le lieu: une petite route qui mène au village de Little Melham. Que faisait la jeune fille seule à cet endroit? Ellie et son mari étaient sur cette route au moment du drame. Mais pas ensemble… Comme d’autres habitants du village cette nuit-là, ils ont de sombres secrets à cacher. Léo, la sœur d’Ellie, a bien envie d’en savoir plus. De même que Tom Douglas, policier en congé qui vient d’emménager. Mais à Little Melham, la vengeance, la folie et la mort rôdent…

Une lecture facile et fluide.

Cependant, je reste sur ma faim. Je trouve le 4ème de couv plus alléchant que ne l’est finalement l’histoire. Un rythme plutôt lent, une écriture fluide donc mais des rebondissements que l’on voit venir. Peu de suspens à mon goût.

Une déception pour moi.

 


2017/47: Le musée de l’homme, David ABIKER

« Au début, je croyais qu’un métrosexuel, c’était un type qui avait un sexe suffisamment gros pour le montrer dans le RER en déployant, tel un albatros, les pans de son imperméable. Je me trompais. Un métrosexuel est un type qui va au salon d’esthétique en plein samedi après-midi parce que ni sa femme ni ses filles n’ont envie de l’emmener voir un match de foot féminin. Voilà la vérité. » Manuel de lâcheté conjugale, traité de puériculture déjanté, livre noire de la société maternante, lettre d’amour tachée de gras, bible du père martyr, cahier de tendances pour homme-parasite, pamphlet lubrique et séditieux… Le musée de l’homme est tout cela à la fois. Dans ce récit hilarant, l’auteur, un jeune père de famille déjà fatigué, cède la place et les commandes aux femmes de sa vie avec un masochisme et une jubilation d’une lucidité déconcertante.

Un petit traité humoristique emprunt de beaucoup d’autodérision. Le déclin de la domination masculine vis à vis du bon sens féminin. En même temps, il ne se défend pas beaucoup. David Abiker est ici une victime consentante, bienheureuse même. Réflexion drolatique et distrayante sur les rapports hommes/femmes, la place de nouveau papa moderne.

Un livre plaisant et amusant qui m’a bien fait sourire, je dois l’avouer.

 

 


2017/46: Potens, Ingrid DESJOURS

Club de surdoués ou rassemblement de détraqués? La frontière paraît bien fine pour Garance Hermosa. La psycho-criminologue a infiltré Potens, une confrérie de génies, pour résoudre un crime. Celui de Charlotte, membre du cercle, ébouillantée puis poignardée à mort. Mais Garance joue un jeu dangereux. Ces hauts QI excellent dans l’art de la manipulation, de l’intimidation et du chantage. Et la jeune femme garde en elle certains souvenirs douloureux qui pourraient bien la faire couler à pic. Car au club Potens, l’intelligence est plus affûtée qu’une lame de couteau.

Voici un bon thriller comme je les aime: mené de main de maître par une auteure à la plume acérée, haute tension, rythme soutenu, palpitant à fond… Encore une fois, nous voici plongés dans une histoire sombre, dans un cercle de génies plus pourris les uns que les autres. C’est à qui mènera les autres. Tous assoiffés de pouvoir, rompus aux pratiques douteuses, à la manipulation… Mais peut-on finalement être sûr de qui est le meneur et qui est le mené? Ah ah…

Bref, encore un bon moment de lecture passé avec Ingrid Desjours. J’aime beaucoup sa plume affutée, ses histoires entraînantes. Encore un thriller mené savamment, j’adore!

 


2017/45: Froid mortel, Johan THEORIN

Une école. Un centre de détention psychiatrique. Entre les deux, un couloir souterrain… que les enfants franchissent régulièrement pour rendre visite à leur parent interné. Jan Hauger, qui a été embauché dans ce dispositif expérimental étroitement surveillé, ne rate pas une occasion d’être leur accompagnateur. Mais que cherche-t-il? Et que se passe-t-il réellement dans les sous-sols obscurs et labyrinthiques de la clinique? Virtuose des climats troubles et envoûtants, Johan Theorin remonte le fil d’un passé lourd de secrets. Un polar sombre, machiavélique et implacable, par un des maîtres du suspens scandinaves.

Jan est engagé pour travailler dans une maternelle jouxtant un asile psychiatrique. En effet, cette école accueille des enfants dont l’un des parents est interné dans l’établissement de haute sécurité. Les enfants et leur accompagnateur utilisent un passage souterrain pour rejoindre l’asile et aller visiter leur parents. Autour d’eux, une équipe pédagogique soudée. Mais on ne connaît de ses collègues que ce qu’ils veulent bien dévoiler. Ce travail va replonger Jan dans son passé et le pousser à tenter l’impensable.

Un thriller bien mené, peut être un peu lent au départ avant de vraiment réussir à crocher au personnage de Jan et à son histoire, à ses aspirations, ses espoirs, ses déceptions. Un style un peu scolaire à mon goût (ou bien est-ce un petit soucis de traduction) mais qui n’enlève rien aux qualités de ce livre.

Des longueurs donc par moments, un rythme lent qui s’accélère sur la fin, mais un peu trop tard je pense. Cela reste cependant un bon moment de lecture et une agréable découverte.

 


2017/44: Respire, Anne-Sophie BRASME

Elle s’appelle Charlène, elle a dix-neuf ans, elle est en prison. Une nuit de septembre, deux ans plus tôt, elle a tué Sarah, son amie d’école. Parce que Sarah, belle, brillante, magnétique, exerçait un pouvoir sur tous ceux qui l’approchaient. Parce que son amitié pour la timide Charlène fut un émerveillement , un don inespéré de la vie. Et puis vinrent les petites déceptions, les attentes, les souffrances. Et l’entraînement dramatique du désespoir et de la passion, retracé ici avec une vérité hallucinante par une romancière de dix-sept ans.

Un drame a eu lieu, un crime a été commis. Charlène a tué Sarah.

Ce roman relate la version de Charlène. Elle est emprisonnée pour l’assassinat qu’elle a commis et elle explique le pourquoi de son geste. Le lent cheminement que va la mener inéluctablement à la tragédie. L’ensemble de tous ces petits riens qui, mis bout à bout, vont la faire basculer et la pousser à détruire sa meilleure amie, sa quasi sœur.

Un roman très intéressant, très bien écrit, qui se dévore. J’ai beaucoup aimé le style. Une premier roman réussi, et plutôt abouti. Une vision de cet état adolescent où tout se joue et se défait, comme tout s’y construit. Un état intermédiaire, entre enfance et vie adulte, pendant lequel tout est possible pour certains quand d’autres se trouvent allègrement piétinés et détruits.

Une bonne surprise.

 

 


2017/43: Sous surveillance, Dorothée LIZION

Valène Daran, 20 ans, intelligente, promise à une grande carrière de journalisme, doit se faire régulièrement des injections d’héroïne pour supporter d’atroces céphalées. Les plus grands spécialistes restent démunis face à son mal. Elle s’interroge, tiraillée entre l’envie d’en finir et celle de vivre à tout prix. Pourquoi son comportement, parfois, apparaît-il si étrange aux yeux de ses amis? Pourquoi voit-elle des choses que les autres ne voient pas? Pourquoi tout à coup un grand ponte de la chirurgie s’intéresse-t-il à son cas? Pourquoi ce capitaine de gendarmerie, Yahmose Boileau, qui enquête sur des suicides aussi cruels qu’absurdes, croise-t-il si souvent son chemin? Au fond, que cache cette douleur? La vérité, avec son lot d’électrochocs, tombera fatalement…

Voilà un roman intéressant, d’une auteure croisée au salon Epoque de Caen et au salon Bloody Fleury en début d’année.

Voici donc un scénario original. L’idée est très bonne et parfaitement développée et exploitée. Un roman qui renouvelle et dépoussière un peu le genre.

Un style agréable, un rythme soutenu, ce qu’il faut de suspens et de rebondissements. Un roman efficace et trouble, parfaitement mené.

Une très agréable découverte.

 


2017/42: Monster, Patrick BAUWEN

Mon nom est Paul Becker. Je suis médecin. Je vis dans une petite ville, en Floride. J’ai une femme, un fils, un boulot que j’aime. Une existence ordinaire. Jusqu’au jour où je découvre un téléphone portable. Un patient l’a perdu pendant une consultation. Un homme étrange. Dangereux. Soudain, ce téléphone sonne. Et ma vie bascule. Complots. Meurtres. Disparitions. Toutes mes certitudes vont s’effondrer. Pourquoi je vous raconte tout ça? C’est très simple… Votre vie va basculer aussi.

Quand son ami flic lui amène un « client » pour une petite retouche suite à son arrestation un peu musclée, Paul accepte de lui rendre service. Après leur départ, il va retrouver un téléphone portable, tombé par inadvertance, et très certainement la propriété de l’homme qu’il vient de soigner. Quand ce téléphone sonne, Paul décroche. Il n’aurait pas dû. Toute curiosité n’est pas bonne…

Un roman efficace et au rythme rapide. Une écriture fluide et entrainante. Une histoire sombre, malsaine mais sans surenchère.

Une bonne lecture donc et une agréable découverte.