2017/109: Ces oiseaux qu’on met en cage, Marjorie LEVASSEUR

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SAMUEL, FABRICE, MANON, FRANCK, ANNE-LISE…
Vu de l’extérieur, leur vie semble parfaite, mais doit-on toujours se fier aux apparences ? Un jour arrive le geste de trop, l’événement qui fait dérailler la marche routinière du train de l’existence. Les masques tombent, le vernis craque. Au fil des rencontres, des tragédies, apparaît la nécessité pour ces jeunes gens et leur entourage d’évoluer, de retrouver une liberté perdue… D’ouvrir la cage, quel que soit le prix à payer.

Un roman coup de poing!

Fabrice, 21 ans, homosexuel rejeté par son père qui va faire de sa vie un enfer, se suicide dans le bureau de ce dernier. C’est Samuel, 25 ans, son frère, qui va le trouver. Et sa lettre d’adieu avec. Samuel va tourner le dos à sa famille, ne supportant pas la responsabilité de son père dans la perte de son frère. Il va trouver refuge chez Colette, 78 ans, qui souhaite offrir le gîte à un jeune pour contrer les velléités de ses enfants de la placer en maison de retraite afin de récupérer son appartement. Manon, 25 ans, collègue de Samuel, est une jeune femme brillante. Elle vit avec Franck, 32 ans, lieutenant à la Brigade de protection des mineurs. Manon a beau être une femme de caractère, quand elle rentre chez elle, elle ne fait pas le poids face à la colère et la rage que son compagnon abat sur elle. Et quelques autres que la vie n’a pas épargnés non plus.

Déjà, je dois avouer que le titre et la couverture m’ont franchement attirée. Qui sont je pense le parfait écho de cette histoire.

Marjorie Levasseur aborde ici des thèmes très durs: l’homophobie, le suicide, la culpabilité, la gestion du deuil, les violences conjugales, les violences psychologiques, les schémas relationnels bourreau/victime, les conflits dans les relations intergénérationnelles, … C’est un roman sombre, empli de drames. Les personnages sont parfaitement dépeints, on s’y attache immédiatement. Chacun souffre, chacun porte en lui un drame. Chacun se débat avec ses doutes, sa culpabilité, ses regrets, mais aussi ses espoirs. Pourtant ce roman n’est en rien mélodramatique. Bien au contraire.

C’est un roman prenant (impossible de le lâcher avant la fin), dans lequel la souffrance des personnages est palpable. Nous sommes face à une réalité crue, à ces violences ordinaires tellement courantes, parfaitement décrites. L’écriture est élégante, fine, touchante. Il y aurait tant à dire encore sur ce roman, mais j’en dévoilerais trop. Je vais donc m’arrêter là et t’enjoindre à le lire.

Un vrai coup de coeur. Un grand merci à Emma Freya d’avoir initié cette découverte.

 

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Interview #3: LouGane ROSE

Chers tous,

C’est avec un grand plaisir que je publie aujourd’hui l’interview d’une auteure rencontrée par l’entremise d’Emma FREYA qui m’a permis de lire son premier ouvrage, « A trois je vous aime ». On dit bonjour à LouGane ROSE!

 

 

LouGane Rose, bonjour. Pour commencer, pouvez-vous vous présenter à vos  lecteurs ?

LR : Je me présente, je suis Lougane Rose, auteure de « A Trois je Vous Aime… » Tome 1 & 2. Ce sont mes deux premiers romans en auto-édition. Je crée des histoires depuis que je suis en âge de le faire, mais je pose mes mots sur le papier depuis une dizaine d’années : quelques lignes par-ci, par-là jusqu’à début janvier où Lilie, Léandre et Valentyn se sont imposés à moi et se sont mis à me raconter leur histoire…

Comment vous est venue l’envie d’écrire de la romance?

LR : J‘ai une imagination débordante, je crois que j’ai toujours eu envie d’écrire. Mes professeurs de français quand j’étais gamine me disaient que je finirais par être auteur tant les histoires que je leur racontais à travers mes dissertations les amusaient. J’ai surtout toujours aimé lire. Et pour la romance spécifiquement, je suis une amoureuse chronique!

Qu’est-ce qui vous a inspiré cette trame? Pourquoi ce huis-clos?

LR : Je ne sais pas trop, peut-être la curiosité d’exploiter des sentiments inconnus pour moi… La chanson « Quatre mots sur un piano » de JJ Goldman? Peut-on aimer deux personnes à la fois? Comment? Je crois que mes personnages ne pouvaient vivre leur histoire qu’à travers ce huis-clos, car ils ont déjà du mal à comprendre et à vivre ce qui se passe entre eux . Je pense que dans leur cas précis, ils ne peuvent pas s’ouvrir aux autres, ils ont besoin de préserver ce qu’ils essaient de construire dans leur bulle…

Oui, ces sentiments exacerbés donnent une intensité manifeste à votre récit. Cela crée une certaine tension… Pourtant certaines de vos lectrices vous reprochent de ne pas avoir fait intervenir un personnage extérieur au trio.

LR : Oui, mais je reste convaincue que personne d’extérieur n’a sa place dans leur histoire amoureuse. Elle est trop intense et envahissante pour ça. Dans le tome 2, les relations évoluent et laissent un peu plus de place à d’autres personnages. Mais le tome 1 ne les concerne que tous les trois, et ils ne laissent personne d’autre entrer… C’est comme ça que je sentais leur histoire, en tous cas…

Oui je suis plutôt d’accord avec vous. Comment avez-vous construit vos personnages? Qu’est-ce qui vous a inspirée pour les façonner ?

LR : J’ai essayé de partir du cœur de la situation: deux hommes, des amis très  proches tombent amoureux de la même femme. Comment faire pour que cela fonctionne… Je savais ce que je ne voulais pas: des personnages malsains, ça c’était très important pour moi. Il fallait que ça arrive à monsieur et madame tout le monde. Sur cette base, ils se sont assez naturellement imposés d’eux même, entre celui qui veille sur la relation, qui est bienveillant, celui qui a du mal à gérer sa jalousie parce que partager en amour ce n’est pas facile, et une femme qui ne peut pas résister à la tentation évidemment mais qui se rend compte que ce n’est pas normal et qui doit gérer sa conscience et son amour pour eux deux.

Lorsque j’écris, je laisse mes personnages me conter leur histoire.

Je dois dire que cela fonctionne plutôt bien… En tant que lectrice, quels sont vos incontournables?

LR : « Emma » de Jane Austen est mon préféré! « Lolita » de Vladimir Nabokov, « Roméo et Juliette »… J’aime bien les histoires d’amour un peu compliquées! Dans les auteurs plus contemporains aussi j’aime beaucoup Alexandre Jardin…

Et quelle est selon vous la perle méconnue que vous voudriez faire découvrir à vos lecteurs ?

LR : Question difficile… J’aime beaucoup Mia Sheridan, mais peut-on parler de perle « méconnue »… Moins connue que ceux cités ci-dessus.

 

Avez-vous de nouveaux projets en cours?

LR : Ouiiii! Je travaille sur mon prochain roman. Une romance encore, avec un personnage masculin plus sombre et complexe, de nouveaux sentiments à explorer: un duel entre l’obscurité et la lumière, la vie et la mort… Mais ça restera de la romance » Feel Good ».

Avant de nous quitter, avez-vous un message à adresser à vos lecteurs ?

LR : J‘ai envie de leur dire de continuer à lire et ainsi de nous permettre de créer des jolies histoires pour les faire voyager !

Et pour terminer, que lisez-vous en ce moment ?

LR : « Le jour où j’ai appris à vivre » de Laurent Gounelle.

Merci beaucoup Lougane Rose de nous avoir accordé cet entretien. Je vais vite aller me plonger dans le tome 2!

 


2017/108: Anthologie Noël Ecarlate chez Lune Ecarlate Editions

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Voici venir Noël et sa féérie. Faites-vous partie des naïfs pour lesquels le rouge est la couleur du Père Noël, celle des boules lumineuses, du ruban ou du papier cadeau ? Oubliez la neige, les beaux sapins et les chants traditionnels. Dans « Noël Ecarlate », le sang est rouge, visqueux, s’étend en flaques paresseuses. On vous propose de rompre avec ces traditions séculaires et d’embarquer pour un voyage différent en compagnie de dix auteurs. A lire à la lueur du feu, à voix haute et lumières tamisées, histoires de passer une soirée inoubliable, tous poils dressés. Découvrez dix histoires de Noël horrifiques et savourez bien ce moment… ce sera peut-être le dernier. Joyeux Noël !

Voici un recueil de nouvelles de saison… 10 nouvelles sanglantes écrites par Pierre Brulhet, Serena Gentilhomme, Sophie Dabat, Emmanuel Delporte, Frédéric Livyns, Christophe Collins, Barnett Chevin, Céline Reinert, Brice Tarvel, Ruwan Aerts.

Une bonne sélection de textes autour d’un Noël en berne, une fête familiale bousillée, disloquée… Un peu d’horreur, de science-fiction, et d’humour. Oui, certains passages de ces textes m’ont fait sourire. Des nouvelles au genre, au ton et au rythme bien différents les uns des autres, un panachage intéressant des genres.

Du noir, du sombre, des frissons, du sordide, de l’abject, … Bref le Père Noël et la féérie de Noël en prennent plein la gueule! Très divertissant…

 


2017/107: A trois je vous aime…, LouGane ROSE

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Léandre et Valentyn sont deux amis d’enfance, deux frères de cœur liés par un pacte qui les empêche de tomber amoureux de la même femme. Tant mieux, tomber amoureux ne fait pas partie de leurs projets. Lilie, petite tornade brune, vient s’installer pour travailler sur son nouveau roman, chez les deux hommes à Londres. Elle va bouleverser leur vie, leurs sentiments et leur amitié…entre désir, fraternité et jalousie, les trois amis n’en sortiront pas indemnes. Foutu pacte.

Bon, si tu me lis de temps en temps, tu sais que la romance, c’est pas vraiment mon truc… C’est donc avec quelques à-priori que j’ai commencé cette lecture recommandée par mon amie Emma Freya.

Contre toute attente, je me suis plongée dans cette histoire et je l’ai dévorée dans la journée.

Le style est fluide et agréable. On se laisse prendre par cette écriture douce mais entrainante. En tout cas, moi, elle m’a piégée… L’originalité tient dans ce triolisme un peu particulier. En effet, notre trio, même s’il fonctionne ensemble, est composé de deux couples distincts qui ne partagent pas leurs ébats. Par contre, ils partagent leur quotidien et leur intimité. Oui, je sais, ce n’est pas très clair comme ça, mais tu comprendras en lisant. Cette relation est complexe: chacun a pour l’autre des sentiments profonds, mais aucun n’est capable de faire un choix, d’où la mise en place de triolisme.

Léandre et Valentyn sont torrides, Lilie est sexy et candide. L’histoire se construit et se déroule en vase clos. Tout est construit sur cette intimité étouffante, ce lien obtus, à la fois puissant et ténu, qui les tient tous les trois. Leur passion est viscérale, déstabilisante.

Mais voilà, un grain de sable va venir enrayer notre triangle amoureux. Même si le début est peut être un peu convenu, ce récit fonctionne parfaitement. C’est sensuel, érotique mais jamais vulgaire. La fin est très bien pensée, et laisse présager un excellent deuxième tome.

Une agréable découverte, merci Emma.

 


2017/106: Dolores, James OSMONT

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Le Mal poursuit sa course. Inexorablement. Dolores est son nouveau pantin. Bras armé, victime désignée? Toxique et paumée, elle se débat pourtant. Fuit en avant. Se heurte aux limites et aux murs de sa prison. Chaque jour, elle œuvre à sa propre destruction… Mais la trilogie turbulente qui va prendre fin ici n’aura été qu’une étape. Fatalement. Car la folie des hommes a encore bien des cartes à jouer… Et d’innombrables visages.

Voici donc le dernier volet de cette incroyable trilogie psychiatrique. Après Régis et Sandrine, voici Dolores.

James Osmont frappe fort encore une fois, puisque Dolores est à l’image des deux premiers volets: un uppercut. Une nouvelle plongée dans la noirceur, dans la maladie mentale. Chacun de ces personnages est en grande souffrance, chacun se détruit à petit feu. Dolores et Lucas sont bouleversants, Thorsten terrible et monstrueux. Ils sont à la fois victimes et bourreaux, chacun à sa façon.

Un récit très sombre à nouveau, funeste bien sûr. A nouveau beaucoup d’humanité et d’empathie. On retrouve la très belle et poétique écriture de James. Aliénation, adynamie, abattement, spleen, souffrance, douleur, fragilité, vulnérabilité mais aussi une force immense. Le récit garde un côté clinique évidemment, et tout aussi oppressant que les deux premiers, mais aborde des maux différents de Régis et Sandrine, l’humain dans ce qu’il a de plus terrifiant, de plus touchant, de plus désarmant. Une émotion, une finesse, une délicatesse, une subtilité manifestes.

En somme, j’espère avoir le plaisir de lire encore James dans de nouveaux récits. Impossible de se passer d’une telle plume. James Osmont fait partie de ces nouveaux auteurs à suivre  qui vont assurément trouver leur place.

 


2017/105: Poupées de cire Episode II, Greg QUESNE

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Deuxième jour à Paris pour Émilien. Suite à un réveil en fanfare, il parvient à rejoindre le commissariat de la rue aux Ours avec la précieuse aide de Jeanne. Entre un brigadier parisien grincheux et un pétillant provincial perdu, il ne peut résulter qu’une rencontre aux allures de quiproquo. Mais lorsque le nom d’un certain commissaire Malandain se glisse dans la conversation, c’est un véritable revirement de situation qui s’opère. Dirigé vers le quai des Orfèvres, Émilien profite du trajet pour découvrir la Ville Lumière.

Au prix d’une interminable attente, le moment arrive enfin pour le jeune homme de rencontrer ce commissaire – qui sera peut-être son juge et bourreau – et de découvrir le contenu de la fameuse lettre remise par le vieux professeur de l’École de Police. Malheureusement pour lui, il est loin d’être au bout de ses surprises… Dans ce second épisode de Poupées de Cire, entrez dans le monde judiciaire par la grande porte et découvrez en même temps qu’Émilien la face cachée de la justice.

 

Ce second épisode est centré sur Emilien. Greg Quesne continue de développer les bases de l’enquête à venir. Emilien obtient finalement son entrevue avec le commissaire Malandain, commissaire général du 36 Quai des Orfèvres. Emilien fait donc son entrée dans le milieu policier directement par la grande porte, grâce à la lettre de recommandation de son formateur. Il se retrouve affecté en tant qu’observateur à la brigade de l’inspecteur Blondel, en charge de l’affaire des poupées de cire.

Nous faisons donc connaissance avec l’équipe d’enquêteurs, nouveaux collègues d’Emilien: Justin, Jean, Marcelin et Tommaso, et bien sur l’inspecteur Blondel. Ceux-ci le chambrent un peu et testent le bleu… Les talents d’Emilien vont être éprouvés, celui-ci devra faire ses preuves pour être pleinement intégré à l’équipe.

Notre Emilien est touchant de timidité d’abord puis d’enthousiasme dès lors qu’on lui demande son avis sur une « affaire en cours », et enfin de confusion. Je pense que nous avons maintenant fait connaissance avec tout le monde. J’ai hâte d’entrer dans l’enquête…

Prochain épisode: le 15 janvier 2018…

Merci aux Editions Lune Ecarlate.

 


2017/104: In vivo, Serge JONCOUR

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Deux frères jouent avec l’arme de service dérobée à leur père, un policier qui les élève seul. Un homme contemple, fasciné, l’eau pourrissante de sa piscine. Ainsi commence ce roman bâti en miroir. L’histoire d’enfants en quête d’une mère; celle d’un homme, gynécologue de profession, obsédé par son impossible paternité. De grosses bêtises en fugues loufoques, les gamins ne reculent devant rien pour reconstituer la famille parfaite qu’ils ont vue dans les publicités. Pris en auto-stop par un jeune couple punk, ont-ils enfin trouvé les parents de leurs rêves?

Un roman très étonnant.

D’une part ces deux enfants qui tentent tout ce qu’ils peuvent pour trouver enfin leur famille idéale, quitte à aller la chercher loin. Prêt à tout pour trouver cet amour filial, cette tendresse et ce soucis d’eux qu’ils n’ont pas chez eux, élevés par un père totalement dépassé et démissionnaire.

Et puis cet homme, gynécologue, qui n’a eu de cesse de faire en sorte que sa femme soit enceinte, sans jamais y parvenir. Contempler sa piscine livrée aux éléments et à la faune indisciplinée et spontanée qui vient s’y développer le plonge dans les affres de sa solitude. Faire face à sa vie, au vide de sa vie, au silence et à la retenue de son épouse, après avoir donné aux autres ce qui lui fait défaut: une famille.

Des douleurs, des solitudes mises en parallèle. Des âmes en souffrance.

Une très belle écriture, chaude et imagée quand il s’agit des enfants, froide et désoeuvrée pour le médecin.

Une découverte poignante.