2017/83: Hortense, Jacques EXPERT

1993: Sophie Delalande est folle d’amour pour sa fille, Hortense, presque trois ans, qu’elle élève seule. Son ex-compagnon est un homme violent, auquel elle refuse le droit de visite. Un jour, il fait irruption chez elle et lui enlève Hortense. 2015: Sophie mène une vie morne, solitaire. Un dimanche pluvieux, elle se fait bousculer par une jeune femme dans la rue. Persuadée qu’il s’agit d’Hortense, elle la suit. Sans rien lui dévoiler, elle sympathise avec elle. La relation qui se noue alors est pleine de mystères. Sophie ne serait-elle pas la proie d’un délire psychotique qui lui fait prendre cette inconnue pour sa fille? Et cette jeune femme est-elle aussi innocente qu’elle le paraît? Une intrigue fascinante et haletante, inspirée d’un fait divers réel.

La vie de Sophie s’est arrêtée le jour où son ex est venu chez elle lui arracher sa fille, sa seule raison de vivre. Des années après, elle croit reconnaître Hortense en une jeune fille qui l’a bousculée dans la rue. Alors elle la suit, elle l’observe, elle prend contact, apprend à la connaître, entre dans son quotidien. Elle doit s’assurer qu’elle est bien Hortense, ce qui pour elle ne fait aucun doute, et l’apprivoiser avant de lui révéler la vérité.

Un roman déroutant, surprenant, comme Jacques Expert sait si bien le faire. A partir d’un fait divers, il va nous plonger dans la détresse de Sophie, et le fabuleux espoir qui l’anime soudain quand elle reconnaît sa fille. Un suspens qui monte crescendo, qui ne voit pas vraiment venir même… Jusqu’au final… Ca évolue doucement, à mesure que Sophie s’approprie la jeune Emmanuelle. L’atmosphère est oppressante, l’obsession devient de plus en plus nocive, cauchemardesque à mesure que Sophie s’insinue dans sa vie. On ne peut que compatir à la souffrance de Sophie, même si…

Ce roman confirme mon attachement à Jacques Expert, qui sait si bien nous conter le désespoir, l’angoisse, l’abîme qui s’ouvre immanquablement. J’adore!

 

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2017/82: Meurtriers sans visage, Henning MANKELL

En pleine campagne suédoise, dans une ferme isolée, un couple de paysans retraités est torturé et sauvagement assassiné. Avant de mourir, la vieille femme a juste le temps de murmurer un mot: « étranger ». Il n’en faut pas plus pour qu’une vague de violence et d’attentats se déclenche contre les demandeurs d’asile d’un camp de réfugiés de la région. L’inspecteur Wallander va devoir agir vite, sans tomber dans le piège de la xénophobie ambiante qui brouille les pistes…

Ecriture sobre

Un couple de personnes âgées a été sauvagement assassiné. Il va falloir que l’équipe de Kurt Wallander réagisse vite. La presse a déjà fait main basse sur l’affaire et a diffusé le fait que la victime à soufflé le mot « étranger » avant de s’éteindre… Evidemment, les pulsions racistes refoulées vont se libérer. Dommage pour les demandeurs d’asile.

Un sentiment nationaliste qui fait une envolée brusque, une population qui se décharge de sa peur sur Les Etrangers… La difficulté d’être de l’autre côté de la barrière, un étranger en demande d’asile sur une terre hostile. La population se méfie de ceux qu’elle ne connaît pas. Et la peur engendre la bêtise et le racisme, n’est-ce-pas? Là aussi, nous allons faire la connaissance d’un enquêteur lui-même usé, un héros à contre-emploi, perdu, blessé, à vif.

Du bon polar.

 


2017/81: Les phoques de ma sœur, FREVILLE

La crise de la quarantaine, ce n’est pas que pour les chiens! Après avoir brillamment échappé aux griffes de sa tante charcutomaniaque dans le premier opus de la trilogie, puis magistralement réglé les problèmes de succession érotiques de son père dans le second, Fernand va-t-il succomber aux coups de boutoir existentiels de son épouse? Accablée par trop de succès, en quête de sens, celle-ci s’est mise en tête de réhabiliter Fucking Bob, leur idole de jeunesse, mis à mal par trente ans d’apérothérapie. Si en plus sa sœur aînée, la forte tête de la famille, dresseuse de phoques dans un parc aquatique de province en détresse financière, s’en même, on peut craindre le pire.

Merci à Babelio et aux Editions Chemins de Traverse de cette découverte.

Ce roman est donc le dernier d’une trilogie, après Le calepin de ma tante et Les maîtresses de mon père. Je n’ai pas encore lu les deux premiers, mais ce n’est en rien gênant pour la compréhension de celui-ci.

Fernand, donc. Fernand est inquiet pour Maude, sa femme, qui, malgré une vie idéale et une ascension de carrière parfaite, est en proie aux doutes à la suite du licenciement d’une des employées de l’agence bancaire qu’elle dirige. elle va cependant trouver un moyen de se remonter le moral : Fucking Bob, l’idole de leur jeunesse, vient d’être à nouveau arrêté. Elle va donc le tirer de garde-à-vue et tenter de le réhabiliter.

C’est une courte fresque familiale. Fernand, Maud et Isabelle s’interrogent sur leur existence, assument plus ou moins bien leur quarantaine. L’occasion d’une introspection de chacun, comme un premier bilan d’une vie bien remplie. Un récit léger, loufoque, enjoué. Un roman dévoré en deux petites heures à peine.

Une agréable découverte.


2017/80: La cache, Christophe BOLTANSKI

« J’évolue à travers la Rue-de-Grenelle comme sur un plateau de Cluedo. A chaque tour, je découvre une nouvelle pièce. En guise d’indice, je dispose à ce stade d’une clé, d’un frigo à moitié vide, d’un samovar et d’une sonnette. Je ne suis pas en présence d’un meurtre, mais d’une disparition. »

Que se passe-t-il quand un homme qui se pensait bien français doit se cacher des siens, chez lui, en plein Paris, dans un « entre-deux », comme un clandestin? Quel est l’héritage de la peur, mais aussi de l’excentricité, du talent et de la liberté bohème?

Compliqué de décrire ce livre…

A travers la visite pièce par pièce de l’hôtel particulier habité par sa famille Rue de Grenelle, nous allons faire connaissance avec chacun des membres, marquants, de la famille de l’auteur, famille juive d’origine russe, et pénétrer l’histoire familiale. Un inventaire de chaque pièce va être fait, étage par étage, et par la même occasion, de chacun des occupants. On y rencontre les vivants, les morts, les absents, les espoirs, les batailles. Et puis il y a cette cache, cet « entre-deux » qui va s’imposer, qui va accueillir la peur et sauver la peau du docteur. Un passage difficile pour cette famille dont l’aïeule a déjà connu un déracinement précipité et un nombre certain de désillusions.

Les digressions sont nombreuses, les sauts à travers les époques aussi. Pour autant, on ne se sent pas perdu.

Même si j’ai eu du mal à crocher au sujet, le style est fluide et très agréable à lire. C’est un très bel hommage aux siens.


Concours du vendredi #2: les résultats

Bonjour tous!

Après touillage des comms et tirage au sort, voici les gagnants:

  • Pour L’enfant dans la valise: Charlène
  • Pour Elle voulait juste marcher tout droit: Laetitia Simoes Leoni

Merci à tous de votre participation.

J’attends les coordonnées des gagnants à: ginnyzz@wanadoo.fr

A très vite pour un nouveau titre à gagner!


2017/79: Fétiches, Mo HAYDER

Des chuchotis dans les ténèbres. Une cavalcade étouffée dans les couloirs. Des gémissements. Les nuits sont rudes et effrayantes à l’établissement psychiatrique haute sécurité de Beechway… Pour le personnel comme pour les patients. On murmure que le fantôme de « La Maude », la cruelle infirmière de tous leurs cauchemars, serait reparu. Hallucination collective? Autosuggestion? Lorsque les malades commencent à se mutiler et que des morts suspectes surviennent, l’infirmier en chef, AJ, décide d’alerter le commissaire Jack Caffery. La folie rôde, l’horreur est en marche et ne demande qu’à s’évader…

Ce n’est pas son meilleur roman ni le plus glauque.

Les personnages sont bien travaillés, celui de Mère Monstre m’a laissée pantoise. J’avoue qu’elle m’a fascinée. Encore un récit mené de plusieurs point de vue. AJ d’une part, plongé au cœur d’un établissement psychiatrique dans lequel ses malades semblent harcelés par un fantôme. Jack Caffery, à qui est confiée l’enquête, mais que doit déjà se dépêtrer d’une affaire qui l’oppose à Jacqui Kitson et à Fléa Marley. L’affaire Misty les oppose encore. Et puis, il y a aussi Penny.

Les scènes lourdes de tension entre Jack et Fléa plombent un peu le récit, je trouve. Même si cela n’enlève rien aux qualités de ce roman. L’action se déroule plus du côté d’AJ et de ses patients. Dans certains passages, Jack fait juste tapisserie. Son personnage passe un peu au deuxième plan. Quant à Fléa, elle n’intervient pas dans cette enquête. On ne la « voit » ici que quand elle se retrouve face à Jack, et toujours par rapport à l’affaire Misty.

Un thriller qui fonctionne même si je reste un peu sur ma faim, Mo Hayder nous ayant habitués à plus de punch.

 

 

 

 


Le concours du vendredi #2

Coucou!!

Aujourd’hui à nouveau, j’ai deux livres à te faire gagner.

Pour participer c’est très simple: tu me dis en commentaire lequel de ces deux livres tu souhaites remporter.

Tu as jusque lundi 2 octobre 18h.

Elle voulait juste marcher tout droit, Sarah BARUKH

1946. La guerre est finie depuis quelques mois lorsqu’Alice, huit ans, rencontre pour la première fois sa mère. Après des années à vivre cachée dans une ferme auprès de sa nourrice, la petite fille doit tout quitter pour suivre cette femme dont elle ne sait rien et qui lui fait peur, avec son drôle de tatouage sur le bras. C’est le début d’un long voyage: de Paris à New York, Alice va découvrir le secret de son passé, et quitter à jamais l’enfance. Comment trouver son chemin dans un monde d’adultes dévasté par la guerre?

L’enfant dans la valise, Lene KAABERBOL & Agnete FRIIS

Un petit garçon caché dans une valise et une femme lancée malgré elle dans une terrifiante course-poursuite… Quand une amie de Nina la supplie de lui rendre un étrange service, la jeune infirmière accepte: elle doit retirer une valise à la consigne de la gare centrale de Copenhague. A l’intérieur, elle découvre un petit garçon, nu et drogué. Paniquée, Nina tente de joindre son amie. Celle-ci a disparu… Sentant une menace peser sur elle et l’enfant, la jeune femme s’embarque avec lui dans une cavale infernale à travers le Danemark. De quel odieux trafic le petit garçon est-il la victime? Nina va tout faire pour le savoir… C’est leur unique chance de survie…