2019/01: Un dîner pour cinq, Virginie VETIL BERNAL

Editeur: Lazare et Capucine

ISBN: 979-10-96673-21-6

140 pages, 14€

Laissez stimuler vos sens par ce véritable roman de la perception. Un dîner pour cinq, le deuxième ouvrage de Virginie Vétil Bernal, se configure comme un hymne à la sensualité au sens étymologique du terme. L’auteure, à travers son écriture fraîche et aérée, emporte son lecteur dans un voyage multisensoriel, un voyage qui reflète à travers la parole les plaisirs et les voluptés du toucher, de la vue, de l’odorat, de l’ouïe et du goût.

Mais si à ce voyage correspond également une éducation sentimentale, quelle curieuse synesthésie pourra bien avoir lieu à la rencontre des cinq sens, de cinq jeunes adultes confrontés à leur quête intérieure, complexe et parfois douloureuse? La réponse de Virginie Vétil Bernal possède une qualité littéraire désormais très rare, parvenant à conjuguer avec désinvolture et légèreté la peinture de la réalité à une allégorie sensorielle captivante et singulière. Invitez-vous à cette table!

Guillaume organise un dîner avec quatre de ses voisins dans le seul but de séduire la très jolie Madeleine. 

De prime abord simpliste, ce récit va vite se révéler bien plus profond qu’il n’y paraît. Ces cinq personnages se présentent d’abord sous leurs meilleurs atours. Ils montrent le masque de l’apparence choisie. Mais au fil des pages, chacun va se dévoiler. Vont apparaître les caractères, les failles, les questionnements. 

Chacun d’eux représente un sens avec ce qu’il peut avoir de sensuel et d’ambigu. Guillaume pour le goût, Madeleine pour l’odorat, Tristan pour l’ouïe, Pascale pour le toucher et enfin Amélie pour la vue. Chaque sens caractérise son personnage. Et c’est à travers ce sens dominant que chacun transparaît et finit par se livrer.

Et on va découvrir des drames, des quêtes d’identité et des besoins de reconnaissance.

L’écriture est belle et a du style. J’ai aimé ce récit sobre, posé et tellement touchant. J’ai aimé les tâtonnements des personnages, leurs remises en question, leur comportement les uns envers les autres, les prises de conscience.

Un grand merci aux Editions Lazare et Capucine pour cette découverte.

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QLV? #19/01: Nous sommes lundi, que lisez-vous?

Aujourd’hui, en 1973, un concert était pour la première fois retransmis par satellite (Elvis Presley à Hawaï). Aujourd’hui, en 1986, Daniel Balavoine et Thierry Sabine perdaient la vie dans un accident d’hélicoptère au Mali (et en même temps qu’eux périssaient Nataly Odent, Jean-Xavier Bagnoud et Jean-Paul Le Fur).

Aujourd’hui, nous célébrons la naissance de Berthe Morisot, de Pierre Loti, d’Albert Schweitzer, d’Etienne Daho, de Soprano.

Aujourd’hui, nous célébrons la disparition de Lewis Carroll et de Rosy Varte.

Aujourd’hui, nous sommes lundi! Que lisez-vous donc?

Pour ma part, je suis plongée dans:

psycosme


Vœux 2019

Chers amis qui avez le très bon goût de suivre mes petites pérégrinations littéraires, me revoici.

J’ai été absente quelques temps en cette fin d’année suite à la disparition brutale de mon papa.

Aussi, pour cette nouvelle année, je vous souhaite la santé, bien sûr, mais surtout je vous souhaite à tous de récolter ce que vous avez semé (en espérant que cela vous soit prospère). Chérissez les vôtres, offrez leur un peu de votre temps.

A très vite.


QLV? #36: Nous sommes lundi, que lisez-vous?

Aujourd’hui, en 1979, était lancée la première fusée Ariane.

Aujourd’hui, nous célébrons la naissance de Louis Jouvet, d’Ava Gardner, de Mary Higgins Clark, de Miossec.

Aujourd’hui, nous célébrons la disparition de Vasco de Gama, de Louis Aragon, de Peyo.

Aujourd’hui, nous sommes lundi! Que lisez-vous donc?

Pour ma part, je suis plongée dans:

 

 

 


QLV? #35: Nous sommes lundi, que lisez-vous?

Aujourd’hui, en 1903, Orville et Wilbur Wright effectuaient le premier vol motorisé. Aujourd’hui, en 1938, Otto Hahn et son assistant Fritz Strassmann découvraient le phénomène de fission nucléaire: c’est la naissance de l’énergie nucléaire.

Aujourd’hui, nous célébrons la naissance de Ludwig van Beethoven et de Jules de Goncourt.

Aujourd’hui, nous célébrons la disparition de Cesaria Evora.

Aujourd’hui, c’est la journée internationale pour la fin des violences faites aux travailleurs du sexe.

Aujourd’hui, nous sommes lundi! Que lisez-vous donc?

Pour ma part, une grippe m’ayant contrainte à une certaine inactivité, je termine donc:


Rencontre: Lydie Lefevre

Très jolie rencontre ce samedi avec la pétillante Lydie Lefèvre en dédicace à côté de chez moi.


2018/81: La Grosse ou les tribulations d’une factrice, Raphaële LACROIX

Agnès, jeune factrice à Auxerre, s’ennuie. Abandonnée enfant par un père énigmatique, mal aimée par sa mère qui ne s’est jamais remise de cette séparation, elle n’est pas bien dans sa peau. Un matin, par pure curiosité, elle subtilise une lettre qui l’intrigue… Que s’est-il passé dans sa tête ce jour-là, et qu’est-ce qui la pousse à continuer, semaine après semaine, à s’immiscer dans l’intimité d’une aventure épistolaire aussi intrigante qu’improbable?

A travers cette correspondance volée, Agnès va peu à peu s’ouvrir au monde et découvrir un lourd secret: le sien. Elle en sortira transformée. A la fois touchant, drôle, cruel, tendre et émouvant, le récit d’Agnès nous laisse appréhender les conséquences du manque d’amour et de confiance en soi.

Elle part de loin, Agnès!

Agnès est grosse, pas jolie, et pas du tout à son avantage. Elle se laisse aller, ne prend aucun soin d’elle-même et n’a absolument aucune confiance en elle. Elle est submergée par l’ennui de son quotidien et par sa solitude.

Elle vit dans un mal-être évident et permanent. Le père les a abandonnées, sa mère et elle. Et la mère, elle, ne lui a jamais donné d’affection que le minimum syndical, c’est-à-dire que dalle. Et elle a élevé sa fille dans la haine des hommes et la méfiance absolue de l’amour et des relations affectives en général. L’échec de la relation de ses parents rejaillit de façon directe sur Agnès, comme un uppercut.

Agnès est factrice. Et Agnès est gentille. Aussi est-elle un rayon de soleil quotidien pour un certain nombre de personnes à qui elle distribue le courrier et dont, de fait, elle connaît par cœur la vie et les habitudes. Mais un jour, Agnès s’apprête à distribuer son courrier comme chaque jour quand une enveloppe retient son attention.

Et c’est le début de la fin!

Voici un roman frais, drôle, limpide. Le constat sur Agnès, sur sa fragilité, sur sa dépendance aux beaux sentiments, est à la fois tendre, doux-amer, empathique. C’est à la fois futile, subtil et profond. Agnès, on a envie de la prendre dans ses bras, de la protéger. Agnès est imprévisible, têtue, tenace. Quand elle a une idée en tête… Mais Agnès est aussi fragile, émotive, en manque d’amour et de reconnaissance.

L’absence et le manque de l’autre creuse tout d’abord le désir, puis le désir non comblé se teinte de frustration, pour finir par ne porter que la couleur du ressentiment. Lorsqu’il se mue enfin en rejet, c’est qu’on a atteint l’ultime stade de protection face à ce vide qui nous a rongés.

Bref, j’ai passé un bon moment. J’ai beaucoup souri et ri aussi. Agnès, elle décoiffe! Merci aux Editions L’Astre Bleu de cette découverte.