Archives de Tag: Polar

2018/74: Rue sombre, Bénédicte ROUSSET

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Dans une rue sombre d’une ville de province, deux adolescents voient passer une voiture dont le coffre laisse dépasser des cheveux. Quelques heures après, une alerte signale la disparition d’Ambre Libois. L’enquête est confiée au commissaire Berthier, un homme prudent et efficace, mais qui piétine […]

À partir d’un fait réel, Bénédicte Rousset a construit plus qu’une histoire policière. C’est la vie d’une ville de province qu’elle nous raconte par le prisme de ses personnages.

Je prends sur moi d’écourter la présentation de l’éditeur qui, à mon avis, en dit un peu trop.

Deux ados, Anna et Manu, s’enlacent dans une ruelle sombre à l’abri des regards. Ils doivent se rendre à un anniversaire, mais Anna a été punie et a fait le mur. Ils font donc tout pour ne pas se faire remarquer. Mais passe une voiture, dont le coffre laisse dépasser des cheveux … Et justement, ils apprennent dans la foulée la disparition d’Ambre Libois …

Un roman court mais efficace. L’auteure nous amène exactement là où elle le souhaite. Il va s’agir tout au long de ce récit de démêler l’écheveau de cette intrigue, d’assembler tant bien que mal les pièces, relier les liens, … Nous avons une disparition et une enquête qui piétine. Un témoin sous l’emprise de l’alcool. Une ado qui n’ose pas parler et en culpabilise beaucoup. Un ado qui refuse toute discussion. Il y a aussi une femme atteinte d’un cancer, en fin de vie. Un homme dont la vie se délite. Quel est donc le lien qui les unit?

Les interactions entre les personnages sont intéressantes et parfaitement amenées. Le récit est maîtrisé et fluide : je l’ai lu le temps d’un après-midi. C’est un récit dense, dans lequel beaucoup de problématiques sont abordées, mais un peu vite, et j’espère que l’auteure en développera au moins une partie dans de futurs romans.

Merci aux Editions Chum!

 

Pour commander: c’est là!

 

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2018/52: Poupées de cire, Episode 6, Greg QUESNE

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Les dernières avancées de l’enquête ont permis de découvrir l’identité de deux victimes : Isabelle Pourvoy et Flora de Brou. L’une vivait à Épernay et l’autre à Chartres. L’inspecteur en chef, Blondel, accompagné d’Émilien prennent la direction du Sud. Quant à Justin et Tommaso, ils filent vers l’Est. D’aventures en mésaventures, de précieuses informations sont collectées. Cependant, la jeune recrue lutte sur plusieurs fronts à la fois, et la victoire contre M. Bergmann, le propriétaire de l’Imprimerie Gomorès, ne semble pas assurée. Mais Émilien est prêt à tout pour remporter la mise… un peu trop peut-être.

Un premier témoin, rapidement devenu suspect, est interrogé… Les premières pistes se dévoilent et toutes les théories d’Émilien volent en éclats. L’apprenti enquêteur remet tout son travail en cause. Une soirée en compagnie de Jeanne lui changera les idées et lui permettra d’aborder l’affaire avec un regard neuf.

Retrouvez toute l’équipe de la brigade judiciaire du quai des Orfèvres en pleine action, dans un nouvel épisode où de nouvelles pistes pourraient faire progresser nos enquêteurs sur le chemin de la vérité…

Ah… La fougue et l’assurance de la jeunesse…

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2018/48: Loupo, Jacques-Olivier BOSCO

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Loupo, Kangou et Le Chat se sont rencontrés dans l’antichambre de l’enfer, à l’Assistance Publique. Orphelin, fugueur ou petit voyou, leur galère ne faisait alors que commencer… Vingt ans plus tard, la vie, ils ont décidé de la cramer… Ils sont devenus voleurs, braqueurs et délinquants. Les casses, les flingues, le fric, l’adrénaline, la révolte, la nuit… Ils sont comme l’orage, sombres et déchaînés… Sur les tuyaux du Chat, Loupo et Kangou – son ami, son frère – écument les bureaux de poste et les banques de la région parisienne. Pour l’argent, pour le plaisir, pour le frisson glacé…

Jusqu’au jour où lors d’un braquage, Loupo tire par erreur sur un môme et le blesse grièvement. Après, c’est comme dans un rêve, plus la fin approche, plus les images s’effilochent… Les flics lancés à leurs trousses, une meute des cités qui leur colle aux basques, ils deviennent des loups… Disparaître, le livrer, tuer ou être tués… L’étau se resserre, mais avant, il leur faut solder les comptes et régler définitivement l’addition…

Entre polar et thriller, un roman sombre très bien écrit et très bien mené. 184 pages qui s’avalent d’une traite.

Voici une équipe de bad boys ayant connu une enfance difficile. Ils ont beau naviguer du côté obscur, ils sont sensibles et ont une éthique. Quand même, on ne fait pas n’importe quoi n’importe comment. Pas de violence. Jamais.

Et puis, le coup de trop. Cette fois, le plan monté au millimètre foire. Loupo se laisse surprendre. Il tire pour effrayer les otages, mais pas de bol, la balle touche un enfant, qui s’était caché derrière un panneau et que Loupo n’avait pas vu… Il a franchi la frontière… C’est le début de sa chute. Mais Loupo a le sens de l’honneur. Après avoir mis les siens à l’abri et réglé quelques comptes, il ira se rendre aux forces de l’ordre…

Un récit tranchant, efficace. Un rythme rapide, haché, qui reflète parfaitement l’état d’esprit de Loupo. Un gamin malchanceux à qui on s’attache vite, même si on réprouve son choix de vie. Un type désenchanté, qui commet la petite erreur d’inattention qui fait basculer sa vie. Un homme paumé qui accuse mal le contre coup de ses actes.

Bref, un bon moment de lecture. Je te parle bientôt de Brutale, du même auteur.

 


2018/36: Poupées de cire IV, Greg QUESNE

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Après avoir un peu trop fêté la résolution de l’affaire Gomorès la veille, Émilien file contre le temps avec une sérieuse migraine et l’estomac brouillé en guise de compagnons de route. C’est pourtant un grand jour pour lui : il entre véritablement dans la cour des grands. Mais il se pourrait bien qu’il soit en retard… Un tramway attrapé de justesse, des marches enjambées par deux, Émilien tente une entrée discrète, mais il aura droit au comité d’accueil façon Blondel, ce qui, en soi, constitue déjà une épreuve !

Passé de l’autre côté du miroir, l’apprenti enquêteur peut enfin tenir entre ses mains les précieux dossiers des « Poupées de cire ». Il ne perd pas un instant , se jette dans leur consultation et prend des notes. Le tueur en est déjà à six victimes… Afin de compléter son information, il décide de rencontrer le médecin légiste assigné à cette affaire : le Dr Loïc Carvellec. Directement confronté à la mort, les émotions d’Émilien sont mises à mal, et ce n’est que le début ! Tommaso, Jean, Marcelin, Justin et le Bleu sont appelés en urgence. Une nouvelle poupée vient d’être découverte sur le pont de Iéna. Retrouvez la brigade de l’inspecteur en chef Blondel dans un tournant crucial de l’enquête. C’est l’heure des premières révélations !

Notre Emilien est accrédité: il est officiellement un observateur attaché à la brigade de Blondel. Nous allons donc entrer dans le vif du sujet puisqu’Emilien va étudier les dossiers de l’enquête et rencontrer le médecin légiste qui a étudié les corps.

Une note historique très intéressante: la médecine légale n’en est qu’à ses balbutiements, et n’existe pas encore vraiment. Nous croisons Alphonse Bertillon qui est en train de créer le service d’identification, avec son système de relevés anthropométriques tout récent.

A la fin du XVIIIè siècle apparaissent le microscope, la radiologie, la toxicologie, la médecine légale. Par la suite, Haussmann fait construire une morgue avec toutes les techniques nécessaires à la réfrigération et à la conservation des corps, qui à l’époque étaient présentés au public quelques jours, pour identification. Au XIXè siècle, on s’intéresse à la rigidité cadavérique, aux phénomènes de décomposition et de putréfaction, aux complications dues aux maladies. On s’intéresse aussi au comportement de l’individu, à sa psychologie, à la psychiatrie.

Autant dire que cet épisode dévoile nombre d’informations, aussi bien sur l’affaire de façon générale, sur les victimes, sur leur bourreau mais aussi sur les membres de la brigade criminelle. Nous allons par exemple comprendre quelle est la spécificité d’Emilien… De même, les relations entre Emilien et Jeanne et Camille évoluent. Des liens se tissent indéniablement.

Même s’il ne se dégage pas encore de piste sérieuse quant à l’identité de l’assassin, l’auteur débusque quelques fils à tirer, qui nous donnent un os à ronger en attendant la suite.

Hâte d’avoir le prochain épisode entre les mains…

 


2018/32: Terreur à exhumer, Bruno AMATO

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Une jeune femme mineure retrouvée morte va relancer une affaire vieille de dix ans qui a ébranlé toute la région. La victime a été accrochée à un rocher face à la mer, comme le cadavre précédent. Elle aussi a le cœur arraché. Même si on l’a appelé pour mener l’enquête, Lucan Tellier ne semble pas le bienvenu à Granville. Avec sa dégaine improbable et ses manières un peu brusques, il met tout le monde mal à l’aise. Chose curieuse: son comportement atypique permet à ses interlocuteurs de se révéler. Pourquoi une telle horreur? S’agit-il de crimes rituels? Qui sera la prochaine victime?

A Granville, accrochée à un rocher, un pieu dans le cœur, est retrouvée une jeune fille. On lui a enlevé le cœur avant de la suspendre. On ne connaît pas son identité. Elle n’est pas portée disparue. Les enquêteurs n’ont aucun indice. Toutefois, ce meurtre en rappelle étrangement un autre, perpétré dix ans plus tôt, dont on n’a jamais retrouvé le coupable.

Pour résoudre cette affaire, les hautes instances dépêchent un enquêteur itinérant, Lucan Tellier. La petite cinquantaine, un physique surprenant, . C’est un homme complexe, aimant travailler en solo, qui a un talent inné pour la peinture. Il peint avec ferveur des marines, c’est ce qu’il préfère. C’est un homme étonnant, doté d’une forte intuition. Un caractère fort, intransigeant, un peu rustre et bourru.

Son intervention ne va bien sur pas être appréciée par le commissaire de Granville, qui n’a pourtant d’autre choix que de travailler avec lui. Et heureusement pour lui! Parce que sous ses apparences pataudes, Lucan est efficace.

Une écriture fluide, un style enlevé et addictif. J’ai adoré ce court polar. J’ai même regretté qu’il soit aussi court, je serais bien restée en compagnie de Lucan un peu plus longtemps. Et aussi de Gontran. Il est plutôt sympa Gontran, et j’ai envie de savoir ce qu’il va devenir. L’histoire est parfaitement menée, aucune longueur, aucune lourdeur. Et il faut le noter tellement c’est devenu rare: pas de coquilles. Un vrai plaisir de lecture!

Il est évident que je vais lire les autres romans de l’auteur, un Normand très sympa et jovial rencontré lors du Bloody Fleury en février dernier, puisque cet opus-là n’est pas le premier, ni le dernier de l’auteur. Je sais que j’aurai plaisir à retrouver Lucan, parce qu’on en sait peu sur lui, vraiment trop peu. Beaucoup de questions planent à son sujet. Qui est Lucan?

Bruno Amato fait donc partie de ces auteurs à suivre. Merci Bruno, surtout continuez.

 


2018/18: De chair et de sang, John HARVEY

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Après 30 ans de bons et loyaux services dans la police de Nottigham, l’inspecteur principal Franck Elder a donné sa démission. Il s’est réfugié dans un cottage en Cornouailles, mais le passé continue de la hanter. Il ne s’est jamais remis d’une affaire non élucidée: la disparition, en 1998, d’une adolescente nommée Susan Blacklock. Deux psychopathes condamnés à l’époque pour le viol et le meurtre d’une autre jeune fille restent pour l’inspecteur des suspects idéaux. Apprenant que l’un d’eux va bénéficier d’une libération, Franck Elder s’intéresse de nouveau à l’affaire Blacklock. Il ne se doute pas qu’il va plonger jusqu’au cou dans un drame auquel sera mêlée sa propre famille.

Shane Donald va bénéficier d’une libération conditionnelle. Il y a quelques années, Shane et Alan ont enlevé, violé et tué une adolescente. Franck Elder, à l’époque, recherchait une autre jeune fille, Susan, disparue dans des conditions similaires. Malgré son enquête, Elder n’a pas pu prouver la culpabilité de Shane et Alan dans cette seconde disparition. Alors bien sur, quand il apprend la libération de Shane, Elder replonge dans son passé et recommencer à chercher… Il va sortir de sa retraite pour trouver enfin les réponses qu’il n’a pas trouvées autrefois. D’autant qu’une nouvelle jeune fille va disparaître, du même âge que la sienne.

Un très bon polar, dans lequel j’ai littéralement plongé. Un bon rythme, du suspens, ce qu’il faut de rebondissements et de surprises. Le personnage de Shane Donald est intéressant et ambigu, et l’auteur ne se gêne pas pour en jouer et nous balader… Des interrogations quant aux victimes et aux bourreaux, des remises en question.

Ce roman est le premier d’une série que vous retrouverez forcément ici.

 


2018/11: Poupées de cire III, Greg QUESNE

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Sur Chartres, le jour est à peine levé. Flora, la jeune artiste, est déjà en retard. C’est le grand jour, elle doit se rendre à Paris afin de présenter, et éventuellement vendre, ses travaux. Dans un train attrapé in extremis, elle fait connaissance avec Augustin, un représentant en mannequins de mode quelque peu étrange. Celui-ci tombe immédiatement sous le charme de la demoiselle qui, malgré un certain trouble, garde ses distances.
Tout juste débarquée, le temps de la jeune femme est compté. La capitale lui est inconnue et elle ne peut s’offrir le luxe de louer une voiture. Juliana, une lady en mal de distraction, lui tend la main. En guise de compensation, cette dernière demande de lui consacrer le restant de cette journée. Au fil de leurs déambulations dans Paris, la bienfaitrice éprouve l’étrange et désagréable sensation qu’elles sont suivies.
Dans un cache-cache aux multiples rebondissements, suivez Flora et Juliana dans la cité du divertissement, de la mode, des arts et de tous les excès, mais aussi la ville où plane l’ombre de jolies poupées…

Dans cet épisode, nous changeons d’ambiance et d’atmosphère. Nous laissons de côté les petites mains et les laborieux pour découvrir les noceurs, les oiseaux de nuit.

Flora part à Paris pour tenter d’y vendre ses toiles. Elle va y faire la connaissance de Juliana. Celle-ci se languissant, elle prend Flora sous son aile et entreprend de lui faire découvrir Paris ainsi que les plaisirs et attractions que la ville peut offrir. On découvre ici le Paris festif à la veille de l’Exposition Universelle de 1900. On s’étourdit et on s’essouffle à la suite des deux jeunes femmes.

Nous faisons aussi connaissance avec Augustin Lenoir, commercial en poupées de mode, et de Jacques, le mari de Juliana. Je ne sais pas encore trop quel rôle ils pourront tenir dans la suite de l’histoire, ou ne pas tenir d’ailleurs.

Tout au long de cet épisode, j’ai cherché le lien avec nos poupées de cire. Et quel personnage ce lien va-t-il unir aux poupées? Nous aurons un début de réponse dans la dernière ligne du récit, qui amène avec elle nombre de questions et de suppositions…

Hâte de lire la suite!