Archives de Tag: Polar

2017/85: Poupées de cire Episode 1, Greg QUESNE

Paris, 8 octobre 1899. Au milieu de la nuit, le corps d’une jeune femme est retrouvé allongé sur un canapé au milieu des Grands Magasins, près du Louvre. Cela pourrait être la routine, et pourtant, la scène de crime dénote. Ce cadavre n’est pas comme les autres… C’est le corps d’une femme savamment métamorphosé en poupée de cire. Hélas, ce n’est pas la première victime à avoir été découverte dans une macabre mise en scène de ce genre. La brigade chargée de cette affaire traque le moindre indice… en vain.

Émilien Granget, jeune diplômé de l’École de police de Rouen, est un homme fluet et timide qui monte à la capitale pour tenter sa chance. En quête de son premier poste, pour lequel il doit rencontrer le commissaire Malandain, il espère ne pas aboutir au fond d’un placard à faire de la paperasserie. Il arrive tout juste à Paris, qu’il découvre. Mais la rencontre incongrue de Camille, et de sa mère Jeanne par la même occasion, va venir bouleverser son programme.

Ce roman, à la fois policier et romanesque, sera publié sous forme d’épisodes (8 au total) dont le premier est sorti en septembre. Le second arrive bientôt. La publication est prévue au rythme d’un épisode tous les deux mois. Dans ces 39 premières pages se posent l’intrigue et les principaux personnages, qui évoluent dans le Paris de la fin du XIXème siècle. L’occasion de découvrir le quotidien de l’époque au sein de la capitale (à propos duquel ce récit semble être très bien documenté).

J’avoue que ma curiosité est piquée. J’ai envie de faire la connaissance du commissaire et de savoir quelle tournure prendra son rendez-vous avec Emilien. J’ai envie de savoir comment va évoluer sa relation avec Jeanne et Camille. Et puis aussi de découvrir qui est le tueur des poupées de cire…

 

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2017/82: Meurtriers sans visage, Henning MANKELL

En pleine campagne suédoise, dans une ferme isolée, un couple de paysans retraités est torturé et sauvagement assassiné. Avant de mourir, la vieille femme a juste le temps de murmurer un mot: « étranger ». Il n’en faut pas plus pour qu’une vague de violence et d’attentats se déclenche contre les demandeurs d’asile d’un camp de réfugiés de la région. L’inspecteur Wallander va devoir agir vite, sans tomber dans le piège de la xénophobie ambiante qui brouille les pistes…

Ecriture sobre

Un couple de personnes âgées a été sauvagement assassiné. Il va falloir que l’équipe de Kurt Wallander réagisse vite. La presse a déjà fait main basse sur l’affaire et a diffusé le fait que la victime à soufflé le mot « étranger » avant de s’éteindre… Evidemment, les pulsions racistes refoulées vont se libérer. Dommage pour les demandeurs d’asile.

Un sentiment nationaliste qui fait une envolée brusque, une population qui se décharge de sa peur sur Les Etrangers… La difficulté d’être de l’autre côté de la barrière, un étranger en demande d’asile sur une terre hostile. La population se méfie de ceux qu’elle ne connaît pas. Et la peur engendre la bêtise et le racisme, n’est-ce-pas? Là aussi, nous allons faire la connaissance d’un enquêteur lui-même usé, un héros à contre-emploi, perdu, blessé, à vif.

Du bon polar.

 


2017/68: Sans pitié ni remords, Nicolas LEBEL

9 novembre 2014. Le capitaine Mehrlicht assiste aux obsèques de son ami Jacques Morel. Quelques heures plus tard, un notaire parisien lui remet une enveloppe contenant un diamant brut: l’œil d’une statue dérobée au musée des Arts d’Afrique et d’Océanie dix ans plus tôt. De leur côté, les lieutenants Latour et Dossantos sont appelés pour constater un suicide, puis assistent à la défenestration d’une femme qui avait réclamé la protection de la police. Les deux victimes avaient un point commun: elles travaillaient ensemble au musée. La chasse au trésor organisée par Jacques vire alors au cauchemar. Que cherchent ces anciens légionnaires, qui apportant la guerre à Paris dans un jeu de piste sanglant jalonné de cadavres? Mehrlicht et son équipe ont quarante-huit heures pour boucler cette enquête sous haute tension, dans laquelle bouillonnent la fureur et les échos des conflits qui bouleversent le monde en ce début de XXIè siècle.

 

Tu aimes les polars mais tu ne connais pas encore Nicolas Lebel? Rattrape vite cette lacune!

Tu as versé une larme à la fin du tome précédent? Tu t’es dit que Jacques allait te manquer?

Eh bien sois rassuré: Jacques, bien qu’enterré, est au centre de ce jeu de piste. D’un côté un nombre improbable de suicidés qui ont tous ce point commun: ils faisaient partie du personnel de ce musée où a été dérobée une précieuse statue. D’un autre, arrivent à Paris des mercenaires avides de sang, prêts à tout, sans aucune limite. Et puis il y a ce testament laissé par Jacques à Daniel, bien mystérieux.

Voilà l’énigme au cœur de laquelle se retrouvent pris Mehrlicht et son équipe.

Un polar que j’ai lu d’une traite. Un grand plaisir de retrouver ces personnages, surtout les truculents Jacques et Mehrlicht. D’autant que Jacques a construit son énigme autour de Baudelaire, qui est pour moi une  référence. Un plaisir aussi de retrouver cet humour cynique qui m’a fait dévorer les premiers volumes. Le suspens est au rendez-vous, le récit est prenant, le rythme soutenu.

Bref, un très bon moment de lecture. Je vais vite commander le quatrième volet des aventures de cette fine équipe, De cauchemar et de feu.

 


2017/67: L’effet papillon, Jussi ADLER OLSEN

Si William Stark n’avait pas été intrigué par un SMS envoyé du Cameroun, René Eriksen, son Boss au Bureau d’aide au développement, n’aurait pas été obligé de se débarrasser de lui. Si Marco, un jeune voleur gitan, n’avait pas trouvé refuge là où le cadavre putréfié de Stark végète depuis trois ans, son oncle, chef d’un réseau mafieux, n’aurait pas lancé ses hommes à ses trousses à travers Copenhague pour l’empêcher de révéler à la police l’existence de ce corps qu’il a enterré de ses propres mains… Pour stopper cet engrenage de violence, l’inspecteur Carl Morck et l’équipe du Département V doivent retrouver Marco. Et remonter la piste d’une affaire dont les ramifications politiques et financières pourraient bien faire vaciller l’intégrité politique du Danemark.

C’est un plaisir à chaque fois renouvelé que de retrouver la fine équipe du Département V. Cette fois-ci encore, voici un bon polar, même s’il a quelques longueurs. Nous suivons parallèlement deux affaires, qui bien sur finiront par se rejoindre. Il y a du suspens, des rebondissements, du mouvement… On n’a pas le temps de s’ennuyer…

Même si nous en apprenons un petit peu plus sur Assad, notre trio est relégué au second plan dans la construction de cette intrigue. Ce ne sont pas eux qui nous tiennent en haleine. Un nouveau venu: Gordon, pénible. Très pénible. Franchement, à part rajouter quelques paragraphes, je n’ai pas vu l’intérêt de ce nouveau personnage. Il plombe l’équilibre de notre trio d’enquêteurs, sans contrepartie.

Un polar plein d’humour, comme les précédents, qui allie politique, corruption, manipulations, pouvoir. A nouveau un plaisir de suivre les pérégrinations de Carl, Assad et Rose. Hâte de lire l’opus suivant, Selfies.


2017/61: Grossir le ciel, Franck BOUYSSE

Les Doges, un lieu-dit au fin fond des Cévennes. C’est là qu’habite Gus, un paysan entre deux âges solitaire et taiseux. Ses journées: les champs, les vaches, les bois, les réparations. Des travaux ardus, rythmés par les conditions météorologiques. La compagnie de son chien, Mars, comme seul réconfort. C’est aussi le quotidien d’Abel, voisin dont la ferme est éloignée de quelques centaines de mètres, devenu ami un peu par défaut, pour les bras et les verres. Un jour, alors que l’abbé Pierre disparaît, tout bascule: Abel change, des évènements inhabituels se produisent, des visites inopportunes se répètent. Un suspens rural surprenant, riche et rare.

Voici un roman court (235 pages aux éditions Le livre de poche) très bien écrit, ramené du Salon du Livre de Paris. Une sorte de huis-clos sans vraiment en être un. Je m’explique: il y a l’ambiance de huis-clos, mais ici les barrières ne sont pas physiques. Point de murs mais leur vie.

L’isolement, une vie de peine et de labeur, un passé difficile, un avenir qui ne s’inscrit pas vraiment, un climat rude. Gus et Abel ont sympathisé, un peu par défaut en effet. Entre voisins, on se donne un coup de main, on trinque. On échange trois mots, entre taiseux… On finit par se lier. Deux hommes seuls, qui entretiennent tant bien que mal leurs fermes, et vivotent au fin fond de cette campagne. Des hommes attachants et attachés à leur terre et à leurs traditions. Une vie simple et rustique, austère, solitaire. Mais voilà, vont arriver dans la région des évangélistes qui font du porte à porte pour dispenser la bonne parole, et Abel va avoir soudain un comportement pour le moins surprenant.

Une écriture fine et directe qui se boit comme du petit lait… Un roman lu dans la soirée. En bref, une très agréable découverte.

 


2017/57: Quand sort la recluse, Fred VARGAS

-Trois morts, c’est exact, dit Danglard. Mais cela regarde les médecins, les épidémiologistes, les zoologues. Nous, en aucun cas. Ce n’est pas de notre compétence.

– Ce qu’il serait bon de vérifier, dit Adamsberg. J’ai donc rendez-vous demain au Muséum d’Histoire naturelle.

Je ne veux pas y croire, je ne veux pas y croire. Revenez-nous, commissaire. Bon sang mais dans quelles brumes avez-vous perdu la vue?

– Je vois très bien dans les brumes, dit Adamsberg un peu sèchement, en posant ses deux mains à plat sur la table. Je vais donc être net. Je crois que ces trois hommes ont été assassinés.

– Assassinés, répéta le commandant Danglard. Par l’araignée recluse?

Ah…. Fred Vargas….

Encore une fois, je suis sous le charme, autant de sa plume que de ses personnages. J’adore!

Nous revoici partis au gré des élucubrations de ce cher commissaire Adamsberg. Une fois encore, nous le suivrons au gré de ses tours et détours pour se perdre dans ses conjectures, au fil des idées qu’il suivra pour démêler la pelote inextricable qu’est cette enquête. Vu que bien sûr, à la base, il n’y a pas d’enquête…

Comme toujours, un scénario invraisemblable qui fonctionne pourtant à merveille. Et comme toujours, c’est un régal.

Une différence cependant avec les précédents volumes: cette fois il y aura de la rébellion dans l’air.

Bref, les romans de Fred Vargas, je les attends comme une friandise. Et je suis gourmande…


2017/26: L’hiver des enfants volés, Maurice GOUIRAN

Lorsqu’un soir d’hiver 2013, Samia frappe à la porte de la Varune, Clovis se doute très vite qu’elle a besoin de son aide… Samia, Clovis l’a rencontrée en 82, alors qu’il était encore correspondant de guerre. Avec son ami François, ils avaient sorti la jeune Palestinienne des massacres de Sabra et Chatila… Depuis, elle lui a préféré François, mais Clovis n’avait jamais rien pu lui refuser. Et justement, François a disparu. Il a quitté sa paisible retraite du marais poitevin pour Barcelone afin d’enquêter sur deux accidents étranges… Depuis, plus de nouvelles! Parti immédiatement à sa recherche, Clovis va, au cours de ses investigations, voir brutalement réapparaître le spectre des enfants volés aux familles républicaines par les franquistes. Un scandale et une véritable affaire d’Etat ayant perduré jusqu’au milieu des années quatre-vingt. Mais que vient faire François dans cette histoire? Lui qui semble avoir beaucoup dérangé lors de son enquête… Et qui de fil en aiguille, va faire ressurgir de son propre passé un autre drame effroyable…

Le 4ème de couverture décrit très bien l’intrigue.

Les références historiques sont très nombreuses. En effet, l’Histoire est prépondérante dans ce roman, et les évènements utilisés ici comme trame de fond sont très violents, cruels, perturbants. En effet, sont évoqués ici les massacres de Sabra et Chatila, en septembre 1982 (Beyrouth ouest, Liban), la mise en place et l’utilisation des Lebensborn (notamment ceux de Lamorlaye et de Wégimont) et les enfants volés en Espagne par les franquistes. Un contexte très lourd, donc. Des sujets tabous.

J’ai trouvé plutôt lourdes les considérations touristiques et les longues descriptions de Madrid et Barcelone. Je ne renie pas que ces villes soient belles et agréables, et qu’il faille visiter ci ou ça (en même temps, je n’y suis jamais allée), mais ce livre n’ayant pas but à être un guide touristique, ces précisions sont trop nombreuses et pèsent sur le récit. Tout comme son attachement à Marseille… On a bien saisi les origines de Monsieur Gouiran…

En dehors de cela, l’histoire est intéressante et s’attache donc à des pans de l’Histoire plutôt gênants pour les Etats concernés. Un roman noir, sombre, plus polar que thriller, plutôt correctement mené.

Je reste malgré tout sur une impression mitigée.