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2017/105: Poupées de cire Episode II, Greg QUESNE

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Deuxième jour à Paris pour Émilien. Suite à un réveil en fanfare, il parvient à rejoindre le commissariat de la rue aux Ours avec la précieuse aide de Jeanne. Entre un brigadier parisien grincheux et un pétillant provincial perdu, il ne peut résulter qu’une rencontre aux allures de quiproquo. Mais lorsque le nom d’un certain commissaire Malandain se glisse dans la conversation, c’est un véritable revirement de situation qui s’opère. Dirigé vers le quai des Orfèvres, Émilien profite du trajet pour découvrir la Ville Lumière.

Au prix d’une interminable attente, le moment arrive enfin pour le jeune homme de rencontrer ce commissaire – qui sera peut-être son juge et bourreau – et de découvrir le contenu de la fameuse lettre remise par le vieux professeur de l’École de Police. Malheureusement pour lui, il est loin d’être au bout de ses surprises… Dans ce second épisode de Poupées de Cire, entrez dans le monde judiciaire par la grande porte et découvrez en même temps qu’Émilien la face cachée de la justice.

 

Ce second épisode est centré sur Emilien. Greg Quesne continue de développer les bases de l’enquête à venir. Emilien obtient finalement son entrevue avec le commissaire Malandain, commissaire général du 36 Quai des Orfèvres. Emilien fait donc son entrée dans le milieu policier directement par la grande porte, grâce à la lettre de recommandation de son formateur. Il se retrouve affecté en tant qu’observateur à la brigade de l’inspecteur Blondel, en charge de l’affaire des poupées de cire.

Nous faisons donc connaissance avec l’équipe d’enquêteurs, nouveaux collègues d’Emilien: Justin, Jean, Marcelin et Tommaso, et bien sur l’inspecteur Blondel. Ceux-ci le chambrent un peu et testent le bleu… Les talents d’Emilien vont être éprouvés, celui-ci devra faire ses preuves pour être pleinement intégré à l’équipe.

Notre Emilien est touchant de timidité d’abord puis d’enthousiasme dès lors qu’on lui demande son avis sur une « affaire en cours », et enfin de confusion. Je pense que nous avons maintenant fait connaissance avec tout le monde. J’ai hâte d’entrer dans l’enquête…

Prochain épisode: le 15 janvier 2018…

Merci aux Editions Lune Ecarlate.

 

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2017/85: Poupées de cire Episode 1, Greg QUESNE

Paris, 8 octobre 1899. Au milieu de la nuit, le corps d’une jeune femme est retrouvé allongé sur un canapé au milieu des Grands Magasins, près du Louvre. Cela pourrait être la routine, et pourtant, la scène de crime dénote. Ce cadavre n’est pas comme les autres… C’est le corps d’une femme savamment métamorphosé en poupée de cire. Hélas, ce n’est pas la première victime à avoir été découverte dans une macabre mise en scène de ce genre. La brigade chargée de cette affaire traque le moindre indice… en vain.

Émilien Granget, jeune diplômé de l’École de police de Rouen, est un homme fluet et timide qui monte à la capitale pour tenter sa chance. En quête de son premier poste, pour lequel il doit rencontrer le commissaire Malandain, il espère ne pas aboutir au fond d’un placard à faire de la paperasserie. Il arrive tout juste à Paris, qu’il découvre. Mais la rencontre incongrue de Camille, et de sa mère Jeanne par la même occasion, va venir bouleverser son programme.

Ce roman, à la fois policier et romanesque, sera publié sous forme d’épisodes (8 au total) dont le premier est sorti en septembre. Le second arrive bientôt. La publication est prévue au rythme d’un épisode tous les deux mois. Dans ces 39 premières pages se posent l’intrigue et les principaux personnages, qui évoluent dans le Paris de la fin du XIXème siècle. L’occasion de découvrir le quotidien de l’époque au sein de la capitale (à propos duquel ce récit semble être très bien documenté).

J’avoue que ma curiosité est piquée. J’ai envie de faire la connaissance du commissaire et de savoir quelle tournure prendra son rendez-vous avec Emilien. J’ai envie de savoir comment va évoluer sa relation avec Jeanne et Camille. Et puis aussi de découvrir qui est le tueur des poupées de cire…

 


2017/82: Meurtriers sans visage, Henning MANKELL

En pleine campagne suédoise, dans une ferme isolée, un couple de paysans retraités est torturé et sauvagement assassiné. Avant de mourir, la vieille femme a juste le temps de murmurer un mot: « étranger ». Il n’en faut pas plus pour qu’une vague de violence et d’attentats se déclenche contre les demandeurs d’asile d’un camp de réfugiés de la région. L’inspecteur Wallander va devoir agir vite, sans tomber dans le piège de la xénophobie ambiante qui brouille les pistes…

Ecriture sobre

Un couple de personnes âgées a été sauvagement assassiné. Il va falloir que l’équipe de Kurt Wallander réagisse vite. La presse a déjà fait main basse sur l’affaire et a diffusé le fait que la victime à soufflé le mot « étranger » avant de s’éteindre… Evidemment, les pulsions racistes refoulées vont se libérer. Dommage pour les demandeurs d’asile.

Un sentiment nationaliste qui fait une envolée brusque, une population qui se décharge de sa peur sur Les Etrangers… La difficulté d’être de l’autre côté de la barrière, un étranger en demande d’asile sur une terre hostile. La population se méfie de ceux qu’elle ne connaît pas. Et la peur engendre la bêtise et le racisme, n’est-ce-pas? Là aussi, nous allons faire la connaissance d’un enquêteur lui-même usé, un héros à contre-emploi, perdu, blessé, à vif.

Du bon polar.

 


2017/68: Sans pitié ni remords, Nicolas LEBEL

9 novembre 2014. Le capitaine Mehrlicht assiste aux obsèques de son ami Jacques Morel. Quelques heures plus tard, un notaire parisien lui remet une enveloppe contenant un diamant brut: l’œil d’une statue dérobée au musée des Arts d’Afrique et d’Océanie dix ans plus tôt. De leur côté, les lieutenants Latour et Dossantos sont appelés pour constater un suicide, puis assistent à la défenestration d’une femme qui avait réclamé la protection de la police. Les deux victimes avaient un point commun: elles travaillaient ensemble au musée. La chasse au trésor organisée par Jacques vire alors au cauchemar. Que cherchent ces anciens légionnaires, qui apportant la guerre à Paris dans un jeu de piste sanglant jalonné de cadavres? Mehrlicht et son équipe ont quarante-huit heures pour boucler cette enquête sous haute tension, dans laquelle bouillonnent la fureur et les échos des conflits qui bouleversent le monde en ce début de XXIè siècle.

 

Tu aimes les polars mais tu ne connais pas encore Nicolas Lebel? Rattrape vite cette lacune!

Tu as versé une larme à la fin du tome précédent? Tu t’es dit que Jacques allait te manquer?

Eh bien sois rassuré: Jacques, bien qu’enterré, est au centre de ce jeu de piste. D’un côté un nombre improbable de suicidés qui ont tous ce point commun: ils faisaient partie du personnel de ce musée où a été dérobée une précieuse statue. D’un autre, arrivent à Paris des mercenaires avides de sang, prêts à tout, sans aucune limite. Et puis il y a ce testament laissé par Jacques à Daniel, bien mystérieux.

Voilà l’énigme au cœur de laquelle se retrouvent pris Mehrlicht et son équipe.

Un polar que j’ai lu d’une traite. Un grand plaisir de retrouver ces personnages, surtout les truculents Jacques et Mehrlicht. D’autant que Jacques a construit son énigme autour de Baudelaire, qui est pour moi une  référence. Un plaisir aussi de retrouver cet humour cynique qui m’a fait dévorer les premiers volumes. Le suspens est au rendez-vous, le récit est prenant, le rythme soutenu.

Bref, un très bon moment de lecture. Je vais vite commander le quatrième volet des aventures de cette fine équipe, De cauchemar et de feu.

 


2017/67: L’effet papillon, Jussi ADLER OLSEN

Si William Stark n’avait pas été intrigué par un SMS envoyé du Cameroun, René Eriksen, son Boss au Bureau d’aide au développement, n’aurait pas été obligé de se débarrasser de lui. Si Marco, un jeune voleur gitan, n’avait pas trouvé refuge là où le cadavre putréfié de Stark végète depuis trois ans, son oncle, chef d’un réseau mafieux, n’aurait pas lancé ses hommes à ses trousses à travers Copenhague pour l’empêcher de révéler à la police l’existence de ce corps qu’il a enterré de ses propres mains… Pour stopper cet engrenage de violence, l’inspecteur Carl Morck et l’équipe du Département V doivent retrouver Marco. Et remonter la piste d’une affaire dont les ramifications politiques et financières pourraient bien faire vaciller l’intégrité politique du Danemark.

C’est un plaisir à chaque fois renouvelé que de retrouver la fine équipe du Département V. Cette fois-ci encore, voici un bon polar, même s’il a quelques longueurs. Nous suivons parallèlement deux affaires, qui bien sur finiront par se rejoindre. Il y a du suspens, des rebondissements, du mouvement… On n’a pas le temps de s’ennuyer…

Même si nous en apprenons un petit peu plus sur Assad, notre trio est relégué au second plan dans la construction de cette intrigue. Ce ne sont pas eux qui nous tiennent en haleine. Un nouveau venu: Gordon, pénible. Très pénible. Franchement, à part rajouter quelques paragraphes, je n’ai pas vu l’intérêt de ce nouveau personnage. Il plombe l’équilibre de notre trio d’enquêteurs, sans contrepartie.

Un polar plein d’humour, comme les précédents, qui allie politique, corruption, manipulations, pouvoir. A nouveau un plaisir de suivre les pérégrinations de Carl, Assad et Rose. Hâte de lire l’opus suivant, Selfies.


2017/61: Grossir le ciel, Franck BOUYSSE

Les Doges, un lieu-dit au fin fond des Cévennes. C’est là qu’habite Gus, un paysan entre deux âges solitaire et taiseux. Ses journées: les champs, les vaches, les bois, les réparations. Des travaux ardus, rythmés par les conditions météorologiques. La compagnie de son chien, Mars, comme seul réconfort. C’est aussi le quotidien d’Abel, voisin dont la ferme est éloignée de quelques centaines de mètres, devenu ami un peu par défaut, pour les bras et les verres. Un jour, alors que l’abbé Pierre disparaît, tout bascule: Abel change, des évènements inhabituels se produisent, des visites inopportunes se répètent. Un suspens rural surprenant, riche et rare.

Voici un roman court (235 pages aux éditions Le livre de poche) très bien écrit, ramené du Salon du Livre de Paris. Une sorte de huis-clos sans vraiment en être un. Je m’explique: il y a l’ambiance de huis-clos, mais ici les barrières ne sont pas physiques. Point de murs mais leur vie.

L’isolement, une vie de peine et de labeur, un passé difficile, un avenir qui ne s’inscrit pas vraiment, un climat rude. Gus et Abel ont sympathisé, un peu par défaut en effet. Entre voisins, on se donne un coup de main, on trinque. On échange trois mots, entre taiseux… On finit par se lier. Deux hommes seuls, qui entretiennent tant bien que mal leurs fermes, et vivotent au fin fond de cette campagne. Des hommes attachants et attachés à leur terre et à leurs traditions. Une vie simple et rustique, austère, solitaire. Mais voilà, vont arriver dans la région des évangélistes qui font du porte à porte pour dispenser la bonne parole, et Abel va avoir soudain un comportement pour le moins surprenant.

Une écriture fine et directe qui se boit comme du petit lait… Un roman lu dans la soirée. En bref, une très agréable découverte.

 


2017/57: Quand sort la recluse, Fred VARGAS

-Trois morts, c’est exact, dit Danglard. Mais cela regarde les médecins, les épidémiologistes, les zoologues. Nous, en aucun cas. Ce n’est pas de notre compétence.

– Ce qu’il serait bon de vérifier, dit Adamsberg. J’ai donc rendez-vous demain au Muséum d’Histoire naturelle.

Je ne veux pas y croire, je ne veux pas y croire. Revenez-nous, commissaire. Bon sang mais dans quelles brumes avez-vous perdu la vue?

– Je vois très bien dans les brumes, dit Adamsberg un peu sèchement, en posant ses deux mains à plat sur la table. Je vais donc être net. Je crois que ces trois hommes ont été assassinés.

– Assassinés, répéta le commandant Danglard. Par l’araignée recluse?

Ah…. Fred Vargas….

Encore une fois, je suis sous le charme, autant de sa plume que de ses personnages. J’adore!

Nous revoici partis au gré des élucubrations de ce cher commissaire Adamsberg. Une fois encore, nous le suivrons au gré de ses tours et détours pour se perdre dans ses conjectures, au fil des idées qu’il suivra pour démêler la pelote inextricable qu’est cette enquête. Vu que bien sûr, à la base, il n’y a pas d’enquête…

Comme toujours, un scénario invraisemblable qui fonctionne pourtant à merveille. Et comme toujours, c’est un régal.

Une différence cependant avec les précédents volumes: cette fois il y aura de la rébellion dans l’air.

Bref, les romans de Fred Vargas, je les attends comme une friandise. Et je suis gourmande…