Comment je suis resté inconnu, Jean-Fabien

1507-1

Jean-Fabien possède la panoplie complète pour être heureux: un boulot épanouissant avec une chaise à roulettes, une clef de douze, un pull en laine sans trou et un anonymat confortable. Il a même plusieurs femmes à ses pieds – ou pas loin – et un ami fidèle et proche (en tout cas plus proche du boulet que du canon, lui). Et pourtant, ça le démange, il faut que ça bouge. Ou alors, il est allergique à la laine. Mettre fin à son célibat serait une sorte de mouvement, se dit-il. Se faire publier aussi, s’ajoute-t-il (car il est fort en addition). C’est qu’il se pose beaucoup de questions mais obtient peu de réponse. Un héros moderne, en somme (même si là, il ne s’agit plus d’addition).

L’amour et l’écriture sont les deux mamelles des nouvelles aventures de Jean-Fabien, loser sympathique en roue libre, qui revisite le thème du nègre littéraire à travers ce troisième ouvrage où l’on croisera des blondes, des rousses, pas beaucoup de lave-linges à hublot, mais quand même un détective privé et quelques vampires égarés.

Une nouvelle découverte: je remercie chaleureusement Jean-Fabien et les Editions Paul & Mike de ce cadeau. (Oui, je considère les SP comme des cadeaux, ce qui est d’ailleurs littéralement le cas, et je leur garde une place au chaud dans ma bibliothèque, pour répondre à certaines remarques).

Bien, ceci étant dit, parlons de cet opus. Voici Jean-Fabien (le narrateur), un sympathique loser: un blog à l’abandon, un roman publié pas par lui mais par son ex, qui revient lui faire les yeux doux pour qu’il lui écrive la suite, des amis qui tiennent plus du bon boulet (de compèt’), un boulot où il passe le plus clair de son temps à tenter de siester (du moins à en faire le moins possible et buller cool en échappant à la vigilance de sa supérieure), et une inspiration en berne. Et pas que l’inspiration d’ailleurs.

Un roman humoristique donc, totalement second degré (je préfère le préciser), une lecture somme toute plutôt sympathique bien que ce ne soit pas vraiment un genre qui m’emporte. C’est le genre de roman que, personnellement, je classe dans les romans d’été à lire tranquillou une citronnade à la main et les doigts de pieds en éventail. Un humour un peu graveleux par moments, des blagues qui n’ont pas été sans me rappeler les vannes de San Antonio.

Une interrogation cependant: quelle part de ce roman tient de la biographie, entre Jean-Fabien le personnage et Jean-Fabien l’auteur? Le narrateur ne se complaît-il pas un peu trop dans son marasme? Bon, j’ai bien compris que Jean-Fabien avait précécemment vécu quelques aventures que je n’ai pas lues, puisque (si je ne me trompe pas) celui-ci serait le troisième volet.

Donc, en conclusion, un moment de lecture sympathique et de détente.

« Arriverai-je un jour à me raccrocher à ma vie, afin d’avoir l’impression de la vivre vraiment, et non de la jouer? »

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