Archives de Catégorie: Humour

2019/18 : Où on va papa? Jean-Louis FOURNIER

  • Editions Le livre de poche
  • ISBN: 978-2253127840
  • 160 pages
  • Pour le commander: Amazon, Cultura, chez ton libraire.

Un père décide d’écrire un livre à ses deux garçons handicapés : ses peines, ses remords mais aussi ses joies. Une œuvre littéraire plus que documentaire, sorte de déclaration d’amour disloquée, dans un style incisif et clair, faits de chapitres courts comme des respirations suspendues. 150 pages pour se souvenir de Mathieu et de Thomas, rire pour ne pas pleurer.

J’aime ces petits livres de Jean-Louis Fournier dans lesquels il livre ses drames, toujours avec un humour acide.

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2019/11: Un clic de trop, Lydie LEFEVRE

  • Auto-édition
  • ISBN: 9781981023783
  • 216 pages
  • Pour commander: Amazon

Sarah, femme au foyer. Xavier, médecin. Une vie de couple comblée par Paul et Manon, leurs deux enfants. Ce noyau familial va subitement se briser. Pour un clic de trop ? Celui que Sarah n’aurait jamais dû lancer ? Une situation qui va mettre en danger sa famille. Jusqu’où poussera-t-elle ses limites ? Comment s’en sortira-t-elle ?

Sarah est une femme intelligente, heureuse, accomplie. Elle élève ses deux enfants et s’occupe de la comptabilité de son mari. Mais voilà, cette année, le deuxième va à l’école. Et Sarah, en ménagère organisée qu’elle est, a vite fait de venir à bout de ses taches journalières. Et alors, l’ennui la prend. Elle va se connecter sur l’ordinateur de Xavier, qui lui sert habituellement à mettre à jour la comptabilité du cabinet médical, et, n’ayant que ça à faire, va se laisser entraîner par des spams…

Malgré la gravité du sujet, la plume de Lydie Lefèvre reste légère, fluide, enjouée. Ce qui rend d’ailleurs ce roman si plaisant à lire.

Il s’agit d’une comédie dramatique. Lydie met en scène cette charmante mère de famille, à qui tout réussi, qui nage dans le bonheur, et qui d’un coup, voit basculer sa vie. L’addiction n’est pas un sujet facile à traiter, mais Lydie s’en sort haut la main. C’est tout machinalement qu’elle va décortiquer l’addiction de Sarah au jeu, ses comportements, sa déchéance.

Nous accompagnons Sarah dans sa lente descente aux enfers. Nous allons assister impuissants à ses changements. Nous allons voir la gangrène s’installer, l’addiction insidieuse se faire sa place dans son cerveau, et prendre petit à petit toute la place dans sa vie. C’est un engrenage infernal: un petit peu, et puis un peu plus, encore plus, jusqu’à ne plus penser qu’à ça et être prêt à n’importe quoi pour avoir sa dose d’adrénaline.

Sarah va au fil des pages faire preuve d’une mauvaise foi à toutes épreuves. Elle devient de plus en plus égoïste, usant de mensonges et de manipulations pour assouvir son besoin. Elle n’hésite pas à tenter toujours plus, sans mesurer vraiment son inconséquence, ni les menaces qu’elle fait peser sur sa famille, jusqu’à la disloquer. Heureusement que Sarah est bien entourée…

Lydie traite avec humour et brio la façon dont peu s’instiller une addiction, les comportements irresponsables et irréfléchis qui en découlent, les dérives d’internet, la facilité avec laquelle il est possible de souscrire une multitude de crédits à la consommation, entraînant le joueur dans un abysse insondable… On se rend compte que ça n’arrive pas qu’aux autres, que n’importe qui peut se laisser avoir, et à quelle vitesse la nécrose s’installe… On voit comment une famille bien sous tous rapports peut complètement éclater et sombrer. Comment une personne intelligente, saine d’esprit, responsable, peut d’un coup basculer et s’enliser jusqu’à tout perdre.

Une belle lecture, malgré quelques libertés qui ne portent pas préjudice au récit (comme par exemple le rôle et les règles d’intervention d’un huissier). A lire.


2019/07: La Brasserie des Fleurs Fanées, Bénédicte CHAPLART

  • Editions Edilivre
  • ISBN-10: 2414287934
  • ISBN-13: 978-2414287932
  • 244 pages
  • Pour commander: Amazon

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À 27 ans, Méline a un caractère bien trempé. Passionnée de musique rock, elle travaille dans un supermarché au cœur de la Champagne. Elle adore se détendre à la Brasserie des Fleurs Fanées, un endroit particulier. Quand la nuit s’annonce, elle rentre seule.

Mais au fond, tout au fond, elle n’aspire qu’à une seule chose : rencontrer le grand amour. Jusqu’au jour où un mystérieux inconnu dépose sur le pare-brise de sa voiture un post-it…

Et si tout avait commencé à la Brasserie des Fleurs Fanées ?

Tout d’abord, je remercie Bénédicte Chaplart, de m’avoir à nouveau fait confiance en m’envoyant ce second service presse. Si tu as déjà lu La comtesse rouge, tu vas être étonné(e). Ce nouveau roman n’a rien à voir. Il s’agit là d’une romance, mais une romance au rythme enlevé.

En effet, Méline, l’héroïne, est une jeune femme au caractère explosif! Méline traverse ce qu’on peut nommer un désert amoureux. Elle en a marre de son célibat! Heureusement, elle peut compter sur ses copines et son meilleur ami, Marco, un gay extraverti, pour lui mettre du baume au cœur. Jusqu’à ce qu’un inconnu commence à déposer des post-it sur son pare-brise…

Ne t’attends pas à une romance à l’eau de rose. Non non non… Ce récit-là est drôle et rocambolesque. Les personnages ont du caractère et un franc parlé… cash (peut être même un peu trop pour mon goût personnel). Les dialogues sont directs et sans ambages. Et les réparties fusent… Pas le temps de s’ennuyer. Avec Méline, il se passe toujours quelque chose.

Tu l’auras compris, c’est une romance agréable à lire, avec des personnages détonants et un style franc qui ne s’encombre pas de fioritures. C’est un récit enjoué qui a du punch! Je te laisse découvrir…


2018/81: La Grosse ou les tribulations d’une factrice, Raphaële LACROIX

Agnès, jeune factrice à Auxerre, s’ennuie. Abandonnée enfant par un père énigmatique, mal aimée par sa mère qui ne s’est jamais remise de cette séparation, elle n’est pas bien dans sa peau. Un matin, par pure curiosité, elle subtilise une lettre qui l’intrigue… Que s’est-il passé dans sa tête ce jour-là, et qu’est-ce qui la pousse à continuer, semaine après semaine, à s’immiscer dans l’intimité d’une aventure épistolaire aussi intrigante qu’improbable?

A travers cette correspondance volée, Agnès va peu à peu s’ouvrir au monde et découvrir un lourd secret: le sien. Elle en sortira transformée. A la fois touchant, drôle, cruel, tendre et émouvant, le récit d’Agnès nous laisse appréhender les conséquences du manque d’amour et de confiance en soi.

Elle part de loin, Agnès!

Agnès est grosse, pas jolie, et pas du tout à son avantage. Elle se laisse aller, ne prend aucun soin d’elle-même et n’a absolument aucune confiance en elle. Elle est submergée par l’ennui de son quotidien et par sa solitude.

Elle vit dans un mal-être évident et permanent. Le père les a abandonnées, sa mère et elle. Et la mère, elle, ne lui a jamais donné d’affection que le minimum syndical, c’est-à-dire que dalle. Et elle a élevé sa fille dans la haine des hommes et la méfiance absolue de l’amour et des relations affectives en général. L’échec de la relation de ses parents rejaillit de façon directe sur Agnès, comme un uppercut.

Agnès est factrice. Et Agnès est gentille. Aussi est-elle un rayon de soleil quotidien pour un certain nombre de personnes à qui elle distribue le courrier et dont, de fait, elle connaît par cœur la vie et les habitudes. Mais un jour, Agnès s’apprête à distribuer son courrier comme chaque jour quand une enveloppe retient son attention.

Et c’est le début de la fin!

Voici un roman frais, drôle, limpide. Le constat sur Agnès, sur sa fragilité, sur sa dépendance aux beaux sentiments, est à la fois tendre, doux-amer, empathique. C’est à la fois futile, subtil et profond. Agnès, on a envie de la prendre dans ses bras, de la protéger. Agnès est imprévisible, têtue, tenace. Quand elle a une idée en tête… Mais Agnès est aussi fragile, émotive, en manque d’amour et de reconnaissance.

L’absence et le manque de l’autre creuse tout d’abord le désir, puis le désir non comblé se teinte de frustration, pour finir par ne porter que la couleur du ressentiment. Lorsqu’il se mue enfin en rejet, c’est qu’on a atteint l’ultime stade de protection face à ce vide qui nous a rongés.

Bref, j’ai passé un bon moment. J’ai beaucoup souri et ri aussi. Agnès, elle décoiffe! Merci aux Editions L’Astre Bleu de cette découverte.


2018/78: Eléna Mar, Lydie LEFEVRE

Une pincée d’amis, un zeste de champagne, une mesure de musique, le tout mélangé dans un cadre festif. Seraient-ce les ingrédients nécessaires à la recette d’Éléna Mar pour oublier l’échec de son mariage ? Humour et délires à gogo, servis sur un plateau !

Eléna est mariée avec Julien et mère de deux adorables petits garçons. C’est une quarantenaire lassée. De son quotidien, de son mari, de ce qu’il ne fait pas, ne fait plus, de ce qu’il fait mais ne devrait pas faire… Eléna a mis son couple en pause depuis six mois, mais si elle trouve de sérieux avantages à cette situation, elle déprime un peu quand même. Alors l’invitation de Cathy pour la Saint Sylvestre tombe à point nommé! Eléna a besoin de se lâcher un peu…

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2018/15: Vous connaissez peut-être, Joann SFAR

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Au début il y a cette fille, Lili, rencontrée sur Facebook. Ca commence par « vous connaissez peut-être », on clique sur la photo du profil et un jour on se retrouve chez les flics. J’ai aussi pris un chien, et j’essaie de lui apprendre à ne pas tuer mes chats. Tant que je n’aurai pas résolu le problème du chien et le mystère de la fille, je ne tournerai pas rond. Ca va durer six mois. Ce roman fait suite à « Comment tu parles de ton père ». On y trouve quelques portraits de femmes, et un portrait de chien. C’est une enquête. Tout est vrai sinon ce n’est pas drôle.

Bon, Lili et les relations virtuelles n’occupent finalement qu’une petite moitié de ce livre. L’autre moitié est emplie de digressions, d’anecdotes diverses en rapport avec ses anciennes maîtresses et quelques amis, et surtout Le Chien… Il est beaucoup question de ce chien tout de même…

Quelques longueurs, sur des petits épisodes du quotidien de l’auteur qui n’ont pas plus d’intérêt que ça. Il y a une grosse part d’introspection tout de même… Un certain nombre de réflexions plus ou moins bienvenues. J’avoue que certaines anecdotes m’ont bien fait rire.  Quant à Lili… Elle est une sorte de fil rouge, qui revient régulièrement entre les pensées de l’auteur.

Bref, une lecture somme tout sympa, mais pas le livre de l’année…

 


2017/114: Serial Mother: comment survivre avec des enfants, Jessica CYMERMAN

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« Tout a commencé le jour où, en regardant mes enfants, je me suis dit que j’étais une meilleure mère avant de les avoir. Alors j’ai décidé d’en rire plutôt que d’en pleurer et j’ai créé serialmother.fr. » Jessica Cymerman offre ici une sélection des chroniques (anecdotes, billets d’humeur, résolutions, lettres ouvertes, …) postées sur son blog, autour du quotidien rocambolesque de la maternité. glousser doucement devant les conseils foireux de sa propre mère, essayer de faire ami-ami avec les autres parents sur la plage, se demander qui a eu l’idée folle d’inventer le lit parapluie, … Et détester les mères parfaites! Un livre plein d’humour et d’esprit. Pour regarder la vie de famille du bon côté.

C’est très bien résumé.

C’est effectivement bourré d’humour. Personnellement, je m’y suis totalement retrouvée. C’est simple, j’aurais pu écrire une partie de ces chroniques tant j’ai eu l’impression qu’elles parlaient de moi…

Ca se lit très (trop?) vite, ça fait ricaner. On pense à notre mère quand elle évoque la sienne, à nos copines, … Nous aussi, les mères parfaites, on a envie de les dézinguer.

Bref, l’écriture est gaie et enlevée. Un très bon moment de détente.