Archives de Tag: humour

2017/86: Chorale, Nick GARDEL

Un magasin qui explose, un mitraillage à la kalashnikov, une sirène recherchée, un gang sanguinaire, Peter, Jean-Edouard et Lorelei sont des habitués du chaos. quand leurs extraordinaires aptitudes pour les ennuis s’entrecroisent, cette troupe soudée par l’amitié prend la route à bord d’une vieille DS qui en a vu d’autres. Mais jusqu’où peut conduire l’amitié?

Comme pour Droit dans le mur, voici un roman totalement improbable mais pourtant ça fonctionne parfaitement.

Je ne connaissais pas encre Peter, Jed et Lorelei, des personnages hauts en couleurs, truculents et excentriques. Mais ô combien attachants! Et on ne s’ennuie pas avec eux! On n’a pas le temps. Le rythme est effréné, ça ne s’arrête pas une minute. Pris malgré eux dans une histoire qui les dépasse, à la recherche d’Aykut, un ami commun, ils vont enchainer les surprises et les catastrophes. En effet, depuis que sa boutique d’aspirateurs a explosé, Aykut s’est évanoui dans la nature…

Un roman à suspens bourré d’humour mordant et sarcastique. On y retrouve un peu l’esprit d’Audiard. Une sorte de road-trip déjanté, loufoque, rocambolesque, même picaresque. Un très bon moment de lecture.

Publicités

2017/81: Les phoques de ma sœur, FREVILLE

La crise de la quarantaine, ce n’est pas que pour les chiens! Après avoir brillamment échappé aux griffes de sa tante charcutomaniaque dans le premier opus de la trilogie, puis magistralement réglé les problèmes de succession érotiques de son père dans le second, Fernand va-t-il succomber aux coups de boutoir existentiels de son épouse? Accablée par trop de succès, en quête de sens, celle-ci s’est mise en tête de réhabiliter Fucking Bob, leur idole de jeunesse, mis à mal par trente ans d’apérothérapie. Si en plus sa sœur aînée, la forte tête de la famille, dresseuse de phoques dans un parc aquatique de province en détresse financière, s’en même, on peut craindre le pire.

Merci à Babelio et aux Editions Chemins de Traverse de cette découverte.

Ce roman est donc le dernier d’une trilogie, après Le calepin de ma tante et Les maîtresses de mon père. Je n’ai pas encore lu les deux premiers, mais ce n’est en rien gênant pour la compréhension de celui-ci.

Fernand, donc. Fernand est inquiet pour Maude, sa femme, qui, malgré une vie idéale et une ascension de carrière parfaite, est en proie aux doutes à la suite du licenciement d’une des employées de l’agence bancaire qu’elle dirige. elle va cependant trouver un moyen de se remonter le moral : Fucking Bob, l’idole de leur jeunesse, vient d’être à nouveau arrêté. Elle va donc le tirer de garde-à-vue et tenter de le réhabiliter.

C’est une courte fresque familiale. Fernand, Maud et Isabelle s’interrogent sur leur existence, assument plus ou moins bien leur quarantaine. L’occasion d’une introspection de chacun, comme un premier bilan d’une vie bien remplie. Un récit léger, loufoque, enjoué. Un roman dévoré en deux petites heures à peine.

Une agréable découverte.


2017/47: Le musée de l’homme, David ABIKER

« Au début, je croyais qu’un métrosexuel, c’était un type qui avait un sexe suffisamment gros pour le montrer dans le RER en déployant, tel un albatros, les pans de son imperméable. Je me trompais. Un métrosexuel est un type qui va au salon d’esthétique en plein samedi après-midi parce que ni sa femme ni ses filles n’ont envie de l’emmener voir un match de foot féminin. Voilà la vérité. » Manuel de lâcheté conjugale, traité de puériculture déjanté, livre noire de la société maternante, lettre d’amour tachée de gras, bible du père martyr, cahier de tendances pour homme-parasite, pamphlet lubrique et séditieux… Le musée de l’homme est tout cela à la fois. Dans ce récit hilarant, l’auteur, un jeune père de famille déjà fatigué, cède la place et les commandes aux femmes de sa vie avec un masochisme et une jubilation d’une lucidité déconcertante.

Un petit traité humoristique emprunt de beaucoup d’autodérision. Le déclin de la domination masculine vis à vis du bon sens féminin. En même temps, il ne se défend pas beaucoup. David Abiker est ici une victime consentante, bienheureuse même. Réflexion drolatique et distrayante sur les rapports hommes/femmes, la place de nouveau papa moderne.

Un livre plaisant et amusant qui m’a bien fait sourire, je dois l’avouer.

 

 


2017/40: La fenêtre de Dieu, Cédric BLONDELOT

De l’autre côté de l’Atlantique, à Chicago, une femme meurt dans l’incendie de son appartement. Deux ans plus tard, le 31 juillet 1979, Rue de Tolbiac, en plein Paris, un nouveau-né est abandonné dans un kiosque à journaux. alors qu’il chiait sur Le Monde et pissait sur L’Humanité, un couple le trouva et l’adopta. Il fut appelé Tolbiac Juillet. Adulte, Tolbiac devient magicien. Ne lui demandez jamais de tour avec des colombes, il les déteste. Quant à son lapin, il n’en a plus. Il l’a bouffé la veille. Mais Tolbiac n’est pas seulement doué pour la prestidigitation, il est aussi un pickpocket de génie. Sa vie bascule tandis qu’il fume une cigarette dans les toilettes d’une piscine. Il n’en sortira jamais. Aspiré par la cuvette. Oui, aspiré! C’est au prix d’un minutieux travail de recoupements, où les évènements entrent en résonance, que Tolbiac comprendra quel brûlant secret entoure son existence.

Tolbiac Juillet se pose quelques questions tout de même. Sur les circonstances de son abandon. Il va découvrir son histoire familiale bien malgré lui et de bien étrange façon. Attention au choc!

Une histoire cocasse et rocambolesque, insolite. On commence par faire la connaissance d’une ribambelle de personnages (qui trouvera son explication à la fin de l’histoire) et par suivre un mystérieux perfecto. Qui nous amène à Tolbiac. Un personnage farfelu et plutôt drôle. Un peu barré, toujours de mauvaise foi.

Bref, la rencontre de Tolbiac a été un plaisir. Merci Cédric!

 


2017/27: Le potentiel érotique de ma femme, David FOENKINOS

Après avoir collectionné, entre autres, les piques apéritif, les badges de campagne électorale, les peintures de bateaux à quai, les pieds de lapins, les cloches en savon, les bruits à cinq heures du matin, les dictons croates, les boules de rampes d’escalier, les premières pages de roman, les étiquettes de melon, les œufs d’oiseaux, les moments avec toi, les cordes de pendu, Hector est tombé amoureux et s’est marié. alors, il s’est mis à collectionner sa femme.

Donc, tu l’auras compris, Hector est atteint de collectionnite aigüe. Très très aigüe même…

Bref, en général, j’aime bien David Foenkinos…

Ben oui: mais…

Mais cette fois-ci, je n’ai pas du tout accroché et je me suis franchement ennuyée. Pour moi, c’est long, c’est lent, ça ne décolle pas, ça ne bouge pas, il ne se passe rien… J’avoue qu’après avoir lu tant d’éloges sur ce livre, la déception est au niveau des attentes déçues.

Dommage.

 

 


2017/22: Vous plaisantez monsieur Tanner, Jean-Paul DUBOIS

Avant d’hériter de la maison familiale, Paul Tanner menait une existence paisible. Mais depuis qu’il a décidé de la restaurer, rien ne va plus! Maçons déments,  couvreurs délinquants, électriciens fous, tous semblent s’être donné le mot pour lui rendre la vie impossible. Chronique d’un douloureux combat, galerie de portraits terriblement humains: le récit véridique d’un chantier infernal, coloré d’une bonne dose d’humour… noir!

Paul Tanner hérite donc de la maison familiale. Il va vendre sa maison pour financer la restauration de celle-ci. C’est le début d’une aventure épique et rocambolesque. Douloureuse aussi.

Moi qui à la recherche d’une maison à rénover, j’avoue que ce genre de récit fait réfléchir… C’est le moins que l’on puisse dire. Ca fait même un peu peur. Je me dis que pourvu que nous n’ayons pas la malchance de tomber sur des énergumènes pareils quand nous aurons enfin trouvé notre maison… Aïe aïe aïe….

Parce que le pauvre Paul, il va en voir de toutes les couleurs! Les différents entrepreneurs vont enchaîner les catastrophes et faire montre d’une mauvaise foi à toute épreuve.

Un petit roman drôle sans non plus être hilarant, mais divertissant. Un bon moment de détente.

 


2017/06: La Main de Dieu, Olivier DE LAGAUSIE

img_20170127_113859

Est-ce depuis que Maradona a marqué de la main un but accordé à Dieu par la presse et les supporters, que les joueurs multiplieraient les signes de croix sur les terrains de football? Tout le monde se réclame de Dieu à l’occasion, mais on voudrait aussi nous faire admettre que croire peut tuer, en parlant de guerres de religions ou de terroristes religieux. Et si on ne gagne pas au Loto, eh bien, c’est qu’Il ne nous aimerait pas tant que ça, en fait. Finalement, assis sur son petit nuage, Dieu pourrait se demander si on n’a pas oublié l’essentiel, d’autant que, le dimanche, on tend à rencontrer plus de croyants sur le gazon que dans les églises. Le message ne passe plus? Les druides et les chamanes vont-ils revenir pour remplacer les prêtres?

J’ai pris du temps pour lire ce petit traité. J’ai lu et relu certains passages. Je suis revenue sur d’autres paragraphes… J’ai pris des notes et j’ai réfléchi. J’ai commencé à rédiger cette chronique en critiquant chronologiquement les éléments de cet essai. Mais j’ai arrêté. Déjà parce que développer chaque idée aurait pris un temps fou et des pages pleines pour aller au bout de cette chronique. D’autre part, parce que mes convictions ne concernent que moi, et que je n’ai pas spécialement envie de les étaler ici. Ce n’est pas le but. Cette chronique n’est pas là pour lancer un long et éreintant débat. Je vais donc être plus brève.

Même si je rejoins Monsieur de Lagausie sur un certain nombre de points, j’en diffère sur d’autres. A commencer par la notion de religion (au sens large, j’entends Religion dans son ensemble, quelle qu’elle soit) et la façon dont je la perçois. Puisque de mon point de vue, je ne crois point. Il n’y a pour moi pas de religion(s), mais des sectes officielles qui de tout temps ont fait les beaux jours des dirigeants de chaque époque. Chacun y a trouvé son compte. C’est là très réducteur me diras-tu, et tu auras très certainement raison. Mais je ne vais pas développer ici mon allergie aux religions. Je ne Crois pas. Point. Je n’ai pas de Foi. Mais je respecte, chacun fait ce qu’il veut tant qu’il ne tente pas de m’imposer ses pratiques et croyances. Tout ça est de l’ordre de l’intime et devrait le rester.

Quand j’entends ces politiques qui se targuent d’être de bons cathos, qui déplorent la perte de la moralité d’autrefois… Ca me colle de l’urticaire. On en parle des cathos intégristes? Ah bah oui, y’a pas que les autres…

On peut par contre parler spiritualité. Là, ok, je suis ouverte à la discussion.

Bon, tout ça (et l’approche du christianisme d’Olivier de Lagausie, qui je dois le préciser ne prend pas partie. Il s’agit plutôt d’un constat, un état des lieux, traité avec humour) est développé dans ce livre dans lequel tu es libre de te plonger si le sujet te titille. Ce traité, personnellement, ne me fera pas changer d’avis. Je suis une bourrique têtue et obtuse sur certains sujets, dont celui-ci, que veux-tu… On ne me changera pas. Je n’en ai pas moins apprécié de me confronter à un autre regard.

Merci Olivier, de m’avoir permis de vous lire. Je dois admettre que j’ai ouvert la première page avec la conviction que je détesterai ce livre, vu son sujet. Je m’en excuse car j’ai aimé vous lire. Et ce fut une lecture bien intéressante, une réflexion appuyée et argumentée.

Ce fut l’occasion de quelques révisions, et de quelques découvertes aussi, notamment historiquement et symboliquement parlant, sur l’Eglise catholique romaine, l’Eglise française. Ce rappel historique est très intéressant et remet les pendules à l’heure. J’ai appris de petites choses en vous lisant, Olivier, et déjà rien que pour cela je ne regrette pas cette lecture. Je me suis finalement dit que vous aviez raison sur certaines choses, sur l’importance (ou non), la considération à accorder aux choses… Bref, ce fut un plaisir de vous lire.

Si certains d’entre vous se lancent dans la lecture de cet essai, s’il-vous-plaît passez me laisser votre ressenti. Vraiment, un autre retour d’opinion m’intéresserait.