Archives de Tag: Thriller psychologique

2017/19: L’apparence de la chair, Gilles CAILLOT

Pour le capitaine de police Sylvie Branetti, la vie s’est arrêtée il y a quinze ans, lorsque le tueur qu’elle poursuivait a enlevé sa fille Lila avant de disparaître. après un passage obligé en hôpital psychiatrique et des séances régulières de psychothérapie et d’hypnose, elle se raccroche à un seul objectif: savoir ce qui est arrivé à Lila. La découverte d’un cadavre mutilé, arborant la même signature que celle du monstre qu’elle a croisé par le passé, la propulse à nouveau dans l’horreur. Mais elle a cette fois une espérance: connaître enfin la vérité: Accompagnée de Paul Bénito, son ancien amant, elle veut suivre avec acharnement  les traces laissées par le bourreau et mène une enquête aux confins de la réalité, un parcours peuplé de rêves étranges qui la submergent de plus en plus. Où cela pourra-t-il finir? Et si tout n’était qu’apparence? Bienvenue dans le chaos.

Il m’est difficile de parler de ce livre en arrivant à ne rien dévoiler de l’intrigue, tant tout est enchevêtré et lié. Du coup cette chronique va être plutôt courte. Toute tentative d’explication risquerait de spoiler l’histoire. Je vais donc m’abstenir et te laisser méditer sur le 4ème de couv.

Je peux te dire que ce thriller haletant, sans une minute de calme tant le suspens et la pression sont latents, est surprenant. L’histoire pourra paraître décousue à certains moments, mais tout finira par trouver son explication. Déconcertante, l’explication. Vraiment.

Un thriller au rythme soutenu, efficace. Un tueur sadique. Une flic torturée, c’est le moins que l’on puisse dire, poursuivie par un passé qu’elle n’a pas surmonté. Une ambiance sombre et bien glauque. Bref, tout est là pour faire un bon thriller, et le pari est gagné.

C’est le premier roman de l’auteur que je lis, mais surement pas le dernier.

 


2016/59: Régis, James OSMONT

41wb0zxfjgl__sx311_bo1204203200_

Régis aime la littérature et l’automne, les décibels et l’errance. Il n’a pas choisi le mal qui le ronge. Vivant la plupart du temps en lui-même, il perçoit une réalité déformée et angoissante, où tout fait sens. Dans sa psychose, il s’accroche à de fragiles repères: des personnages sans nom, des impressions sans fondement, des chansons sans espoir… Pourtant, peu de temps avant les attentats du 13 novembre 2015, le retour d’un mystérieux persécuteur va faire vaciller son équilibre précaire. Jusqu’au pont de non-retour…

Bienvenue dans l’univers sombre et tourmenté de Régis. Un jeune homme dont la vie se résume à une série de maltraitances et agression, puis à un enfermement permanent en institution. C’est un plongeon dans les abysses des pensées de Régis, dans la plaie béante qu’est sa vie.

Voici un très bon thriller psychologique, psychiatrique même. Une immersion dans la folie. C’est bien écrit, je l’ai dévoré. Ce roman est une perle dans son genre. Régis, c’est tout un poème. Une dégringolade de l’isolement, de l’incompréhension au désespoir, à … Eh bien… Qu’y a-t-il au-delà sinon la cruauté subie dans sa jeunesse, la perte de ses repères, la maladie qui le ronge… Il sombre dans ses tourments, il est emporté par ses démons, dévoré par ses psychoses.

On trouve là une playlist intéressante même si j’ai trouvé parfois les retranscriptions un peu longues. Mais en même temps, c’est là tout l’univers de Régis. Je dois avouer que la fascination plus ou moins morbide des deux personnages féminins m’a un peu mise mal à l’aise. L’Etudiante plutôt. Parce que concernant Sandrine, l’approche est différente. Et félicitations au graphiste: la couverture de cet ouvrage colle parfaitement au personnage.

Une découverte, donc. Pas déçue du tout, bien au contraire. Suis impatiente de lire Sandrine, en prévente bientôt.


2016/19: De force, Karine GIEBEL

IMG_20160318_144752

Le temps de l’impunité est révolu. Le temps des souffrances est venu.

Elle ne m’aimait pas. Pourtant, je suis là aujourd’hui. Debout face au cercueil premier prix. Car moi j’ai voulu l’aimer. De toute mes forces. De force. Mais on n’aime pas ainsi. Lorsque j’arrive devant la porte de mon ancienne chambre, ma main hésite à tourner la poignée. En allumant la lumière, je reste bouche bée. Pièce vide,  tout a disparu. Il ne reste qu’un tabouret. Sur le tabouret, une enveloppe. Sur l’enveloppe, mon prénom en lettres capitales. Deux feuilles, écrites il y a trois mois. Son testament, ses dernières volontés. Je voulais savoir. Maintenant je sais. Et ma douleur n’a plus aucune limite. La haine. Voilà l’héritage qu’elle me laisse.

Tout d’abord, je remercie les Editions Belfond et l’opération Masse Critique qui m’ont offert ce roman.

Bien meilleur que « Satan était un ange »! On retrouve ici l’atmosphère de « Juste une ombre ». Dès la fin du prologue, je savais pourquoi la mère se comportait comme elle le faisait. C’était assez évident. Par contre, si on se doute des raisons pour lesquelles le bourreau va s’acharner sur le professeur Reynier, je me suis laissée avoir quant à l’identité du coupable. J’avais imaginé tous les scénarii sauf celui-là. Si la vengeance est un plat que se mange froid, c’est surtout une sacré source de motivation. Des personnages torturés, en mal de reconnaissance, qui cherchent désespérément un second souffle, une deuxième chance. L’espoir…

Un roman efficace donc, au suspens haletant et aux multiples rebondissements. Un huis-clos angoissant. Lu en tout juste quelques jours. Addictif, je dirais, puisqu’il est difficile de le refermer tellement on a envie de savoir ce qui va encore pouvoir arriver à Reynier et à Maud. Tu te couches en te disant que tu vas lire une chapitre ou deux et puis, tu en lis un autre, et encore un autre, et puis encore un….

Par contre, la scène de l’agression de Maud au tout début m’a rappelé quelque chose (et seulement cette scène-là). J’ai l’impression d’avoir déjà lu un autre roman qui commençait de façon similaire. Une impression de déjà vu, mais sans toutefois arriver à mettre le doigt dessus.


Sa vie dans les yeux d’une poupée, Ingrid DESJOURS

9782266247610

Provocateur, cynique et misogyne, Marc est affecté à la brigade des mœurs après un grave accident. quand, dans le cadre d’une enquête, il croise la douce Barbara, le policier est troublé par son regard presque candide, touché par cette fragilité que partagent ceux qui reviennent de loin. Emu. Au point de croire de nouveau en l’avenir. Mais il est aussi persuadé qu’elle est la pièce manquante pour démasquer le psychopathe qu’il traque. Et s’il se trompait? Le pire des monstres est parfois celui qui s’ignore, quand bien même il rêve sa vie dans les yeux d’une poupée…

C’est le premier roman de l’auteure que j’achète et ce ne sera pas le dernier, s’ils sont tous aussi prenants.

J’ai adoré le personnage de Barbara; il est magnifique. Barbara, donc, 24 ans, occulte complètement l’agression qu’elle vient de subir dans un parc désert, en rentrant chez elle. Mais le choc a déverrouillé chez elle un déclic. Elle garde en tête de ce soir-là une image obsédante, une très belle jeune femme, celle qu’elle pourrait devenir. Si elle se range aux idées de Sweet Doriane, cette poupée qu’elle vient d’acquérir, et qui va personnifier son double trouble et profondément sombre. Parce que Barbara est hantée, elle ne sait pas par quoi, et obsédée par sa soif de vengeance, sans savoir pourquoi, sinon qu’elle obéit aux impulsions de Sweet Doriane.

Je ne développe pas plus, au risque d’en dire trop. C’est un très bon thriller, très sombre donc et très bien travaillé. Une vraie réussite.

J’ai entendu dire que « Potens » est très réussi. Il fera très certainement partie de mes prochains achats.

thrillerpolar-pativore2

Dans le cadre du challenge Thrillers et Polars chez Sharon


Juste une ombre et Jusqu’à ce que la mort nous unisse, Karine GIEBEL

9782266214001

La montagne ne pardonne pas. Vincent Lapaz, guide solitaire et blessé par la vie, l’apprend aujourd’hui à ses dépens: la mort vient de frapper, foudroyant un être cher. Simple accident? Vincent n’en croit rien: la victime connaissait le parcours comme sa poche. C’est un meurtre. Avec l’aide d’une jeune gendarme, Vincent mène l’enquête, de crevasses en chausse-trapes, déterrant un à un les secrets qui hantent cette vallée. Et Lapaz non plus n’est pas du genre à pardonner…

juste-une-ombre1

 

D’abord, c’est une silhouette, un soir, dans la rue… Un face-à-face avec la mort. Ensuite, c’est une présence. Le jour: à tous les carrefours. La nuit: à ton chevet. impossible à saisir; à expliquer, à prouver. Bientôt, une obsession. Qui ruine ta carrière, te sépare de tes amis, de ton amant. Te rend folle. Et seule. Juste une ombre. Qui s’étend sur ta vie et s’en empare à jamais. Tu lui appartiens, il est déjà trop tard…

Voilà encore deux bons thrillers. Tu l’auras déjà compris, j’aime beaucoup Karine Giebel.

Comme toujours, ces histoires sont captivantes, fascinantes, impossible à lâcher.Le lecteur est tenu en haleine. Le suspens est là, latent.

Dans le premier, il est principalement question de vengeance et de magouilles. Je n’en dirai pas plus pour ne pas dévoiler l’intrigue. C’est très prenant, mais on ne trouve pas ici le côté très sombre et glauque de Meutres pour rédemption ou Purgatoire des innocents.

Dans le second, par contre, on retrouve cette ambiance très noire. Il s’agit d’un thriller psychologique très très bien mené, un harcèlement très insidieux, vicieux. Ou comment ce petit grain de sable va complètement faire basculer la vie parfaitement ordonnée et huilée d’une business girl pleine d’ambition. Jusqu’à la conclusion, qui bien sur, n’est jamais celle à laquelle on s’attendrait.

Deux très bonnes lectures, donc.

88164116_o

Dans le cadre du Challenge Thrillers et Polars 2014-2015 de Canel

 


Derrière la haine, Barbara ABEL

9782265094185 (1)

D’un côté, il y a Tiphaine et Sylvain; de l’autre, il y a Laëtitia et David. Deux couples voisins et amis, ayant chacun un enfant du même âge. Deux couples fusionnels et solidaires qui vivent côte à côte dans une harmonie parfaite. Jusqu’au jour du drame. Un tragique accident fait voler en éclats leur entente idyllique, et la cloison qui sépare leurs maisons tout comme la haie qui sépare leurs jardins ne seront pas de trop pour les protéger les uns des autres. Désormais, les seuls convives invités à la table des anciens amis s’appellent Culpabilité, Suspicion, Paranoïa et Haine…

Un très bon roman. Une histoire qui pourrait arriver à tout le monde. Sympathiser avec ses voisins, jusqu’à devenir intimes, tout partager. Et le jour où le drame survient, tout vole en éclat. Voilà comment votre vie peut basculer du bonheur sans nuage à l’horreur en quelques secondes. Et personne n’est plus à même de vous blesser que celui qui vous connaît le mieux. Voilà comment s’installe la haine.

Bien sur on devine facilement l’enchaînement des évènements. Mais cela n’en reste pas moins un bon roman, qui se dévore. D’ailleurs la suite,  Après la fin, fera très certainement partie des mes prochains achats.

88164116_o

Dans le cadre du Challenge Thrillers et Polars 2014-2015 de Canel


Des noeuds d’acier, Sandrine COLLETTE

 

9782253176015-T

 Avril 2001. Dans la cave d’une ferme miteuse, au creux d’une vallée isolée couverte d’une forêt dense, un homme est enchaîné. Théo, quarante ans, a été capturé par deux frères, deux vieillards qui ont fait de lui leur esclave. Comment a-t-il basculé dans cet univers au bord de la démence? Il n’a pourtant rien d’une proie facile: athlétique et brutal, Théo sortait de prison quand ces vieux fous l’ont piégé au fond des bois. Les ennuis, il en a vu d’autres. Alors, allongé contre les pierres suintantes de la cave, battu, privé d’eau et de nourriture, il refuse de croire à ce cauchemar. Il a résisté à la prison, il se jure d’échapper à ses geôliers.

 Quand Théo est libéré de prison, sa priorité est de se venger de son frère. Après une visite remarquée à l’hôpital où ce dernier est pensionnaire, il doit se faire oublier et va se cacher dans un petit coin de campagne. Il y trouve une petite pension tenue par des personnes âgées. Théo se met à la randonnée, et la patronne, qui semble le prendre à la bonne, finit par lui indiquer un p’tit coin où aller se balader. Le point de vue est superbe mais quand i s’avance sur le terrain, un vieux bonhomme le met en joue à la carabine. Quand Théo lui explique qui l’a envoyé là, le vieux se radoucit et lui offre un café. Un coup à la tête et il se réveille dans une cave. Et il n’est pas prêt d’en sortir.

S’en suit un huis-clos prenant, stressant, oppressant mais mené de main de maître.  C’est macabre et sordide. J’ai dévoré ce livre! On a beau connaître l’issue de l’histoire dès le départ, on a envie de savoir pourquoi, comment… Folie, espoir, désespoir, rage, soumission, solitude, sont parfaitement dosés.

Je sais que l’intrigue du héros séquestré au fond d’une cave on ne sait où par des désaxés a été vue et revue (comme « Au bout de la peur » lu il y a peu, par exemple); et qu’à priori ça a tout du réchauffé. Cette version-ci n’est pas d’une originalité délirante mais j’ai aimé le point de vue retenu. Il est vraiment bon. J’ai adoré.

Sandrine Collette narre avec une maîtrise étonnante un huis clos étouffant. Elle a su, avec une sensibilité rare, par touches, brosser l’escalade de la terreur, l’imagination sans cesse renouvelée des humiliations […]. Roger Martin, L’Humanité.

88164116_o

Dans le cadre du Challenge Thrillers et Polars 2014-2015 de Liliba et Canel