Archives de Tag: Thriller psychiatrique

2017/106: Dolores, James OSMONT

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Le Mal poursuit sa course. Inexorablement. Dolores est son nouveau pantin. Bras armé, victime désignée? Toxique et paumée, elle se débat pourtant. Fuit en avant. Se heurte aux limites et aux murs de sa prison. Chaque jour, elle œuvre à sa propre destruction… Mais la trilogie turbulente qui va prendre fin ici n’aura été qu’une étape. Fatalement. Car la folie des hommes a encore bien des cartes à jouer… Et d’innombrables visages.

Voici donc le dernier volet de cette incroyable trilogie psychiatrique. Après Régis et Sandrine, voici Dolores.

James Osmont frappe fort encore une fois, puisque Dolores est à l’image des deux premiers volets: un uppercut. Une nouvelle plongée dans la noirceur, dans la maladie mentale. Chacun de ces personnages est en grande souffrance, chacun se détruit à petit feu. Dolores et Lucas sont bouleversants, Thorsten terrible et monstrueux. Ils sont à la fois victimes et bourreaux, chacun à sa façon.

Un récit très sombre à nouveau, funeste bien sûr. A nouveau beaucoup d’humanité et d’empathie. On retrouve la très belle et poétique écriture de James. Aliénation, adynamie, abattement, spleen, souffrance, douleur, fragilité, vulnérabilité mais aussi une force immense. Le récit garde un côté clinique évidemment, et tout aussi oppressant que les deux premiers, mais aborde des maux différents de Régis et Sandrine, l’humain dans ce qu’il a de plus terrifiant, de plus touchant, de plus désarmant. Une émotion, une finesse, une délicatesse, une subtilité manifestes.

En somme, j’espère avoir le plaisir de lire encore James dans de nouveaux récits. Impossible de se passer d’une telle plume. James Osmont fait partie de ces nouveaux auteurs à suivre  qui vont assurément trouver leur place.

 


2017/45: Froid mortel, Johan THEORIN

Une école. Un centre de détention psychiatrique. Entre les deux, un couloir souterrain… que les enfants franchissent régulièrement pour rendre visite à leur parent interné. Jan Hauger, qui a été embauché dans ce dispositif expérimental étroitement surveillé, ne rate pas une occasion d’être leur accompagnateur. Mais que cherche-t-il? Et que se passe-t-il réellement dans les sous-sols obscurs et labyrinthiques de la clinique? Virtuose des climats troubles et envoûtants, Johan Theorin remonte le fil d’un passé lourd de secrets. Un polar sombre, machiavélique et implacable, par un des maîtres du suspens scandinaves.

Jan est engagé pour travailler dans une maternelle jouxtant un asile psychiatrique. En effet, cette école accueille des enfants dont l’un des parents est interné dans l’établissement de haute sécurité. Les enfants et leur accompagnateur utilisent un passage souterrain pour rejoindre l’asile et aller visiter leur parents. Autour d’eux, une équipe pédagogique soudée. Mais on ne connaît de ses collègues que ce qu’ils veulent bien dévoiler. Ce travail va replonger Jan dans son passé et le pousser à tenter l’impensable.

Un thriller bien mené, peut être un peu lent au départ avant de vraiment réussir à crocher au personnage de Jan et à son histoire, à ses aspirations, ses espoirs, ses déceptions. Un style un peu scolaire à mon goût (ou bien est-ce un petit soucis de traduction) mais qui n’enlève rien aux qualités de ce livre.

Des longueurs donc par moments, un rythme lent qui s’accélère sur la fin, mais un peu trop tard je pense. Cela reste cependant un bon moment de lecture et une agréable découverte.

 


2017/10: Chambre 507, JC HUTCHINS et Jordan WEISMAN

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Bienvenue au Brink. Installé dans les profondeurs d’une vieille mine new-yorkaise, l’hôpital de Brinkvale accueille les criminels les plus déments – trop dangereux pour l’asile, trop déséquilibrés pour la prison, en un mot: irrécupérables! Jeune thérapeute aux méthodes hétérodoxes, Zach Taylor peut en témoigner. Chargé de déterminer si le nouveau pensionnaire de la chambre 507, suspecté de douze homicides, est apte à être jugé, ce sont toutes ses certitudes qui vacillent soudain. Car malgré sa cécité, Martin Grace semble capable de percer à jour ses peurs les plus enfouies… De les réveiller… Et de les déchaîner.

Zach Taylor, art-thérapeute au Brink, a une nouvelle mission. il va devoir trancher: Martin Grace peut-il être jugé pour les douze meurtres dont il est suspecté? S’il n’y a pas de preuves directes l’impliquant, Grace connaissait chacune des victimes et leur avait annoncé leur mort… Et bizarrement, les meurtres ont brutalement cessé quand il est devenu aveugle. Coïncidence? Et voilà, Zach vient de mettre les pieds là où il ne faut pas. Pourtant Grace aura tenté de l’en dissuader. Zach va devoir se confronter à ses peurs les plus profondes s’il veut aider Grace, si celui-ci peut encore être aidé.

Un thriller étrange, un poil surnaturel et fantasque. La limite entre le réel de la situation et les « impressions », « sensations » étranges n’est pas vraiment tangible. Plutôt laissée en suspens pour créer une sorte de brouillard. Pendant une bonne partie de ce roman, on ne sait pas trop. Grace, il est vraiment fou alors? Ou bien il y a quelque chose d’autre? Une histoire qui fonctionne plutôt bien, même si je suis un peu déçue par la fin, n’ayant pas trouvé de réponse à toutes mes questions.


2017/08: Sandrine, James OSMONT

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Les chemins tortueux font aimer les lignes droites. Mais sur la route de Sandrine, désormais aucun répit. Les nids de poules succèdent aux cahots. Depuis trop longtemps le voyage est solitaire, les virages serrés et les rencontres dangereuses sur le bas-côté. Egarée dans les labyrinthes de la dépression, abandonnée de tous, elle ne se doute pas qu’au détour d’un sentier, dans les impasses sombres et les recoins souillés, se terrent d’autres forces hostiles. De celles qui commandent aux aiguillages de l’existence. Encore une fois, le Mal l’attend au tournant…

J’ai dit de « Régis » que ce roman est une perle dans son genre. Et bien, James Osmont confirme son talent dans ce second volume. Car James a une plume exceptionnelle. Il sait excellemment user des mots. Et il nous offre un récit intimiste, profond.

Sandrine est magnifiquement dépeinte. La description est très fine, subtile, même poétique. Pour un sujet pourtant très sombre, violent. Vraiment j’aurais pu avoir cette femme devant moi. J’ai eu mal pour Sandrine, que la dépression engloutit. Car elle ne parvient pas à se relever des évènements qui ont emporté Régis. Elle sombre. Et nous submerge. Comme son histoire l’emporte. Elle descend en enfer. Mais un enfer créé par une société dévoyée, qui n’est plus capable de faire face à rien, inhumaine, en questionnements et doutes constants. Dans laquelle les loups sont rois. Après, il m’est difficile d’en dire davantage sans dévoiler des éléments du récit. Je te laisse donc te plonger dedans.

Un récit à nouveau intense, où le Mal cette fois-ci ne sera pas incarné par le Prédateur. Une écriture addictive, très juste, sans fioritures. J’espère vraiment avoir encore l’occasion de lire cet auteur.

Ah… Et félicitations à Laurent Fièvre qui est à l’origine de cette superbe illustration.


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