Archives de Tag: témoignage

2021/08: Ma grande voyageuse, Fragments, Jacinthe MAZZOCCHETTI

Ma grande voyageuse

« C’est étrange comme l’absence est envahissante. Lierres. Rosiers sauvages. Orties. Chardons. Ronces. Elle s’infiltre, brise les portes, les fenêtres. Ses tentacules forcent le passage. Détruisent. Pénètrent chaque fêlure. Impitoyable. »

« Je voudrais m’asseoir au coin d’un feu, maman et que tu sois là, que tu joues du piano. J’adorais ça. T’écouter jouer du piano. Que ta musique me berce. Me transporte. Me transperce. Tes doigts qui courent les notes. Et mes doigts après les tiens. »

Elle s’est réveillée avec cette urgence à poser des mots, avec ce besoin de raconter la banalité de l’absence. Ce non-sens qui obsède. Juste envie de lui écrire. Pour la retenir encore un peu. Pour lui dire au revoir, lui dire sa vie, son amour aussi. Et puis, peut-être, la laisser partir. Et réapprendre à sourire.

Service presse

Ce matin, maman, je me suis levée avec ce besoin de t’écrire. Une évidence. Un pas en avant. Le premier. Eclaircie dans le brouillard. T’écrire pour ne pas oublier. T’écrire pour rester en lien. T’écrire pour te raconter à tes petits-enfants. Pour moi aussi, me raconter des histoires pour mieux dormir.

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2021/01: L’escalier: jusqu’au bout de ma promesse, Elisabeth LAFONT

Un chemin de vie pour une jeune femme promise à un bel avenir. Un escalier, une chute. Bascule ! Tout s’arrête ou devient différent pour elle. Dans ce témoignage, Elisabeth Lafont vous emmène avec elle, d’abord dans son passé, avant l’accident, puis dans son présent. En remontant dans son enfance, elle tente de découvrir des réponses à ses questionnements. Comment les autres ont-ils perçu la « petite dernière » de la famille ? Comment les a-t-elle perçus dans son coeur d’enfant qu’elle garde encore aujourd’hui ? Et comment l’ont-ils perçue et la perçoivent-ils encore après le drame ? Surtout après le drame… L’auteur se livre « corps et âme ». Fragilité et force se côtoient. Découragement et volonté se livrent bataille. L’autodérision, une plume légère, et voilà un témoignage où l’impossible devient possible. Condamnée, elle a bravé « l’escalier ». Elle a réussi à remonter les marches de sa vie. En est-elle pour autant ressortie indemne ? Elle a promis…

Pour cette première chronique de l’année, je vais te présenter un service presse que j’aurais dû chroniquer il y a un an (toutes mes sincères excuses Elisabeth…). Je vais commencer par pallier mes manquements.

Voici donc une fillette à l’enfance sucrée et heureuse, devenue une jeune femme accomplie, aimée et entourée. Et puis, un jour, ce bête accident: une chute dans un escalier qui va bouleverser sa vie et la laisser dans un fauteuil roulant sans aucune certitude de retrouver l’usage de ses jambes… Lire la suite


2019/25: Le confort de l’autruche, Martine MAGNIN

 

A paraître le 3 Juin 2019

 

« Tu sais, Jenny, derrière ces murs, on enferme les petites filles qui parlent trop. »

Petite fille docile et sensible, Jenny passe les sept premières années de sa vie dans le mensonge et la douleur. Elle survit, et raconte avec courage et détermination la maltraitance sexuelle et le déni familial. Le ton, sobre et pudique, est celui d’une violence rentrée et maîtrisée sous forme d’interrogations quant au rôle d’une mère.

Plutôt que de se concentrer sur les agissements du prédateur et d’accuser, « Le confort de l’autruche » dénonce avant tout le comportement des proches, mère et grand-mère, engluées dans leurs mensonges, leur passivité et leur confort organisé. Toute la particularité de ce texte se situe dans l’évocation d’une tacite malfaisance familiale et affective.

Si tu me lis régulièrement, tu sais déjà qu’à force d’enchaîner ses livres, tous différents mais tous empreints de sa très fine sensibilité, Martine Magnin est devenue une copine.

Aussi m’a-t-elle confiée son dernier ouvrage qui paraîtra lundi prochain.

Et vois-tu, tu vas très étonné, il s’agit encore une fois d’un très beau récit, un roman témoignage, un roman dur et fort, un roman coup de poing.

Jenny est une petite fille comme toutes les autres, qui vit ses premières années dans la joie et l’allégresse des années d’après-guerre, dans un Montmartre encore rustique, joyeux et insouciant. Elle y occupe un petit appartement, très chiche, avec sa mère et sa grand-mère.

Mais voilà, le bonheur ne va pas durer. Sa mère rencontre M, l’homme de sa vie… Le cauchemar de Jenny. Et la vie bascule.

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2018/67: Une vie au service de la police technique et scientifique, Patrick NAZET

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Passionnant ! On entre dans un monde dont le nom seul évoque quelque chose : police technique et scientifique. Avec le récit de son expérience, agrémentée de sa participation à des affaires célèbres, comme l’enquête sur la mort de Claude François, Mesrines, ou l’enlèvement du baron Empain on est au coeur de l’évolution du métier que Patrick Nazet a exercé pendant 32 années.

Quand on parle de police technique et scientifique, on a tous tout de suite en tête l’image d’une flopée de séries TV, à commencer par Les Experts… Eh bien sache que les enquêteurs français n’ont vraiment rien à envier aux Américains: voici exposée dans ce témoignage la réalité derrière la fiction.

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2017/51: Des étoiles dans le caniveau, Anna CIRCE

« Il me trouva, s’empara de moi, régna sur mon âme puis disparu définitivement. J’ai disparu avec lui, et je ne suis jamais parvenue à me retrouver… »

Une écriture franche et sans fioritures, mais aussi parfois empreinte de tendresse.

Un sujet bouleversant, d’autant que ce roman est grandement autobiographique. Un roman douloureux donc, cruel, déchirant, pesant. Car bien sur, quand on est victime d’un viol, le traumatisme ne disparaît pas comme ça… Un roman perturbant, difficile à encaisser, comme un coup de poing. Beaucoup d’émotion donc à cette lecture délicate.

Un témoignage à lire aussi parce que la violence ne vient pas toujours d’où on l’attendrait.

Bravo Anna pour votre courage, et cette force que vous mettez dans votre combat. Respect.


2017/30: Une colère noire, Ta-Nehisi COATES

« Voilà ce qu’il faut que tu saches: en Amérique, la destruction du corps noir est une tradition, un héritage. Je ne voudrais pas que tu te couches dans un rêve. Je voudrais que tu sois un citoyen de ce monde beau et terrible à la fois, un citoyen conscient. J’ai décidé de ne rien te cacher. » Dans cette lettre adressée à son fils de 15 ans, Ta-Nehisi Coates revient sur la condition de l’homme noir aux Etats-Unis. Une ode à l’humanité, un cri de colère contre le mal qui gangrène la société américaine depuis des siècles.

Ce livre est un cri du cœur, un témoignage de la condition des Noirs américains. L’auteur y évoque un certain nombre d’agressions et de crimes, dont certains dont il a été témoin ou victime. Il y démontre que la ségrégation n’est pas une notion disparue, loin de là, et que le racisme fait rage. Parce qu’il est facile de tuer des Noirs quand on est Blanc. Le rapport de domination entre Blancs et Noirs est probant et omniprésent, les rapports de violence sont ubiquitaires. Tu me diras, ce n’est pas un scoop… Non en effet, il s’agit plutôt d’un constat. D’un état des lieux en quelque sorte.

A lire.

 


2016/66: Qu’importe le chemin, Martine MAGNIN

aa« Je l’ai fabriqué un jour de joie parfaite, il y a vingt-huit ans. Il pesait 3,250 kilos, il était tout doux et tout joli dans ses brassières en liberty. Aujourd’hui, les cellules de dégrisement ou d’isolement et les bureaux des commissariats  de plusieurs arrondissements nous sont devenus familiers, nous avons arpenté hébétés et vaincus quatre des plus grands hôpitaux de la capitale, un centre psychiatrique de banlieue, plus quelques cliniques privées. Nous avons également épuisé cinq médecins et usé trois psys pourtant résistants. Heureusement, une petite graine, puis une autre petite graine… Qu’importe le chemin, on récolte toujours ce que l’on s’aime! »

Le petit mot de l’éditeur: Ecrit avec émotion et humour, Qu’importe le chemin est le récit du long parcours d’une mère attentive, imparfaite et désemparée, et de son fils en dérive. C’est aussi l’histoire d’un amour improbable et bancal et l’espoir d’une récolte qui s’annonce généreuse.

Un grand merci à Martine Magnin et aux éditions L’Astre Bleu pour l’envoi de ce livre.

Tout commence au retour d’un voyage avec son père. Alex, 8 ans, convulse. Le diagnostique ne tarde pas à tomber: épilepsie. Les crises et les traitements vont s’enchainer pendant des années. Jusqu’à la rupture. Alex est devenu un jeune homme qui ne supporte plus sa vie. Dorénavant, c’est lui qui décidera. C’est le début de sa marginalisation.

Martine Magnin, sa mère, devra gérer comme elle le peut la descente aux enfers et le renoncement d’Alex, l’éducation de sa fille Lola, le travail, le quotidien… Un témoignage poignant, un débordement d’émotions mais toujours avec une pointe d’humour. De la poésie, du courage, des amitiés indéfectibles, de l’amour à foison, des larmes. Beaucoup.

Un style élégant, une plume fine et sensible, la justesse du ton et des mots. J’aime son écriture. J’ai partagé quelques heures durant son désarroi, sa douleur. Avec elle, je me suis noyée et j’ai cherché une goulée d’air salvatrice. Le témoignage déchirant, émouvant d’une maman perdue mais battante.

Et comme elle dit:

« Une petite graine, puis une autre petite graine… si la terre est bonne et si on l’arrose!

On récolte toujours ce que l’on S’AIME. »

 


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