Archives de Tag: Suspens

2019/44: La Tour de Sélénite, Arnaud CODEVILLE

Adel Blanchard est un écrivain en perdition. Depuis quelques mois, sa vie ne se résume qu’à éviter les huissiers et à courir après son ex-femme pour voir ses deux enfants. Pour sortir la tête de l’eau, il accepte un poste de professeur de Lettres dans une faculté de Lille, mais peu à peu, il ne peut s’empêcher de glisser dans la dépression. Un soir, alors qu’il est prêt à commettre l’irréparable, sa voisine de palier intervient miraculeusement et l’en empêche. Il voit en elle l’opportunité de démarrer un nouveau chapitre de sa vie, c’est donc naturellement qu’il participe au projet universitaire qu’elle organise avec un collègue : la restauration d’un phare en Loire-Atlantique. Malheureusement, il ne se doute pas que ce périple le mènera au cœur de la terreur et de la folie où il y laissera une partie de son âme

J’ai vu passer beaucoup de critiques élogieuses de ce livre sur les réseaux. Alors j’avais noté ce nom-là dans un coin de ma tête. Aussi, quand j’ai rencontré Arnaud Codeville à Livre Paris cette année,  il m’a paru évident de repartir avec son premier roman.

Frissons inside!

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2018/24: Demonica, Hervé GAGNON

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Le Mal est partout. En 1563, une poignée de protestants fuient la guerre de religion qui embrase la France et se réfugient secrètement au Canada. sur le site abandonné du village iroquois d’Hochelaga, ils fondent Havre-Grâce, où ils aspirent à vivre en paix. Mais le nouveau Monde se révèle inhospitalier pour ce groupe d’idéalistes mal préparés. Les premières récoltes sont mauvaises et le gibier a déserté les environs. L’hiver est cruel et le froid dévorant. La neige fait de la colonie une prison. La faim s’y installe et emporte les plus faibles. Petit à petit, le Mal s’insinue dans Havre-Grâce. Une fillette semble être possédée, des envies de cannibalisme animent certains colons et une créature mystérieuse rôde aux alentours. Homme, bête ou démon? Nul ne peut le dire. Le jeune Guichard tente de le découvrir.

La 4ème de couv. résume parfaitement le contexte de ce récit. Ces gens fuient l’horreur des tueries qui sévissent en France. Quand ils arrivent au village d’Hochelaga, c’est pour eux comme une providence. Ils imaginent que les indigènes qui vivaient ici autrefois ont dû être décimés lors des précédentes invasions coloniales. Alors ils prennent possession du village. Mais les conditions de vie sont différentes là de ce qu’ils ont connu en France. En effet, les quelques cultures semées ne donnent pas. Ils ne trouvent pas de gibier autour du village, et l’hiver est sans aucune commune mesure avec l’hiver français… Très vite, le froid et la famine vont s’installer. Et les premiers décès arriver. Ils devront user de toute leur volonté et du peu d’énergie qui leur reste pour s’organiser et survivre. Seulement il y a une chose qu’ils ne savent pas encore: cette soif de survie désespérée n’est que le début de leur cauchemar.

J’ai aimé l’écriture d’Hervé Gagnon. Le récit est parfaitement mené et circonstancié. C’est prenant, impossible de le lâcher sans savoir… La description de la fuite de ces quelques personnes, leur intense soulagement quand ils s’installent à Havre-Grâce, leur confiance absolue d’avoir gagné un avenir meilleur. Puis la réalité qui les rattrape, la prise de conscience de l’hostilité de leur nouvel environnement, leur survie qui ne tient qu’à un fil, les premiers morts qui entament leur confiance et leurs espoirs, les possibilités envisagées pour leur survie qui va diviser la colonie, et puis cette enfant dont on ne sait pas quel mal l’habite…

Une tension palpable, une communauté qui s’écroule, un récit très efficace et addictif.

 


2018/17: Luz, Marin LEDUN

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Premier dimanche des vacances d’été. Luz claque la porte de chez elle, furieuse après ces adultes qui restent à table jusqu’au milieu de l’après-midi, qui rient et qui boivent trop. Légèrement grisée par le soleil brûlant, l’adolescente gagne les rives de la Volte où se prélassent des groupes de baigneurs. Elle rencontre thomas, un élève de troisième qu’elle connaît peu mais qui lui plaît, accompagné d’une amie. Tous les trois décident de se rendre jusqu’à un point d’eau difficile d’accès, mais beaucoup moins fréquenté. Là où la nature devient dangereuse, les rencontres aussi…

Luz, quatorze ans, part vite de chez elle pour aller se baigner à la rivière, laissant derrière elle les adultes avinés encore attablés dans le jardin, pendant que sa mère et sa tante font la vaisselle et rangent la maison. Elle fuit surtout le voisin, ami de son père, dont le comportement équivoque la met très mal à l’aise. Elle retrouve près de la rivière Thomas et Manon, une élève de sa classe. Une fois installés au fameux point d’eau, au regret de Luz, des amis de Thomas s’incrustent. La bière coule à flot, la jeunesse n’est pas sérieuse… Mais voilà, tout ne va pas se passer comme espéré…

Un roman court (158 pages, Editions J’ai Lu) mais prenant, que je qualifierais de roman à suspens jeunesse. Un roman agréable, qui décrit les incertitudes et les contradictions d’une adolescente en pleine découverte d’elle-même. Luz n’est pas encore capable de gérer le désir qu’elle peut provoquer chez les garçons, mais pourtant son envie de plaire et de séduire la taraude. Comment se donner une attitude cool tout en restant sage? Donner libre court à son envie de liberté et d’émancipation tout en se préservant des mauvaises surprises ou des mauvais comportements? Difficile finalement de céder aux tentations…

Un petit roman intéressant.


2017/15: Thalamus, Stéphane GERARD

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Je trouve que le résumé de l’éditeur en dit trop long sur l’action de ce livre, je te propose donc une version moins spoilante. Hélène et Laurent sont strasbourgeois. Elle est professeur de français et lui artiste à la renommée montante. Lorsqu’ils apprennent qu’Hélène est enfin enceinte, de jumeaux en plus, ils sont au comble du bonheur. Mais voilà, Laurent a des soucis de santé. Son frère, Jeffrey, un brillant neurochirurgien plein d’ambition, lui diagnostique une grave tumeur au cerveau. Il procèdera à l’intervention après l’accouchement d’Hélène qui hélas va perdre l’un des bébés. Mais voilà, cette opération ne donnera pas les résultats escomptés…

J’ai beaucoup aimé ces personnages. Ils sont très attachants. Il y a Hélène, Laurent et Jeffrey. Il y a aussi Rose, la mère de Laurent et Jeffrey, acariâtre, castratrice, imbuvable. Il y a  Françoise, la meilleure amie d’Hélène, prof de sciences, survoltée et nymphomane. Et les parents d’Hélène, Marthe et Louis, grands-parents gâteaux, d’une extrême bienveillance.

Acheté pour un roman à suspens, je me suis longtemps demandé où était le côté « thriller » de l’histoire et où donc tout ça pouvait bien nous mener. On devine que bien sur il y a anguille sous roche et que toute cette progression doit mener à un chamboulement. Finalement, on en trouvera évidemment l’explication à la fin. La partie médicale et scientifique est bien amenée, sans pour autant prendre trop de place tout au long du récit. Des questions intéressantes, éthiques, soulevées  bien à propos. Un sujet grave, très délicat et périlleux,  mais traité avec acuité et perspicacité.

Même si les personnages annexes sont un brin caricaturaux, ils sont touchants dans leur tendresse ou leurs faiblesses. L’écriture est fluide et agréable. Et même si on devine rapidement certains éléments probants du récit, ce roman reste une lecture plaisante.

 


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