Archives de Tag: Société

2019/50: Du sang sur le pavé, Sylvain PAVLOWSKI

Paris, mai 1968. La grogne sociale se transforme en véritable affrontement entre étudiants et forces de l’ordre. La grève générale s’installe dans le pays, faisant vaciller le pouvoir en place. Partout, des barricades brûlent, et avec elles, c’est toute la société qui se consume. C’est dans ce climat explosif que Paul et Alice se rencontrent. Deux jeunes étudiants qui vont prendre conscience qu’il est possible de rêver une société nouvelle et découvrir l’amour.

Pour le commissaire Durieux, de la Crim’, le contexte n’est pas simple, alors qu’on lui confie une sordide affaire d’homicide dans un hôtel de luxe. Mais pourquoi irait-on assassiner un metteur en scène dans sa chambre et lui transpercer le cœur après l’avoir égorgé ?

Sur fond de révolution et dans un Paris des années soixante, « Du sang sur le pavé » est une histoire qui sent bon le formica, le petit salé, les 404, le métro et ses poinçonneurs. Un roman qui est tout autant une enquête de police qu’une grille de lecture des évènements de mai 68.

Sortie le 11 novembre 2019

13 mai 1968, au matin. Le commissaire Francis Durieux doit mener l’interrogatoire d’un écrivain lauréat du Goncourt, Romain Delcourt, suspecté du meurtre de deux de ses amis. En effet, il était présent sur les lieux du premier crime et n’a aucun alibi pour le second.

Delcourt crie son innocence et va alors lui raconter une histoire ubuesque.

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2019/41: Les oubliés, Malik AGAGNA

En enquêtant sur la disparition d’un rocker sur le retour, un ancien flic, viré du S R P J de Strasbourg pour une bavure monumentale, découvre que de nombreux marginaux disparaissent sans laisser de traces

Pister l’ancien chanteur va l’amener à croiser une cohorte de personnages pour le moins saisissante  : fonctionnaires véreux, migrants apeurés, adolescents déboussolés, musiciens de seconde zone, criminels en mal de rédemption

Quand il avait 23 ans, Serge Peterson était un flic fougueux. Un peu trop, peut-être… Suite à une énorme bavure, il est viré.

Aujourd’hui, Serge a 49 ans. Il fréquente depuis un certain temps Maryse, maman de Jennifer, 18 ans. Le temps où il se prenait pour un cow-boy est loin. Son quotidien est calme et bien rodé. Il travaille en intérim comme soudeur et, quand il est chez lui, il partage son temps entre son voisin et ami Henri, 70 ans, et Maryse.

Mais voilà que le père du petit copain de Jenny a disparu deux mois plus tôt. Ce qui n’émeut pas grand monde. A qui donc va-t-on demander de l’aide, hein? 

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Pour aller plus loin: La marche pour l’égalité des droits et contre le racisme, dite « Marche des Beurs », 15 octobre 1983.

 

Suite à la lecture de: Voyage intime au milieu de mémoires à vif, de Marie-Odile TERRENOIRE.

La Marche pour l’égalité des droits et contre le racisme, surnommée par les médias «Marche des Beurs», est une marche antiraciste qui a eu lieu en France du 15 octobre au 3 décembre 1983. Il s’agit de la première manifestation nationale du genre en France.

Durant l’été 1983, de rudes affrontements opposent policiers et jeunes dans le quartier des Minguettes, à Vénissieux (banlieue lyonnaise). Pendant les affrontements, Toumi Djaïdja, le jeune président de l’association « SOS Avenir Minguettes », est grièvement blessé par un policier et transporté d’urgence à l’hôpital.

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2019/10: Faites vos vœux!, Martine MAGNIN

Offrir ses vœux est au cœur de la tradition. L’auteur s’est interrogée sur les motivations et le sens caché sous nos mots et sur les vertus possibles des vœux que nous formulons tous et sur les bonnes résolutions que nous nous proposons de suivre. Elle a décidé de recueillir nos rêves et nos souhaits, et d’analyser les subtilités enfouies sous nos déclarations. Avec humour, ce texte dépeint notre société au travers de ces démarches traditionnelles. Ce texte repère nos travers et nos secrets et les décortique allègrement, mais il sait aussi nous émouvoir par des rêves aussi bouleversants qu’inattendus.

« Bonne année, bonne santé, tous mes vœux! » C’est ainsi que Martine est accueillie par sa pharmacienne. Et c’est ainsi que commence sa réflexion.

Là, en l’occurrence, elle en ressort l’hypocrisie et aussi la tradition de formuler ses vœux, à tout le monde sur le même ton. Alors, Martine s’est interrogée et il en ressort cet essai.

On y retrouve tout l’humour de Martine Magnin, sa fantaisie, sa douceur, sa bienveillance. En se penchant sur cette tradition, elle décortique les sous-entendus, les non-dits. Elle interroge sur la motivation de ces vœux, et aussi sur leur sens profond.

Quelle est la part de sincérité dans ces formules que nous échangeons chaque année? Quelle en est la part d’empathie, d’amitié, de « j’m’en foutisme », la part d’obligation, de convention? Martine a collecté des vœux, et aussi des bonnes résolutions. « Nous allons faire vivre nos mots pour que vivent nos rêves à n’en plus finir. » Vous vous retrouverez au détour de certains de ces vœux, que vous aussi, tout comme moi, avez exprimés.

Alors voilà, il y a là des pistes de réflexion, de l’humanité, des prises de position.

La gentillesse, la courtoisie, la bienveillance et l’empathie sont souvent malmenées par le cynisme général et l’actualité hostile. Passerait-on onze mois dans l’indifférence, l’amertume, l’ironie, la raillerie, et l’insulte du bout des lèvres, pour abandonner cette attitude peu amène juste pendant le mois de janvier?

Il y a là des espoirs, des désespoirs, des attentes déçues, des bouteilles à la mer, des mains tendues, … Un reflet de notre société, de ce qu’elle recèle encore de bonheurs et de bienfaits, mais aussi de ses coups de massue.

Merci Martine.


2018/67: Une vie au service de la police technique et scientifique, Patrick NAZET

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Passionnant ! On entre dans un monde dont le nom seul évoque quelque chose : police technique et scientifique. Avec le récit de son expérience, agrémentée de sa participation à des affaires célèbres, comme l’enquête sur la mort de Claude François, Mesrines, ou l’enlèvement du baron Empain on est au coeur de l’évolution du métier que Patrick Nazet a exercé pendant 32 années.

Quand on parle de police technique et scientifique, on a tous tout de suite en tête l’image d’une flopée de séries TV, à commencer par Les Experts… Eh bien sache que les enquêteurs français n’ont vraiment rien à envier aux Américains: voici exposée dans ce témoignage la réalité derrière la fiction.

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2016/44: Chanson douce, Leïla SLIMANI

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Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d’un cabinet d’avocats, le couple se met à la recherche d’une nounou. Après un casting sévère,  ils engagent Louise, qui conquiert très vite l’affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu’au drame. A travers la description précise du jeune couple et de celle du personnage fascinant et mystérieux de la nounou, c’est notre époque qui se révèle, avec sa conception de l’amour et de l’éducation, des rapports de domination et d’argent, des préjugés de classe ou de culture. Le style sec et tranchant de Leïla Slimani, où percent des éclats de poésie ténébreuse, instaure dès les premières pages un suspens envoûtant.

Tout d’abord, je remercie vivement Babelio et les Editions Gallimard de cette découverte.

Ce récit s’ouvre sur un drame. Le roman qui suit décrit les évènements, le quotidien qui va mener petit à petit à ce drame.

Myriam et Paul ont deux enfants, Mila et Adam. Myriam est mère au foyer, elle élève patiemment ses petits, mais dépérit dans ce rôle qui l’étouffe complètement. Quand Myriam retrouve un ancien camarade de fac qui lui propose un poste dans son cabinet, elle n’hésite pas une seconde. Elle saute sur l’occasion. Paul n’est tout d’abord pas très réceptif au besoin de sa femme de construire une carrière, mais finit par s’y faire. Ils vont donc se mettre à chercher une nounou.

C’est ainsi que Louise entre dans leur vie. Louise, la perle rare. Louise qui va très très vite devenir indispensable à leur stabilité. Le pilier de leur vie familiale parfaite. Louise, totalement disponible. Louise qui va faire bien plus que de gérer les enfants: ménage, petits plats, linge… La perfection faite femme. Petit à petit, Leïla Slimani va nous décrire ces personnages dans la profondeur. Nous allons totalement entrer dans la vie, le quotidien de ces gens. Jusqu’au drame par lequel commence ce roman.

Je n’en dirai pas plus sur la psychologie des personnages, sinon je vais trop vous en dévoiler. Et il n’en est pas question. Car il faut lire ce roman. C’est très fluide, ça se dévore. Il est juste impossible à lacher. Juste vous assistez ici à l’autopsie du drame d’ouverture, la lente montée de l’inéluctable tragédie, au travers d’une analyse discrète de notre société et de nos modes de vies codifiés. La détresse de certains, les ambitions des autres.

Un bon roman, une très belle découverte, une des perles de cette rentrée littéraire assurément. Il est évident que le premier roman de l’auteure, Dans le jardin de l’ogre, fera partie de mes prochains achats.

 


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