Archives de Tag: roman noir

2019/34: 33 récidives, Sylvain NAMUR

  • Auto-édition
  • ISBN: 978-2-9558-4098-6
  • Pour le commander: Amazon.

Il paraît qu’un tueur revient toujours sur les lieux de son crime. Et s’il voulait expier sa faute mais qu’il empirait la situation par maladresse? Pire, ceux qui se posent en défenseur du monde n’en sont-ils pas les oppresseurs? Lorsque la misère, la haine et la maladie ont été lâchées sur le pauvre monde, la pire des abominations ne serait-elle pas d’empêcher l’espoir de sortir de la boîte? Si dans le mythe, Pandore a pu libérer l’espoir, qu’en serait-il dans notre monde moderne?

Et si vous trouviez un remède à la mort? Une main tendue pourrait-elle vouloir vous étrangler? Et si un oiseau changeait votre vie? Et si vous inventiez Dieu? Et si le prochain arrêt de ce train était votre dernier? Ne sortez pas du chemin de ces fables et farces, vous pourriez vous y perdre…

Merci Sylvain de me renouveler ta confiance en me confiant ton petit dernier.

Voici donc 33 Récidives, le troisième tome de la trilogie de Sylvain Namur. Ce recueil de nouvelles vient clore la série après 39 heurts et J’avais pourtant prévenu.

Tu vas dire que je me répète, mais ce nouvel opus est dans la parfaite lignée des deux précédents. On est à nouveau en présence d’un recueil noir, des nouvelles qui toutes interrogent, des tranches de vie où tout est question de perception.

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2019/29: Juges et coupables, Guillaume HERAMBOURG

  • Auto-édition
  • ISBN: 978-1719851069
  • 271 pages
  • Pour le commander: Amazon.

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Juges et Coupables, entre thriller psychologique et roman philosophique, un surprenant récit social, initiatique et métaphysique qui interrogera vos sens les plus profonds. Une écriture originale pour une intrigue puissante et percutante comme coupée au rasoir. Elle commence dans les profondeurs et les ténèbres abyssales où règnent l’incertitude, l’enfermement et l’obscurité la plus totale vers une lente montée au ciel et à la lumière. L’itinéraire littéraire de l’âme perdue d’un jeune délinquant nommé Luce au cœur d’une folie furieuse et meurtrière en suivant de noirs désirs…Autour de cet être humain en chemin vers sa destinée, et de son monde, deux nuances : d’un côté, le journal intime de Lucia, lecture inspirante d’une expérience intérieure telle la lune dans la nuit noire. Ses pensées sauvages, sa poésie, son « savoir aimer », ses méditations sur la vie. Une volonté de pleine conscience, de sagesse, d’être libre. Force mentale bienveillante et humaniste. Mais qui est Lucia ? Et de l’autre, derrière la lumière, comme une ombre, une force brute, les paroles amères d’une sombre résurgence trouble et manipulatrice, celles de Jack. Qui est Jack ? Une histoire contemporaine, romanesque et humaniste. Un livre écrit à cœur ouvert… Jugé coupable.

Tout d’abord, je remercie La Voie de Calliopé, Conseil littéraire bénévole, et l’auteur de l’envoi de ce service presse. Merci de votre confiance renouvelée.

Difficile de définir cet ouvrage. Pas un thriller à mon sens. Un roman noir, très sombre. Psychologique, assurément. Mais aussi tellement plus que cela. Un ovni… Voilà: ce roman est un ovni. Enfin un olni, devrais-je dire.

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2019/09: Cannibales, Régis JAUFFRET

  • Editons Seuil
  • EAN: 9782021309959
  • 192 pages
  • Pour commander: un clic ici.

Noémie est une artiste peintre de vingt-quatre ans. Elle vient de rompre avec Geoffrey, un architecte de près de trente ans son aîné avec qui elle a eu une liaison de quelques mois. Le roman débute par un courrier d’elle adressé à la mère de cet homme pour s’excuser d’avoir rompu. Un courrier postal plutôt qu’un courrier numérique qu’elle craindrait de voir piraté. Une correspondance se développe entre les deux femmes qui finissent par nouer des liens diaboliques et projeter de dévorer Geoffrey.

Les deux femmes sont des amoureuses passionnées. La vieille dame a donné à son fils le prénom du seul homme qu’elle ait jamais aimé, mort accidentellement avant son mariage. Noémie est une « collectionneuse d’histoires d’amour », toujours à la recherche de l’idéal tandis que Geoffrey s’efforce sans succès d’oublier cette amante qu’il a adorée. Un sauvage roman d’amour.

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2018/39: En douce, Marin LEDUN

9782290152829

Sud de la France. Un homme est enfermé dans un hangar isolé. Après l’avoir séduit, sa geôlière, Emilie, lui tire une balle à bout portant. Il peut hurler, elle vit seule dans son chenil, au milieu de nulle part. Elle lui apprend que, cinq ans plus tôt, alors jeune infirmière, elle a été victime d’un chauffard. L’accident lui a coûté une jambe. Le destin s’acharne. La colère d’Emilie devient aussi puissante que sa soif de vengeance. En douce est un roman dévastateur, où l’injustice se heurte à la force de vie d’une héroïne lumineuse.

Emilie est victime d’un accident de la route. Elle y survit mais perd une jambe. Elle devient dépressive et perd tout petit à petit: son travail, ses amis et relations dont elle s’éloigne, sa vie… Elle trouve un emploi dans un chenil de la région. Bientôt, elle s’y installe, dans un vieux mobil-home. Là, elle rumine: tout ce qu’elle a perdu, les échecs successifs, les espoirs évanouis, et la haine… La soif de vengeance…

Alors elle se lance à la recherche du chauffard qui lui a tout pris. Et elle finit par le retrouver. Simon Diez. Elle l’observe longtemps, le séduit, l’emmène au chenil. Là, elle lui tire une balle dans la cuisse et le séquestre.

Le récit alterne les scènes du présent (la rage d’Emilie, le calvaire de Simon) et des scènes du passé d’Emilie qui nous éclairent sur son histoire et sa descente aux enfers. La montée de la colère d’Emilie, à mesure qu’elle pers sa confiance en elle, son estime d’elle-même. La descente inouïe et spectaculaire dans l’abîme que devient sa vie. La vitesse à laquelle elle devient une marginale.

Les personnages sont complexes, surtout Emilie qui est un flot de contradictions. Ce thriller dépeint une histoire sociale sombre: la marginalisation, la détresse sociale et affective, le poids du handicap. Un portrait sans concession d’une société trop égoïste, de deux personnages subissant leur vie.

Un très bon thriller, très efficace.


2017/71: La nuit n’est jamais complète, Niko TACKIAN

La route à perte de vue au milieu d’un désert de rocaille. Arielle et Jimmy parcourent le bitume au volant de leur vieille Ford. Mais quand le père et la fille tombent sur un barrage de police et sont obligés de passer la nuit sur place, tout dérape… Ils se réveillent seuls, abandonnés, naufragés de l’asphalte. A quelques kilomètres de là, deux immenses tours métalliques se dressent, cadavres rongés par la rouille et le temps. Quelques maisons en tôle froissée se serrent pour se protéger du vent. Cette ancienne mine sera leur refuge. Ou leur pire cauchemar… Mais ce voyage au cœur des ténèbres est-il vraiment un hasard?

Alors voilà: Jimmy et sa fille Arielle se retrouvent bloqués au milieu de nulle part par un barrage routier, sous prétexte que la route au-delà s’est effondrée, avec trois autres conducteurs naufragés comme eux: Juan, Florencio et Victor. Ils n’ont d’autre choix que de passer la nuit dans leurs voitures. Quand au matin, ils finissent par se réveiller, ils découvrent que le policier a disparu et que les batteries des véhicules sont toutes à plat. Impossible donc de faire demi-tour et de retraverser cette étendue désertique. Ils trouvent donc refuge à quelques kilomètres de là, dans une mine en apparence désaffectée. Le début du cauchemar.

Un roman noir plus qu’un thriller à mon sens, mais parfaitement maîtrisé. Même peut être un peu trop court… J’étais plongée dans ce récit et je n’avais pas du tout envie d’en sortir. D’autant que j’avais des scenarii plein la tête… C’est un récit oppressant, stressant. Nico Tackian jongle avec talent entre la rationnel et l’irrationnel. Le doute est omniprésent tout au long du roman. Je me suis même demandée un moment s’il ne s’agissait pas finalement d’un récit fantastique.

Nous assistons au lent dépérissement des protagonistes, à leur étiolement, l’épuisement qui gagne, l’abattement, jusqu’à la cachexie. Un état de langueur qui se mue petit à petit en tension de plus en plus palpable au fil des pages, au fur et à mesure que les personnages prennent la mesure de leur situation. Désespérée, la situation.

Bref, un très bon roman, avec un final auquel je ne m’attendais pas du tout.

Une vraie découverte, qui m’a en quelque sorte fait penser à une version noire et un peu destroy de l’Ecume des jours.


2017/70: Après la chute, Dennis LEHANE

Journaliste en pleine ascension, Rachel Childs s’effondre en direct devant des millions de téléspectateurs. C’est le début de la chute. En peu de temps, elle perd tout: son emploi, son conjoint, sa vie idéale. En fait, peut être pas si idéale que cela. Rachel avait une mère manipulatrice, quant à son père, elle ne l’a jamais connu. C’est en cherchant à en savoir plus sur ses origines qu’elle croise la route de Brian Delacroix. Un homme qui va tout faire basculer…

Tout d’abord, merci à Babelio et aux Editions Rivages pour cette découverte. Car si j’ai eu l’occasion d’apprécier certaines adaptations de ses romans, je n’avais encore jamais lu cet auteur. Voilà qui est chose faite.

Ce roman noir est double. Les deux premières parties s’attachent au vécu de Rachel. Sa vie, sa chute, sa dégringolade. Ces deux parties sont centrées sur sa recherche d’identité, son manquer du père, son enfance difficile auprès d’une mère castratrice. Elle se construit malgré ces manques de repères, devient journaliste, grimpe les échelons jusqu’à être envoyée couvrir la catastrophe qui ravagea Haïti. Là, elle perd pied. Elle fait une crise de panique en direct qui va faire basculer sa vie. Elle perd son assurance et le peu de marques qu’elle avait réussi à entretenir. Les années passant elle perd tout et se cloître chez elle. Mais Brian va l’aider.

La troisième partie tient plus du thriller, tourne autour du secret de Brian et de Caleb.

Autant les deux premières parties sont plutôt lentes, puisqu’on y suit chaque étape de la vie de Rachel, puis chaque étape de son effondrement et de son isolement, autant le rythme de la troisième partie s’accélère d’un coup. L’action explose, jusqu’au final qui m’a laissée sur ma faim. Peut être y a-t-il une suite en prévision…

J’avoue au fil de ma lecture m’être demandé où cela allait me mener et où l’auteur voulait en venir. Je ne voyais pas l’évolution envisagée. Et puis arrivent les premiers rebondissements et tout s’enchaîne.

Un bon roman, arrivé au courrier le vendredi, j’ai tourné la dernière page le dimanche après-midi. Une lecture fluide et agréable. Plutôt une bonne surprise.

Sortie prévue le 4/10/2017.

 

 


2017/38: Les visages écrasés (Carole Matthieu), Marin LEDUN

Objectifs inatteignables, management à la menace, restructurations et mises au placard… Personne ne connaît ça mieux que moi. Vincent Fournier, salarié d’un centre d’appels au bout du rouleau, m’a tout raconté avant que je mette fin à ses souffrances. Définitivement. C’est mon boulot, je suis médecin du travail. Ecouter, soigner. Avec le traitement approprié, quel qu’il soit.

Un roman fort, totalement dans l’air du temps.

Carole Matthieu va « aider » Vincent Fournier. Elle travaille dans la même structure que lui, côtoie les mêmes personnes, est confrontée aux mêmes problématiques et subit aussi des pressions similaires de la part de la hiérarchie. Seulement Carole, elle, en tant que médecin du travail, doit avoir un certain recul face aux salariés de cette entreprise, qu’elle aide comme elle le peut, qu’elle soutient. Mais voilà, peu à peu, soumise aussi au stress et à la tension, constants, elle perd cette distance qu’elle se devrait de conserver vis à vis de ses patients.

Et elle craque.

Un sujet très délicat, parfaitement mené et maîtrisé. Un parfait écho à notre société, où la rentabilité est devenue essentielle. Quitte à écraser le salarié. Beaucoup de détresse dans ce roman, donc. Beaucoup de désespoir, d’angoisse. Souffrance physique et psychologique, anxiété, dépression, impuissance… On suffoque, et on suit Carole dans ce gouffre qui s’ouvre devant elle. Et on coule à pic avec elle.

Une écriture forte, on y est, vraiment. Une découverte, il est évident que cet auteur apparaitra à nouveau dans mes prochaines lectures.

 

 


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