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2016/31: Dans la chaleur de l’été, Vanessa LAFAYE

9782714459381

Depuis le départ de Henry en 1917 pour les tranchées françaises, Missy Douglas n’a jamais cessé de penser à lui. Dix-huit ans plus tard, après avoir survécu à l’enfer et erré en Europe, Henry est de retour à Heron Key. Mais si l’homme n’a plus rien du garçon désinvolte de l’époque, la ville, elle, n’a pas changé: les Noirs subissent une ségrégation d’une violence inouïe. Parqués dans un camp insalubre, Henry et ses camarades vétérans cristallisent les plus grandes craintes et les plus folles rumeurs. La tension monte encore d’un cran lors des célébrations du 4 juillet. Là, sur une plage où Noirs et Blancs sont dûment séparés, les festivités vont bientôt prendre une tournure tragique: la femme d’un notable blanc vient d’être victime d’une attaque sauvage. Un nom est sur toutes les lèvres: Henry. C’est alors qu’éclate le plus terrible des ouragans. Dans une ville en plein chaos, Missy va tout tenter pour retrouver l’homme qu’elle aime.

Tout d’abord, je remercie vivement Masse Critique et les Editions Belfond pour cette découverte.

Car voici un très bon premier roman.

1935, Floride. Henry est parqué depuis plusieurs mois avec nombre d’autres vétérans dans un camp insalubre pour travailler à la construction d’un pont dont tout le monde se moque. Des conditions impossibles (insalubrité, forte chaleur et forte humidité, tensions permanentes) pour gagner quelques sous afin de palier à la prime promise par l’Etat aux vétérans et jamais versée. Henry vient de retrouver sa sœur, Selma, et Missy, dont il s’occupait avant de partir à la guerre. Missy a grandit, elle travaille pour un couple de Blanc dont elle est la bonne et la nourrice. Mais Missy n’a pas oublié Henry. La ségrégation est à son apogée et le KKK sévit tout près. Pour le 4 juillet, les deux communautés, Blancs et Noirs, partageront une plage soigneusement délimitée. C’est lors de cette soirée que tout bascule. Une Blanche va être sauvagement agressée. Le coupable ne peut être qu’un des vétérans que l’on redoute tant, et très certainement Henry, que la femme a obligé à danser pendant la soirée pour se venger des écarts de son mari. Et c’est sur cette ambiance très lourde qu’éclate le plus violent ouragan que la région ait connu.

Le style est fluide, cela se lit très bien et très vite. Difficile à lâcher. Pour ma part, j’ai croché dès les premières lignes. On est tout de suite mis dans le bain. L’ambiance oppressante de l’époque est très bien retranscrite, et la ségrégation sévit avec force. L’atmosphère est pesante, suffocante. Le climat est étouffant, s’ajoutant à l’accablement général. Henry est bien sur le coupable tout désigné, vétéran et noir; il est le parfait responsable qui arrange tout le monde. Sauf que. Et là-dessus éclate ce terrible ouragan qui ne laissera pas Heron Key saint et sauf, tu t’en doutes bien… Chacun devra lutter pour sa survie.

C’est très bien raconté, c’est palpitant, j’ai été totalement convaincue par le récit. Récit qui, bien qu’étant un roman et donc une fiction, comporte un nombre certain d’évènements réels: les camps de vétérans, la construction du pont, les tensions et démêlées rencontrées avec l’Etat, les épisodes ségrégationnistes, l’ouragan. Tout cela est expliqué en toute fin de livre, avec quelques références littéraires supplémentaires pour approfondir les différents sujets.

Une très bonne découverte.

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