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2017/77: Max, Michel QUINT

Leur rencontre a lieu à Lyon, en janvier 1943, dans un café proche des berges du Rhône. Agathe est étudiante en histoire et l’homme à l’écharpe se fait appeler Jacques Martel, marchand de tableaux niçois. La jeune fille ignore que, depuis que de Gaulle l’a chargé d’unifier la Résistance, il est aussi Max, chef désigné de l’Armée des ombres. Lui ne sait pas qu’il ne lui reste que six mois à vivre. Qui, de Max ou de Martel, est tombé amoureux d’elle? L’heure est à la violence, à la terreur, à l’héroïsme. La figure de Jean Moulin se profile sur cette guerre secrète qui fera de lui une légende…

Voici une histoire de la Résistance et de l’un de ses plus illustres représentants.

D’un côté, Agathe représente tous ces petits gestes faits par une multitude de personnes qui ont contribué à changer le cours des choses et qui ont construit la Résistance.

De l’autre Max nous éclaire sur la gestion des réseaux de résistance, l’organisation au niveau national des actions à mener et des troupes à diriger.

Michel Quint nous livre une fresque romanesque des derniers mois de Jean Moulin, ses combats, son œuvre. Le personnage d’Agathe met en exergue celui de Max, son caractère, ce qui le soucie. Même si la relation que Max entretient avec Agathe semble plus qu’improbable, elle rend cet éminent personnage plus humain et plus accessible.

Intéressant.

 


Max, Sarah COHEN-SCALI

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« 19 avril 1936. Bientôt minuit. Je vais naître dans une minute exactement. Je vais voir le jour le 20 avril. Date anniversaire de notre Führer. Je serai ainsi béni des dieux germaniques et l’on verra en moi le premier-né de la race suprême. La race aryenne. Celle qui désormais régnera sur le monde. Je suis l’enfant du futur. Conçu sans amour. Sans Dieu. Sans Loi. Sans rien d’autre que la force et la rage. Je mordrai au lieu de téter. Je hurlerai au lieu de gazouiller. Je haïrai au lieu d’aimer. Heil Hitler! »

Max est le prototype parfait du programme « Lebensborn » initié par Himmler. Des femmes sélectionnées par les nazis mettent au monde des purs représentants de la race aryenne, jeunesse idéale destinée à régénérer l’Allemagne puis l’Europe occupée par le Reich. Une fable historique fascinante et dérangeante qu’on ne peut pas lâcher. Une lecture choc, remarquablement documentée, dont on ne sort pas indemne.

Nous voici plongés en plein programme Lebensborn, ces maternités d’un genre inédit, par lesquelles les nazis ont voulu créer la parfaite race aryenne. Des femmes enceintes de soldats allemands venaient y accoucher (après une sévère sélection raciale) et devaient y laisser leur nouveau-né, contribution exigée à l’édification de la grande Allemagne. 20 000 enfants « parfaits » y ont vu le jour pour ensuite être adoptés par de parfaites familles nazies (pour les plus chanceux) ou y ont été conditionnés (après kidnapping). 

Max est le premier parfait aryen né au lebensborn. Né le même jour qu’Hitler. Selon Max, son père est Hitler, sa mère est l’Allemagne. Max ne pleure pas. Max est résistant. Mais Max finira par dévier du « droit chemin ».

C’est un récit prenant, difficile et effectivement dérangeant. Mais difficile à lâcher.

 


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