Archives de Tag: Martine Magnin

2019/48: Bien mal acquis, Martine MAGNIN

  • Editions La Nouvelle Plume
  • ISBN: 978-2380950014

« Puisque vous êtes en train de visionner cette cassette, c’est que je suis déjà mort et que, à tort ou à raison, vous avez trouvé la caisse. Après avoir entendu ce que je vais vous dire, ce sera à vous de prendre des décisions en connaissance de cause. Quoi qu’il en soit, bon courage à vous. »

C’est par ces mots que s’ouvre Bien mal acquis… le nouveau roman de Martine Magnin. D’emblée, on a l’impression qu’on va avoir affaire à un polar, mais même si un fait divers est à l’origine de tout ce qui va se dérouler dans ce roman, l’affaire strictement policière passe rapidement au second plan. Dans ce roman choral, quatre personnages nous racontent à tour de rôle leur histoire en lien avec ce drame.- Régis, le garagiste, la conscience perturbée par la découverte de ce magot et de la cassette. – Hortense, belle-sœur de Raymond, le garagiste décédé, naïve et généreuse. – Henri, le mari d’Hortense, trop souvent absent. – Monsieur Fernand, assureur à la retraite tracassé par son dernier dossier, qui fait des Haïkus. On est dans le sud de la France dans le Gard, en Camargue où nous allons suivre ces personnages qui se débattent avec leur quotidien bouleversé. Heureusement, il y a le soleil, les senteurs, l’amitié. Bien mal acquis… est un roman puzzle, dans lequel les pièces s’imbriquent petit à petit. Un roman qui montre que tout le monde peut déraper mais que l’essentiel est d’éviter la sortie de route. Ce livre généreux plein de sensibilité, de suspense et d’humour se déguste avec un grand plaisir.

Au départ, il y a Raymond, le garagiste. Son épouse Mathilde est décédée 6 mois plus tôt fauchée par un chauffard. Ensuite, c’est le chien qui est tué. Enfin, Raymond disparaît dans l’incendie de son garage… Leurs deux filles sont confiées à la soeur jumelle de Mathilde, Hortense? et son mari Henri.

Lire la suite

2019/25: Le confort de l’autruche, Martine MAGNIN

 

A paraître le 3 Juin 2019

 

« Tu sais, Jenny, derrière ces murs, on enferme les petites filles qui parlent trop. »

Petite fille docile et sensible, Jenny passe les sept premières années de sa vie dans le mensonge et la douleur. Elle survit, et raconte avec courage et détermination la maltraitance sexuelle et le déni familial. Le ton, sobre et pudique, est celui d’une violence rentrée et maîtrisée sous forme d’interrogations quant au rôle d’une mère.

Plutôt que de se concentrer sur les agissements du prédateur et d’accuser, « Le confort de l’autruche » dénonce avant tout le comportement des proches, mère et grand-mère, engluées dans leurs mensonges, leur passivité et leur confort organisé. Toute la particularité de ce texte se situe dans l’évocation d’une tacite malfaisance familiale et affective.

Si tu me lis régulièrement, tu sais déjà qu’à force d’enchaîner ses livres, tous différents mais tous empreints de sa très fine sensibilité, Martine Magnin est devenue une copine.

Aussi m’a-t-elle confiée son dernier ouvrage qui paraîtra lundi prochain.

Et vois-tu, tu vas très étonné, il s’agit encore une fois d’un très beau récit, un roman témoignage, un roman dur et fort, un roman coup de poing.

Jenny est une petite fille comme toutes les autres, qui vit ses premières années dans la joie et l’allégresse des années d’après-guerre, dans un Montmartre encore rustique, joyeux et insouciant. Elle y occupe un petit appartement, très chiche, avec sa mère et sa grand-mère.

Mais voilà, le bonheur ne va pas durer. Sa mère rencontre M, l’homme de sa vie… Le cauchemar de Jenny. Et la vie bascule.

Lire la suite


2019/24: Le baiser de Gustav, Martine MAGNIN

Je suis envahie d’une froideur bizarre, je frissonne. Je suis transie et molle. À coup sûr, je suis seule et dans des ténèbres hostiles. Le silence… si ce n’est cette machine insolite qui grogne et halète tout près de moi. Aucun souvenir. Des bruits de pas. Une voix féminine : Bonjour, Lucie, comment vas-tu aujourd’hui ? Je veux répondre, mais j’en suis incapable. Aucune logique pour expliquer cet état, mon état. Suis-je morte ? Aveugle ? Paralysée ? Immobilisée ? J’essaie pourtant de me concentrer, de bouger ne serait-ce que ma langue, mais rien ne suit ma pensée. Je n’ai plus de bouche…

Afin de nous interpeller sur les thèmes de la filiation, de la résilience, de l’érotisme et de la renaissance, l’auteure nous présente une victime d’attentat, plongée dans le coma, dont l’esprit chemine entre une douloureuse réalité et les portes de l’au-delà où elle trouve réconfort et espoir.

Martine Magnin, quand elle publie un nouveau roman, elle n’est jamais là où on l’attendrait. A chaque fois, elle me surprend.

Lire la suite

2019/10: Faites vos vœux!, Martine MAGNIN

Offrir ses vœux est au cœur de la tradition. L’auteur s’est interrogée sur les motivations et le sens caché sous nos mots et sur les vertus possibles des vœux que nous formulons tous et sur les bonnes résolutions que nous nous proposons de suivre. Elle a décidé de recueillir nos rêves et nos souhaits, et d’analyser les subtilités enfouies sous nos déclarations. Avec humour, ce texte dépeint notre société au travers de ces démarches traditionnelles. Ce texte repère nos travers et nos secrets et les décortique allègrement, mais il sait aussi nous émouvoir par des rêves aussi bouleversants qu’inattendus.

« Bonne année, bonne santé, tous mes vœux! » C’est ainsi que Martine est accueillie par sa pharmacienne. Et c’est ainsi que commence sa réflexion.

Là, en l’occurrence, elle en ressort l’hypocrisie et aussi la tradition de formuler ses vœux, à tout le monde sur le même ton. Alors, Martine s’est interrogée et il en ressort cet essai.

On y retrouve tout l’humour de Martine Magnin, sa fantaisie, sa douceur, sa bienveillance. En se penchant sur cette tradition, elle décortique les sous-entendus, les non-dits. Elle interroge sur la motivation de ces vœux, et aussi sur leur sens profond.

Quelle est la part de sincérité dans ces formules que nous échangeons chaque année? Quelle en est la part d’empathie, d’amitié, de « j’m’en foutisme », la part d’obligation, de convention? Martine a collecté des vœux, et aussi des bonnes résolutions. « Nous allons faire vivre nos mots pour que vivent nos rêves à n’en plus finir. » Vous vous retrouverez au détour de certains de ces vœux, que vous aussi, tout comme moi, avez exprimés.

Alors voilà, il y a là des pistes de réflexion, de l’humanité, des prises de position.

La gentillesse, la courtoisie, la bienveillance et l’empathie sont souvent malmenées par le cynisme général et l’actualité hostile. Passerait-on onze mois dans l’indifférence, l’amertume, l’ironie, la raillerie, et l’insulte du bout des lèvres, pour abandonner cette attitude peu amène juste pendant le mois de janvier?

Il y a là des espoirs, des désespoirs, des attentes déçues, des bouteilles à la mer, des mains tendues, … Un reflet de notre société, de ce qu’elle recèle encore de bonheurs et de bienfaits, mais aussi de ses coups de massue.

Merci Martine.


2018/75: 15 nuances de mères, Martine MAGNIN

41v5DEJ2BNL__SY346_

 

Le portrait idéal de la Mère, célébré chaque année au mois de mai, échappe parfois aux images oniriques. Mère rouge, mère trouble, mère de glace… Avec 15 nuances de mères, Martine Magnin, elle-même mère et grand-mère, décortique ici, via de courts récits, sans respect ni anesthésie, mais sans jugement ni accusation, les dérives et la grande imposture de certaines de nos mères, entre mission sacrée et démission totale, entre mères inutiles et mères nuisibles, entre fête des Mères et « défête ».
Tout est une question de nuances!
Après un utile rappel de l’historique de la fête des mères, découvrez les portraits de ces 15 femmes qui ne méritent pas toutes d’être fêtées…

Si tu viens de temps en temps ici, tu sais déjà que j’ai une tendresse particulière pour Martine Magnin. Tu sais déjà que j’affectionne son écriture fine et élégante.

Ce qui est bien avec Martine, c’est que chaque nouveau livre est une surprise. Toujours radicalement différent des précédents, même si on y retrouve toujours sa douceur et sa sensibilité. Cette fois-ci, Martine Magnin ne nous livre pas un roman mais un recueil de nouvelles, sur un sujet sensible: la maternité et l’instinct maternel, ou le non-instinct pour certaines. Peut-on qualifier de « mère » toutes les mères? Toutes méritent-elle d’être appelées « mères »? Toutes méritent-elles l’affection de leurs enfants?

Ici sont brossés quinze portraits. Dont certains sont corrosifs.

Mais attention, Martine livre ces portraits sans jamais en juger les acteurs ni se faire donneuse de leçon. Vous rencontrez ici des mères démissionnaires, rigides, intransigeantes, toxiques, absentes, négligentes, froides, addicts, dures, exigeantes, autoritaires, amères, désenchantées, égoïstes, trop parfaites, trop ci ou pas assez ça. Vous rencontrerez des mères omniprésentes,  étouffantes, envahissantes, fusionnelles, beaucoup trop ci et ça.

Mais vous rencontrerez aussi des enfants, dont certains parviennent à prendre le contrepied de leur génitrice, des enfants qui souffrent, des enfants qui se défendent comme ils peuvent.

Tu prendras certaines de ces nouvelles en pleine face. Tu y reconnaitras certainement des connaissances. La première nouvelle m’est arrivée comme un coup de poing. Alors j’ai refermé le livre. J’ai pris du temps avant de l’ouvrir à nouveau et d’en apprécier la saveur.

Merci Martine!

 

Pour commander, un clic ici.


2017/53: Dérapages, Martine MAGNIN

 

« Puisque vous êtes en train de visionner cette cassette, c’est que je suis déjà mort et que, à tort ou à raison, vous avez trouvé la caisse. Après avoir entendu ce que je vais dire, ce sera à vous de prendre des décisions en connaissance de cause. Quoi qu’il en soit, bon courage à vous. Je m’appelle Raymond, je suis garagiste et j’ai 46 ans. »

Régis: Pour le moment, je remets le fric où il était et je revisse la caisse à outil par dessus, la planque est bonne (…) Il faut que je réfléchisse et que je ne dépense aucun de ces billets. Ils sont peut-être marqués, comme on voit dans les films, ou même faux.

Fernand: J’ai réussi à ne pas le montrer, mais je suis très préoccupé par ce nouveau coup du sort et ces répétitions ne me plaisent pas. Je voulais juste jeter un oeil sur la maison du couple qui accueille les filles de Raymond Cornille, le garagiste, et je tombe sur un quartier en effervescence, des gyrophares, des gendarmes.

Martine Magnin, c’est à chaque fois des romans très différents mais tous ont en commun cette douceur et cette tendresse.

Au départ, il y a Raymond, le garagiste. Son épouse Mathilde est décédée 6 mois plus tôt fauchée par un chauffard. Ensuite, c’est le chien qui est tué. Enfin, Raymond disparaît dans l’incendie de son garage… Leurs deux filles sont confiées à la soeur jumelle de Mathilde, Hortense et son mari Henri. Et puis il y a Régis qui doit déménager et rachète les restes du garage pour y installer le sien. En nettoyant les décombres, Régis va découvrir un gros butin, ainsi qu’une cassette sur laquelle Raymond explique son histoire, une sorte de testament. Et puis, il y a Fernand, l’assureur de Raymond, aujourd’hui à la retraite, mais qui reste sur un goût d’inachevé dans ce dossier.

Ca commence comme un polar avant de prendre un tour plus romanesque et familial. Comme toujours, les personnages de Martine inspirent tendresse et attachement. C’est avec un grand plaisir que j’ai retrouvé son écriture fluide et sensible, vive et pétillante. Nous allons suivre chacun de ces personnages, ses doutes, ses envies, ses joies et ses déconvenues. A chacun son lien avec cette affaire et à chacun ses dérapages. A chacun ses attentes vis à vis d’une vie qui ne les a pas épargnés, mais ils s’accrochent et décrochent leur part de bonheur. A chacun aussi sa façon de débattre avec sa conscience.

Je remercie donc vivement Martine de m’avoir permis de découvrir ce nouveau roman, idéal pour vos vacances, plein des plaisirs du sud, de petits bonheurs et d’humour.


2016/66: Qu’importe le chemin, Martine MAGNIN

aa« Je l’ai fabriqué un jour de joie parfaite, il y a vingt-huit ans. Il pesait 3,250 kilos, il était tout doux et tout joli dans ses brassières en liberty. Aujourd’hui, les cellules de dégrisement ou d’isolement et les bureaux des commissariats  de plusieurs arrondissements nous sont devenus familiers, nous avons arpenté hébétés et vaincus quatre des plus grands hôpitaux de la capitale, un centre psychiatrique de banlieue, plus quelques cliniques privées. Nous avons également épuisé cinq médecins et usé trois psys pourtant résistants. Heureusement, une petite graine, puis une autre petite graine… Qu’importe le chemin, on récolte toujours ce que l’on s’aime! »

Le petit mot de l’éditeur: Ecrit avec émotion et humour, Qu’importe le chemin est le récit du long parcours d’une mère attentive, imparfaite et désemparée, et de son fils en dérive. C’est aussi l’histoire d’un amour improbable et bancal et l’espoir d’une récolte qui s’annonce généreuse.

Un grand merci à Martine Magnin et aux éditions L’Astre Bleu pour l’envoi de ce livre.

Tout commence au retour d’un voyage avec son père. Alex, 8 ans, convulse. Le diagnostique ne tarde pas à tomber: épilepsie. Les crises et les traitements vont s’enchainer pendant des années. Jusqu’à la rupture. Alex est devenu un jeune homme qui ne supporte plus sa vie. Dorénavant, c’est lui qui décidera. C’est le début de sa marginalisation.

Martine Magnin, sa mère, devra gérer comme elle le peut la descente aux enfers et le renoncement d’Alex, l’éducation de sa fille Lola, le travail, le quotidien… Un témoignage poignant, un débordement d’émotions mais toujours avec une pointe d’humour. De la poésie, du courage, des amitiés indéfectibles, de l’amour à foison, des larmes. Beaucoup.

Un style élégant, une plume fine et sensible, la justesse du ton et des mots. J’aime son écriture. J’ai partagé quelques heures durant son désarroi, sa douleur. Avec elle, je me suis noyée et j’ai cherché une goulée d’air salvatrice. Le témoignage déchirant, émouvant d’une maman perdue mais battante.

Et comme elle dit:

« Une petite graine, puis une autre petite graine… si la terre est bonne et si on l’arrose!

On récolte toujours ce que l’on S’AIME. »

 


%d blogueurs aiment cette page :