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2019/04: Quoi qu’il advienne, Marjorie LEVASSEUR

  • Auto-édition
  • Format Kindle ou broché (224 pages)
  • Pour le commander: Amazon

Attention: Ce roman ne peut se lire indépendamment de son tome 1, Quoi qu’il nous en coûte.

Cinq longues années. Une éternité pour Grégoire. Il a cessé depuis un moment de croire à l’impossible. Elles ne reviendraient pas. Nawel avait enterré leur brève histoire dans un lointain recoin du monde que personne ne viendrait plus explorer. C’est pourtant lorsqu’il s’apprête à tirer un trait définitif sur leur passé commun que celui-ci refait surface de la façon la plus inattendue qui soit. Mais en cinq ans, il s’est passé bien des choses et certaines d’entre elles ne présagent pas le meilleur…

A la fin du premier tome, Nawel et Lamia ont dû quitter précipitamment la France pour échapper à leur famille. Les deux sœurs ont trouvé refuge au Canada, auprès de la famille Beauchemin. Pour les lectrices de Marjorie, il y a là un joli clin d’œil à la trilogie précédente.

Mais voilà, cinq longues années ont passé. Si au début, elles ont donné des nouvelles à Grégoire, il y a longtemps qu’il n’a plus reçu le moindre signe de vie de leur part. Alors il finit par se faire une raison: Nawel a balayé leur amour naissant. Il prend donc la décision de tourner la page et d’enterrer son passé. Son frère a pris son envol et n’a plus autant besoin de lui. Alors Grégoire vend son cabinet médical et met aussi en vente la maison familiale qui regorge de trop de souvenirs… Mais il est loin d’imaginer les nouvelles qui vont lui tomber dessus…

J’ai eu plaisir à retrouver toute la bande: Nawel et Lamia, Grégoire et Romuald. Un plaisir tout aussi grand de retrouver la plume habile de Marjorie. Ce second tome tient les promesses du premier, même si je reste un petit peu sur ma faim: j’aurais bien aimé que soit un peu plus abordée la traque de ***** (biiiip, no spoil!).

Nous allons faire de nouvelles rencontres, certains personnages vont prendre plus d’ampleur. Lamia a muri, elle est plus réfléchie. Nawel est toujours aussi têtue… Pour chaque personnage, le lecteur est partagé, parce qu’on les aime bien, tous. On a envie de les secouer un peu et en même temps, on les comprend, et là ressort notre côté maternel: on a envie de les protéger et de les aider à atteindre leurs objectifs.

Comme toujours, Marjorie Levasseur met le doigt sur des problèmes de société douloureux. Et aussi sur la difficulté de se construire malgré les drames, sur notre capacité de résilience. Des introspections par lesquelles chacun se remet en question, s’interroge, envisage ses responsabilités.

Merci Marjorie, et merci à La Voie de Calliopé.

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2019/02: Quoi qu’il nous en coûte, Marjorie LEVASSEUR

Rien ne prédestinait Grégoire, fraîchement diplômé en médecine, à officier si tôt dans le Cabinet de son père… et surtout sans lui. Ayant perdu ses deux parents quelques mois plus tôt dans un accident de la route, le jeune homme se retrouve bien vite face à de nouvelles responsabilités en devenant tuteur légal de son frère aîné.

Le jour où il reçoit sa première patiente, une adolescente loin d’avoir la langue dans sa poche, ses premiers pas en tant que médecin généraliste d’une commune bourguignonne se font chaotiques, d’autant plus que la jeune fille, par ses propos, laisse planer un certain mystère sur l’aide providentielle que leur aurait fournie son père, à elle et à sa sœur, par le passé. Intrigué, Grégoire est bien décidé à démêler le faux du vrai, quelle qu’en soit l’issue…

Bon, je vais arrêter de dire que la romance, c’est absolument pas ma tasse de thé, mais que… Je ne le dirai plus. Il se trouve que je viens de terminer le petit dernier de Marjorie Levasseur. Enfin, petit dernier… Pas pour longtemps puisque sa suite sort le 2 février. Et une fois encore, je me suis complètement laissée emporter par la très belle, douce et subtile écriture de Marjorie. Quoique, à la réflexion, ce roman est tout autant de la littérature blanche que de la romance. C’est un mélange réussi des deux.

Ce roman, je l’ai lui aussi dévoré. C’est prenant, les personnages sont beaux.  On ne peut qu’avoir compassion et sympathie pour eux. La vie ne les a pas gâtés. Grégoire est issu d’un milieu cossu et n’a jamais manqué de rien. Mais voilà, ses parents sont décédés six mois plus tôt dans un accident de voiture, le laissant seul, désabusé et complètement perdu. Son diplôme fraîchement empoché, Grégoire s’est donc tout naturellement installé dans la maison familiale avec son frère aîné, Romuald, dont il est le tuteur, puisqu’il est trisomique, bien que parfaitement intégré.

 Grégoire a repris le cabinet médical de son père, un médecin très apprécié de ses patients. Autant dire que la pression est lourde sur les épaules de Grégoire en ce premier jour de travail. Premier rendez-vous. Une adolescente, rieuse et un rien provocante. Lamia. Qui vient se faire une idée du nouveau Docteur Martin. Elle va le laisser pantois et plein de questions, puisqu’elle sous-entend que le père de Grégoire était bien plus qu’un simple médecin de famille pour elle et sa sœur, et qu’il a beaucoup fait pour elles. Un homme de cœur, bon et désintéressé, impliqué et passionné. Un homme humain et humaniste.

Un récit poignant et délicat, qui pose un certain nombre de problèmes de société: misère sociale, homophobie, mariages arrangés, … Il y a de tout ça, mais pas que, et Marjorie a très bien su amener ces sujets sans tomber dans le voyeurisme ou dans les clichés. Si les quatre personnages principaux sont de belles personnes, d’autres protagonistes, eux, ont la propension inverse. Des caractères veules et très noirs.

Un très beau récit dont il me tarde de découvrir la suite, tant j’ai été prise par ce récit. Mais il va me falloir patienter jusqu’au 2 février, date de sortie de Quoi qu’il advienne… Moi j’appelle ça de la cruauté. Je dis ça, j’dis rien, hein…

Un grand merci à La Voie de Calliope et à Marjorie Levasseur de leur confiance renouvelée.


2018/21: Te revoir à Penn Avel, Marjorie LEVASSEUR

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Quatre années se sont écoulées depuis que Pauline, trente ans, est venue se terrer au Croisic dans la maison de sa grand-mère. Lors de son escapade annuelle à Nantes, elle fait la connaissance de Louis, un sans-abri septuagénaire qui la sauve in extremis d’un mauvais pas. Se sentant redevable, Pauline l’accueille dans cette grande maison. Louis est un homme mystérieux et méfiant, mais il accepte cette main tendue et se livre peu à peu à la jeune femme jusqu’à lui confier sa plus grande peine.
Pauline ne se doute pas un seul instant à quel point cet élan de générosité va changer sa vie…

Pauline est prise à partie par un groupe de jeunes gens, un soir, en traversant un parc à Nantes, où elle est venue passer son check-up annuel. Un sans-abri, Louis, va prendre sa défense et pour cela, il sera roué de coups. Transporté à l’hôpital, Pauline le suit. Et là, le personnel de l’hôpital ne lui laisse pas trop d’autre choix que de le prendre en charge: il va bien, bien que sonné, et il n’y a pas de place en foyer. Pauline, se sentant redevable, emmène donc le vieil homme chez elle, au Croisic. C’est le début d’une grande aventure…

Bon, cela reste beaucoup trop fleur bleue pour moi qui aime les récits de psychopathes. Cependant, on se plonge très vite dedans, et même si on se doute un peu de ce qui va suivre. C’est assez évident, mais c’est si joli et si bien écrit qu’on se laisse juste porter par ce récit doux et bienveillant.

Et puis cela se passe dans une région que je connais un peu et que j’adore: Batz, Guérande, Le Croisic, La Baule, … Il me reste à découvrir Nantes. Un joli roman, donc, une rencontre improbable mais hyper romantique, la naissance d’un amour sincère sur fond de détresse sociale et psychologique aussi un peu, puisque nos deux tourtereaux cachent chacun des blessures encore trop fraîches. Ils sont tous les deux à fleur de peau, tous les deux touchants et émouvants.

Merci au service presse La Voie de Calliopé et à Marjorie Levasseur pour ce bon moment de lecture.

 


2018/12: Une parenthèse dans ta vie, Marjorie LEVASSEUR

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Clémence, jeune aide-soignante aux Lilas, une maison de retraite située au coeur de la Nièvre, va faire la connaissance de Madeleine, une dame de 91 ans récemment arrivée… sur un malentendu. Cette dernière a eu bien des malheurs dans sa vie et n’aspire aujourd’hui qu’à retrouver son unique arrière-petit-fils qui vit à l’autre bout de la France et qui ignore tout de son existence. Clémence va prendre la décision d’aider Madeleine dans sa quête.
Elle, qui n’a jamais franchi les frontières de sa Bourgogne natale, va partir à la recherche de ce jeune homme dont l’attitude n’aura de cesse de la déstabiliser. Mais Clémence réalisera bien vite que sous son apparence désinvolte et sarcastique, celui-ci cache de profondes blessures…

Clémence va se prendre de sympathie pour Madeleine. Cette dernière, arrivée par erreur dans l’établissement qui emploie Clémence, désespère de retrouver son arrière-petit-fils, qui ne connaît pas son existence. En effet, fâchée depuis très longtemps avec sa fille unique, elle n’a pas connu la fille de celle-ci, Marie, la maman de Frédélian. Et Marie et sa mère étant décédées…

Il se trouve qu’il va y avoir du grabuge aux Lilas. Autant Clémence est aimée de tous, autant Isa est une garce malveillante. Isa va commettre une erreur. Clémence va en payer le prix. Alors, relevée de ses fonctions pour un temps, elle décide de mettre cette mise à pieds à profit pour tenter d’aider Madeleine et part à la recherche de Frédélian.

Tu me connais, les récits fleur bleue, la romance, tout ça, ce n’est pas ma tasse de thé… Moi qui raffole des romans sombres… Pourtant, j’ai lu ce roman-là d’une traite. C’est un récit riche en émotions, en empathie, en découvertes, en introspections, en premières fois… Les personnages sont touchants, à fleur de peau.

L’écriture est simple mais belle, fraîche et fine. Alors voilà, si tu aimes les belles histoires romantiques, les quêtes de soi, les imperfections de l’autre qui touchent ta sensibilité, la vie qui met des bâtons dans les roues mais qui finit par rendre à César…. Tu ne peux qu’aimer ce roman.

Merci Marjorie.


Interview #4: Marjorie LEVASSEUR

Coucou tous!

Aujourd’hui je suis heureuse de te faire découvrir, si tu ne la connais encore, Marjorie LEVASSEUR. J’espère que tu as lu ma chronique sur « Ces oiseaux qu’on met en cage », son troisième roman, un très beau roman. Dis bonjour!

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Bonjour Marjorie. Pour commencer, pouvez-vous vous présenter à vos  lecteurs ?

ML: Je suis Marjorie Levasseur, nivernaise. Auxiliaire de vie scolaire et auteur à temps partiel, et maman à plein temps…

Qu’est-ce qui vous a poussée à écrire?

ML : J’ai eu l’envie de coucher sur le papier (enfin sur l’écran de mon ordinateur en l’occurrence) toutes les idées que j’avais dans la tête et qu’il me démangeait de raconter. J’écris parce que cela me fait du bien, et parce qu’étant quelqu’un d’assez réservé, écrire est plus naturel et plus aisé pour moi. Dans mon ancienne profession d’aide-soignante, on me racontait beaucoup d’histoires, j’ai eu envie de raconter les miennes.

Quelles ont été vos sources d’inspiration pour la rédaction de « Ces oiseaux qu’on met en cage »?

ML : A la base, j’avais juste en tête le dénouement du premier chapitre, beaucoup de choses sont parties de là. J’ai abordé des thématiques qui me sont chères, comme la difficulté des rapports familiaux. J’ai également voulu traiter des violences conjugales et familiales parce que je pense qu’on en oublie beaucoup trop les victimes de nos jours. Sans vouloir être un porte-drapeau ou être moralisatrice, j’ai désiré en parler, mais il était important pour moi de ne pas tomber dans l’excès du roman sombre. J’ai essayé d’apporter des notes positives, d’espoir, de solidarité. Les liens intergénérationnels ont aussi toujours une place importante dans mes romans.

Vous y avez parfaitement réussi. J’ai vu que votre expérience d’aide-soignante avait largement nourri votre trilogie. Vos expériences professionnelles ont-elles contribué à vous insufflé ce nouveau récit?

ML : Pour tout ce qui était relatif aux rapports de Colette avec ses enfants, oui.

Où puisez-vous donc une telle force, tant d’empathie? Qu’est-ce qui alimente, si je puis dire cela ainsi, cette empathie indubitable pour vos personnages?

ML : Mes personnages font partie de moi. Ils sont nés de mon imagination et forcément, je m’y attache, tout comme je peux m’attacher aux gens dans la vie réelle. La vie n’a rien de facile dans la réalité, et j’aime écrire sur cette réalité. C’est de ça que je nourris mes histoires. On a tous des blessures qui nous ont fait évoluer, nous ont rendus plus forts et qui nous permettent également de comprendre celles des autres, sans les juger. J’avoue être quelqu’un d’hypersensible dans la vie et beaucoup de choses me touchent, parfois à l’extrême. Je suis un peu comme une éponge, mais le revers d’une éponge, c’est qu’on absorbe aussi bien le bon que le mauvais…

En effet oui… ? Et quelles ont été les influences littéraires qui vous ont aidée à construire votre style si fin et subtil? Quels sont vos auteurs fétiches?

ML : Sincèrement, je ne sais pas si mon style s’inspire de celui d’autres auteurs. J’écris des histoires de la façon, je crois, la plus simple possible, sans utiliser de mots tarabiscotés ou trop compliqués. J’écris les choses comme elles me viennent. Ce sont des tranches de vie, d’une vie dans laquelle n’importe qui pourrait se reconnaître. Alors bien sûr, il y a des auteurs que j’adore : Agnès Ledig, Virginie Grimaldi, Agnès Martin-Lugand, pour ne citer qu’elles. J’aime beaucoup les récits de femmes fortes ou qui le deviennent, j’aime voir l’évolution des personnages au fil d’un roman.

Et si vous étiez un personnage de roman justement, qui incarneriez-vous?

ML : Une femme simple qui ne demande rien de plus que vivre tranquille avec ses proches et à qui il arriverait toutes sortes de situations rocambolesques, car la vie est aussi faite d’imprévus. Vous vouliez peut-être le nom d’un personnage précis ? Je ne me retrouve pas forcément dans un personnage de roman particulier.

 

Avez-vous de nouveaux projets en cours ?

ML : Une autre tranche de vie qui se déroulera dans le pays nantais cette fois-ci. Je ne peux pas en dire plus si ce n’est qu’il devrait sortir en janvier ou février; tout dépendra du temps consacré à la relecture, à la bêta lecture et à la correction. La couverture est déjà presque terminée…

Avant de nous quitter, avez-vous un dernier message à adresser à vos lecteurs?

ML : Merci de lire et d’aimer mes histoires. J’aime écrire pour toucher les lecteurs, même si, comme chacun le sait, un auteur écrit avant tout pour lui-même. Alors j’espère continuer à le faire…

Et pour terminer, que lisez-vous en ce moment ?

ML : J’ai commencé La tresse, de Laetitia Colombani. Je lis beaucoup moins en ce moment, j’écris les derniers chapitres de mon roman en cours…

Merci beaucoup Marjorie de nous avoir accordé cet entretien. J’attends donc impatiemment le début d’année…

 


2017/109: Ces oiseaux qu’on met en cage, Marjorie LEVASSEUR

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SAMUEL, FABRICE, MANON, FRANCK, ANNE-LISE…
Vu de l’extérieur, leur vie semble parfaite, mais doit-on toujours se fier aux apparences ? Un jour arrive le geste de trop, l’événement qui fait dérailler la marche routinière du train de l’existence. Les masques tombent, le vernis craque. Au fil des rencontres, des tragédies, apparaît la nécessité pour ces jeunes gens et leur entourage d’évoluer, de retrouver une liberté perdue… D’ouvrir la cage, quel que soit le prix à payer.

Un roman coup de poing!

Fabrice, 21 ans, homosexuel rejeté par son père qui va faire de sa vie un enfer, se suicide dans le bureau de ce dernier. C’est Samuel, 25 ans, son frère, qui va le trouver. Et sa lettre d’adieu avec. Samuel va tourner le dos à sa famille, ne supportant pas la responsabilité de son père dans la perte de son frère. Il va trouver refuge chez Colette, 78 ans, qui souhaite offrir le gîte à un jeune pour contrer les velléités de ses enfants de la placer en maison de retraite afin de récupérer son appartement. Manon, 25 ans, collègue de Samuel, est une jeune femme brillante. Elle vit avec Franck, 32 ans, lieutenant à la Brigade de protection des mineurs. Manon a beau être une femme de caractère, quand elle rentre chez elle, elle ne fait pas le poids face à la colère et la rage que son compagnon abat sur elle. Et quelques autres que la vie n’a pas épargnés non plus.

Déjà, je dois avouer que le titre et la couverture m’ont franchement attirée. Qui sont je pense le parfait écho de cette histoire.

Marjorie Levasseur aborde ici des thèmes très durs: l’homophobie, le suicide, la culpabilité, la gestion du deuil, les violences conjugales, les violences psychologiques, les schémas relationnels bourreau/victime, les conflits dans les relations intergénérationnelles, … C’est un roman sombre, empli de drames. Les personnages sont parfaitement dépeints, on s’y attache immédiatement. Chacun souffre, chacun porte en lui un drame. Chacun se débat avec ses doutes, sa culpabilité, ses regrets, mais aussi ses espoirs. Pourtant ce roman n’est en rien mélodramatique. Bien au contraire.

C’est un roman prenant (impossible de le lâcher avant la fin), dans lequel la souffrance des personnages est palpable. Nous sommes face à une réalité crue, à ces violences ordinaires tellement courantes, parfaitement décrites. L’écriture est élégante, fine, touchante. Il y aurait tant à dire encore sur ce roman, mais j’en dévoilerais trop. Je vais donc m’arrêter là et t’enjoindre à le lire.

Un vrai coup de coeur. Un grand merci à Emma Freya d’avoir initié cette découverte.