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2016/58: Héloïse ouille!, Jean TEULE

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Ile de la Cité, 1118. Théologien et dialecticien acclamé, Abélard était promis, aux dires de tous, aux honneurs de Rome. Chargé par le chanoine Fulbert de veiller à l’éducation de sa nièce, la moins candide qu’il n’y paraît Héloïse, le sage professeur prendra ses devoirs plus qu’à cœur – à corps, et à cris. Au programme: foin de grammaire ni de latin! Rien de moins que l’amour, l’amour fol, absolu. Hors pair(e).

J’adore revoir mon Histoire avec Jean Teulé.

Abélard est né près de Nantes en 1079. Ce fut un philosophe, dialecticien et théologien chrétien, père de la scolastique et inventeur du concept du conceptualisme. Il pratique la logique et le doute méthodique. « En doutant, nous nous mettons en recherche, et en cherchant nous trouvons la vérité. » Il élabore des théories morales: droit d’intention, liberté d’opinion, enseignement libre. (Merci Wikipédia)

Je n’évoquerai pas plus sa passion avec Héloïse, non plus que sa vie désastreuse, les scandales, non plus que la vie d’Héloïse et ses sacrifices. Tout cela, tu le découvriras en lisant ce roman.

Sinon, pour le qualifier, eh bien les mots qui me viennent à l’esprit sont les suivants: grivois, licencieux, amoral (1118, hein), libidineux, lubrique, romanesque. Abélard et Héloïse sont l’image même de l’amour fou, dans ce qu’il peut avoir de plus insensé, irrationnel, dément même, sacrificiel, définitif, dramatique. C’est un amour extraordinaire, fabuleux, légendaire.

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Rainbow pour Rimbaud, Jean TEULE

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On n’est pas sérieux quand on a 36 ans, une queue-de-cheval rouge, une taille de géant et une armoire pour couche de prédilection. Comme d’autres connaissent toutes les paroles de leur chanteur préféré, Robert sait tout Rimbaud. Par coeur. Isabelle, standardiste à la SNCF, ne sait encore rien de Rimbaud, rien de l’amour, ni rien du monde. Un doux colosse nommé Robert, échappé de Charleville, les lui révèlera. Vagabonds célestes, amants absolus, ils laissent à jamais sur le sable et sur les âmes la trace de leur semelles de vent. Et leur odyssée sublime confirmera le mot du poète: Je est un autre… Je est Rimbaud.

Autant en général j’aime beaucoup Jean Teulé, là j’ai eu du mal à suivre l’histoire. J’ai eu une fâcheuse tendance à m’endormir dessus. L’histoire part à la dérive, et le lecteur avec. Je ne suis pas parvenue à intégrer les deux personnages, trop « barrés ». Je n’ai pas réussi à les suivre.

J’ai encore « Je, François villon » dans ma PAL, j’espère qu’il n’est pas sur le même modèle.

 


Fleur de tonnerre, Jean TEULE

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Ce fut une enfant adorable, une jeune fille charmante, une femme compatissante et dévouée. Elle a traversé la Bretagne de part en part tuant avec détermination tous ceux qui croisèrent son chemin: les hommes, les femmes, les vieillards, les enfants et même les nourrissons. Elle s’appelait Hélène Jégado, et le bourreau qui lui trancha la tête le 26 février 1852 sur la place du Champs-de-Mars de Rennes ne sut jamais qu’il venait d’exécuter la plus terrifiante meurtrière de tous les temps. Sous la plume de Jean Teulé, Hélène reprend vie et accomplit son destin, funeste et fascinant.

En Basse-Bretagne, à l’époque, on croit à l’Ankou, l’ouvrier de la mort. Il est armé d’une faux dont la lame est tournée vers l’extérieur. Il voyage sur une charrette tirée par deux chevaux, qui lui sert à transporter les âmes fauchées. Hélène est imprégnée dès son plus jeune âge des légendes bas-bretonnes et est convaincue qu’elle est l’incarnation de l’Ankou. D’ailleurs, elle entend le couic-couic de la charrette qui la suit, c’est dire…

Donc Hélène fait son office. Elle apprend vite à manier le poison. Elle commence à 8 ans, par sa mère et ne s’arrêtera que quelques décennies plus tard, du fait de son arrestation. Ses victimes sont si nombreuses qu’on ne les compte plus. Elle décimera toutes les personnes qui l’approcheront.

Je dois dire que des Teulé, celui-ci n’est pas le meilleur. Mais je ne connaissais pas l’histoire de la plus grande tueuse en série de France avant d’ouvrir ce livre. Ca ne casse pas des briques, mais ça se lit vite et Teulé reste un auteur que j’aime beaucoup. J’apprécie sa façon de relater des faits divers sordides à souhait.


Darling, Jean TEULE

 

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Elle voulait qu’on l’appelle « Darling ». Pour oublier les coups reçus depuis l’enfance, les rebuffades et les insultes, pour effacer les cicatrices et atténuer la morsure des cauchemards qui la hantent. Elle voulait que les autres entendent, au moins une fois dans leur existence, la voix de toutes les « Darling » du monde. Elle a rencontré Jean Teulé. Il l’a écoutée et lui a écrit ce roman. Un livre unique.

Teulé est un auteur que j’adore. Ce roman est le meilleur que j’ai lu jusque là. Impossible de le lâcher.

Teulé nous retranscrit la vie authentique de Darling, violente, glauque, misérable, pathétique, sordide, poignante, touchante. Une vie d’humiliations, rien ne lui aura été épargné.


Charly 9, Jean TEULE

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Charles IX fut de tous nos rois de France l’un des plus calamiteux. A 22 ans, pour faire plaisir à sa mère, il ordonna le massacre de la Saint-Barthélemy, qui épouvanta l’Europe entière. Abasourdi par l’énormité de son crime, il sombra dans la folie. Courant le lapin et le cerf dans les salles du Louvre, fabriquant de la fausse monnaie pour remplir les caisses désespérément vides du royaume, il accumula les initiatives désastreuses. Transpirant le sang par tous les pores de son pauvre corps décharné, Charles IX mourut à 23 ans, haï de tous. Pourtant, il avait un bon fond.

 

Le résumé dit tout. Jean Teulé montre la descente aux enfers de ce roi maudit, manipulé de tous, en particulier par sa mère, Catherine de Médicis. Il y a bien sur un net contraste entre le terrible sujet et le récit enjoué de Teulé. Mais c’est précisément ce style décalé qui va faire ressortir la fragilité du jeune roi incapable de s’opposer à sa mère.

Sinon, un livre intéressant, où l’on apprend un certain nombre de petites choses: Charles IX chassait dans le Louvre, était habile au tir à l’arbalète, à instauré le 1er janvier comme premier jour de l’année (au lieu du 1er avril). Savais-tu que si nombre de fleurs sont comestibles, le muguet, lui, est toxique (et même mortel si ingéré)?


Mangez-le si vous voulez, Jean TEULE

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Le mardi 16 août 1870, Alain de Monéys, jeune Périgourdin intelligent et aimable, sort du domicile de ses parents pour se rendre à la foire de Hautefaye, le village voisin. Il arrive à destination à 14 heures. Deux heures plus tard, la foule devenue folle l’aura lynché, torturé, brûlé vif et même mangé. Pourquoi une telle horreur est-elle possible? comment une foule paisible peut-elle être saisie en quelques minutes par une frénésie aussi barbare? Ce calvaire raconté étape par étape constitue l’une des anecdotes les plus honteuses de l’histoire du XIXème siècle en France.

 

« Hystérie collective, chemin de croix d’une victime et petite léçon de barbarie sont les ingrédients de ce livre qui ne laisse pas indifférent. » Le Point

Rien de plus à ajouter, tout est dit dans cette critique. Jean Teulé rend compte d’un fait divers terrible qui laisse le lecteur plutôt sonné par tant de barbarie. C’est le récit inouï de la mise à mort d’Alain, jeune homme pourtant apprécié de tous (qu’ils ont élu majoritairement peu de temps avant), qui a aidé la plupart d’entre eux à un moment ou un autre, et qui se démène pour le bien-être de la population de sa région. En deux heures, il passera de bon samaritain à ennemi public n°1, juste pour avoir voulu défendre son cousin. Que dit l’expression déjà? Sa bonté le perdra…