Archives de Tag: harcèlement scolaire

2018/58: Ashley Loyd, Matthieu ELHACOUMO

 

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AVERTISSEMENT : certains passages explicites peuvent heurter votre sensibilité et sont destinés à des lecteurs avisés. 

« Je m’appelle Ashley Lloyd, je suis morte il y a trois jours, je me suis suicidée après avoir subi de nombreuses intimidations, des insultes et après qu’un mec m’a brisé le cœur. »

Voici une nouvelle entre thriller ésotérique, science-fiction et horreur. Le récit est présenté comme un reportage, nous avançons dans l’histoire par une série de documents.

Le récit s’ouvre avec la lettre qu’Ashley Loyd a laissé à sa mère, dans laquelle est lui donne quelques explications. Tout commence par une déception amoureuse (un traquenard plutôt)  et un cas de harcèlement scolaire qui se termine par un drame, puisque Ashley finit par se suicider. Vont suivre des rapports psychiatriques et des documents confidentiels de l’enquête (entretiens divers, extraits de conversations sms entre Ashley et Shannon, procès verbaux et échanges mail des enquêteurs, …).

Ashley est une jeune fille fragile. Sa mère et elle ont quitté le Canada pour s’installer en Californie suite à des problèmes rencontrés dans son établissement scolaire. Elles changent de vie, mais hélas, pour Ashley, ce ne sera que le début de la dégringolade… Elle allait déjà mal avant son arrivée en Californie, ce déménagement ne fera qu’enfoncer le clou: crises d’angoisses, dépression, scarification, sociophobie, paraphilie, tentatives de suicide.

Ashley est trop naïve et manipulable. Elle est une marionnette entre les mains des autres lycéens qui s’en donnent à cœur joie. Mais suite à sa disparition, beaucoup de questions se posent, notamment quelle a pu être l’influence de cette nouvelle amie Shannon, dont on ne sait rien.

Je ne peux pas en dire plus sans spoiler le récit.

Donc, un bon récit, bien mené, un stress et une angoisse parfaitement maîtrisés. L’écriture est fluide, le scénario est bien construit, intelligemment dirigé. J’ai beaucoup aimé et ai lu ces quelques pages d’une traite. J’ai été happée par le drame d’Ashley. Je pense même que cette nouvelle pourrait être une très bonne base pour développer un roman.

 

 

 

 

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2018/54: Dans un battement d’ailes, Amélia VARIN

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« Le vent souffle, emportant les feuilles mortes. Posé sur le rebord de la fenêtre, l’oiseau prend son envol. J’aimerais tellement le suivre. Planer vers la liberté. »

Même lorsqu’on souffre, qu’on pense qu’il n’existe qu’une seule échappatoire, une petite lueur apparaît. Inattendue. Et doucement, le sourire revient. Tellement beau, tellement vrai. Et c’est en déployant ses ailes, que l’on s’envole vers de nouveaux horizons…

Je te parlais déjà il y a peu d’Amélia Varin à travers un recueil de nouvelles, Douloureuse souffrance. Ici, elle reprend le même thème si difficile du harcèlement scolaire, sous un angle un peu différent. Et cette fois-ci, le texte est une plus longue nouvelle.

Le style a évolué. Amélia Varin a mûri. Son écriture s’est développée, elle est plus fine et plus assurée. Ayant elle-même été victime de harcèlement durant ses années de lycée, elle partage là des émotions tangibles. Elle sait de quoi elle parle. Elle ne traite pas son sujet à la légère. C’est posé, réfléchi.

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Pour aller plus loin: le harcèlement scolaire

Suite à la lecture de Douloureuse souffrance, d’Amélia VARIN.

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Qu’est-ce que le harcèlement scolaire?

Le concept de harcèlement scolaire a été forgé au début des années 1970 par le psychologue Dan Olweus, à l’occasion d’études réalisées dans des établissements scolaires scandinaves, à l’issue desquelles il a établi trois caractères permettant de définir le harcèlement:

  • Le ou les agresseurs agissent dans une volonté délibérée de nuire (ce critère a toutefois été contesté, les enfants n’ayant pas nécessairement la même perception de l’intentionnalité que les adultes)
  • Les agressions sont répétées et s’inscrivent dans la durée
  • La relation entre l’agresseur ou les agresseurs et la victime est asymétrique. La victime n’est pas en situation de se défendre, puisque le harcèlement repose sur une situation de domination.

Si la violence physique constitue l’une des formes prises par le harcèlement scolaire, celui-ci ne saurait se restreindre à ce type de passage à l’acte. Doivent être considérées comme des formes de harcèlement scolaire, au même titre que les menaces physiques: les moqueries, l’ostracisation, la propagation de fausses rumeurs à l’encontre de la victime, si tant est que celles-ci visent à la faire rejeter par les autres.

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2018/51: Douloureuse souffrance, Amélia VARIN

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Mina, Mélanie, Victoire et Lisa sont quatre jeunes filles qui ne se connaissent pas. Elles n’ont pas grand chose en commun et vivent bien éloignées les unes des autres. Pourtant une chose les rapproche : leur souffrance. Toutes les quatre n’en peuvent plus de vivre, elles ne peuvent plus supporter cette douleur qui broie leurs entrailles.

Les enfants peuvent être cruels et ces quatre jeunes filles sont bien placées pour le savoir. C’est l’histoire de la douleur et de la souffrance. C’est ce qui arrive quand le gouffre te précipite.

Voici un court recueil de quatre nouvelles. Le récit de quatre drames. Quatre jeunes filles, aux profils bien différents les uns des autres, confrontées à la cruauté de leurs semblables. Mina, Mélanie, Victoire et Lisa sont toutes confrontées d’une manière ou d’une autre au harcèlement scolaire. Si, heureusement, les enfants harcelés restent une minorité à y succomber, les victimes ressentent toutes la même souffrance face aux attaques, qu’elles soient verbales et/ou physiques. Toutes les victimes vivent la peur au ventre.

Dans ce recueil, nous assistons au point de rupture de ces quatre jeunes filles, l’instant où tout bascule. Le harcèlement scolaire est un vaste sujet, terriblement compliqué. Et Amélia Varin en sait quelque chose, en ayant elle-même été victime.

De mon temps (j’ai l’impression de parler comme ma grand-mère!), on ne parlait pas de harcèlement scolaire. A peine évoquait-on un peu de chahut… Ce qui n’empêchait pas de morfler, de bouffer des insultes…

Ces lignes, si elles sont encore celles un peu hésitantes d’une jeune femme blessée, débordent d’émotion, de souffrance. Mais aussi d’empathie et d’espoir, notamment au travers de l’histoire de Lisa. Parce que personne n’est à l’abri, et parce que tout le monde est concerné.

Ce recueil vient en écho à deux chroniques déjà publiées: Marion 13 ans pour toujours de Nora Fraisse, et Condamné à me tuer de Jonathan Destin. Deux témoignages terribles. Un recueil donc qui est malheureusement toujours au fait de l’actualité. Des gens comme Amélia, qui témoignent et qui sensibilisent, sont nécessaires. Merci Amélia.

Loi sur le harcèlement scolaire

 

Association Marion La main tendue

Stop Harcèlement: 0 808 807 010

Jeunes Violence Ecoute: 0 808 807 700

Cyber-harcèlement: 0 800 200 000

Site Agir contre le harcèlement à l’école: 3020

Association Noelanie

Association ALCH

 


2017/17: Abîme, CETRO

David, 14 ans, ne connaît pas l’insouciance de l’adolescence. Sa vie est rythmée par le harcèlement perpétuel dont il est victime, les humiliations et les coups que lui dispensent ses pairs sans compter. Le monde qui l’entoure n’a que mépris pour lui, et c’est dans l’indifférence générale qu’il vit un cauchemar au quotidien. Il ne doit son salut mental qu’à ces moments où, seul, il se retire dans un petit bois abritant un étrange gouffre, sorte de puits naturel apparemment sans fond. Il se déleste là, dans la profondeur et l’obscurité de la terre, de ses chagrins et de ses mauvaises pensées. Mais que recèle vraiment ce gouffre, nommé par les locaux le « chaudron du mal »? Quels effets auront sur lui ces descentes quotidiennes sous la surface?

David est victime quotidiennement de harcèlement de la part d’un groupe d’élèves. On ne parle bien sur pas de quelques brimades, mais bien d’humiliations et de violences, tant verbales que physiques. Seule sa mère s’inquiète de son état. En dehors d’elle, il est seul au monde. Tout le monde se fiche bien de ce qu’il vit et de ce qui peut lui arriver. Pour respirer un peu, David va chaque jour vider sa colère et son désespoir dans un petit coin de forêt, dans le gouffre maudit qui se trouve là. Là, il est seul et est sûr de ne pas être dérangé, tout le monde a peur de cet endroit. Et pour cause… David va apprendre à ses dépends que les légendes locales peuvent parfois avoir un fond de vérité et qu’on ne joue pas impunément avec le démon…

Le harcèlement, scolaire dans ce cas précis, est un vaste sujet. Il va être la base du drame qui va se jouer. Ainsi que la colère, la détresse du personnage principal. Parce qu’il est faible, vulnérable. Parce qu’il a peur de l’ampleur des représailles s’il tente de réagir face à ses bourreaux. Alors lui aussi finit par n’éprouver que honte et mépris vis-à-vis de lui-même. Le seul lien qui le lie encore à la vie est sa mère qui se débat comme elle peut pour lui venir en aide. Sa mère et ce gouffre qui l’attire irrépressiblement et qui semble le décharger de ses fardeaux.

Une ambiance très noire et très lourde, donc, parfaitement retranscrite. Cetro nous emmène en plein cœur du cauchemar de David. Un sujet délicat et complexe. Mais un récit impitoyable, pétrifiant, obscur, déchirant (sans pour autant devenir sordide)… funeste. Lu en quelques heures, j’en ai beaucoup aimé l’écriture.

Une agréable découverte.

 


2016/71: Amelia, Kimberly McCREIGHT

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A New York, Kate élève seule sa fille de quinze ans, Amelia. Très proches, elles n’ont pas de secrets l’une pour l’autre. Jusqu’à ce matin d’octobre, où elle reçoit un appel du lycée qui lui demande de venir de toute urgence. Elle ne reverra plus jamais Amelia: celle-ci a sauté du toit de l’établissement. Rongée par le chagrin, Kate plonge dans le désespoir et l’incompréhension. Pourquoi une adolescente en apparence si épanouie s’est-elle donné la mort? Mais un jour, Kate reçoit un message anonyme qui remet tout en question: « Amelia n’a pas sauté ». Obsédée par cette révélation, elle s’immisce dans la vie privée de sa fille et découvre, à travers les réseaux sociaux, les mails et les sms d’Amelia, une réalité terrible, un véritable monde parallèle qu’elle n’aurait pu imaginer.

La vie de Kate, mère célibataire d’une adolescente de quinze ans, Amelia, bascule lorsqu’elle reçoit un appel du lycée lui demandant de venir de toute urgence. Quand elle arrive sur place, c’est la débandade. Les forces de l’ordre et les secours sont là, un drame vient de se jouer. Amelia s’est jetée du toit de l’établissement. La douleur d’abord, puis l’incompréhension la plus totale ensuite, envahissent Kate. Amelia était une jeune fille brillante, à l’intelligence vive. Une jeune fille à qui l’avenir souriait. Et puis un jour arrive ce sms anonyme: « Amelia n’a pas sauté ». Kate se plonge alors dans la vie d’Amelia et dans celle de son lycée privé haut de gamme. Et elle va faire des découvertes auxquelles elle ne se serait jamais attendue.

Un livre coup de poing pour moi, dont l’intrigue n’est pas sans rappeler le terrible témoignage de Nora Fraisse, « Marion 13 ans pour toujours ». Parce que bien sur, le scénario qui se joue ici est parfaitement crédible. On entend ce genre d’histoire dans les rubriques Faits divers… Et on se dit que cela pourrait aussi toucher nos enfants.

Une histoire parfaitement réaliste donc, très bien menée, pleine de rebondissements. Le roman est mené par les deux personnages principaux, raconté tour à tour par Kate et par Amelia. Kate avec qui nous suivons les recherches, les découvertes qui la mèneront à la vérité. Amelia, depuis la rentrée scolaire, que nous allons suivre dans son environnement, avec qui nous vivrons les étapes qui mèneront à ce drame inexorable.

Un thriller plutôt à tendance psychologique, parfaitement construit. Un stress qui monte crescendo pour chacun des personnages. Une conclusion peut être un poil rapide, mais bien trouvée. J’ai dévoré les 565 pages de ce livre (en édition poche). J’ai adoré, parce qu’il s’agit d’une fiction. Imaginer cette situation me fait froid dans le dos.


Condamné à me tuer, Jonathan DESTIN


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Jonathan est encore en primaire lorsque les brimades, les insultes, le racket, les coups commencent. On se moque de son physique, de son nom de famille, on le menace, on lui dit qu’on va tuer ses parents. La peur et la honte l’empêchent de parler. Les adultes restent dans l’ignorance ou y voient un simple jeu. Jonathan est seul face à ses bourreaux.

Le calvaire qu’il a enduré jusqu’à s’immoler par le feu car la mort lui semblait être la seule solution, d’autres le vivent tous les jours. En France, 14% des enfants ne se sentent pas en sécurité au collège, et 10% d’entre eux connaissent le harcèlement.

Brûlé à 72%, Jonathan a passé trois mois dans un coma artificiel, a subi 17 opérations et souffre de douleurs incessantes. Aujourd’hui, il partage son histoire afin que les victimes osent enfin parler. Et que les adultes ouvrent les yeux. Un témoignage bouleversant pour briser le silence?

Non, je ne me lance pas dans une série. Ce livre-ci est le témoignage de Jonathan, qui, suite à des années de harcèlement scolaire, a fini par s’immoler, et de son entourage. Jonathan s’en est sorti, au prix de douleurs innommables. Contrairement à Nora Fraisse qui cherche les causes du geste de sa fille, ici le récit s’attache plus aux conséquences de cette tentative de suicide. A tout ce que Jonathan a vécu et subi ensuite, bien que les causes soient bien sur mentionnées. Le harcèlement scolaire est bien sur au centre de ce récit aussi.

Voilà. Deux témoignages bouleversants qui prennent aux tripes.

Tous solidaires pour Jonathan

Association Marion La main tendue

Stop Harcèlement: 0 808 807 010

Jeunes Violence Ecoute: 0 808 807 700

Cyber-harcèlement: 0 800 200 000

Site Agir contre le harcèlement à l’école

Harcèlement scolaire: brisez le silence

Association Noelanie

Association ALCH

Loi sur le harcèlement scolaire