Archives de Tag: guerre civile

2019/23: Pile et face, Patricia FONTAINE

Trois vies, trois destins se croisent et entament une quête identitaire et une catharsis au travers d’un fait historique, le coup d’Etat de Pinochet au Chili en 1973 et le régime totalitaire qui a terrorisé la population chilienne pendant dix-sept ans.

Clarisse est contrainte de fuir au Chili, à Santiago. Pour la première fois après quarante-deux ans d’exil, Marta retourne à Santiago. Au cœur de l’été austral, elles découvriront que celui qui les réunit, au seizième étage, sur le toit d’un des immeubles massifs de la capitale, est « La Fouine brune ». De quel ennemi est-il question? Comment vont-elles se retrouver à déterrer un pan, toujours à vif, de l’histoire récente du Chili?

Pile et Face s’est façonné à partir de témoignages recueillis en Belgique et au Chili, de séjours à Santiago et dans le désert d’Atacama, de lectures et de films. Le passé et le présent s’articulent autours de faits et de vécus.

Tout d’abord, je remercie vivement les Editions Academia de l’envoi surprise de ce service presse (merci Anne d’avoir pensé à moi!).

Amélia Dupuit obtient un poste d’aide-soignante à la Résidence Saint-Jacques, une maison de repos et de soins pour personnes âgées. Mais voilà, son passé va très vite la rattraper. Derrière Amélia se cache Clarisse, traquée par Mike, qui la considère comme sienne. Mike tient Clarisse. Il l’offre en pâture lors de ses soirées, et Clarisse n’a pas le choix. Elle croyait avoir réussi à échapper à son bourreau et commencer une nouvelle vie sous l’identité d’Amélia, mais…

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2017/97: Petit pays, Gaël FAYE

Avant, Gabriel faisait les quatre cents coups avec ses copains dans leur coin de paradis. Et puis, l’harmonie familiale s’est disloquée en même temps que son « petit pays », le Burundi, ce bout d’Afrique brutalement malmené par l’Histoire. Plus tard, Gabriel fait revivre un monde à jamais perdu. Les battements de cœur et les souffles coupés, les pensées profondes et les rires déployés, le parfum de citronnelle, les termites les jours d’orage, les jacarandas en fleur… L’enfance, son infinie douceur, ses douleurs qui ne nous quittent jamais.

Un très beau récit, très touchant. C’est à la fois empreint de douceur, de violence, de joie, de regrets, d’humour, de drames. C’est prenant, bouleversant. Ca serre le cœur.

Gaby est métis. Son père est un Français installé depuis des années au Burundi. Sa mère est une réfugiée rwandaise, pays limitrophe. Gaby n’est donc ni vraiment Français, ni vraiment Rwandais, ni vraiment Burundais. Sa famille vit dans un quartier résidentiel, au milieu d’autres familles aisées et/ou immigrées. Ils sont des privilégiés. Blancs faisant des affaires en Afrique, employant des locaux pour toutes les tâches ingrates.

Dans cette impasse où il vit et qui constitue son univers, il y a sa bande de copains. Inséparables.

Et puis, les évènements vont se précipiter. Sa mère va s’en aller, la guerre éclate avec ses attentats, ses guet-apens, ses génocides. Le Burundi et le Rwanda sont en sang… Son enfance va se déliter en même temps et au même rythme que l’Histoire qu’il est en train de vivre. Gaby témoigne de la tragédie, de l’absurdité des conflits.

Ce récit en partie autobiographique est déchirant de finesse, de réalité.  L’émotion palpable. Le choc de la guerre civile qui déchire le Burundi, le choc du génocide auquel est confrontée sa famille rwandaise. Une enfance quittée trop brutalement, qu’il devra fuir.

Laissés derrière lui les amis, les jumeaux, Gino, les voisins, les récoltes de mangues, les baignades, les 400 coups, le soleil, la chaleur, les senteurs et les harmonies… Laissés sa mère perdue, les cadavres, les fantômes. Laissées les horreurs.

Un gros coup de cœur.

 


Le quatrième mur, Sorj CHALANDON

9782253179825-T

L’idée de Samuel était belle et folle: monter l’Antigone de Jean Anouilh à Beyrouth. Voler deux heures à la guerre, en prélevant dans chaque camp un fils ou une fille pour en faire des acteurs. Puis rassembler ces ennemis sur une scène de fortune, entre cour détruite et jardin saccagé. Samuel était grec. Juif, aussi. Mon frère en quelque sorte. Un jour, il m’a demandé de participer à cette trêve poétique. Il me l’a fait promettre, à moi, le petit théâtreux de patronage. Et je lui ai dit oui. Je suis allé à Beyrouth le 10 février 1982, main tendue à la paix. Avant que la guerre ne m’offre brutalement la sienne.

Un roman coup de poing.

Autant j’ai eu du mal avec la première partie du récit, mettant en place les personnages et leur vécu, autant dès que je suis entrée dans la partie parlant de la guerre et de la réalisation du projet de Samuel, je n’ai plus réussi à décrocher. C’est d’une violence inouïe. Et en même temps la volonté de monter cette pièce est chargée d’espoir. Et la partie est loin d’être gagnée. Du fait du sujet déjà (Antigone, quoi!), et de la difficulté à réunir les différents camps, des gens qui en dehors du projet n’auraient aucune hésitation à s’entretuer, chacun étant l’ennemi des autres. Les images de la guerre y sont intenses, le lecteur n’est pas épargné. Il n’y a pas de recul: le narrateur est plongé dans l’enfer, vit les choses comme elles arrivent, et nous aussi. Il éveille des sentiments divers et contradictoires, comme le narrateur les ressent, sans jamais pour autant prendre parti. Il a de la tendresse pour chacun de ses acteurs, tout en condamnant les agissements de chacun des camps.

Et puis l’Antigone d’Anouilh a été aussi pour moi, à une autre époque, une lecture coup de cœur (et pourtant le théâtre, c’est pas du tout ma tasse de thé). J’ai eu il y a quelques années beaucoup de tendresse pour cette jeune fille.

En bref, ce livre m’a secouée; je ne regrette en rien cette lecture.


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