Archives de Tag: fantastique

2017/35: Je ne suis pas un serial killer, Dan WELLS

1) Ne pas regarder les gens trop longtemps.

2) Ne pas éviscérer les animaux.

3) Ne nourrir que des pensées positives;

Son psy en convient, John Wayne Cleaver est sociopathe. A 15 ans, le charmant jeune homme fait de son mieux pour contrôler ses pulsions homicides, règles à l’appui. Ce qui n’a rien d’évident: sa mère tient le funérarium local. Là justement où finissent les victimes du « démon », serial killer décomplexé en pleine furie meurtrière dans sa ville. John est peut-être le mieux placé – et pour cause – pour l’arrêter…

Je crois que l’auteur a un peu fumé la moquette…

Voici un roman entre thriller et fantastique/horreur. Il y a un mélange des genres un peu bizarre ici à mon sens. C’est invraisemblable et rocambolesque.

J’ai trouvé ça plutôt agréable à lire, le style est fluide, et relativement amusant. Mais pas sure de lire la suite, Mr Monster. Je n’ai pas été plus emballée que ça par ce premier opus.


2016/01: Nouvelles Peaux, Collectif et Quentin FOUREAU

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Et si tout devait recommencer? Un meurtrier reçoit des sms d’outre-tombe, la mort s’invite en combinaison vinyle à une soirée lubrique, des momies philosophent sur les tombes, une fille muette hante une école abandonnée… alors que le monde moderne pensait être débarrassé des hantises du XIXè siècle, d’étranges phénomènes perturbent à nouveau les quotidiens. Un homme prétend invoquer la peste, des étudiants en médecine mènent des expériences sur le magnétisme, un téléphone ne veut plus s’arrêter de sonner, … Du Chat noir au Corbeau, dix auteurs réinterprètent à leur façon les histoires extraordinaires et autres nouvelles tirées de l’œuvre du maître du fantastique, Edgar Allan Poe. Il faudra affronter le surnaturel, l’invraisemblable et la folie, perdre tous ses repères, pour arriver au bout de l’horreur.

Très intéressant ce recueil de nouvelles paru aux Editions Luciférines. Délires, hallucinations, paranormal, on ne sait pas trop. Folie, surement. Et parmi ces auteurs, je vais aujourd’hui retenir une nouvelle. Celle de Quentin Foureau, « Il paraît que je suis fou« , très intrigante. Voici un récit, à l’image des autres d’ailleurs, qui inspire le trouble, l’inquiétude, à donner la chair de poule. Ce récit-là met particulièrement mal à l’aise, au fur et à mesure que l’on prend conscience de la folie du narrateur. Celui-ci s’installe dans une école désaffectée. Il croit les objets doués de conscience et d’une vie propre. Il entretient une étrange relation avec une jeune femme présente dans ces locaux, tout aussi étrange. D’ailleurs, on ne sait pas trop s’il s’agit d’une jeune fugueuse, par exemple, ou d’un cadavre abandonné là.  Je n’en dis pas plus pour ne pas vous gâcher le plaisir de cette découverte.

Une plume intéressante, donc. Ce n’est d’ailleurs pas le seul recueil auquel Quentin Foureau a participé puisqu’il a aussi écrit dans Maisons Hantées, également paru aux Editions Luciférines. Recueil que je n’ai pas encore lu, mais cela ne saurait tarder. Je vous en reparlerai le moment venu.

Je vais tricher, et reprendre le descriptif qui est donné dans Nouvelles Peaux, puisque je ne ferai jamais mieux: ses nouvelles abordent les thèmes de l’aliénation progressive, l’isolement dégénérescent, la sublimation artistique, les contre-cultures, le refus des limites et la construction d’une situation poétique et surnaturelle qui finit par dépasser ses personnages. Nourri par le black métal, il trouve ses influences littéraires dans les œuvres de HP Lovecraft, Chuck Palanhiuk ou Poppy Z. Brite. Au cinéma, les drames d’Harmony Korine et les films de Lars von Trier le fascinent. Et je peux vous dire qu’on les ressent bien, ces influences dans ses nouvelles…..

Vous pouvez aussi le lire ici (Le crachoir de Flaubert) et dans les numéros 7, 8, 10, 13, 14, 18, 20 et 23 de l’Effeuillée. J’ai personnellement eu un coup de cœur pour « Conte pour un miroir et un printemps » paru dans le n°10 (une réécriture de « De l’autre côté du miroir », de Lewis Carroll) et pour « Les bois » paru dans le n°23, qui n’a pas été sans me rappeler « La petite fille qui aimait ton Gordon de Stephen King. L’écriture est fluide, très agréable, limpide; les récits très efficaces: à un moment, tu flippes…

Mon seul bémol: c’est trop court…. A la fin de chaque nouvelle, j’en voudrais encore. Un talent à suivre donc, que j’adorerai pouvoir lire un jour sur un roman. Je suis persuadée qu’il serait très bon dans cet exercice.

Allez lire tout ça, et revenez me dire ce que vous en aurez pensé. Je suis sure que vous ne serez pas déçus.


L’anneau de Moebius, Franck THILLIEZ

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Pour sa première enquête, Victor Marchal aborde le métier de flic par sa plus noire: une actrice du porno torturée, une plongée dans le monde des déviants sexuels et des monstres de la nature. Depuis toujours, Stéphane Kismet est hanté pas des images prémonitoires, mais cette fois elles obéissent à une terrifiante logique. Dans ses rêves, Stéphane possède une arme, il est recherché par la police, une petite fille est morte…Les trajectoires de Victor et Stéphane vont se rejoindre. L’un n’a encore rien vu, l’autre ignore qu’il sait déjà tout…

J’aime beaucoup les écrits de THILLIEZ. Celui-ci n’échappe pas à la règle. C’est très bon. Très surprenant aussi. C’est le premier THILLIEZ que je lis qui tienne du fantastique. On est toujours dans du thriller hein, mais là, c’est bien barré…

Pour ne pas changer, c’est très prenant, haletant même. On est toujours dans ambiance très sombre. Le héros est enfermé dans cet anneau de Moebius dont il cherche désespéremment à échapper, sans pour autant comprendre comment. Il se lance alors dans une quête effrénée contre lui-même, essayant de contrecarrer ses visions. Pas de temps mort, un suspens soutenu d’un bout à l’autre du roman. Jusqu’à sa conclusion infernale. J’ai adoré.

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Dans le cadre du Challenge Thrillers et Polars 2014-2015 de Canel


Un jour des choses terribles, Laurent BOTTI

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D’abord, la brume. Tenace, envahissante, qui noie tous les repères. Ensuite la première mort. Naturelle… quoi que. Et puis ces enfants dont les jeux sont loin d’être innocents. Vous êtes à Laville-Saint-Jour, avec ses vestiges gothiques, ses gargouilles et ses morts mystérieuses. N’oubliez pas: Un jour, des choses terribles arriveront; et ce jour-là, plus rien, jamais, ne sera comme avant.

 Pas mal du tout. C’est captivant.

J’ai hésité un bon moment pour me décider s’il s’agissait d’un simple thriller ou si par hasard il n’y aurait pas une touche de fantastique. L’auteur avance la carte du surnaturel, doucement, quelques insinuations, puis s’arrête. Cela revient plusieurs fois, avant d’éclaircir le lecteur. J’ai aussi noté la répétition (un peu excessive?) de l’expression « à l’instar de ». Un tic de langage?

Cela n’enlève rien au plaisir de cette lecture. D’après ce que j’ai compris, ce titre-là serait la suite de Pleine brume, que je n’ai pas lu. Du coup, il me manque peut être quelques éléments. Toujours est-il que Botti maîtrise son sujet. C’est inquiétant, et l’histoire a bien piqué ma curiosité.

Je suis en train de lire Fatale lumière. Je vous dirai…

 

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Dans le cadre du Challenge Thrillers et Polars 2014-2015 de Canel


L’encre et le sang, Franck THILLIEZ et Laurent SCALESE

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Au fond d’un vieux garage hongkongais, ELLE est là. ELLE l’attend.

La machine.

Il suffit de taper. Et tout s’écrira, DANS LA REALITE. Très vite, l’écrivain William Sagnier comprend qu’il tient là l’instrument de sa vengeance. La femme qui l’a trompé. L’homme qui lui a volé son livre. Tous ceux qui l’ont humilié, utilisé, détruit, seront punis à leur tour. La vie, la mort, la toute-puissance au bout des doigts, là où se mélangent l’encre et le sang…

Nouvelle fantastique très courte (118 pages). Plutôt bon et original.

A conseiller aux amateurs de Stephen King.

 


This is not America, Thomas DAY

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Ce n’est pas l’Amérique. En tout cas, pas la nôtre. Mais c’est la sienne. L’Amérique de Thomas Day, où se frayent dans un carambolage d’influences, la carton pâte fané d’une puissance passée, le road sign rouillé (moitié ensablé) qui indique le chemin de la Zone 51, le cool déjanté d’un Tarantino sous crack et l’ombre, découpée dans la lumière du couchant sur John Ford’s Point, de ce héros américain – la mâchoire carrée et le zygomatique en berne – qui regarde loin, vers l’horizon et la Frontière.

This is not America, c’est trois nouvelles, lettres d’une Amérique qui n’est tellement plus elle-même qu’on a déjà l’impression de la connaître.

Bref, il s’agit d’un petit recueil de trois nouvelles SF, facile et rapide à lire. Petit bouquin distrayant, intéressant pour les amateurs du genre. Rien de plus à en dire.

Edité aux éditions ActuSF, collection Les 3 souhaits. Collection à creuser qui a l’air d’abriter quelques petites perles.

 

 


La triloge 1Q84, Haruki MURAKAMI

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Livre 1, Avril – Juin:

Le passé, tel qu’il était peut-être, fait surgir sur le miroir l’ombre d’un présent, différent de ce qu’il fut?

Un évènement éditorial sans précédent.

Une oeuvre hypnotique et troublante, un roman d’aventures, une histoire d’amour, deux êtres unis par un pacte secret.

Dans le monde bien réel de 1984 et dans celui dangereusement séduisant de 1Q84 va se nouer le destin de Tengo et d’Aomamé.

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Livre 2, Juillet – Septembre:

Les choses qui restent enfermées dans notre coeur n’existent pas en ce monde. Mais c’est dans notre coeur, ce monde à part, qu’elles se construisent pour y vivre.

Le livre 1 a révélé l’existence du monde 1Q84. Certaines questions ont trouvé leur réponse. D’autres subsistent: qui sont les Little People? Comment se fraient-ils un chemin vers le monde réel? Pourquoi deux lunes dans le ciel? Et la chrysalide de l’air, est-elle ce lieu où sommeille notre double?

Ceux qui s’aiment ne sont jamais seuls. Le destin de Tengo et d’Aomamé est en marche.

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Livre 3, Octobre – Décembre:

Ils ne le savaient pas alors, mais c’était là l’unique lieu parfait en ce monde. Un lieu totalement isolé et le seul pourtant à n’être pas aux couleurs de la solitude.

Le livre 3 fait entendre une nouvelle voix, celle d’Ushikawa. Et pose d’autres questions: quel est ce père qui sans cesse revient frapper à notre porte? La réalité est-elle jamais véritable? Et le temps, cette illusion, à jamais perdu?

Sous les deux lunes de 1Q84, Aomamé et Tengo ne sont plus seuls.

Entre thriller, roman fantastique et roman d’amour, 1Q84 aborde la religion, la famille, la violence, le sexe, le meurtre. Nous  suivons en alternance la vie de Tengo et d’Aomamé, tous deux du même âge. Tengo est un écrivain amateur qui est amené à réécrire un roman imparfait, l’autobiographie d’une jeune fille issue de la secte des Précurseurs (et dont le père en est le gourou). Aomamé est une tueuse à gage qui punit les hommes coupables de violences conjugales.

Ils ont fréquenté la même école quand ils avaient 10 ans. Leur rencontre ne les a jamais quitté ensuite. Tous deux étaient des enfants à part, du fait de leur famille et de leur éducation. Leurs destins sont liés. Mais où? En 1984? En 1Q84?

Réalité et  fiction se mélangent. L’écrivain donne beaucoup de détails, au point de se répéter un peu par moments. Mais je crois que c’est plus attaché au style nippon. Sinon, quelques longeurs ça et là, mais qui n’entachent pas l’histoire. Les trois volumes se lisent facilement et relativement rapidement.

Je vais surement lire quelques autres de ses titres, notamment Kafka sur le rivage et La ballade de l’impossible.