Archives de Tag: famille

2017/80: La cache, Christophe BOLTANSKI

« J’évolue à travers la Rue-de-Grenelle comme sur un plateau de Cluedo. A chaque tour, je découvre une nouvelle pièce. En guise d’indice, je dispose à ce stade d’une clé, d’un frigo à moitié vide, d’un samovar et d’une sonnette. Je ne suis pas en présence d’un meurtre, mais d’une disparition. »

Que se passe-t-il quand un homme qui se pensait bien français doit se cacher des siens, chez lui, en plein Paris, dans un « entre-deux », comme un clandestin? Quel est l’héritage de la peur, mais aussi de l’excentricité, du talent et de la liberté bohème?

Compliqué de décrire ce livre…

A travers la visite pièce par pièce de l’hôtel particulier habité par sa famille Rue de Grenelle, nous allons faire connaissance avec chacun des membres, marquants, de la famille de l’auteur, famille juive d’origine russe, et pénétrer l’histoire familiale. Un inventaire de chaque pièce va être fait, étage par étage, et par la même occasion, de chacun des occupants. On y rencontre les vivants, les morts, les absents, les espoirs, les batailles. Et puis il y a cette cache, cet « entre-deux » qui va s’imposer, qui va accueillir la peur et sauver la peau du docteur. Un passage difficile pour cette famille dont l’aïeule a déjà connu un déracinement précipité et un nombre certain de désillusions.

Les digressions sont nombreuses, les sauts à travers les époques aussi. Pour autant, on ne se sent pas perdu.

Même si j’ai eu du mal à crocher au sujet, le style est fluide et très agréable à lire. C’est un très bel hommage aux siens.

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2017/65: Pardonnable impardonnable, Valérie TONG CUONG

Milo, 12 ans, est dans le coma après une chute de vélo sur une route de campagne. Tandis que l’enfant se bat pour sa vie, c’est toute sa famille qui vole en éclats. Dans ce ballet des aveux où défilent ses parents, son indéchiffrable grand-mère et sa jeune tante Marguerite, se dessinent peu à peu les mensonges, les rapports de force et les petits arrangements qui cimentent cette famille. L’amour suffit-il pour tout reconstruire? Un roman vibrant qui explore avec justesse nos cheminements vers le pardon.

Il y a d’abord Céleste, la mère. Puis Lino le père, Jeanne la grand-mère et Marguerite la tante, la jeune sœur de Céleste.

Ces quatre personnages vont se retrouver autour de Milo, le fils qui est dans le coma après une grave chute de vélo. L’histoire de cette chute, et ses conséquences sur la famille, va être racontée tour à tour par chacun d’eux. Vont alors remonter à la surface les non-dits, les conflits larvés, les liens qui les unissent tous, leurs relations conflictuelles. Difficile histoire familiale, que ce soit du côté de Céleste ou de Lino, mises au point douloureuses, règlements de compte… Ils se toisent, se jaugent, envoient ou rendent les coups.

Mais tout cela est décrit avec douceur et délicatesse, avec pudeur. L’auteure a beaucoup d’empathie pour ses personnages, à aucun moment elle ne les juge. Malgré les erreurs de chacun, qu’ils assument plus ou moins, ils sont attachants. Impossible de les détester, vu le cheminement de chacun.

Un très joli roman donc, sur les rapports familiaux et le rapport au pardon et au deuil. Une belle découverte.

 


Mémé, Philippe TORRETON

Mémé

« Mémé, c’est ma mémé, même si ça ne se dit plus. Mémé me manque. Ses silences, ses mots simples au Scrabble, sa maison enfouie sous les pommiers et son buffet d’avant-guerre. Ce texte est subjectif, partial, amoureux, ce n’est pas une enquête, ce n’est pas une biographie, c’est ce que j’ai vu, compris ou pas, ce que j’ai perdu et voulu retenir, une dernière fois. Mémé, c’est mon regard de gamin qui ne veut pas passer à autre chose. »

Voici le portrait qu’à plus de quarante ans Philippe Torreton fait de celle qui fut le personnage central de son enfance, un portrait tendre et nostalgique, construit par petites touches comme la mémoire, où chacun retrouvera sa grand-mère ou celle dont il a rêvé.

C’est parfaitement résumé. C’est tout à fait ça: le portrait tendre et nostalgique d’une grand-mère vue par son petit-fils. Une série de souvenirs et d’anecdotes mis bout à bout. L’occasion de deux ou trois bons mots. Ca tiendrait plutôt du journal intime.

A mon sens, ce récit n’a pas d’intérêt en dehors de la famille de cette Mémé-là. Pour eux,  c’est plein d’images, de joies ou de peines. Moi, j’ai eu du mal à finir et je me suis franchement ennuyée. J’ai fini parce que je déteste ne pas finir un livre. Par principe. Ca a peut être été publié parce que c’est Monsieur Torreton, je ne sais pas, mais je me suis demandé pourquoi. Voilà: pas transcendant du tout.