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2018/51: Douloureuse souffrance, Amélia VARIN

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Mina, Mélanie, Victoire et Lisa sont quatre jeunes filles qui ne se connaissent pas. Elles n’ont pas grand chose en commun et vivent bien éloignées les unes des autres. Pourtant une chose les rapproche : leur souffrance. Toutes les quatre n’en peuvent plus de vivre, elles ne peuvent plus supporter cette douleur qui broie leurs entrailles.

Les enfants peuvent être cruels et ces quatre jeunes filles sont bien placées pour le savoir. C’est l’histoire de la douleur et de la souffrance. C’est ce qui arrive quand le gouffre te précipite.

Voici un court recueil de quatre nouvelles. Le récit de quatre drames. Quatre jeunes filles, aux profils bien différents les uns des autres, confrontées à la cruauté de leurs semblables. Mina, Mélanie, Victoire et Lisa sont toutes confrontées d’une manière ou d’une autre au harcèlement scolaire. Si, heureusement, les enfants harcelés restent une minorité à y succomber, les victimes ressentent toutes la même souffrance face aux attaques, qu’elles soient verbales et/ou physiques. Toutes les victimes vivent la peur au ventre.

Dans ce recueil, nous assistons au point de rupture de ces quatre jeunes filles, l’instant où tout bascule. Le harcèlement scolaire est un vaste sujet, terriblement compliqué. Et Amélia Varin en sait quelque chose, en ayant elle-même été victime.

De mon temps (j’ai l’impression de parler comme ma grand-mère!), on ne parlait pas de harcèlement scolaire. A peine évoquait-on un peu de chahut… Ce qui n’empêchait pas de morfler, de bouffer des insultes…

Ces lignes, si elles sont encore celles un peu hésitantes d’une jeune femme blessée, débordent d’émotion, de souffrance. Mais aussi d’empathie et d’espoir, notamment au travers de l’histoire de Lisa. Parce que personne n’est à l’abri, et parce que tout le monde est concerné.

Ce recueil vient en écho à deux chroniques déjà publiées: Marion 13 ans pour toujours de Nora Fraisse, et Condamné à me tuer de Jonathan Destin. Deux témoignages terribles. Un recueil donc qui est malheureusement toujours au fait de l’actualité. Des gens comme Amélia, qui témoignent et qui sensibilisent, sont nécessaires. Merci Amélia.

Loi sur le harcèlement scolaire

 

Association Marion La main tendue

Stop Harcèlement: 0 808 807 010

Jeunes Violence Ecoute: 0 808 807 700

Cyber-harcèlement: 0 800 200 000

Site Agir contre le harcèlement à l’école: 3020

Association Noelanie

Association ALCH

 

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2018/49: L’enfant qui arpentait ses rêves sur des patins de soie, Pierre GENESTE

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Par un très vieux soir de guerre, le Toine voit son père descendre l’allée gelée des premiers grands froids de janvier. Il est mené par deux gendarmes et un autre homme vêtu d’un long manteau de cuir sombre. Il ne le reverra jamais. Dès lors, Le Toine est orphelin. Il grandira mais dans son esprit, il va rester petit.

Dans son village en Auvergne d’altitude, sa vie suivra un parcours délicat. Pourtant, c’est avec une lointaine et douce indifférence qu’il en reconnaîtra le chemin. Il entend parler de la mer… ou l’océan, il ne sait pas très bien. Il se dit qu’il aimerait bien la rencontrer, la mer… ou l’océan. Il attend d’être seul, le soir, pour dans ses rêves l’imaginer. Quand il la verrait, cette étendue d’eau si vaste que les bateaux eux-mêmes s’y perdent, il saurait bien la reconnaître.

Le Toine, c’est un être qui, comme la terre et d’autres êtres en ce lieu un peu rond des montagnes d’Auvergne, souffre. Mais il regarde les souffrances de ses grands yeux étonnés, la tête un peu penchée, comme un qui, du monde, chercherait encore à s’émerveiller. Lui sera-t-il donné, au long de cette vie pas toujours très bien traitée, de trouver enfin le sentier qui mène à la mer-océan?

Un roman très sombre, conté avec excellence.

Les rêves étaient une éclaircie dans l’obscurité de la nuit mais ils pouvaient être aussi fragiles et délicats que des sentiers de verre. Il arrivait trop souvent qu’ils se brisent et ouvrent des voies effroyables, de braises et de cendres.

Il fallait les arpenter avec des patins de soie.

De prime abord, on pense rêve, enfance, insouciance, ingénuité, fraîcheur… Eh bien non… On est loin de tout ça.

Au cours des ans, Le Toine avait grandi mais son esprit était resté petit. C’était pas arrivé là tout seul par hasard un soir […] Non, c’était arrivé bien autrement. bien plus gravement.

C’était un soir. Un très vieux soir de guerre.

[…] Il posa le front contre la vitre gelée, cherchant dans la nuit un signe, un appui. Il essaya très fort, autant qu’il le put, dans son esprit toujours petit, de trouver un coin seulement à lui et comment s’y réfugier. A ce moment-là, son avenir rencontra son passé. Il y resta bloqué.

Voici le Toine, élevé par son père. Il n’a pas connu sa mère. Un jour, pendant l’Occupation, le Toine a une dizaine d’année, des gendarmes viennent arrêter son père, le laissant seul et démuni, livré à lui-même.

Abandonné, l’enfant fusionne avec la nature qui l’entoure, avec sa montagne, dont il parcourt les chemins incessamment. Il perçoit les rumeurs, s’interroge sur la mer qui porte ces grands bateaux synonymes de liberté retrouvée… Le Toine s’avance doucement vers l’adolescence en marge de cette guerre, qui l’effleure à peine. Mais voilà, rien n’est rose dans sa vie, et pour bien faire, son pauvre destin va vite le rattraper.

La police française, à la botte de l’occupant, a remis aux autorités allemandes le père du Toine. Par loyauté sans doute. A moins que ce ne fut, après tout, qu’une façon discrète de montrer à l’humanité une part de sa vérité!

L’ours borgne veille sur le sommeil de l’enfant. Il n’y a plus dans la pièce que le silence saccadé de la nuit. Comme si la guerre, soudain prise d’accalmie, était presque finie. Mais la guerre n’est pas finie. Les hommes règlent leurs comptes, brisent des jours impatients. S’emploient férocement à débâtir le monde.

[…] Les temps passaient. Le Toine grandissait, devenait fort. […] Mais dans son esprit, le Toine restait petit.

Et puis, un jour, il y aura Tiphaine. Que la vie n’a pas épargnée non plus…

La vie, au travers des yeux du Toine, est douce, innocente, s’écoule lentement. L’on n’éprouve pas le temps passant, mais les sentiments et ressentis du Toine. Toujours bienveillant. Toujours sensible. Cette écriture est comme un pansement sur les blessures terribles infligées au pauvre enfant.

C’est beau, poétique, tout en images, touches d’émotions, touches de sensations. La pureté de cet esprit un peu lent. Ses rêves d’enfant et la terrible réalité. La solitude incommensurable de ce petit bonhomme… L’espoir qui s’amenuise petit à petit… Et pourtant, il s’est accroché le Toine!

Un récit tragique, mais une plume majestueuse, subtile, élégante et poétique. Un récit dévoré en quelques heures, impossible à lâcher. Un enfant qu’on aimerait prendre dans ses bras et soulager. Tiphaine que l’on voudrait tant sortir de là… Il faut se laisser porter par le récit de cette misère, comme l’on écouterait dévaler le courant léger d’un ru.

Un grand merci à Pierre Geneste et aux Editions l’Astre Bleu de ce très beau cadeau.

 


2018/22: Deux secondes en moins, Marie COLOT & Nancy GUILBERT

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« – Vas-y, joue quelque chose. Ce que tu veux, ce que tu aimes, ce qui t’emporte! » Depuis qu’un accident de voiture l’a complètement défiguré, Igor se mure dans le silence. Sa rancune envers son père, responsable de l’accident, est immense, comme sa solitude. Rhéa sombre dans le chagrin après le suicide de son petit ami. Encore sous le choc, elle ne sait plus à qui ni à quoi se raccrocher dans la ville où elle vient d’emménager. Pour l’un et l’autre, tout s’est joué à deux secondes. Deux secondes qui auraient pu tout changer… Et pourtant, Igor et Rhéa reprenne jour après jour goût à la vie en se raccrochant à la musique. Une fantaisie de Schubert et un professeur de piano pas comme les autres vont les réunir et les mener sur un chemin inespéré.

Le père d’Igor est un homme très occupé. Ce jour-là, dans la voiture, en rentrant du conservatoire, il pianote un sms, lâche la route des yeux quelques instants. Suffisamment pour percuter une voiture mal garée le long d’un trottoir. Le père s’en sortira avec quelques égratignures. Mais l’airbag d’Igor ne s’est pas déclenché et celui-ci se retrouve défiguré.

Quant à Rhéa, elle vient d’emménager dans la même ville qu’Igor. Elle ne se remet pas du drame de sa vie. Son petit ami, Alex, s’est suicidé en se jetant sous un train. Elle ne parvient pas à comprendre ce qui a motivé son geste désespéré. Sa vie d’adolescente insouciante s’est arrêtée à cet instant-là.

Un très joli roman jeunesse, dans la parfaite lignée de Nos étoiles contraires de John Green. Un roman bouleversant mettant en scène des adolescents que la vie à laissés sur le bord de la route. La vie de ces deux-là est une palie ouverte, à vif. Ils ont tout perdu en quelques secondes. Un roman dur mais plein d’espoir.

La musique avait une place prépondérante dans leur vie d’avant. Un professeur du conservatoire, à l’instinct très affuté, va les prendre sous son aile, et à force de patience et de fine psychologie, va les amener à se dépasser et à revivre. Il leur permettra de surmonter leurs traumatismes et de se reconstruire.

Les thèmes abordés ici sont très sombres: le suicide, la mort, le drame, le déni, le deuil, la colère, la révolte, la reconstruction. Parce qu’il faut trouver une pierre sur laquelle construire une nouvelle vie, accepter le regard des autres, s’accepter soi-même, pardonner aussi. Il leur faudra faire preuve d’indulgence, d’empathie aussi. Ce qui est loin d’être simple, écouter les autres quand on est plus qu’un gouffre béant de douleur et de ressentiment. Ils devront accepter leur état. Ils devront accepter qu’ils ne peuvent pas tout maîtriser, qu’ils peuvent parfois être les marionnettes d’un destin incontrôlable et impitoyable. Ils devront faire preuve d’une incroyable volonté pour continuer à vivre.

Un très beau roman. Un grand merci à Babelio et aux Editions Magnard Jeunesse.

 

 


2017/109: Ces oiseaux qu’on met en cage, Marjorie LEVASSEUR

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SAMUEL, FABRICE, MANON, FRANCK, ANNE-LISE…
Vu de l’extérieur, leur vie semble parfaite, mais doit-on toujours se fier aux apparences ? Un jour arrive le geste de trop, l’événement qui fait dérailler la marche routinière du train de l’existence. Les masques tombent, le vernis craque. Au fil des rencontres, des tragédies, apparaît la nécessité pour ces jeunes gens et leur entourage d’évoluer, de retrouver une liberté perdue… D’ouvrir la cage, quel que soit le prix à payer.

Un roman coup de poing!

Fabrice, 21 ans, homosexuel rejeté par son père qui va faire de sa vie un enfer, se suicide dans le bureau de ce dernier. C’est Samuel, 25 ans, son frère, qui va le trouver. Et sa lettre d’adieu avec. Samuel va tourner le dos à sa famille, ne supportant pas la responsabilité de son père dans la perte de son frère. Il va trouver refuge chez Colette, 78 ans, qui souhaite offrir le gîte à un jeune pour contrer les velléités de ses enfants de la placer en maison de retraite afin de récupérer son appartement. Manon, 25 ans, collègue de Samuel, est une jeune femme brillante. Elle vit avec Franck, 32 ans, lieutenant à la Brigade de protection des mineurs. Manon a beau être une femme de caractère, quand elle rentre chez elle, elle ne fait pas le poids face à la colère et la rage que son compagnon abat sur elle. Et quelques autres que la vie n’a pas épargnés non plus.

Déjà, je dois avouer que le titre et la couverture m’ont franchement attirée. Qui sont je pense le parfait écho de cette histoire.

Marjorie Levasseur aborde ici des thèmes très durs: l’homophobie, le suicide, la culpabilité, la gestion du deuil, les violences conjugales, les violences psychologiques, les schémas relationnels bourreau/victime, les conflits dans les relations intergénérationnelles, … C’est un roman sombre, empli de drames. Les personnages sont parfaitement dépeints, on s’y attache immédiatement. Chacun souffre, chacun porte en lui un drame. Chacun se débat avec ses doutes, sa culpabilité, ses regrets, mais aussi ses espoirs. Pourtant ce roman n’est en rien mélodramatique. Bien au contraire.

C’est un roman prenant (impossible de le lâcher avant la fin), dans lequel la souffrance des personnages est palpable. Nous sommes face à une réalité crue, à ces violences ordinaires tellement courantes, parfaitement décrites. L’écriture est élégante, fine, touchante. Il y aurait tant à dire encore sur ce roman, mais j’en dévoilerais trop. Je vais donc m’arrêter là et t’enjoindre à le lire.

Un vrai coup de coeur. Un grand merci à Emma Freya d’avoir initié cette découverte.

 


2017/44: Respire, Anne-Sophie BRASME

Elle s’appelle Charlène, elle a dix-neuf ans, elle est en prison. Une nuit de septembre, deux ans plus tôt, elle a tué Sarah, son amie d’école. Parce que Sarah, belle, brillante, magnétique, exerçait un pouvoir sur tous ceux qui l’approchaient. Parce que son amitié pour la timide Charlène fut un émerveillement , un don inespéré de la vie. Et puis vinrent les petites déceptions, les attentes, les souffrances. Et l’entraînement dramatique du désespoir et de la passion, retracé ici avec une vérité hallucinante par une romancière de dix-sept ans.

Un drame a eu lieu, un crime a été commis. Charlène a tué Sarah.

Ce roman relate la version de Charlène. Elle est emprisonnée pour l’assassinat qu’elle a commis et elle explique le pourquoi de son geste. Le lent cheminement que va la mener inéluctablement à la tragédie. L’ensemble de tous ces petits riens qui, mis bout à bout, vont la faire basculer et la pousser à détruire sa meilleure amie, sa quasi sœur.

Un roman très intéressant, très bien écrit, qui se dévore. J’ai beaucoup aimé le style. Une premier roman réussi, et plutôt abouti. Une vision de cet état adolescent où tout se joue et se défait, comme tout s’y construit. Un état intermédiaire, entre enfance et vie adulte, pendant lequel tout est possible pour certains quand d’autres se trouvent allègrement piétinés et détruits.

Une bonne surprise.

 

 


2016/65: L’enlèvement, Claudine HOURIET

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Un enlèvement extraordinaire. Celui d’une fillette de douze ans dont la mère refuse la mort accidentelle. Malgré la pression des siens qui tentent de lui faire accepter la douloureuse réalité, dans un déni total,  elle arrache littéralement l’enfant au trépas et s’enfuit à travers le monde avec celle qui n’a de réalité tangible que pour elle.  Pour tous ceux qu’elle côtoie, Marielle n’existe pas. Le périple qui aurait dû être idyllique tourne au cauchemar, à l’affrontement, l’enfant grandie finissant par se rebeller et refuse la pseudo-existence qui lui est imposée. C’est à Cordoue que se déroulera l’ultime étape de cette équipée tragique.

Je remercie les Editions Luce Wilquin et Babelio de l’envoi de ce roman.

Marielle décède accidentellement lors d’une sortie scolaire. Le choc de sa disparition passée, le père tente tant bien que mal de rebondir et de se reconstruire. Mais la mère, elle, est submergée par la douleur et nous entraine avec elle dans son déni. Sa dépression nous aspire. Pour survivre, elle décide d’arracher sa fille à la mort. Elle va la faire revenir auprès d’elle et continuer son existence comme si elle était là. Ne supportant plus le renoncement de son époux, dans son obsession à garder sa fille près d’elle, elle va embarquer Marielle dans un long périple qui ne se passera pas vraiment comme prévu.

Le récit est raconté tour à tour par Clara, la mère, Fabien, le père, et Marielle, leur fille. Chacun va expliquer sa situation vis à vis de l’autre, exprimer ses sentiments et ressentiments, ses convictions, infirmer ou resserrer ses liens, en créer de nouveaux. Pour tous, Marielle est décédée. Sauf pour Clara. Clara continue à vivre avec sa fille: elle interagit avec elle, lui parle, la conseille. Une réflexion sur la difficulté du deuil, le déni et la perception d’une « après-vie ». Une écriture fluide et un récit plutôt bien mené.

Pourtant, je reste sur une impression mitigée. Je ne suis pas parvenue à m’attacher aux personnages. A aucun d’entre eux. Marielle qui au long du récit se révolte et crie sa colère et sa détresse, qu’on devrait se prendre en pleine face, ne m’a pas du tout percutée. D’ailleurs, un fantôme, ça vieillit? Pas dans ma mythologie personnelle. Je suis peut être trop pragmatique. Il y a une chose qui m’a vraiment gênée: les trois personnages parlent de la même façon. Que les deux adultes aient un mode d’expression proche, d’accord. Mais une fillette de 12 ans, qui devient une ado révoltée qui plus est, ne s’exprime pas de façon aussi poétique et imagée que sa mère. Elle ne va pas employer les mêmes mots. Cet aspect là de la construction du récit m’a vraiment chiffonnée. Pour autant je ne saurais dire si j’ai aimé ou pas; je suis entre les deux.


2016/55: La maladroite, Alexandre SEURAT

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Diana, 8 ans, a disparu. Ceux qui l’ont approchée dans sa courte vie viennent prendre la parole et nous dire ce qui s’est noué sous leurs yeux. Institutrices, médecins, gendarmes, assistantes sociales, grand-mère, tante et demi-frère… Ce chœur de voix, écrit dans une langue dégagée de tout effet de style, est d’une authenticité à couper le souffle. Un premier roman d’une rare nécessité.

Voici une histoire inspirée d’un fait réel comme il y en a tant. Diana a disparu, morte sous les coups de ses parents. L’histoire, le calvaire de Diana, est raconté par ceux qui l’ont côtoyée. A tour de rôle, les enseignants, les personnels des services sociaux, les membres de la famille vont s’exprimer, décrire ce qu’ils ont vu, constaté, ce qu’ils ont tenté de faire pour venir en aide à l’enfant (en vain hélas) ou ce qu’ils ont tu.

Un roman impossible à lâcher, lu dans la soirée. Une écriture sobre, pudique. Un roman qui met le doigt sur les failles d’un système dans lequel chacun va d’abord se protéger avant de tenter quoi que ce soit pour l’autre. On aide, ok, on va dénoncer, mais seulement si on est sur, seulement si on a en mains des faits avérés (et encore…); il ne faudrait pas dénoncer trop hâtivement et payer les pots cassés. D’autant que la famille de Diana a l’air soudée, l’enfant a l’air d’être choyée, s’il n’y avait ces bleus et ces blessures à répétition. Seulement parfois, à force d’attendre un fait ou que quelqu’un d’autre se décide, il arrive qu’il soit trop tard. Comme c’est le cas de Diana. Les maltraitances subies par l’enfant auront raison d’elle. Un étau qui va la broyer, inéluctablement.

Un premier roman percutant, fin et subtil.