Archives de Tag: deuil

2017/91: Les gens heureux lisent et boivent du café, Agnès MARTIN-LUGRAND

« Ils étaient partis en chahutant. J’avais appris qu’ils faisaient encore les pitres dans la voiture. Je m’étais dit qu’ils étaient morts en riant. Je m’étais dit que j’aurais voulu être avec eux. » Diane a brusquement perdu son mari et sa fille dans un accident de voiture. Dès lors, tout se fige en elle, à l’exception de son cœur, qui continue de battre. Obstinément. Douloureusement. Inutilement. Egarée dans les limbes du souvenir, elle ne retrouve plus le chemin de l’existence. Afin d’échapper à son entourage qui l’enjoint à reprendre pied, elle décide de s’exiler en Irlande, seule. Mais, à fuir avec acharnement la vie, elle finit par vous rattraper…

La vie de Diane a cessé le jour où un camion a percuté la voiture familiale, emportant son mari et sa fille. Elle s’enferme chez elle et refuse tout.

Un an après la tragédie, elle décide d’aller s’installer en Irlande pour quelques temps, pour fuir ses proches mais aussi en mémoire de ce voyage que souhaitait faire Colin. Elle part donc se terrer dans un village retiré. Elle ne s’attendait pas à y rencontrer à nouveau la vie…

Je suis un peu déçue. D’après les critiques que j’avais lues, je m’attendais plutôt à une sorte d’essai sur le deuil. Mais si le deuil est bien au cœur de cette histoire, il s’agit plutôt pour moi d’un roman sentimental, très optimiste. Le scénario est très prévisible, on voit venir les « rebondissements » à 100 lieues… (oui, 1000 lieues comme le dit l’expression , ça fait quand même un peu beaucoup). Le début de ce roman est très émouvant, toute la partie qui évoque Colin et Clara et leur accident, et la dérive de Diane. Sentiment qui s’atténue à partir de son départ. Disons que cela reste attendrissant (mais prévisible) (je l’ai peut être déjà dit, non?).

C’est cependant une lecture qui reste agréable, le style est fluide et passe bien. Je suis mitigée, je ne sais pas trop si je vais commander la suite.

 

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2017/65: Pardonnable impardonnable, Valérie TONG CUONG

Milo, 12 ans, est dans le coma après une chute de vélo sur une route de campagne. Tandis que l’enfant se bat pour sa vie, c’est toute sa famille qui vole en éclats. Dans ce ballet des aveux où défilent ses parents, son indéchiffrable grand-mère et sa jeune tante Marguerite, se dessinent peu à peu les mensonges, les rapports de force et les petits arrangements qui cimentent cette famille. L’amour suffit-il pour tout reconstruire? Un roman vibrant qui explore avec justesse nos cheminements vers le pardon.

Il y a d’abord Céleste, la mère. Puis Lino le père, Jeanne la grand-mère et Marguerite la tante, la jeune sœur de Céleste.

Ces quatre personnages vont se retrouver autour de Milo, le fils qui est dans le coma après une grave chute de vélo. L’histoire de cette chute, et ses conséquences sur la famille, va être racontée tour à tour par chacun d’eux. Vont alors remonter à la surface les non-dits, les conflits larvés, les liens qui les unissent tous, leurs relations conflictuelles. Difficile histoire familiale, que ce soit du côté de Céleste ou de Lino, mises au point douloureuses, règlements de compte… Ils se toisent, se jaugent, envoient ou rendent les coups.

Mais tout cela est décrit avec douceur et délicatesse, avec pudeur. L’auteure a beaucoup d’empathie pour ses personnages, à aucun moment elle ne les juge. Malgré les erreurs de chacun, qu’ils assument plus ou moins, ils sont attachants. Impossible de les détester, vu le cheminement de chacun.

Un très joli roman donc, sur les rapports familiaux et le rapport au pardon et au deuil. Une belle découverte.

 


2016/65: L’enlèvement, Claudine HOURIET

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Un enlèvement extraordinaire. Celui d’une fillette de douze ans dont la mère refuse la mort accidentelle. Malgré la pression des siens qui tentent de lui faire accepter la douloureuse réalité, dans un déni total,  elle arrache littéralement l’enfant au trépas et s’enfuit à travers le monde avec celle qui n’a de réalité tangible que pour elle.  Pour tous ceux qu’elle côtoie, Marielle n’existe pas. Le périple qui aurait dû être idyllique tourne au cauchemar, à l’affrontement, l’enfant grandie finissant par se rebeller et refuse la pseudo-existence qui lui est imposée. C’est à Cordoue que se déroulera l’ultime étape de cette équipée tragique.

Je remercie les Editions Luce Wilquin et Babelio de l’envoi de ce roman.

Marielle décède accidentellement lors d’une sortie scolaire. Le choc de sa disparition passée, le père tente tant bien que mal de rebondir et de se reconstruire. Mais la mère, elle, est submergée par la douleur et nous entraine avec elle dans son déni. Sa dépression nous aspire. Pour survivre, elle décide d’arracher sa fille à la mort. Elle va la faire revenir auprès d’elle et continuer son existence comme si elle était là. Ne supportant plus le renoncement de son époux, dans son obsession à garder sa fille près d’elle, elle va embarquer Marielle dans un long périple qui ne se passera pas vraiment comme prévu.

Le récit est raconté tour à tour par Clara, la mère, Fabien, le père, et Marielle, leur fille. Chacun va expliquer sa situation vis à vis de l’autre, exprimer ses sentiments et ressentiments, ses convictions, infirmer ou resserrer ses liens, en créer de nouveaux. Pour tous, Marielle est décédée. Sauf pour Clara. Clara continue à vivre avec sa fille: elle interagit avec elle, lui parle, la conseille. Une réflexion sur la difficulté du deuil, le déni et la perception d’une « après-vie ». Une écriture fluide et un récit plutôt bien mené.

Pourtant, je reste sur une impression mitigée. Je ne suis pas parvenue à m’attacher aux personnages. A aucun d’entre eux. Marielle qui au long du récit se révolte et crie sa colère et sa détresse, qu’on devrait se prendre en pleine face, ne m’a pas du tout percutée. D’ailleurs, un fantôme, ça vieillit? Pas dans ma mythologie personnelle. Je suis peut être trop pragmatique. Il y a une chose qui m’a vraiment gênée: les trois personnages parlent de la même façon. Que les deux adultes aient un mode d’expression proche, d’accord. Mais une fillette de 12 ans, qui devient une ado révoltée qui plus est, ne s’exprime pas de façon aussi poétique et imagée que sa mère. Elle ne va pas employer les mêmes mots. Cet aspect là de la construction du récit m’a vraiment chiffonnée. Pour autant je ne saurais dire si j’ai aimé ou pas; je suis entre les deux.


2016/57: Camille mon envolée, Sophie DAULL

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Camille, 16 ans, a été emportée en quatre jours par une fièvre foudroyante. Dans les semaines qui ont suivi la mort de sa fille, Sophie Daull a commencé à écrire. Ecrire pour ne pas oublier Camille, son regard « franc, droit, lumineux », les moments de complicité; l’après, le vide, l’organisation des adieux, les ados qu’il faut consoler, les autres dont les gestes apaisent. Ecrire pour rester debout, vivre quelques heures chaque jour en compagnie de l’enfant disparue, endiguer le raz de marée des pensées menaçantes. Loin de l’épanchement d’une mère endeuillée, Camille mon envolée est le récit d’une résistance à l’insupportable, où l’agencement des mots tient lieu de programme de survie.

Un livre à la fois très beau et effroyable. Une écriture douce, fine, sensible, gracieuse. Un cri du cœur, une déchirure, une plaie béante. Il est 23h30, je tourne la dernière page. Les larmes ne se tarissent pas. Elles ont coulé toutes seules tout au long de cette lecture et ne cessent plus. L’angoisse m’étreint. Justement, dans la chambre d’à côté, ma fille, 15 ans, est malade depuis deux jours. Camille, Camille, ma Maëlle…

Terriblement bouleversant. J’ai des larmes plein les yeux et plein le cœur.

J’ai eu l’image de mon Ado sur cette civière, sur ce lit d’hôpital, branchée, puis partie. J’ai eu l’image de cette mère qui s’effondrait. L’image de la fin de sa vie. Quelle horreur! Mon dieu quelle horreur! J’ai pensé que j’étais chanceuse de ne pas être à sa place, de ne pas connaître son calvaire. C’est terriblement égoïste, oui. Mais toi aussi, quand tu liras ce livre, ce témoignage, ce vibrant cri d’amour à Camille, tu auras le même réflexe.

En tournant ces pages, j’aurais voulu prendre Sophie Daull dans mes bras, la serrer contre moi, sans échanger un mot. Une compassion de mère à mère, montrer qu’on est là même si on est bien incapable de consoler, de vraiment comprendre puisqu’on a pas subi la même tragédie.

Une semaine est passée depuis cette lecture et mes premières impressions jetées là dans la foulée. Tout va bien chez nous, pourquoi en aurait-il été autrement. Mais cette inquiétude reste latente. Si un jour je devais moi aussi être confrontée à cette perte tragique? Voudrai-je y survivre? Je n’en sais rien et ce n’est pas une question à laquelle j’ai envie de répondre. Un livre comme une bouée, comme une trouée de ciel bleu après un orage. Un témoignage atroce, une confrontation avec mon pire cauchemar. Un livre magnifique.


2016/06: Le petit mensonge de Dieu, Cyril MASSAROTTO

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« Dieu est un pote à moi. Ou plutôt, il l’était, jusqu’à ce que je découvre son mensonge. C’était il y a une seconde à peine, juste à l’instant de ma mort. Je pensais disparaitre dans le néant, comme il me l’avait toujours dit. Mais il m’a menti! Il y a quelque chose, après… Pas vraiment le paradis, pas l’enfer non plus. J’attends quelques explications! »

Ok… Bon, je n’ai pas lu le premier opus, mais on peut sans problème s’en passer. Je ne peux pas dire que ce livre m’ait apporté grand chose, ça casse pas trois pattes à un canard. Cela soulève quelques questions, en ressasse d’autres, notamment « Y a-t-il une vie après la mort? », mais ne donne pas pour autant vraiment de pistes de réflexion. Certains d’entre vous me diront certainement le contraire, mais à mon sens, non, rien de neuf sous le soleil.

On aborde ici le deuil, au sens général. Le narrateur se retrouve face à lui-même. Il devra prendre des décisions, faire des choix décisifs. Et les assumer. Le libre-arbirtre, tu sais… Oui, même dans la mort.

C’est une sorte de fable, tendre et amusante. Un petit livre détente pour les vacances.


Derrière la haine, Barbara ABEL

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D’un côté, il y a Tiphaine et Sylvain; de l’autre, il y a Laëtitia et David. Deux couples voisins et amis, ayant chacun un enfant du même âge. Deux couples fusionnels et solidaires qui vivent côte à côte dans une harmonie parfaite. Jusqu’au jour du drame. Un tragique accident fait voler en éclats leur entente idyllique, et la cloison qui sépare leurs maisons tout comme la haie qui sépare leurs jardins ne seront pas de trop pour les protéger les uns des autres. Désormais, les seuls convives invités à la table des anciens amis s’appellent Culpabilité, Suspicion, Paranoïa et Haine…

Un très bon roman. Une histoire qui pourrait arriver à tout le monde. Sympathiser avec ses voisins, jusqu’à devenir intimes, tout partager. Et le jour où le drame survient, tout vole en éclat. Voilà comment votre vie peut basculer du bonheur sans nuage à l’horreur en quelques secondes. Et personne n’est plus à même de vous blesser que celui qui vous connaît le mieux. Voilà comment s’installe la haine.

Bien sur on devine facilement l’enchaînement des évènements. Mais cela n’en reste pas moins un bon roman, qui se dévore. D’ailleurs la suite,  Après la fin, fera très certainement partie des mes prochains achats.

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Dans le cadre du Challenge Thrillers et Polars 2014-2015 de Canel