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2016/38: Nos séparations, David FOENKINOS

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« Je pense à Iris qui fut importante tout de même, à Emilie aussi, à Céline bien sûr, et puis d’autres prénoms dans d’autres pénombres, mais c’est Alice, toujours Alice qui est là, immuable, avec encore des rires au-dessus de nos têtes, comme si le premier amour était une condamnation à perpétuité. » Alice et Fritz s’aiment, et passent leur vie à se séparer. Les raisons: la cyclothymie des mouvements passionnels, les parents et les beaux-parents, le travail et les collègues, les amis d’enfance, deux Polonais comme toujours, les cheveux et les dents, une longue histoire de cravate, la jalousie, et Schopenhauer bien sur.

Et un de plus! J’ai déjà dit que j’aime David Foenkinos? Parce que j’aime David Foenkinos.

Ici donc, la relation alambiquée, très compliquée d’Alice et Fritz. Qui passent leur vie à se trouver, se quitter, se retrouver…. Ils s’aiment mais ne savent pas vivre ensemble. Et puis, Fritz se perd un peu aussi. Il aime Alice, oui. Mais… Les faiblesses des hommes… Entre Alice et Alice et Alice, il y aura par exemple cette collègue en mal de maternité, cette auteure qui s’est mise au vert pour écrire, une valise à cravates, …. Fritz et la propension à la dispersion.

Une belle écriture, toujours. Des moments de vie. Un peu de poésie, de légèreté et de contrariétés aussi. Parce que la vie est comme ça. J’ai dit déjà que j’aime?


8ème salon St Maur en Poche

J’ai un homme formidable qui m’a emmenée samedi au salon St Maur en poche, dont c’était la 8ème édition ce week-end. Donc après avoir glané au Havre le week-end précédent des dédicaces de Sire Cédric, David Coulon, Johan Theorin, Ian Manook et Maurice Gouiran, j’ai eu la chance samedi de rencontrer (et papoter) des gens adorables, super accueillants tels que: Olivier Norek, Nicolas Lebel, Claire Favan, Ingrid Desjours, Nadine Monfils (lumineuse et rayonnante), Yasmina Khadra (quelle émotion, j’ai tellement d’admiration pour cet écrivain), David Foenkinos, etc….

J’en suis repartie presque euphorique, si ce n’est la fatigue qui m’a vaincue et empêchée de sauter partout… Oui, une vraie gamine! Heu-reu-se je suis!!!

 


2016/28: Je vais mieux, David FOENKINOS

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« Un jour, je me suis réveillé avec une inexplicable douleur dans le dos. Je pensais que cela passerait, mais non. J’ai tout essayé… J’ai été tour à tour inquiet, désespéré, tenté par la paranormal. Ma vie a commencé à partir dans tous les sens. J’ai eu des problèmes au travail, dans mon couple, avec mes parents, avec mes enfants. Je ne savais plus que faire pour aller mieux… Et puis, j’ai fini par comprendre. »

Vraiment, j’aime beaucoup David Foenkinos.

J’ai vraiment aimé ce petit livre, drôle et rafraichissant.

Le narrateur mène une vie qu’on peut qualifier de confortable et routinière. Il travaille dans un cabinet d’architecte, il a une femme aimante, deux enfants, et des amis fidèles. Mais un jour, lors d’un repas avec ces amis, il est pris d’un mal de dos qui ne va pas se calmer. Loin de là. Il va tout essayer pour en venir à bout, tout analyser et se lancer dans la longue quête d’un bien-être providentiel. Mais avant de parvenir à aller mieux, sa vie va complètement se déliter. Pour notre plus grand plaisir.

Une écriture fluide et légère. Foenkinos amène parfaitement l’évolution psychologique du personnage, la façon dont la douleur lancinante (puis de plus en plus insupportable, tant elle devient omniprésente) envahit la vie du personnage, le submerge et lui fait perdre pied. Un roman qui peut s’avérer constructif. Une bonne lecture.


Les souvenirs, David FOENKINOS

 

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« – C’est pour quoi? me demanda le caissier

– Il y a huit ans, j’hésitais devant toutes les barres chocolatées. Je ne savais pas laquelle choisir. Et vous m’avez conseillé des Twix, parce qu’ils sont deux.

– Ah bon? Il y a huit ans? Je ne m’en souviens pas. Vous voulez quoi? Un autre Twix?

– Non. C’est juste que j’ai des problèmes en ce moment dans mon couple. Alors, je voulais avoir votre avis. Je me suis dit que vous deviez être aussi doué avec les femmes. »

Bon, le quatrième de couverture n’est pas très expansif. Après la mort de son grand-père, le narrateur se rend compte de l’importance des relations avec ses proches, qui ne sont pas forcément celles que l’on voudrait. Il va se rapprocher de sa grand-mère, la soutenir quand ses fils vont la faire entrer en maison de retraite contre son gré et tenter de la soutenir dans ses souhaits. Ce qui va contribuer à changer sa vie.

Ce livre a une forte résonnance chez nous. Pour ma mère, d’abord, qui, quelques années après le décès de son grand-père, a eu beaucoup de mal à appréhender l’entrée en maison de retraite de sa grand-mère. Et moi ensuite, qui a été confrontée au même dilemme que le narrateur: quand mes grands-parents ont dû déménager dans la maison de retraite du coin, je dois avouer que j’ai été soulagée de ne pas avoir voix au chapitre. La décision revenait aux enfants. Ils avaient raison mais j’ai eu tellement mal pour mes grands-parents qui ont pris ce changement comme une trahison et une petite mort. Et même si nous faisons de notre mieux pour être près d’eux, bien sur, ils ne parviennent pas à se faire à cette nouvelle phase de leur vie. D’autant qu’eux n’ont pas la possibilité physiquement de réagir comme l’héroïne.

Bref, une forte résonnance, je disais. Un livre fin, plein de tendresse et d’amour, de culpabilité aussi. Quelques larmes versées. Et un gros coup de cœur.

 


La tête de l’emploi, David FOENKINOS

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A 50 ans, Bernard se voyait bien parti pour mener la même vie tranquille jusqu’à la fin de ses jours. Mais parfois l’existence réserve des surprises… De catastrophe en loi des séries, l’effet domino peut balayer en un clin d’œil le château de cartes de nos certitudes. Et le moins que l’on puisse dire est que cet homme ordinaire, sympathique au demeurant, n’était pas armé pour affronter ce qui l’attendait. Buster Keaton post-moderne, il va devoir traverser ce roman drôle et mélancolique pour tenter de retrouver sa place dans un monde en crise.

Un monde en crise, c’est le moins que l’on puisse dire. Le monde de Bernard surtout.

Bernard est conseiller financier dans une banque. Mais, vous l’aurez compris, crise oblige, il va devoir accepter de faire quelques heures au guichet de son agence, en remplacement d’un salarié licencié. Il se pose des questions et cet « effort » professionnel le rend nerveux. Et puis les choses ne vont pas très fort avec Nathalie, sa femme. Au point de décider de faire une pause.

Bernard s’installe à l’hôtel, près de l’agence. Mais, crise oblige, il va se voir contraint de passer de plus en plus de temps au guichet. Il va finir par perdre sa clientèle et être licencié lui aussi. Et puis Nathalie voir un autre homme.

Voilà Bernard de retour au domicile familial. Il va y creuser son trou un certain temps. Mais il va aussi y rencontrer Sylvie. Et sa vie va prendre un nouveau tour.

Je découvre l’auteur. Bon, on ne peut pas dire que ça casse des briques, mais ce n’est pas non plus une lecture désagréable. Bernard, c’est Monsieur tout le monde. Il souffre des affres de l’époque. Il y a de l’humour dans ce livre, mais il est tristounet, mélancolique, pessimiste.  Il  y a une certaine tendresse pour le personnage, à qui absolument rien ne réussit.

Un roman gentillet à lire un après-midi farniente.