Archives de Tag: biographie

Joyeux Noël, Alexandre JARDIN

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Croyez-moi, il est possible de mener sa vie en disant tout. Une existance sans déni… Sans angle mort… S’écria la jeune femme

-Vous n’avez donc aucun secret?

– Si, des montagnes! rétorqua-t-elle.

– Alors?

– Mes secrets me construisent, mes angles morts me détruisent.

Puis elle ajouta avec jubilation:

– A Noël, nous allons recevoir une lettre… Une longue lettre qui dira toute la vérité sur notre famille! Avec amour!

Après ses aveux sur le passé collaborationniste de son grand-père dans « Des gens très bien », Alexandre Jardin s’inspire ici du témoignage d’une jeune femme venue lui révéler sa sidérante histoire. Ils ont en commun la volonté de combattre les « angles morts », ces non-dits qui empêchent de vivre heureux.

Lors d’une séance de dédicaces, l’auteur va faire la connaissance de Norma, venue lui apporter un dossier révélant tous les secrets de son étonnante famille, un clan breton installé sur une petite île. Norma a décidé d’affronter les siens et de vivre dans la vérité.

« Epelant son nom, Norma Diskredapl m’expliqua que son patronyme signifie « impensable » en breton. Puis elle déplora que la traduction française de son nom portât l’accent sur la nature ébouriffée de sa famille – qu’elle jugea « jardinesque », avec le sourire, au motif que sa tribu avait longtemps concilié des fidélités politiques nauséabondes et des moeurs drolatiques; ainsi que de romanesques contradictions. »

Je ne peux pas dire que j’ai aimé ce livre. J’ai trouvé cette lecture difficile et étrange. Entre vérité vraie, « sans angle mort », et roman, je ne saurais vraiment me prononcer. Et j’ai été gênée par la conclusion de cet ouvrage. Narcissisme? Mégalomanie? Volonté de sincérité mal amenée? 

Non, vraiment, là non.


La servante du Seigneur, Jean-Louis FOURNIER

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Ma fille était belle, ma fille était intelligente, ma fille était frôle… Mais elle a rencontré Monseigneur. Il a des bottines qui brillent et des oreilles pointues comme Belzébuth. Il lui a fait rencontré Jésus. Depuis, ma fille n’est plus la même. Elle veut être sainte. Rose comme un bonbon, bleue comme le ciel.

 

Je suis une inconditionnelle de Jean-Louis Fournier. J’aime ce qu’il écrit. Sa façon de raconter ses tragédies, de livrer son amour, son humour acide, ses bons mots. On retrouve ici son style incisif et percutant.

Après avoir rendu hommage à ses fils et à son épouse, il dresse maintenant un bilan de sa relation avec sa fille. C’est très émouvant. C’est un appel d’un père à la fille qu’il perd. Une façon certainement de lui dire qu’il est là, qu’il l’aime, qu’il s’inquiète: qu’il est et reste son père, un phare dans l’obscurité, un refuge en cas de besoin. C’est une main tendue.

Je ne saurais que vous en conseiller la lecture, ainsi que des volumes précédents.

 

« L’humour, c’est une parade, un baroud d’honneur devant la cruauté, la désolation, la difficulté de l’existence »

« Pourquoi, depuis que tu es à Dieu, tu es devenue odieuse? »

« Nous on était heureux avec elle. Peut-être qu’elle n’était pas heureuse avec nous. »

« Elle n’oublie pas les dates. Elle oublie seulement les gens. »

 » […] Conclure que quelqu’un est heureux est toujours très risqué. On peut avoir tout pour être heureux sauf le bonheur. […] »

« Je voudrais te voir agiter ton mouchoir et rire quand je vais partir. Reviens, avant que je m’en aille. »


Darling, Jean TEULE

 

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Elle voulait qu’on l’appelle « Darling ». Pour oublier les coups reçus depuis l’enfance, les rebuffades et les insultes, pour effacer les cicatrices et atténuer la morsure des cauchemards qui la hantent. Elle voulait que les autres entendent, au moins une fois dans leur existence, la voix de toutes les « Darling » du monde. Elle a rencontré Jean Teulé. Il l’a écoutée et lui a écrit ce roman. Un livre unique.

Teulé est un auteur que j’adore. Ce roman est le meilleur que j’ai lu jusque là. Impossible de le lâcher.

Teulé nous retranscrit la vie authentique de Darling, violente, glauque, misérable, pathétique, sordide, poignante, touchante. Une vie d’humiliations, rien ne lui aura été épargné.


Un héros, Félicité HERZOG

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Jusqu’où faut-il remonter pour trouver la source d’une tragédie personnelle? Aux mensonges de la guerre à la génération des grands-parents? A ceux de mon « héros » de père, parti à la conquête du sommet mythique de l’Annapurna en 1950 et laissant dans les cîmes de cette ascension glorieuse une part de lui-même qui le rendra perpétuellement metteur en scène de sa légende? A la liberté d’une mère séductrice et moderne, trop intelligente pour son temps, trop rebelle pour son milieu? A la fraternité fusionnelle et rivale de deux « enfants terribles » élevés dans une solitude commune et dans le culte de l’exploit? Toujours est-il que mon grand frère Laurent, promis à un destin magnifique, finira en vagabond des étoiles hirsute et fou, retrouvé par la police après des mois de fuite… jusqu’à sa chute prévisible. C’était lui ou moi: ce fut lui… Ce roman de notre fraternité blessée, je le lui dois.

En mémoire de son frère schizophrène, Félicité Herzog retrace un portrait acide de sa famille. «Les grandes mythologies familiales mêlées à des mythologies nationales finissent par détruire les êtres les plus vulnérables»,

Le père, Maurice Herzog, vainqueur de l’Annapurna en 1950, ministre de De Gaulle, grand séducteur, collectionneur de femmes.

La mère, Marie-Pierre, intellectuelle, s’enfuit avec (et épousera) Simon Nora, juif, énarque et résistant avant de retrouver son « rang » et d’épouser Herzog. Dont elle finira aussi par divorcer.

Les grands-parents maternels, May et Pierre, emprisonnés à la Libération pour avoir pactisé avec l’Occupant, dignes représentants de leur lignée. « Nous sommes une des seules familles de la noblesse française à n’être pas enjuivée ».

Enfin, Félicité et son frère Laurent, leur rivalité, la maladie du frère, sa violence, sa déchéance.

Ce n’est pas franchement un livre que je recommanderais. Entre la biographie et le règlement de comptes.


Charly 9, Jean TEULE

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Charles IX fut de tous nos rois de France l’un des plus calamiteux. A 22 ans, pour faire plaisir à sa mère, il ordonna le massacre de la Saint-Barthélemy, qui épouvanta l’Europe entière. Abasourdi par l’énormité de son crime, il sombra dans la folie. Courant le lapin et le cerf dans les salles du Louvre, fabriquant de la fausse monnaie pour remplir les caisses désespérément vides du royaume, il accumula les initiatives désastreuses. Transpirant le sang par tous les pores de son pauvre corps décharné, Charles IX mourut à 23 ans, haï de tous. Pourtant, il avait un bon fond.

 

Le résumé dit tout. Jean Teulé montre la descente aux enfers de ce roi maudit, manipulé de tous, en particulier par sa mère, Catherine de Médicis. Il y a bien sur un net contraste entre le terrible sujet et le récit enjoué de Teulé. Mais c’est précisément ce style décalé qui va faire ressortir la fragilité du jeune roi incapable de s’opposer à sa mère.

Sinon, un livre intéressant, où l’on apprend un certain nombre de petites choses: Charles IX chassait dans le Louvre, était habile au tir à l’arbalète, à instauré le 1er janvier comme premier jour de l’année (au lieu du 1er avril). Savais-tu que si nombre de fleurs sont comestibles, le muguet, lui, est toxique (et même mortel si ingéré)?


Un sac de billes, Joseph JOFFO

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Paris en 1941 n’est plus la capitale d’une terre d’asile qui arbore pour devise au fronton de ses mairies « Liberté, Egalité, Fraternité ». Paris est une ville occupée où l’ennemi nazi impose ses lois d’exception et le port de l’étoile jaune à tous les Juifs. Leur mère en a donc cousu une au revers du veston de Maurice et de Joseph avant leur départ pour l’école. Le résultat est immédiat, le racisme des gamins se déchaîne et les deux Joffo rentrent qui avec l’oreille en chou-fleur, qui avec l’oeil poché et le genou meurtri. Oh! En compensation, il y a bien eu le troc proposé par Zérati, le copain de Jo, l’étoile jaune contre un sac de billes, mais leur père a compris: il faut fuir.

Maurice, 12 ans, et Joseph, 10 ans, doivent rejoindre leurs frères Henri et Albert déjà installés à Menton. Ils auront à franchir, seuls, la ligne de démarcation, près de Dax, sans papiers. Les parents suivront plus tard. Et la course vers la liberté commence. Elle les conduit à Menton, puis à Nice et son terrible hôtel Excelsior d’où, sauvés de justesse, ils s’en iront pour retrouver leur soeur Rosette près de Montluçon; ensuite, ce sera Aix-les-Bains et « R ».

Cela, c’est l’itinéraire. Le reste, l’important, c’est ce que raconte Joseph Joffo: les péripéties de l’odyssée des deux frères dans la France occupée de 1941 à 1944 – et le ton dont il rapporte ces choses vues et vécues: spontané, vif, ponctué d’éclairs d’humour en dépit de l’angoisse omniprésente – un merveilleux récit, un poignant témoignage.

 

Je crois que tout est dit. Joseph Joffo livre ici tels quels ses souvenirs d’enfant. Un autre grand classique.

 


Une si belle image, Katherine PANCOL

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Jackie, c’est l’histoire de toutes les femmes. Elle nous ressemble terriblement, mais n’a jamais voulu qu’on le devine. Elle était beaucoup trop fière. Alors elle est devenue un personnage de roman. Pour mieux noue égarer, pour mieux nous épater. Elle a jeté de la poudre de perlimpinpin aux yeux du monde entier. Elle a dissimulé ses fragilités, ses mystères et a construit son propre mythe. C’est le roman d’une vie que Katherine PANCOL nous raconte ici.

Katherine PANCOL aime Jackie. On sent l’immense plaisir qu’elle a pris à relater la saga Jackie BOUVIER KENNEDY ONASSIS. Une très jolie biographie qui se lit comme un roman. Moi qui ais du mal avec les biographies en général, je me suis plongée dans celle-ci.


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