Archives de Tag: Adolescence

2017/44: Respire, Anne-Sophie BRASME

Elle s’appelle Charlène, elle a dix-neuf ans, elle est en prison. Une nuit de septembre, deux ans plus tôt, elle a tué Sarah, son amie d’école. Parce que Sarah, belle, brillante, magnétique, exerçait un pouvoir sur tous ceux qui l’approchaient. Parce que son amitié pour la timide Charlène fut un émerveillement , un don inespéré de la vie. Et puis vinrent les petites déceptions, les attentes, les souffrances. Et l’entraînement dramatique du désespoir et de la passion, retracé ici avec une vérité hallucinante par une romancière de dix-sept ans.

Un drame a eu lieu, un crime a été commis. Charlène a tué Sarah.

Ce roman relate la version de Charlène. Elle est emprisonnée pour l’assassinat qu’elle a commis et elle explique le pourquoi de son geste. Le lent cheminement que va la mener inéluctablement à la tragédie. L’ensemble de tous ces petits riens qui, mis bout à bout, vont la faire basculer et la pousser à détruire sa meilleure amie, sa quasi sœur.

Un roman très intéressant, très bien écrit, qui se dévore. J’ai beaucoup aimé le style. Une premier roman réussi, et plutôt abouti. Une vision de cet état adolescent où tout se joue et se défait, comme tout s’y construit. Un état intermédiaire, entre enfance et vie adulte, pendant lequel tout est possible pour certains quand d’autres se trouvent allègrement piétinés et détruits.

Une bonne surprise.

 

 


2017/29: La première fois que j’ai été deux, Archibald PLOOM

Karen Traban est en terminale et vit seule avec une mère dépressive. Elle est brillante, musicienne et adore danser mais l’amour n’est jamais au rendez-vous. Les garçons de son âge lui semblent sans intérêt. Quand un jeune anglais, Tom, arrive au milieu de l’année scolaire dans sa classe, Karen le prend immédiatement en grippe… Elle ne sait pas encore que ce jeune homme si différent des autres va changer sa vie.

Merci Archibald de m’avoir permis de faire votre connaissance.

Alors, Karen…

Voici un roman initiatique. Une initiation amoureuse.

Karen se désespère. Elle est intelligente, brillante, perspicace, réfléchie et aimerait bien vivre à pleines dents. Elle se sent à l’étroit dans sa vie, dans sa ville, dans ses relations. Elle rêve Du Garçon… Mais ceux qui l’entourent ne sont pas à la hauteur. Et puis, quand elle voit les exemples qui l’entourent… Entre sa copine Mélanie qui enchaine les « erreurs », son géniteur qui s’est fait la belle, les parents de ses amis, …

Et puis un jour, voilà qu’un nouvel élève arrive dans sa classe. Un jeune Anglais, fraîchement arraché de Londres, suite au décès de son père. Un jeune homme mystérieux et spirituel, qui va vite attirer l’attention de notre Karen, bien malgré elle au départ…

Un lien historique intéressant qui lie la Grande-Bretagne, la Pologne et l’Allemagne. Un récit gai, enjoué, frais mais aussi empreint de considérations existentielles quant aux attentes et aux envies de ces adolescents, jeunes adultes en devenir. Une réflexion aussi sur la façon dont le vécu de nos aïeux contribue à nous construire.

Beaucoup d’interrogations de la part de Karen qui se cherche encore et qui ne demande qu’à se lancer à corps et à cœur perdu dans cette passion toute neuve. Karen va vivre pleinement, mais non sans une profonde introspection, cette transition entre cette adolescence qui lui pèse et cette nouvelle jeune femme qu’elle est en train de devenir, ce sentiment nouveau d’être maintenant deux…

Un récit à la fois enjoué, sarcastique et grave. Une lecture fluide et très agréable.

Bémol: Vous êtes un peu dur avec les artistes français, Archibald, quand même. Il y a tout de même quelques bonnes choses chez nous. Je vous trouve un peu injuste. De même, j’ai trouvé certains caractères un peu caricaturaux. Le personnage de Mélanie, par exemple, est intéressant dans son approche et aurait mérité d’être un peu plus affiné. Mais bon, cette lecture n’en est pas moins restée plaisante.

Merci Archibald.

 

 

 

 

 


2016/71: Amelia, Kimberly McCREIGHT

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A New York, Kate élève seule sa fille de quinze ans, Amelia. Très proches, elles n’ont pas de secrets l’une pour l’autre. Jusqu’à ce matin d’octobre, où elle reçoit un appel du lycée qui lui demande de venir de toute urgence. Elle ne reverra plus jamais Amelia: celle-ci a sauté du toit de l’établissement. Rongée par le chagrin, Kate plonge dans le désespoir et l’incompréhension. Pourquoi une adolescente en apparence si épanouie s’est-elle donné la mort? Mais un jour, Kate reçoit un message anonyme qui remet tout en question: « Amelia n’a pas sauté ». Obsédée par cette révélation, elle s’immisce dans la vie privée de sa fille et découvre, à travers les réseaux sociaux, les mails et les sms d’Amelia, une réalité terrible, un véritable monde parallèle qu’elle n’aurait pu imaginer.

La vie de Kate, mère célibataire d’une adolescente de quinze ans, Amelia, bascule lorsqu’elle reçoit un appel du lycée lui demandant de venir de toute urgence. Quand elle arrive sur place, c’est la débandade. Les forces de l’ordre et les secours sont là, un drame vient de se jouer. Amelia s’est jetée du toit de l’établissement. La douleur d’abord, puis l’incompréhension la plus totale ensuite, envahissent Kate. Amelia était une jeune fille brillante, à l’intelligence vive. Une jeune fille à qui l’avenir souriait. Et puis un jour arrive ce sms anonyme: « Amelia n’a pas sauté ». Kate se plonge alors dans la vie d’Amelia et dans celle de son lycée privé haut de gamme. Et elle va faire des découvertes auxquelles elle ne se serait jamais attendue.

Un livre coup de poing pour moi, dont l’intrigue n’est pas sans rappeler le terrible témoignage de Nora Fraisse, « Marion 13 ans pour toujours ». Parce que bien sur, le scénario qui se joue ici est parfaitement crédible. On entend ce genre d’histoire dans les rubriques Faits divers… Et on se dit que cela pourrait aussi toucher nos enfants.

Une histoire parfaitement réaliste donc, très bien menée, pleine de rebondissements. Le roman est mené par les deux personnages principaux, raconté tour à tour par Kate et par Amelia. Kate avec qui nous suivons les recherches, les découvertes qui la mèneront à la vérité. Amelia, depuis la rentrée scolaire, que nous allons suivre dans son environnement, avec qui nous vivrons les étapes qui mèneront à ce drame inexorable.

Un thriller plutôt à tendance psychologique, parfaitement construit. Un stress qui monte crescendo pour chacun des personnages. Une conclusion peut être un poil rapide, mais bien trouvée. J’ai dévoré les 565 pages de ce livre (en édition poche). J’ai adoré, parce qu’il s’agit d’une fiction. Imaginer cette situation me fait froid dans le dos.


2016/49: Moi la grosse, Matteo CELLINI

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On n’est pas heureuse quand on a 17 ans et des kilos en trop. Beaucoup de kilos en trop. Dès qu’elle fait un pas hors du cocon familial, Caterina devient « Cate-la-grosse », « Cate-la-bouboule » ou « Cater-pillar ». Mais rien ne l’atteint, ni personne. Repliée sur son mal-être, elle est une forteresse imprenable. A l’approche de son dix-huitième anniversaire, et de la fête en préparation, saura-t-elle enfin fêler la carapace des apparences?

Cat est obèse. Issue d’une famille d’obèses. Bien évidemment, avec tous ces kilos en trop, sa vie d’adolescente est très compliquée. De toute façon, tout est compliqué; pas que ses relations avec les autres jeunes. Alors Cat se fait indifférente. Rien ne l’atteindra, alors que bien sur, chaque contrariété la percute de plein fouet. Et à chaque fois, elle se renferme un peu plus. Au point de ne plus réussir à voir les bonnes surprises que la vie peut lui réserver…

Je trouve que la réflexion sur le mal-être ici développée (de l’obèse, de l’adolescent), de la sensiblité à fleur de peau (malmenée) et de la fragilité de cette jeune fille, n’est pas suffisemment poussée. Notamment en ce qui concerne les problèmes rencontrés au quotidien par les obèses, justes évoqués.. Ce n’est pas juste le mal-être, les réflexions à la con, ne pas pouvoir poser ses fesses sur un siège ou être essouflée pour avoir seulement fait quelques pas. C’est bien plus que cela. C’est ne pouvoir aller nulle part parce qu’effectivement les sièges ne sont pas adaptés (train, cinéma, cafés, restaurants, salles d’attente, etc…), c’est la douleur ressentie à chaque geste parce que le corps n’en peut plus, ce sont les boutiques desquelles on n’ose plus franchir le seuil parce qu’on va être détaillée et jetée dehors, ce sont les milles et unes petites humiliations quotidiennes (qui sont infinies), c’est aussi la paranoïa qui finit par nous investir à chaque regard des autres, à chaque parole qui bien sur est toujours condescendante… Bref, c’est une masse incroyable de problèmes et d’impossibilités auxquelles il faut faire face. Bien sur, ce que j’évoque là n’est pas valable que pour les obèses.

D’autre part, la chute de ce petit roman m’a un peu gênée. Ca m’a fait penser à ces happy-end des films américains. Un peu trop happy-end justement. Je ne vais pas détailler l’ensemble des éléments qui me font dire ça, sans quoi il ne servirait plus à grand chose de lire le livre, mais c’est un peu trop « bisounours » pour moi.

Après j’ai lu pas mal de critiques très enjouées et positives surce roman. Moi, je suis passée à côté. Une déception.

 


2016/48: L’accident, Agnès AZIZA

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« Ca parle de la mort et les adultes ne veulent jamais en parler. » Aujourd’hui, j’ai quinze ans trois jours et vingt heures comme mon frère le jour de l’accident. Un roman qui parle aussi de la vie. Un roman qui parle aussi de l’amour. Un roman bouleversant.

Un livre dont j’aime le style. J’ai lu L’accident en quelques minutes.

L’histoire de ce livre est très touchante. Ca parle d’une famille composé d’un couple avec deux enfants. Henri et Vanessa sont des enfants qui aiment se chamailler pour des broutilles et se lancent des vannes du style,  » va mourir, je serais plus tranquille ». Mais ce jour-là, Vanessa n’imagine pas une seconde, bien sur, que c’est la dernière fois qu’elle le dira à son frère.

Un accident et sa vie va basculer.  Comme celle de toute la famille, ses parents et les amis proches. Et comment ne pas se sentir coupable quand on a souhaité la mort de son frère, même pour rigoler. Vanessa a mis du temps à réaliser, et quand elle y a cru, ça été la dégringolade.

Une histoire très poignante, touchante, et qui peut faire réagir les jeunes aux dangers de la route, à la nécessité de prendre certaines précautions, aux conséquence d’une certaine frivolité. Bien sur, le jeune n’est pas forcément responsable de l’accident qu’il subit, ce n’est pas mon propos, avant que tu râles. Mais cela met le doigt sur une réalité à laquelle beaucoup préfèrent ne pas penser. Et pourtant. Lequel d’entre vous n’a pas perdu un proche (un membre de sa famille ou un ami) sur la route, que la victime ait été responsable ou non de l’accident qui l’a emportée?

Chez nous, il y en a eu plusieurs. Cette histoire courte, le ressenti de cette jeune fille face à la mort, à la perte brutale de son frère, m’a fait pleurer. Et a fait remonter à la surface quelques souvenirs douloureux.

A lire.

 


Qui es-tu Alaska?, John GREEN

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 La vie de Miles Halter n’a été jusqu’à maintenant qu’une sorte de non-évènement. Décidé à vivre enfin, il quitte le cocon familial pour partir dans un pensionnat loin de chez lui. Ce sera le lieu de tous les possibles. Et de toutes les premières fois. C’est aussi là qu’il rencontre Alaska. La troublante, l’insaisissable et insoumise, drôle, intelligente et follement sexy. Alaska Young.

Une très jolie histoire d’adolescents. Très touchante, à nouveau.

Une bande d’adolescents qui contre toute attente se lie d’amitié, en quête d’identité, de sens à donner à leur vie, de questionnements, qui subissent pour certains le poids des inégalités sociales. Miles est un ado comme les autres, qui fait ses premiers pas dans sa vie. Miles espère beaucoup de cette nouvelle vie loin de chez lui. S’ouvre pour lui, comme il le dit, la « quête du Grand Peut-Etre ». Ce sera pour lui l’occasion de découvertes majeures et d’expériences diverses, de nombre de premières fois (coup de foudre, alcool, …). Puis la confrontation violente à l’inadmissible: déni, désespoir, colère, regrets, remords, incompréhension, douleur.

Un bon roman d’apprentissage, à mettre en les mains de tous les ados.


Nos étoiles contraires, John GREEN

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Hazel est malade. Gravement. Augustus est en rémission. Elle a 16 ans, lui 17. Dès leur rencontre, en groupe de soutien, il est charmé par son originalité, elle est séduite tout court. Ils ont le même humour, le même regard sans concession et leur complicité est immédiate. C’est le début d’une magnifique histoire d’amour et d’amitié.

 Hazel a 16 ans. Elle est atteinte d’un cancer mais son dernier traitement a stoppé l’évolution du vilain crabe et lui laisse un peu de répit. Elle participe à contrecoeur à un groupe de soutien où elle va faire la connaissance d’Augustus et d’Isaac.

C’est poignant, très émouvant, sans pour autant tomber dans le mélodrame. Oui c’est triste. Oui j’ai pleuré. Mais parce que c’est touchant. L’histoire d’Hazel et de Gus est terrible et magnifique. Une histoire forte d’amour et d’amitié infaillible. Oui, la maladie et la mort sont omniprésentes. Mais l’histoire ne ressasse pas que le malheur ou la détresse des personnages. C’est un formidable hymne à l’espoir. Comme d’autres l’ont si bien dit, « une ode à la vie ».

Une très belle lecture.

(Je n’ai pas vu le film. Je vais très rarement voir les adaptations car en général je ne croche pas. Paraît que cette adaptation est un peu décevante. Trop patos justement. J’ai vu des comparaisons avec Love Story.)