Archives de Catégorie: Témoignages et documents

2019/23: Pile et face, Patricia FONTAINE

Trois vies, trois destins se croisent et entament une quête identitaire et une catharsis au travers d’un fait historique, le coup d’Etat de Pinochet au Chili en 1973 et le régime totalitaire qui a terrorisé la population chilienne pendant dix-sept ans.

Clarisse est contrainte de fuir au Chili, à Santiago. Pour la première fois après quarante-deux ans d’exil, Marta retourne à Santiago. Au cœur de l’été austral, elles découvriront que celui qui les réunit, au seizième étage, sur le toit d’un des immeubles massifs de la capitale, est « La Fouine brune ». De quel ennemi est-il question? Comment vont-elles se retrouver à déterrer un pan, toujours à vif, de l’histoire récente du Chili?

Pile et Face s’est façonné à partir de témoignages recueillis en Belgique et au Chili, de séjours à Santiago et dans le désert d’Atacama, de lectures et de films. Le passé et le présent s’articulent autours de faits et de vécus.

Tout d’abord, je remercie vivement les Editions Academia de l’envoi surprise de ce service presse (merci Anne d’avoir pensé à moi!).

Amélia Dupuit obtient un poste d’aide-soignante à la Résidence Saint-Jacques, une maison de repos et de soins pour personnes âgées. Mais voilà, son passé va très vite la rattraper. Derrière Amélia se cache Clarisse, traquée par Mike, qui la considère comme sienne. Mike tient Clarisse. Il l’offre en pâture lors de ses soirées, et Clarisse n’a pas le choix. Elle croyait avoir réussi à échapper à son bourreau et commencer une nouvelle vie sous l’identité d’Amélia, mais…

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2019/21: Voyage intime au milieu de mémoires à vif, le 17 octobre 1961, de Marie-Odile TERRENOIRE

Comprendre l’enchaînement des circonstances qui ont conduit au massacre d’octobre 1961 à Paris fut le projet de l’auteure, fille de Louis Terrenoire, ministre du général de Gaulle et porte-parole du gouvernement de février 1960 à avril 1962. Cinquante ans après le drame provoqué par la répression policière, elle cherche à déterminer les responsabilités gouvernementales tout en s’interrogeant sur l’utilité des commémorations répétitives des massacres passés pour conjurer l’avenir. Elle raconte le long cheminement de sa recherche. C’est au nom d’une lucidité personnelle et pour en avoir le cœur net qu’elle se nourrit des dossiers que son père a laissés aux Archives nationales : son journal et les notes qu’il a prises sur le vif au Conseil des ministres. Ce sont des documents inédits que Marie-Odile Terrenoire met en regard avec les recherches les plus connues sur la tuerie d’octobre 1961, celles de Jean-Luc Einaudi, de Jean-Paul Brunet et celle de Jim House et Neil MacMaster. Elle éclaire les rôles respectifs de Maurice Papon, Roger Frey, Michel Debré et du général de Gaulle. Elle décrit comment la ligne gouvernementale se traduit par altérations successives au niveau de l’exécution.

Tout d’abord, je remercie Masse Critique de Babelio et les Editions Recherches de l’envoi de ce service presse très intéressant.

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2019/18 : Où on va papa? Jean-Louis FOURNIER

  • Editions Le livre de poche
  • ISBN: 978-2253127840
  • 160 pages
  • Pour le commander: Amazon, Cultura, chez ton libraire.

Un père décide d’écrire un livre à ses deux garçons handicapés : ses peines, ses remords mais aussi ses joies. Une œuvre littéraire plus que documentaire, sorte de déclaration d’amour disloquée, dans un style incisif et clair, faits de chapitres courts comme des respirations suspendues. 150 pages pour se souvenir de Mathieu et de Thomas, rire pour ne pas pleurer.

J’aime ces petits livres de Jean-Louis Fournier dans lesquels il livre ses drames, toujours avec un humour acide.

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2019/10: Faites vos vœux!, Martine MAGNIN

Offrir ses vœux est au cœur de la tradition. L’auteur s’est interrogée sur les motivations et le sens caché sous nos mots et sur les vertus possibles des vœux que nous formulons tous et sur les bonnes résolutions que nous nous proposons de suivre. Elle a décidé de recueillir nos rêves et nos souhaits, et d’analyser les subtilités enfouies sous nos déclarations. Avec humour, ce texte dépeint notre société au travers de ces démarches traditionnelles. Ce texte repère nos travers et nos secrets et les décortique allègrement, mais il sait aussi nous émouvoir par des rêves aussi bouleversants qu’inattendus.

« Bonne année, bonne santé, tous mes vœux! » C’est ainsi que Martine est accueillie par sa pharmacienne. Et c’est ainsi que commence sa réflexion.

Là, en l’occurrence, elle en ressort l’hypocrisie et aussi la tradition de formuler ses vœux, à tout le monde sur le même ton. Alors, Martine s’est interrogée et il en ressort cet essai.

On y retrouve tout l’humour de Martine Magnin, sa fantaisie, sa douceur, sa bienveillance. En se penchant sur cette tradition, elle décortique les sous-entendus, les non-dits. Elle interroge sur la motivation de ces vœux, et aussi sur leur sens profond.

Quelle est la part de sincérité dans ces formules que nous échangeons chaque année? Quelle en est la part d’empathie, d’amitié, de « j’m’en foutisme », la part d’obligation, de convention? Martine a collecté des vœux, et aussi des bonnes résolutions. « Nous allons faire vivre nos mots pour que vivent nos rêves à n’en plus finir. » Vous vous retrouverez au détour de certains de ces vœux, que vous aussi, tout comme moi, avez exprimés.

Alors voilà, il y a là des pistes de réflexion, de l’humanité, des prises de position.

La gentillesse, la courtoisie, la bienveillance et l’empathie sont souvent malmenées par le cynisme général et l’actualité hostile. Passerait-on onze mois dans l’indifférence, l’amertume, l’ironie, la raillerie, et l’insulte du bout des lèvres, pour abandonner cette attitude peu amène juste pendant le mois de janvier?

Il y a là des espoirs, des désespoirs, des attentes déçues, des bouteilles à la mer, des mains tendues, … Un reflet de notre société, de ce qu’elle recèle encore de bonheurs et de bienfaits, mais aussi de ses coups de massue.

Merci Martine.


2018/67: Une vie au service de la police technique et scientifique, Patrick NAZET

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Passionnant ! On entre dans un monde dont le nom seul évoque quelque chose : police technique et scientifique. Avec le récit de son expérience, agrémentée de sa participation à des affaires célèbres, comme l’enquête sur la mort de Claude François, Mesrines, ou l’enlèvement du baron Empain on est au coeur de l’évolution du métier que Patrick Nazet a exercé pendant 32 années.

Quand on parle de police technique et scientifique, on a tous tout de suite en tête l’image d’une flopée de séries TV, à commencer par Les Experts… Eh bien sache que les enquêteurs français n’ont vraiment rien à envier aux Américains: voici exposée dans ce témoignage la réalité derrière la fiction.

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2018/34: Claustria, Régis JAUFFRET

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28 avril 2008, dans une petite ville d’Autriche, une mère sort avec trois de ses enfants d’une cave où elle a vécu dans une claustration absolue durant 24 années. Violée par son père, elle les a mis au monde dans cette prison sans fenêtre. Sur place, l’auteur a découvert de nouveaux éléments qui remettent en cause l’enquête de police. Claustria est le roman de cette histoire unique.

Ce roman s’inspire d’un sordide fait divers. Rappel des faits: L’affaire Fritzl est un cas d’inceste découvert durant la fin du mois d’avril 2008 à Amstetten, en Autriche. A 42 ans, Elisabeth Fritzl déclare qu’elle a été emprisonnée, violée et physiquement agressée par son père, Joseph Fritzl, pendant 24 ans. Il l’a séquestrée dans une cave insonorisée creusée dans le sous-sol de sa maison. Quatrième née de sa fratrie (Joseph Fritzl et son épouse Rosemarie ont eu 7 enfants), elle donne naissance elle-même à 7 enfants durant sa captivité. Trois sont séquestrés avec leur mère (Kerstin, Stephan, Félix), un décède peu après sa naissance et les trois autres sont adoptés par Joseph Fritzl et son épouse (Alex, Monika, Lisa). Il soutiendra toutes ces années que Elisabeth ayant rejoint une secte, elle aurait déposé les enfants devant sa porte avec un mot.

Ce thriller s’apparente à une enquête. C’est un roman journalistique, tant il est crédible. L’auteur conserve à Joseph Fritzl son nom car il est le seul personnage de ce roman auquel il n’a rien changé. Tous les autres ont leur nom modifié puisque Régis Jauffret leur prête des réactions, des sentiments qui auraient pu être les leurs certes, mais qui ne sont que le fruit de ses recherches, de son interprétation, de son imagination.

Joseph Fritzl commence à violer sa fille quand elle a 11 ans. Il la séquestre à ses 18 ans. Angelika et ses enfants vivent en parallèle avec la « famille du haut ». La seule chose qui rythme ce temps incommensurable est un vieux poste de télé. Dans cette cave, les protagonistes vivent dans une autre dimension, qui finit par ne plus rien avoir en commun avec la vie « normale », d’un point de vue moral, éthique. Les situations décrites par l’auteur sont reproduites sur la réalité (même si la vie dans la cave est imaginée), comme l’arbre de Noël par exemple ou le journal tenu par Angelika. Un quotidien s’est mis en place dans cette cave.

Jauffret s’est déplacé pour suivre le procès de Josef Fritzl. Il est allé voir cette cave. Il retranscrit ce temps en dehors du monde, dans l’obscurité, l’odeur pestilentielle qui l’agresse, le manque soudain d’air, la suffocation, les rats qui ont envahi l’espace, la peur panique qui le gagne… Toute l’horreur de la claustration. Provoquée par un homme ordinaire, quelconque.

Un roman dérangeant et efficace. Quelques longueurs, mais qui rendent compte de 24 années d’enfermement. De la routine qui prend le pas sur l’horreur. Au bout de tant d’années, il ne s’agit plus d’un drame pour ses protagonistes, mais d’un quotidien comme un autre, avec ses codes.

 


2018/01: La Serpe, Philippe JAENADA

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Un matin d’octobre 1941, dans un château sinistre au fin fond du Périgord, Henri Girard appelle au secours: dans la nuit, son père, sa tante et la bonne ont été massacrés à coups de serpe. Il est le seul survivant. Toutes les portes étaient fermées, aucune effraction n’est constatée. Dépensier, arrogant, violent, le jeune homme est l’unique héritier des victimes. Deux jours plus tôt, il a emprunté l’arme du crime aux voisins. Pourtant, au terme d’un procès retentissant (et trouble par certains aspects), il est acquitté et l’enquête abandonnée. Alors que l’opinion publique reste convaincue de sa culpabilité, Henri s’exile au Venezuela. Il rentre en France en 1950 avec le manuscrit du « Salaire de la peur », écrit sous le pseudonyme de Georges Arnaud.

Jamais le mystère du triple assassinat du château d’Escoire ne sera élucidé, laissant planer autour d’Henri Girard, jusqu’à la fin de sa vie (qui fut complexe, bouillonnante, exemplaire à bien des égards), un halo noir et sulfureux. Jamais, jusqu’à ce qu’un écrivain têtu et minutieux s’en mêle… Un fait divers aussi diabolique, un personnage aussi ambigu qu’Henri Girard ne pouvaient laisser Philippe Jaenada indifférent. Enfilant le costume de l’inspecteur amateur (complètement loufoque, mais plus sagace qu’il n’y paraît), il s’est plongé dans les archives, a reconstitué l’enquête et déniché les indices les plus ténus pour nous livrer ce récit haletant dont l’issue pourrait bien résoudre une énigme vieille de soixante-quinze ans.

Sincèrement, j’ai du mal à comprendre le battage médiatique qui a eu lieu lors de la sortie de ce livre. J’ai longuement hésité à l’acheter: il y a eu pléthore de retours ravis et élogieux. Pourtant, j’ai aussi croisé quelques avis plus tempérés qui m’ont laissée indécise. Je remercie donc mon homme d’avoir tranché pour moi.

Voici donc une enquête criminelle minutieusement documentée et étayée, agrémentée de l’humour de l’auteur qui détend l’atmosphère. 634 pages d’étude appuyée du dossier d’instruction de l’époque, des rapports d’enquête (à charge contre Henri Girard), de démarches et de questionnements divers. Je précise pour une fois le volume de ce livre, car je t’assure que cela a son importance si tu te lances dans cette lecture.

Philippe Jaenada affectionne les digressions. Beaucoup. Trop. Elles sont très nombreuses;  l’auteur agrémente son récit de parenthèses plus ou moins opportunes et à-propos, rarement essentielles ou indispensables, souvent superflues. A mon sens, même si quelques unes sont pertinentes ou m’ont fait sourire, la plupart alourdit le texte. Cette façon de passer sans cesse du coq à l’âne m’a semblé lourd et parfois ennuyeux.

Bien sur, le sujet reste intéressant. La vie d’Henri Girard a été singulière, bien remplie, riche et éloquente. Henri fut un personnage extravagant, excentrique, déraisonnable, étonnant, inénarrable mais incroyablement et irrémédiablement abîmé.

L’enquête menée par Philippe Jaenada a été méticuleuse. Il n’hésite pas à passer du temps (des pages…) à étudier certains détails qui ont pesé lourd dans la balance à l’encontre d’Henri, testant et démontant tour à tour un nombre certain d’hypothèses. (Excessivement?) Le cheminement de sa pensée est très largement détaillé.

Bref, je reste sur une impression mitigée. Je n’encenserai pas ce livre, trop long. Cependant, je dois avouer que le sujet m’a intéressée et que certains passages m’ont donné envie d’en savoir plus sur la Vie et l’œuvre d’Henri Girard.