Archives de Catégorie: Spiritualité

2018/62: De miel et de saké, Nathalie MARANELLI

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Dans la forêt d’Amazonie, sur la terre des Guaranis, le vieux chef, le cacique, ordonne à Anahi de rentrer en Europe. La jeune métisse doit trouver ce mythique parchemin qui seul sauverait les Indiens de la mort annoncée. Le progrès, comme disent les  Occidentaux, ravage la forêt, et les terres ancestrales disparaissent inexorablement, emportant avec elles toute une civilisation.

De retour chez elle, à Paris, loin de la terre de ses ancêtres, Anahi doit trouver le secret de ce parchemin, le message que les Blancs sauront entendre. Avec la rencontre de deux cultures, c’est autour de la cérémonie du thé que le secret surgira : avec du miel ou avec du saké ?

SORTIE LE 8 SEPTEMBRE 2018

Tout d’abord, je remercie vivement les Editions Lazare et Capucine de l’envoi de ce service presse.

Voici un très joli roman. L’écriture est dénuée d’artifices et est empreinte d’une grande douceur. J’ai aimé le style de l’auteure, à travers lequel ressortent toute sa sensibilité et son empathie. Mais aussi ses prises de position.

L’arrière-grand-père d’Anahi est le chef et chaman d’une tribu amazonienne, les Guaranis. Il mise beaucoup sur la jeune femme pour faire passer son message et sensibiliser les Européens au problème de la déforestation massive de l’Amazonie (entre autres).

En effet, les tentatives d’ interventions du vieux chef sont restées lettre morte. Rien ni personne ne lève le petit doigt pour leur venir en aide et sauvegarder leur patrimoine. Le défrichage bat des records. Ce roman rappelle la catastrophe que représente cette déforestation et exploitation continues: le choc des cultures, le vol des terres aux tribus, la disparition de la faune et de la flore, le déplacement et l’occidentalisation des tribus, la perte des repères et des traditions ancestrales, le taux croissant de pollution, la diminution des ressources en eau, la crise écologique et énergétique, ….

Ce roman, c’est aussi une ouverture à l’Autre, c’est un encouragement au partage, chaque culture ayant à apporter aux autres, c’est une sagesse à partager. Ce roman met en avant  à la fois l’urgence de notre situation environnementale et la richesse de la diversité culturelle. C’est une éloge à la tolérance, et je pense, un parfait reflet de la personnalité de l’auteure.

J’aurais juste le regret que ce livre soit si court. J’aurais aimé en savoir davantage sur le quotidien, les mœurs et coutumes de la tribu, ici mise en avant au travers de la sagesse de Takia. Sur la culture nippone aussi, si riche en enseignements.

Bref, un joli récit, entre roman, autobiographie et conte initiatique. Un sympathique clin d’œil à la non moins sympathique Dame au Chapeau Noir… Un roman qui fait voyager, plein d’une belle philosophie de vie.

 

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2017/88: Le voyage de Kirikoustra, Livre premier, KIRIKOUSTRA

Kirikoustra, lui qui se voulait devenir, se verra peut-être lu par vous cet autre qui dans vos mains détenez un fragment de son histoire, de notre Histoire. « A travers les âges, je vous mènerai malgré vous à ce présent que vous avez voulu ignorer. Oh! oui vous qui l’avez chassé, l’Homme Dernier se rappellera aujourd’hui à vous. Alors un peu de courage, le voyage saura se faire court et loin de moi l’idée de vous sortir de votre quotidien, seulement le mettrais-je à la lumière de la pensée, de notre pensée! » Ainsi aura parlé Kirikoustra, lui qui par vous aura toujours voulu être compris…

Je suis sure que je ne suis pas la seule, mais quand j’ai vu ce livre, j’ai forcément pensé à un mix entre Kirikou et Zarathoustra. Que peut-il bien y avoir entre ces deux extrémités? Eh bien, un ovni… Cet ovni.

« Cet ouvrage est déconseillé aux personnes adeptes de normes et autres conventions. Dépourvu de toute logique, il vous laissera soit dans l’indifférence la plus totale, soit dans un état quelque  peu perplexe.

Se voulant ni subversif, ni constructif et en aucune manière utile, il semble n’être qu’un simple étalage abracadabrantesque des méandres de la pensée de celui qui est parmi nous. »

Le ton est donné, puisque c’est ainsi, avec cet avertissement, que commence ce petit livre. Ce n’est pas un roman. Ce n’est pas un conte philosophique ni tout à fait un essai spirituel. Je le vois plutôt comme un journal atypique, au genre indéfinissable; un journal de notre société, comme une empreinte du moment.

Nombreux sont les thèmes abordés: la mort, la différence, le racisme, le féminisme, l’égoïsme, la liberté individuelle, la perception du terrorisme, notre devenir. Ce recueil amasse les pensées qu’en général nous ne disons pas, même si on les pense très fort.

Alors voilà, on a la sensation de pensées jetées là sur le papier, sans structure, sans grande logique, si ce n’est ce ping-pong entre Kirikoustra et Plume (sa plume qu’il personnifie). Mais chaque chapitre, très concis, s’attache à un sujet. Les chapitres sont entrecoupés d’intermèdes qui mettent le doigt sur les contradiction de notre société.

Alors oui, ce livre me laisse perplexe. Je ne m’y retrouve pas. Je trouve dommage que ces sujets qui tous portent à réflexion ne soient pas plus développés. J’aurais aimé quelques arguments. Au moins que Kirikoustra déroule le fil de ses pensées.

 


2017/59: Le sourire de Robespierre, Olivier DE LAGAUSIE

Si Robespierre est incontestablement le personnage emblématique de la Révolution française, notre mémoire ne lui a pas pardonné la Terreur. Le 9 thermidor de l’an II, il est exécuté avec vingt-deux de ses derniers partisans, au grand soulagement d’une population exténuée, mais aussi des affairistes de tout poil. Il n’aura pas eu la tête de la belle Mademoiselle Lange, cette si jolie comédienne qui se louait dix mille livres par jour. Et la démocratie va poursuivre lentement sa construction sans lui. Mais savez-vous où est sa tombe? Savez-vous qui vient encore la fleurir aujourd’hui? Quelqu’un aurait-il pardonné à l’Ange de la mort? Avec la correspondance entre deux frères, nous retrouvons la vie à Paris sous la Terreur et la Convention thermidorienne, une société secrète qui veut poser les bases philosophiques et spirituelles d’une nouvelle nation, la campagne d’Italie avec les soldats de Bonaparte, Rome la ville éternelle qui a perdu la mémoire. Deux siècles plus tard, la veille de son mariage dans une bastide du Gers, un fantôme vient rendre visite à une jeune femme dans l’austère maison ancestrale de son futur époux. Que vient-il lui dire cette nuit? Elle ne croit pas aux fantômes, mais pourtant… Et pourquoi ce sourire indicible sur le visage de Robespierre?

Voici un roman à la fois historique, politique, spirituel et ésotérique.

A partir de la visite d’un fantôme attaché à la maison familiale et de la correspondance entre deux frères dans les années 1790/1800 (dont l’un est l’aïeul de l’époux), Capucine va retracer une partie de l’histoire familiale de Guillaume. L’un vit la Terreur instituée par Robespierre, l’autre la campagne d’Italie sous l’impulsion de Bonaparte. L’un et l’autre vont vivre et nous faire partager les grands heures d’une incroyable période de répression, de violence, d’épouvante, de notre Histoire.

Un roman par lequel, encore une fois, j’ai appris plein de petits détails historiques. Cela m’a quelque peu rafraîchi la mémoire. Qui aussi interroge quant à la rémanence de l’esprit. Croyez-vous que l’esprit survit au corps? Croyez-vous aux fantômes? Quant à Robespierre, aussi décrié fut-il, que l’on approuve ou non ses méthodes, que serait devenu notre pays sans son intervention?

Une lecture agréable, même si je ne croche pas vraiment aux personnages de Capucine et de Guillaume. Un roman qui interroge, beaucoup. Merci Olivier.

 


2017/06: La Main de Dieu, Olivier DE LAGAUSIE

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Est-ce depuis que Maradona a marqué de la main un but accordé à Dieu par la presse et les supporters, que les joueurs multiplieraient les signes de croix sur les terrains de football? Tout le monde se réclame de Dieu à l’occasion, mais on voudrait aussi nous faire admettre que croire peut tuer, en parlant de guerres de religions ou de terroristes religieux. Et si on ne gagne pas au Loto, eh bien, c’est qu’Il ne nous aimerait pas tant que ça, en fait. Finalement, assis sur son petit nuage, Dieu pourrait se demander si on n’a pas oublié l’essentiel, d’autant que, le dimanche, on tend à rencontrer plus de croyants sur le gazon que dans les églises. Le message ne passe plus? Les druides et les chamanes vont-ils revenir pour remplacer les prêtres?

J’ai pris du temps pour lire ce petit traité. J’ai lu et relu certains passages. Je suis revenue sur d’autres paragraphes… J’ai pris des notes et j’ai réfléchi. J’ai commencé à rédiger cette chronique en critiquant chronologiquement les éléments de cet essai. Mais j’ai arrêté. Déjà parce que développer chaque idée aurait pris un temps fou et des pages pleines pour aller au bout de cette chronique. D’autre part, parce que mes convictions ne concernent que moi, et que je n’ai pas spécialement envie de les étaler ici. Ce n’est pas le but. Cette chronique n’est pas là pour lancer un long et éreintant débat. Je vais donc être plus brève.

Même si je rejoins Monsieur de Lagausie sur un certain nombre de points, j’en diffère sur d’autres. A commencer par la notion de religion (au sens large, j’entends Religion dans son ensemble, quelle qu’elle soit) et la façon dont je la perçois. Puisque de mon point de vue, je ne crois point. Il n’y a pour moi pas de religion(s), mais des sectes officielles qui de tout temps ont fait les beaux jours des dirigeants de chaque époque. Chacun y a trouvé son compte. C’est là très réducteur me diras-tu, et tu auras très certainement raison. Mais je ne vais pas développer ici mon allergie aux religions. Je ne Crois pas. Point. Je n’ai pas de Foi. Mais je respecte, chacun fait ce qu’il veut tant qu’il ne tente pas de m’imposer ses pratiques et croyances. Tout ça est de l’ordre de l’intime et devrait le rester.

Quand j’entends ces politiques qui se targuent d’être de bons cathos, qui déplorent la perte de la moralité d’autrefois… Ca me colle de l’urticaire. On en parle des cathos intégristes? Ah bah oui, y’a pas que les autres…

On peut par contre parler spiritualité. Là, ok, je suis ouverte à la discussion.

Bon, tout ça (et l’approche du christianisme d’Olivier de Lagausie, qui je dois le préciser ne prend pas partie. Il s’agit plutôt d’un constat, un état des lieux, traité avec humour) est développé dans ce livre dans lequel tu es libre de te plonger si le sujet te titille. Ce traité, personnellement, ne me fera pas changer d’avis. Je suis une bourrique têtue et obtuse sur certains sujets, dont celui-ci, que veux-tu… On ne me changera pas. Je n’en ai pas moins apprécié de me confronter à un autre regard.

Merci Olivier, de m’avoir permis de vous lire. Je dois admettre que j’ai ouvert la première page avec la conviction que je détesterai ce livre, vu son sujet. Je m’en excuse car j’ai aimé vous lire. Et ce fut une lecture bien intéressante, une réflexion appuyée et argumentée.

Ce fut l’occasion de quelques révisions, et de quelques découvertes aussi, notamment historiquement et symboliquement parlant, sur l’Eglise catholique romaine, l’Eglise française. Ce rappel historique est très intéressant et remet les pendules à l’heure. J’ai appris de petites choses en vous lisant, Olivier, et déjà rien que pour cela je ne regrette pas cette lecture. Je me suis finalement dit que vous aviez raison sur certaines choses, sur l’importance (ou non), la considération à accorder aux choses… Bref, ce fut un plaisir de vous lire.

Si certains d’entre vous se lancent dans la lecture de cet essai, s’il-vous-plaît passez me laisser votre ressenti. Vraiment, un autre retour d’opinion m’intéresserait.