Archives de Catégorie: roman noir

2019/17: Un fond de vérité, Zygmunt MILOSZEWSKI

Dans toute légende, dit-on, il y a un fond de vérité. À Sandomierz, sage bourgade de la province polonaise, on ne croit plus depuis longtemps que les Juifs enlèvent les enfants catholiques pour les vider de leur sang. Quoique… La découverte d’une jeune notable devant l’ancienne synagogue, égorgée suivant le rituel de l’abattage casher, réveille anciennes croyances et vieux démons… À charge pour le procureur Teodore Szacki, fraîchement divorcé et exilé de la capitale, de trouver la vérité.

Il égratigne la bonne société polonaise, Zygmunt! Et pas qu’à moitié!

Lire la suite
Publicités

2019/09: Cannibales, Régis JAUFFRET

  • Editons Seuil
  • EAN: 9782021309959
  • 192 pages
  • Pour commander: un clic ici.

Noémie est une artiste peintre de vingt-quatre ans. Elle vient de rompre avec Geoffrey, un architecte de près de trente ans son aîné avec qui elle a eu une liaison de quelques mois. Le roman débute par un courrier d’elle adressé à la mère de cet homme pour s’excuser d’avoir rompu. Un courrier postal plutôt qu’un courrier numérique qu’elle craindrait de voir piraté. Une correspondance se développe entre les deux femmes qui finissent par nouer des liens diaboliques et projeter de dévorer Geoffrey.

Les deux femmes sont des amoureuses passionnées. La vieille dame a donné à son fils le prénom du seul homme qu’elle ait jamais aimé, mort accidentellement avant son mariage. Noémie est une « collectionneuse d’histoires d’amour », toujours à la recherche de l’idéal tandis que Geoffrey s’efforce sans succès d’oublier cette amante qu’il a adorée. Un sauvage roman d’amour.

Lire la suite

2019/03: L’étrange cohérence du sablier, Tristan MARCO

  • Auto-édition
  • ISBN: 978-2956429111
  • 302 pages
  • Pour commander: c’est là

Gabriel Caplain entre dans une quarantaine tumultueuse sur le plan sentimental, mais placée sous le signe de la réussite professionnelle. Par un heureux concours de circonstances, il vient d’obtenir un poste qui semble avoir été taillé sur mesure pour lui, au sein de la plus grosse multinationale de la place parisienne.

Rapidement, son employeur, un richissime homme d’affaires américain, propose à Gabriel de participer à une expérience des plus étranges, visant à démontrer que l’âme humaine est soumise au cycle inéluctable des réincarnations. appât du gain, besoin de donner un sens à sa vie, ou simplement quête d’aventure, Gabriel accepte de se lancer dans un voyage initiatique qui le mènera sur le chemin tortueux de l’exploration de son Histoire… de ses histoires. Mais certains souvenirs doivent-ils vraiment quitter les abysses de l’oubli?

Ce roman s’ouvre sur un Paris futuriste, en 2064. Gabriel va s’engager dans une drôle d’aventure!

Voici un roman entre anticipation, science-fiction, ésotérisme et spiritualité. Il est question ici de religion, de questionnements profonds, de réincarnation, de valeurs, de liens de cause à effet.

Lire la suite

2018/79: J’avais pourtant prévenu, Sylvain NAMUR

J’avais pourtant prévenu. J’ai interdit d’abord. Sans succès. Alors j’ai averti. Toujours pas. J’ai fini par montrer les écueils. Rien n’y a fait. Mais pourquoi donc Pandore continue-t-elle inlassablement à ouvrir cette fichue boîte ? Je n’en sais rien. Mais si vous avez lu 39 Heurts, vous ne pourrez pas dire que vous n’étiez pas prévenus. Si au contraire vous êtes en terrain inconnu, alors méfiez-vous des zones sombres de votre âme : elles sont reflétées ici dans un miroir malsain. De toute façon, maintenant que c’est fait, il est trop tard pour refermer la boîte… Alors, prêt à (re)plonger ? Et si la Faucheuse faisait une crise existentielle ? Pourquoi ces hommes déplacent-ils cette montagne ? Comment une femme peut-elle disparaître peu à peu ? Et si vous étiez le seul à voir le néant ronger l’horizon ? Et si le juge convoquait votre urne à votre procès ? Et si cet anniversaire était votre dernier ? Pire ! S’il ne l’était pas ? Dans ces 32 fables, vous côtoierez l’absurdité humaine dans toute son horrible splendeur.

J’avais pourtant prévenu est le deuxième recueil de nouvelles de Sylvain Namur, la suite parfaite de 39 Heurts. Mais d’un ton plus sombre.

Encore une fois, c’est un livre que j’ai lu d’une traite. Je suis arrivée à la dernière page sans m’en apercevoir.

Tu trouveras ici un mélange de drame, de fantastique, de folie. De l’absurdité aussi, propre aux hommes et à leur entêtement. Il y a des relations qui tournent au cauchemar, des cauchemars qui deviennent tangibles. Il y a de l’indifférence, de la maltraitance, de la violence quotidienne. Il y a des fins de vie. Et des crises existentielles.

Ce sont des récits noirs, dans l’esprit du K de Dino Buzzati (un de mes classiques, j’adore ce livre). Impossible de parler de chaque nouvelle sans les spoiler. Mais chacune porte à questionnement. Chacune ouvre un large panel d’interrogations et de réflexion. Beaucoup de thématiques sont abordées: la lutte contre les préjugés, le regard des autres porté sur soi, notre regard sur les autres, notre regard envers nous-même, jamais objectifs, rarement bienveillants. On parle de renoncement, quand on a dépassé le stade du désespoir et qu’il ne reste que le néant.

Certaines de ces nouvelles portent un coup au cœur. Pour moi, c’est par exemple le cas de Jeanne, du Pire, AÏcko ou encore Rosa.

Si tu as déjà lu et aimé 39 Heurts, tu aimeras aussi celui-ci. Si tu ne connais pas encore Sylvain Namur et que tu aimes les récits noirs, ça devrait te plaire…

Merci Sylvain de votre confiance.

 

Pour commander: clic ici!

 


2017/118: Il reste la poussière, Sandrine COLLETTE

il-reste-la-poussiere-de-collectif-1111733867_ML

Patagonie. Dans la steppe balayée par des vents glacés, Rafael est le dernier d’une fratrie de quatre garçons. Depuis toujours, il est martyrisé par ses frères aînés. Leur père a disparu. Leur mère ne dit rien, perpétuellement murée dans un silence hostile. Elle mène ses fils et son élevage de bétail d’une main inflexible, écrasant ses rejetons de son indifférence. Alors, incroyablement seul, Rafael se réfugie auprès de son cheval et de son chien. Dans ce monde qui meurt, où les petites fermes sont remplacées par d’immenses domaines, l’espoir semble hors de portée. Et pourtant, un jour, quelque chose va changer. Rafael parviendra-t-il à desserrer l’étau de terreur et de violence qui l’enchaîne à cette famille?

Un magnifique roman. Même si l’action n’est pas effrénée  et que l’histoire évolue plutôt lentement, je me suis totalement laissée prendre par ce récit. Cette vie confinée dans ces immenses espaces désolés…

Le personnage de Rafael est superbe et terriblement attachant, celui de Steban très intéressant. On déteste la mère et les jumeaux, même si au fil du récit, on trouve des explications à leur comportement. On tremble pour les plus faibles confrontés à une vie très rude et un entourage féroce, sadique et impitoyable. La mère quant à elle est implacable, rustre, inflexible.

C’est un roman fort, puissant, dans lequel je suis entrée sans mal. Les descriptions sont telles qu’on croirait y être aussi. J’aime beaucoup la plume de Sandrine Collette. L’écriture est belle et intelligente.

Acheté pour un polar,  ce récit n’est pas du tout ce à quoi je m’attendais. Il n’est reste pas moins sombre et violent, mais il ne s’agit ni d’un polar ni d’un thriller pour moi. C’est plutôt un portrait féroce et brutal d’une famille en décomposition où la haine et le désespoir sont palpables.

Un coup de cœur.


2017/71: La nuit n’est jamais complète, Niko TACKIAN

La route à perte de vue au milieu d’un désert de rocaille. Arielle et Jimmy parcourent le bitume au volant de leur vieille Ford. Mais quand le père et la fille tombent sur un barrage de police et sont obligés de passer la nuit sur place, tout dérape… Ils se réveillent seuls, abandonnés, naufragés de l’asphalte. A quelques kilomètres de là, deux immenses tours métalliques se dressent, cadavres rongés par la rouille et le temps. Quelques maisons en tôle froissée se serrent pour se protéger du vent. Cette ancienne mine sera leur refuge. Ou leur pire cauchemar… Mais ce voyage au cœur des ténèbres est-il vraiment un hasard?

Alors voilà: Jimmy et sa fille Arielle se retrouvent bloqués au milieu de nulle part par un barrage routier, sous prétexte que la route au-delà s’est effondrée, avec trois autres conducteurs naufragés comme eux: Juan, Florencio et Victor. Ils n’ont d’autre choix que de passer la nuit dans leurs voitures. Quand au matin, ils finissent par se réveiller, ils découvrent que le policier a disparu et que les batteries des véhicules sont toutes à plat. Impossible donc de faire demi-tour et de retraverser cette étendue désertique. Ils trouvent donc refuge à quelques kilomètres de là, dans une mine en apparence désaffectée. Le début du cauchemar.

Un roman noir plus qu’un thriller à mon sens, mais parfaitement maîtrisé. Même peut être un peu trop court… J’étais plongée dans ce récit et je n’avais pas du tout envie d’en sortir. D’autant que j’avais des scenarii plein la tête… C’est un récit oppressant, stressant. Nico Tackian jongle avec talent entre la rationnel et l’irrationnel. Le doute est omniprésent tout au long du roman. Je me suis même demandée un moment s’il ne s’agissait pas finalement d’un récit fantastique.

Nous assistons au lent dépérissement des protagonistes, à leur étiolement, l’épuisement qui gagne, l’abattement, jusqu’à la cachexie. Un état de langueur qui se mue petit à petit en tension de plus en plus palpable au fil des pages, au fur et à mesure que les personnages prennent la mesure de leur situation. Désespérée, la situation.

Bref, un très bon roman, avec un final auquel je ne m’attendais pas du tout.

Une vraie découverte, qui m’a en quelque sorte fait penser à une version noire et un peu destroy de l’Ecume des jours.


2017/70: Après la chute, Dennis LEHANE

Journaliste en pleine ascension, Rachel Childs s’effondre en direct devant des millions de téléspectateurs. C’est le début de la chute. En peu de temps, elle perd tout: son emploi, son conjoint, sa vie idéale. En fait, peut être pas si idéale que cela. Rachel avait une mère manipulatrice, quant à son père, elle ne l’a jamais connu. C’est en cherchant à en savoir plus sur ses origines qu’elle croise la route de Brian Delacroix. Un homme qui va tout faire basculer…

Tout d’abord, merci à Babelio et aux Editions Rivages pour cette découverte. Car si j’ai eu l’occasion d’apprécier certaines adaptations de ses romans, je n’avais encore jamais lu cet auteur. Voilà qui est chose faite.

Ce roman noir est double. Les deux premières parties s’attachent au vécu de Rachel. Sa vie, sa chute, sa dégringolade. Ces deux parties sont centrées sur sa recherche d’identité, son manquer du père, son enfance difficile auprès d’une mère castratrice. Elle se construit malgré ces manques de repères, devient journaliste, grimpe les échelons jusqu’à être envoyée couvrir la catastrophe qui ravagea Haïti. Là, elle perd pied. Elle fait une crise de panique en direct qui va faire basculer sa vie. Elle perd son assurance et le peu de marques qu’elle avait réussi à entretenir. Les années passant elle perd tout et se cloître chez elle. Mais Brian va l’aider.

La troisième partie tient plus du thriller, tourne autour du secret de Brian et de Caleb.

Autant les deux premières parties sont plutôt lentes, puisqu’on y suit chaque étape de la vie de Rachel, puis chaque étape de son effondrement et de son isolement, autant le rythme de la troisième partie s’accélère d’un coup. L’action explose, jusqu’au final qui m’a laissée sur ma faim. Peut être y a-t-il une suite en prévision…

J’avoue au fil de ma lecture m’être demandé où cela allait me mener et où l’auteur voulait en venir. Je ne voyais pas l’évolution envisagée. Et puis arrivent les premiers rebondissements et tout s’enchaîne.

Un bon roman, arrivé au courrier le vendredi, j’ai tourné la dernière page le dimanche après-midi. Une lecture fluide et agréable. Plutôt une bonne surprise.

Sortie prévue le 4/10/2017.