Archives de Catégorie: roman noir

2019/55: Si tous les dieux nous abandonnent, Patrick DELPERDANGE

Aux abords d’un village isolé dans la campagne, Léopold, un veuf qui ne tient plus à la vie que par habitude, recueille sur une route Céline, une femme perdue qui marche dans le froid. Mais Céline est en fuite et repart à la première occasion. À peine s’engage-t-elle sur la route que deux chiens enragés l’attaquent. Dans la lutte, elle blesse mortellement l’un d’eux. Son propriétaire, Josselin, un simplet pétri de fantasmes religieux, devient obsédé par Céline. Alors que le passé de Léopold brouille sa raison et que celui de Céline menace de la rattraper, Josselin manigance pour écarter le vieillard et s’emparer de la jeune femme…

Ce jour-là, en plein hiver, le vieux Léopold s’arrête pour prendre en stop une jeune femme perdue dans cette arrière campagne. Céline n’a nulle part où aller, elle se dit qu’elle trouvera bien une auberge où se poser une nuit dans le patelin voisin. Finalement, le vieux Léopold lui offre de l’héberger.

Ce soir-là, pas très loin de là, deux frères sont attablés. Maurice rumine : Madeline s’est tirée avec le barman du Moonlight. Josselin écoute son frère éructer, le regarde monter en pression.

Le lendemain, Céline reprend la route mais est rattrapée par une tempête de neige. Elle tente sans succès de se protéger quand elle entend des aboiements. Deux molosses apparaissent dont l’un l’attaque. Elle se défend avec une branche, lui en donne un coup sur le crâne et un second sur l’épaule quand l’animal revient à la charge. Le chien finit par s’en aller, mais Céline a une belle morsure et elle s’effondre. Heureusement que Léopold passait justement par-là !

Lire la suite

2019/54: Paname underground, ZARKA

Love Hôtel de la rue Saint-Denis, Afghans du square Villemin, Belleville des lascars, la Chapelle des toxicos, backroom sordide de Montparnasse, QG des fachos de la rive gauche, combats clandestins à porte d’Aubervilliers… Où s’arrête le réel, où commence la fiction ? Alors que l’auteur enchaîne les rencontres et les substances pour raconter le off de la capitale, il est victime d’une tentative de meurtre. La virée se transforme en spirale de défonce et de vengeance.

Si tu aimes le roman noir et glauque, tu vas être servi !

Tu connais déjà une facette de Paris : les paillettes, les monuments, les musées et leurs œuvres uniques, … Le Paris touristique, les caractéristiques de chaque quartier, le cachet de la butte Montmartre, la beauté de Notre-Dame (enfin, jusqu’à ce qu’elle brûle), la gouaille de Pigalle, …

Maintenant, voici le Paris de Zarca. Un Paris underground, tu l’auras deviné, n’est-ce pas ? Un tour des bas-fonds et de ses populations. De leurs particularités aussi. Le Paris des truands en tous genres, des toxicos, de la prostitution. Le Paris de la débauche, des miséreux et autres galériens.

Lire la suite

2019/51: Le manoir des immortelles, Thierry JONQUET

Pauvre Numéro 52 ! Il se promène, insouciant, satisfait. Il ignore que dans l’Empire des Morts, Hadès le guette, l’épie. Et que bientôt, il traversera les eaux noires du Styx pour venir le tuer. Comme il a tué Numéro 28. Comme il a tué Numéro 42. Et là-bas, dans le manoir, Lola, dédaigneuse de ces querelles, dort.

Je poursuis ma découverte de l’univers de Thierry Jonquet. Et le moins que je puisse dire, c’est que je ne vais certainement pas m’arrêter là !

Un roman noir, évidemment, s’inspirant d’un fait divers.

De prime abord, on est embrouillés. Qu’est-ce que c’est que ces chiffres donnés à des personnes entrant dans un certain immeuble ? Qui sont Numéro 42, ou Numéro 52, ou Numéro 30 ?

Lire la suite

2019/46: Le méchant qui danse, Pierre PELOT

  • Editions Bragelonne
  • ISBN: 978-2-8205-1406-6
  • 245 pages en poche, disponible en epub/kindle, 5.99€
  • Pour le commander: Editions Bragelonne, Amazon.

Malheur, c’est le nom d’une famille vosgienne ; bien nommée. Une tribu, dont autrefois l’un des membres a été tué par sa femme, une « d’ailleurs », une pute. Elle a fait de la prison mais le clan Malheur ne s’estime pas vengé pour autant. Elle s’est remariée, la garce, et attend un enfant pour bientôt, de ce Jocco. Le jour de la fête foraine au bourg, Jocco est abattu dans son atelier de menuiserie, par un tireur inconnu. Il y a de la vendetta dans l’air. Et la future mère, enceinte jusqu’aux yeux, qui prend un flingue pour aller dessouder tous les enfants de Malheur

Un roman sur lequel je suis tombée au hasard de mes pérégrinations webesques. Et parfois, le hasard fait quand même bien les choses.

Chapitre premier: Calibre .22 LR. Quinze coups dans le magasin tubulaire placé sous le canon, un seizième possible, balle engagée dans la chambre ; un seizième, ou un premier… Réplique de la Winchester 30/30. Pas un jouet. Munitions Remington. Portée de tir dangereuse à 1 500 mètres. 18 h 56 au cadran de la montre-bracelet. Le doigt sur la détente. L’index. L’ongle est rongé jusqu’à la peau. Les oiseaux se taisent.

Comme chaque année début septembre à Saint-Hiel, la fête foraine s’est installée au village. Du haut de la butte Saint-Jean, dans son atelier de charpentier-menuisier, Jocco en perçoit les flonflons. Pause clope avec le Vieux. Il se tient distraitement devant la verrière. La seconde suivante, il s’effondre. Une balle vient de le faucher, pile au milieu du front…

Ainsi commence ce drame.

Lire la suite

2019/42: Le onzième châtiment, Tristan MARCO

« Qui oserait envisager qu’une poignée d’individus arrogants et cupides puissent jouer avec le destin des peuples comme on joue à la dinette? »

Cassius Belly est vivant. La nouvelle suscite à ce point l’inquiétude qu’elle réunit en urgence dans un motel miteux du Nevada le chef d’une importante agence de renseignement américain, une éminente chercheuse en immunologie et un haut fonctionnaire suisse. Vingt ans qu’ils ne s’étaient pas revus. Vingt ans qu’ils le croyaient mort. Le doute qui se distille en eux comme un poison va les contraindre à revisiter un passé que tous s’étaient juré de ne jamais déterrer. Entre le Congo Belge de 1958 et le Paris des années 80, les pièces du puzzle s’assemblent, laissant entrevoir les contours d’une chimère. Lorsque la vérité menace de sortir de l’ombre, lorsque les histoires d’amour sont à ce point contrariées, chacun doit faire face à ses démons, ses incohérences et ses faiblesses.

D’abord, je remercie vivement Tristan de m’avoir confié son manuscrit que j’ai donc pu découvrir en bêta lecture. D’abord parce que Tristan est un copain de la sphère facebookienne, et ensuite parce que c’est un très bon roman. Si, si, je te jure!

Lire la suite

2019/41: Les oubliés, Malik AGAGNA

En enquêtant sur la disparition d’un rocker sur le retour, un ancien flic, viré du S R P J de Strasbourg pour une bavure monumentale, découvre que de nombreux marginaux disparaissent sans laisser de traces

Pister l’ancien chanteur va l’amener à croiser une cohorte de personnages pour le moins saisissante  : fonctionnaires véreux, migrants apeurés, adolescents déboussolés, musiciens de seconde zone, criminels en mal de rédemption

Quand il avait 23 ans, Serge Peterson était un flic fougueux. Un peu trop, peut-être… Suite à une énorme bavure, il est viré.

Aujourd’hui, Serge a 49 ans. Il fréquente depuis un certain temps Maryse, maman de Jennifer, 18 ans. Le temps où il se prenait pour un cow-boy est loin. Son quotidien est calme et bien rodé. Il travaille en intérim comme soudeur et, quand il est chez lui, il partage son temps entre son voisin et ami Henri, 70 ans, et Maryse.

Mais voilà que le père du petit copain de Jenny a disparu deux mois plus tôt. Ce qui n’émeut pas grand monde. A qui donc va-t-on demander de l’aide, hein? 

Lire la suite

2019/37: Fantazmë, Niko TACKIAN

  • Editions Le livre de poche
  • ISBN: 978-2-253-23753.2
  • 288 pages, 7,70 €
  • Pour le commander: librairiesindependantes.com, chez ton libraire.

Janvier 2017, Paris, XVIIIe arrondissement. Le corps d’un homme atrocement mutilé est retrouvé dans une cave. Le commandant Tomar Khan pense d’abord à un règlement de comptes. Le genre d’affaire qui reste en suspens pendant des années, se dit-il. Mais voilà, l’ADN relevé sur les lieux a déjà été découvert sur le corps d’un dealer, battu à mort dans une cave lui aussi. Et bientôt une rumeur court dans les quartiers chauds de Paris, celle d’un tueur insaisissable, un Fantazmë, un « spectre » en albanais, qui s’en prend à la pègre.

Avec cette enquête troublante, Tomar Khan plonge dans des zones d’ombre où s’affronteront inévitablement son devoir de policier et ses sentiments d’être humain.

Assan revend des cigarettes de contrebande pour un Algérien qui s’en met plein les poches. Il vient d’entrer dans le métro et attend sa rame. Il remarque alors une silhouette proche de lui, au visage parfaitement camouflé. Les sens d’Assan sont immédiatement en alerte et il tente de s’échapper du métro. Mais l’inconnu est trop rapide…

Tomar Khan et son équipe sont appelés sur une scène de crime, dans les sous-sols d’un immeuble. Un genre de no man’s land consciencieusement évité par les habitants, dans une cave duquel a été retrouvé un corps méconnaissable…

Voici un thriller efficace! C’est très noir. C’est glauque et sordide. L’atmosphère est oppressante. Le rythme est soutenu, on ressent parfaitement les nerfs qui se nouent, la peur, l’angoisse. On voudrait fuir cette angoisse qui nous fait suffoquer. Pousser les murs, les parois du crâne de Tomar, partir vite.

J’ai beaucoup aimé, le récit est prenant, l’intrigue captivante et les personnages attachants. Niko Tackian nous traine dans les bas-fonds parisiens. Et il ne va rien nous épargner… Oui, c’est très violent, mais c’est très bien écrit.

C’est aussi un constat cash et sans concession de notre société. Il aborde beaucoup de choses dans ce roman, de nombreux traumas: les attentats de 13 novembre 2015, les trafics en tous genres, l’esclavagisme moderne, les migrants et les problèmes posés par leur accueil. Il parle du peuple kurde et des atrocités vécues. Il parle de combat pour la dignité et pour la liberté. Il parle de personnes qui ont tout perdu, qui ont vécu l’horreur, qui sont traumatisées, qui n’ont plus grand chose à attendre de l’Autre.

Il parle de vice, de cruauté, d’une violence inouïe. Il parle aussi de maltraitance, de violence conjugale, d’addiction, de résilience. D’une très difficile résilience.

Mais il évoque également une main tendue, une humanité défaillante mais pas irrécupérable, l’espoir. Un combat inégal, un idéal auquel se raccrocher, la possibilité d’une lueur crevant les ténèbres. La possibilité d’un mieux. 


%d blogueurs aiment cette page :