Archives de Catégorie: Littérature Young Adult et Jeunesse

2018/70: Victor au cœur des Catacombes, Cédric LEGRAIN

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– Qui est là ? Esprit présente-toi ! L’objet se déplaça d’une lettre à l’autre. Le médium décryptait le message au fur et à mesure qu’il se dévoilait à ses yeux. – S-E-R-G-E ! – L’esprit se prénomme Serge ! – Mais ce n’est pas possible, cria Marie […]

Trois coups retentirent à nouveau. L’odeur fétide s’intensifiait. Marie sortit un mouchoir pour s’en couvrir le nez. […] – Esprit es-tu là ? Si tu es avec nous, manifeste-toi maintenant ! […] Des voix entremêlées venues de nulle part résonnaient dans le cabinet. Une bougie se renversa répandant sa cire bouillante sur le sol. La goutte se déplaça à nouveau et orthographia le prénom Serge une seconde fois. Dans l’obscurité ambiante, un visage et une main apparurent de l’autre côté du miroir placé au-dessus de la console. […] La goutte reprit son mouvement de lettre en lettre. – J’-A-I J-O-U-E E-T J’-A-I P-E-R-D-U ! lut le médium à haute voix. […] – Votre esprit prétend s’appeler SERGE ? – Il ne le prétend pas. Il s’appelle Serge ! – Mais ce n’est pas possible, le seul Serge que je connaisse c’est mon frère. – Il est mort depuis combien de temps ? – Il n’est pas mort ! – Désolé, ma chère Marie, mais j’ai le regret de vous annoncer que votre frère Serge est mort !

Finalement, je n’ai pas pu abandonner Victor! J’ai de suite enchaîné avec le deuxième tome des aventures de cet enfant attachant. Tu vois, c’est un peu comme les aventures d’Harry Potter: je suis tombée dessus un jour hasard et je n’ai pas pu le lâcher ensuite! Là, c’est pareil. La dernière page du premier tome tournée, ma curiosité pour la suite a été la plus forte…

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2018/68: Victor et les âmes de Montmartre

 

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“ Le vieillard prit une grande inspiration […] – Je ne t’ai pas tout dit Victor au sujet du monde des vivants. – Je ne comprends pas papi. – Ce monde n’est plus le nôtre. Chaque sortie se nourrit d’une contrepartie. Ce qui en fait un deal dangereux. – Quelle contrepartie ? Quel deal ? Et c’est quoi un deal ? demanda l’enfant. – C’est une entente, un accord. – Une entente avec qui et pour quoi faire ? – Quand un vivant meurt par maladie, il intègre le monde des âmes au sein d’un cimetière c’est-à-dire ce que nous sommes […] Des fantômes. Nous nous déplaçons dans l’enceinte de ce lieu et ici une nouvelle vie éternelle commence pour nous. Nous vivons désormais tous ensemble quelle que soit la date de notre arrivée. Entre nous, tout est comme à l’extérieur. Nous pouvons discuter, nous toucher, bouger, courir, rire, pleurer. Nous voyons les vivants qui viennent se recueillir sur nos tombes mais EUX ne nous voient pas. Ils ne nous entendent pas. Ils ne se doutent pas de notre présence. Nous ne pouvons communiquer avec EUX ! Quand nous les côtoyons au sein du cimetière, nous ne pouvons les toucher ou attirer leur attention […] On ne peut sortir qu’après vingt heures. Mais il faut être de retour avant minuit sans quoi il faut lui remettre l’esprit d’un vivant. C’est ça le deal ! ”

Voici le premier tome d’une trilogie surnaturelle, qui selon moi s’adresse aussi bien à toi, lecteur émérite, pour qui cette saga sera un moment de pure détente, qu’aux ados. Moi, je l’ai dévoré. Ca se lit tout seul!

Alors voilà: Victor, 11 ans, est décédé voilà trois ans. Il est inhumé au cimetière de Montmartre, dont le gardien n’est autre que son père. Le jeune Victor fait l’expérience de la vie après la mort. Dans son nouvel environnement, Victor va retrouver son grand-père mais aussi un nombre certain d’illustres personnages, plus ou moins farfelus.

Mais voici que se tient de nouvelles funérailles. La nouvelle arrivante est une toute jeune fille aussi, prénommée Sophie. C’est tout naturellement que les âmes des deux enfants se lient d’amitié, que Sophie va se confier à Victor et que ce dernier va tout faire pour venir en aide à son amie…

J’ai tout de suite été prise par ce récit, que j’ai lu d’une traite! C’est léger, il y a plein de rebondissements, de l’humour, des surprises, … Malgré quelques coquilles, je me suis plongée dans les méandres des préoccupations de ces âmes, j’ai suivi avec intérêt leurs histoires, j’ai pris plaisir à me balader le long des allées.

Le rythme est enlevé, les évènements s’enchaînent facilement, le récit est enjoué. Victor est un personnage auquel on s’attache très vite. Il est badin, railleur, moqueur, goguenard, aventureux, audacieux, et d’une infinie gentillesse… Il se retrouve confronté à des situations parfois cocasses, compromettantes, fâcheuses, délicates, et même funestes.

Voilà, c’est une très plaisante découverte et je remercie vivement Cédric Legrain de m’avoir proposé de découvrir son travail. Je te parle bientôt du deuxième tome…

Disponible ici: clique!


2018/54: Dans un battement d’ailes, Amélia VARIN

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« Le vent souffle, emportant les feuilles mortes. Posé sur le rebord de la fenêtre, l’oiseau prend son envol. J’aimerais tellement le suivre. Planer vers la liberté. »

Même lorsqu’on souffre, qu’on pense qu’il n’existe qu’une seule échappatoire, une petite lueur apparaît. Inattendue. Et doucement, le sourire revient. Tellement beau, tellement vrai. Et c’est en déployant ses ailes, que l’on s’envole vers de nouveaux horizons…

Je te parlais déjà il y a peu d’Amélia Varin à travers un recueil de nouvelles, Douloureuse souffrance. Ici, elle reprend le même thème si difficile du harcèlement scolaire, sous un angle un peu différent. Et cette fois-ci, le texte est une plus longue nouvelle.

Le style a évolué. Amélia Varin a mûri. Son écriture s’est développée, elle est plus fine et plus assurée. Ayant elle-même été victime de harcèlement durant ses années de lycée, elle partage là des émotions tangibles. Elle sait de quoi elle parle. Elle ne traite pas son sujet à la légère. C’est posé, réfléchi.

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2018/51: Douloureuse souffrance, Amélia VARIN

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Mina, Mélanie, Victoire et Lisa sont quatre jeunes filles qui ne se connaissent pas. Elles n’ont pas grand chose en commun et vivent bien éloignées les unes des autres. Pourtant une chose les rapproche : leur souffrance. Toutes les quatre n’en peuvent plus de vivre, elles ne peuvent plus supporter cette douleur qui broie leurs entrailles.

Les enfants peuvent être cruels et ces quatre jeunes filles sont bien placées pour le savoir. C’est l’histoire de la douleur et de la souffrance. C’est ce qui arrive quand le gouffre te précipite.

Voici un court recueil de quatre nouvelles. Le récit de quatre drames. Quatre jeunes filles, aux profils bien différents les uns des autres, confrontées à la cruauté de leurs semblables. Mina, Mélanie, Victoire et Lisa sont toutes confrontées d’une manière ou d’une autre au harcèlement scolaire. Si, heureusement, les enfants harcelés restent une minorité à y succomber, les victimes ressentent toutes la même souffrance face aux attaques, qu’elles soient verbales et/ou physiques. Toutes les victimes vivent la peur au ventre.

Dans ce recueil, nous assistons au point de rupture de ces quatre jeunes filles, l’instant où tout bascule. Le harcèlement scolaire est un vaste sujet, terriblement compliqué. Et Amélia Varin en sait quelque chose, en ayant elle-même été victime.

De mon temps (j’ai l’impression de parler comme ma grand-mère!), on ne parlait pas de harcèlement scolaire. A peine évoquait-on un peu de chahut… Ce qui n’empêchait pas de morfler, de bouffer des insultes…

Ces lignes, si elles sont encore celles un peu hésitantes d’une jeune femme blessée, débordent d’émotion, de souffrance. Mais aussi d’empathie et d’espoir, notamment au travers de l’histoire de Lisa. Parce que personne n’est à l’abri, et parce que tout le monde est concerné.

Ce recueil vient en écho à deux chroniques déjà publiées: Marion 13 ans pour toujours de Nora Fraisse, et Condamné à me tuer de Jonathan Destin. Deux témoignages terribles. Un recueil donc qui est malheureusement toujours au fait de l’actualité. Des gens comme Amélia, qui témoignent et qui sensibilisent, sont nécessaires. Merci Amélia.

Loi sur le harcèlement scolaire

 

Association Marion La main tendue

Stop Harcèlement: 0 808 807 010

Jeunes Violence Ecoute: 0 808 807 700

Cyber-harcèlement: 0 800 200 000

Site Agir contre le harcèlement à l’école: 3020

Association Noelanie

Association ALCH

 


2018/26: 13 reasons why, Jay ASHER

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Clay Jensen reçoit sept cassettes enregistrées par Hannah Baker avant qu’elle se suicide. Elle y parle de treize personnes qui ont, de près ou de loin, influé sur son geste. Et Clay en fait partie. D’abord effrayé, il écoute la jeune fille en se promenant au son de sa voix dans la ville endormie. Puis, il découvre une Hannah inattendue qui lui dit à l’oreille que la vie est dans les détails. Une phrase, un sourire, une méchanceté ou un baiser et tout peut basculer.

Hannah a mis fin à ses jours. L’histoire commence sur cet état de fait.

Clay trouve devant sa porte un paquet anonyme. Ce paquet contient sept cassettes. Ces cassettes ont été enregistrées par Hannah. Elle y explique ces petites choses, ces détails insignifiants pris un par un, mais qui mis bout à bout, l’on conduite à cette décision irréversible. Treize personnes sont concernées. Chacune a joué un rôle, parfois insignifiant, parfois important, dans l’histoire de Hannah. Chacune de ces tranches de vie ont contribué au décès de Hannah. Treize personnes. A chacune une face de cassette. A chaque face, une histoire… A chacun de passer le paquet au suivant, selon l’ordre des cassettes.

Hannah explique son geste. Elle explique le cheminement de ses sentiments, de ses ressentis, son vécu et sa façon de percevoir les choses. Un suicide peut être une conséquence de beaucoup de choses. Pour Hannah, son lycée est un microcosme qu’elle subit au quotidien, un univers sali et perverti par la bêtise et la méchanceté de ceux qu’elle côtoie.

Un récit empreint de beaucoup d’émotions et de sensibilité.

Nota: Ne pas se baser sur la série diffusée sur Netflix, qui bien que construite sur ce roman, comporte des différences non négligeables.


2018/22: Deux secondes en moins, Marie COLOT & Nancy GUILBERT

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« – Vas-y, joue quelque chose. Ce que tu veux, ce que tu aimes, ce qui t’emporte! » Depuis qu’un accident de voiture l’a complètement défiguré, Igor se mure dans le silence. Sa rancune envers son père, responsable de l’accident, est immense, comme sa solitude. Rhéa sombre dans le chagrin après le suicide de son petit ami. Encore sous le choc, elle ne sait plus à qui ni à quoi se raccrocher dans la ville où elle vient d’emménager. Pour l’un et l’autre, tout s’est joué à deux secondes. Deux secondes qui auraient pu tout changer… Et pourtant, Igor et Rhéa reprenne jour après jour goût à la vie en se raccrochant à la musique. Une fantaisie de Schubert et un professeur de piano pas comme les autres vont les réunir et les mener sur un chemin inespéré.

Le père d’Igor est un homme très occupé. Ce jour-là, dans la voiture, en rentrant du conservatoire, il pianote un sms, lâche la route des yeux quelques instants. Suffisamment pour percuter une voiture mal garée le long d’un trottoir. Le père s’en sortira avec quelques égratignures. Mais l’airbag d’Igor ne s’est pas déclenché et celui-ci se retrouve défiguré.

Quant à Rhéa, elle vient d’emménager dans la même ville qu’Igor. Elle ne se remet pas du drame de sa vie. Son petit ami, Alex, s’est suicidé en se jetant sous un train. Elle ne parvient pas à comprendre ce qui a motivé son geste désespéré. Sa vie d’adolescente insouciante s’est arrêtée à cet instant-là.

Un très joli roman jeunesse, dans la parfaite lignée de Nos étoiles contraires de John Green. Un roman bouleversant mettant en scène des adolescents que la vie à laissés sur le bord de la route. La vie de ces deux-là est une palie ouverte, à vif. Ils ont tout perdu en quelques secondes. Un roman dur mais plein d’espoir.

La musique avait une place prépondérante dans leur vie d’avant. Un professeur du conservatoire, à l’instinct très affuté, va les prendre sous son aile, et à force de patience et de fine psychologie, va les amener à se dépasser et à revivre. Il leur permettra de surmonter leurs traumatismes et de se reconstruire.

Les thèmes abordés ici sont très sombres: le suicide, la mort, le drame, le déni, le deuil, la colère, la révolte, la reconstruction. Parce qu’il faut trouver une pierre sur laquelle construire une nouvelle vie, accepter le regard des autres, s’accepter soi-même, pardonner aussi. Il leur faudra faire preuve d’indulgence, d’empathie aussi. Ce qui est loin d’être simple, écouter les autres quand on est plus qu’un gouffre béant de douleur et de ressentiment. Ils devront accepter leur état. Ils devront accepter qu’ils ne peuvent pas tout maîtriser, qu’ils peuvent parfois être les marionnettes d’un destin incontrôlable et impitoyable. Ils devront faire preuve d’une incroyable volonté pour continuer à vivre.

Un très beau roman. Un grand merci à Babelio et aux Editions Magnard Jeunesse.

 

 


2018/17: Luz, Marin LEDUN

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Premier dimanche des vacances d’été. Luz claque la porte de chez elle, furieuse après ces adultes qui restent à table jusqu’au milieu de l’après-midi, qui rient et qui boivent trop. Légèrement grisée par le soleil brûlant, l’adolescente gagne les rives de la Volte où se prélassent des groupes de baigneurs. Elle rencontre thomas, un élève de troisième qu’elle connaît peu mais qui lui plaît, accompagné d’une amie. Tous les trois décident de se rendre jusqu’à un point d’eau difficile d’accès, mais beaucoup moins fréquenté. Là où la nature devient dangereuse, les rencontres aussi…

Luz, quatorze ans, part vite de chez elle pour aller se baigner à la rivière, laissant derrière elle les adultes avinés encore attablés dans le jardin, pendant que sa mère et sa tante font la vaisselle et rangent la maison. Elle fuit surtout le voisin, ami de son père, dont le comportement équivoque la met très mal à l’aise. Elle retrouve près de la rivière Thomas et Manon, une élève de sa classe. Une fois installés au fameux point d’eau, au regret de Luz, des amis de Thomas s’incrustent. La bière coule à flot, la jeunesse n’est pas sérieuse… Mais voilà, tout ne va pas se passer comme espéré…

Un roman court (158 pages, Editions J’ai Lu) mais prenant, que je qualifierais de roman à suspens jeunesse. Un roman agréable, qui décrit les incertitudes et les contradictions d’une adolescente en pleine découverte d’elle-même. Luz n’est pas encore capable de gérer le désir qu’elle peut provoquer chez les garçons, mais pourtant son envie de plaire et de séduire la taraude. Comment se donner une attitude cool tout en restant sage? Donner libre court à son envie de liberté et d’émancipation tout en se préservant des mauvaises surprises ou des mauvais comportements? Difficile finalement de céder aux tentations…

Un petit roman intéressant.