Archives de Catégorie: Horreur

2018/35: Peau morte, Thomas DESMOND

61RbZ7xN3JL__SY346_

Au fond des bois se cache une vieille cabane. Elle semble abandonnée, mais un homme atteint d’une maladie mystérieuse y vit seul, loin de la société, oublié. Mais ce soir, il a un invité très spécial. Ça fait longtemps qu’il n’a pas eu un peu de compagnie. Il n’a plus l’habitude de discuter, bavarder, tailler le bout de gras… Pourtant Dieu sait qu’il aime ça. Arrivera-t-il à tenir sa langue ?

Bienvenue chez Vincent Delair! Vincent est un enfant de la Lune. C’est-à-dire qu’il est atteint de Xeroderma Pigmentosum, un nom barbare qui signifie littéralement « derme sec et pigmenté ». Cette maladie génétique très rare touche un enfant sur un million, et concerne 91 jeunes patients en France. La peau est agressée par les ultraviolets et ne se régénère pas. Aucune parcelle de peau ne doit être exposée à la lumière du jour, il ne peut donc sortir que la nuit.

Vincent vit dans une cabane, cachée dans les bois, où l’on exilé ses parents. Son père, alcoolique et violent, lui a mené la vie dure. Jusqu’à ce que sa mère l’égorge. Autant dire que Vincent a très rarement la possibilité de rencontrer du monde… Mais aujourd’hui, Vincent a de la visite. Cette nouvelle est d’ailleurs la conversation que Vincent tient à son invité.

Si au départ, l’ambiance semble très conviviale, presque fraternelle, on se rend vite compte que quelque chose cloche. Thomas Desmond installe l’angoisse, le stress puis la terreur au goutte à goutte: au fur et à mesure de son monologue, puisque son interlocuteur semble muet, Vincent donne des indices sur sa vie très particulière. On devine vite qu’il a depuis longtemps sombré dans la folie… L’inspecteur André Lemaître n’aura pas dû venir inspecter cette partie de la forêt. Une initiative qu’il va vivement regretter.

Un récit efficace donc, parfaitement mené, anxiogène à souhait. J’aime beaucoup.

 

Publicités

2018/23: Le souffle des ténèbres, Frédéric LIVYNS

51qBtyZ8M9L._SY346_

Bryan et Suzy se rendent en Bretagne afin de se ressourcer. A proximité d’un étrange village que Bryan ne connaît qu’à travers les récits de son grand-père, ils découvrent les ruines d’un vieux château qu’aucune carte ne mentionne mais que tous les villageois paraissent craindre. Ils décident d’ignorer les avertissements et, animés par la curiosité, entreprennent de s’y rendre. Ils vont bien malgré eux réveiller la force maléfique qui y sommeillait. Un huis-clos surprenant oscillant entre légendes bretonnes et fantastique contemporain.

Après la mort de sa fille, Bryan se reconstruit doucement. Avec son épouse Suzy, ils viennent découvrir Munoz, un village breton d’où est originaire la famille de Bryan. S’il n’est encore jamais venu dans ce coin de Bretagne, il connaît l’endroit par les nombreux récits de son grand-père, qui a quitté le village à l’âge de huit ans dans des conditions qui restent troubles.

Bryan compte bien visiter tout ce qu’il est possible de voir dans la région, à commencer par ce mystérieux château noir à proximité du village, qui n’est répertorié nulle part. L’aubergiste tentera vainement de l’en dissuader, lui expliquant que de sombres légendes étaient attachées à ce lieu et qu’il était préférable de ne pas y aller. D’ailleurs, dans la région, tout le monde évite soigneusement d’y mettre les pieds. Même, on n’en parle pas. Mais Bryan est têtu…

Un thriller ésotérique et fantasmagorique intéressant. Moins sanglant et moins glauque que « Danse de sang », il reste un récit sombre construit sur d’horribles légendes: magie noire, satanisme, messes noires, sacrifices, … Tout y est. Jusqu’au cadre de ce roman: le château de la fille de Gilles de Rais, dans lequel elle avait entrepris de parfaire l’œuvre de son père… L’angoisse est bien distillée, le récit plutôt bien mené.

Un bon roman du genre. Merci aux Editions Lune Ecarlate pour ce service presse.

Je laisse la conclusion à l’auteur: « Le passé devait faire office d’assise, mais jamais de refuge. […] du chagrin peut jaillir l’espoir et des ténèbres peut naître la lumière. »

 


2018/14: Au nom de la vie, CETRO

51FWFXDno+L

La suite de « Au nom de l’art ». Ames sensibles s’abstenir.

Au nom de l’art ou de toute autre concept présenté comme étant d’intérêt supérieur (science, patrie, religion, …), certains sont prêts à tout, y compris au pire.
Au nom de la vie, la leur et celle de leurs proches, d’autres sont prêts à se surpasser, jusqu’à se mettre en péril.
Asseyez-vous, préparez votre coeur… et lisez.

Nous retrouvons Soraya, Noah (et les autres) en pleine fuite. Ils se sont séparés pour avoir plus de chances de survivre. C’est une course poursuite folle qui s’engage, avec pleins d’espoirs, de désillusions, de surprises. Des héros insoupçonnés. Des salauds bien campés.

Le rythme reste intense. Il y a moins de descriptions de supplices, l’action est plus centrée sur la fuite de nos victimes et leur traque par ce qu’est devenu Dudule. Quoique l’idée de l’arbre sanguin est … stupéfiante. On en apprend plus sur Edmond et sur ses motivations. Icare se dévoile, Noah aussi. Sinon, j’ai quelques doutes sur le personnage d’Estelle qui me laisse dubitative. Quant à Soraya, elle incarne toutes les figures féminines à la fois.

Donc c’est mordant, prenant, incisif, brutal. Certaines situations paraissent aberrantes mais pourtant ça fonctionne. J’aime!


2018/13: Au nom de l’art, CETRO

51TfFp8axgL__AC_US218_

Texte susceptible de choquer . À déconseiller aux âmes sensibles.

L’Art. Jusqu’où certains sont-ils prêts à aller en son nom?
Des familles entières disparaissent, enlevées à leur domicile.
Une horrible machination est mise en place pour satisfaire les appétits déviants de fortunés amateurs d’art.
Soraya, adolescente de 16 ans, sera-t-elle le grain de sable dans ces rouages infernaux?

Soraya est une adolescente rebelle, sauvage, à fleur de peau, qui seul Julien a réussi à apprivoiser. Mais voilà, une nuit, Soraya, sa mère et son petit frère disparaissent sans laisser de traces. D’abord, Julien tourne en rond. Puis, il se met à chercher et suit son instinct. Dont il devrait peut être se méfier…

C’est …. wouah… Décidemment ces derniers temps, je cumule les romans très sombres et très forts! Donc après « Ame à âme » de Christian Perrot et « Danse de sang » de Frédéric Livyns, voici « Au nom de l’art » de Cétro… C’est noir, c’est moche, c’est violent, c’est dégueulasse!

Que de riches mécènes sont -ils prêts à financer pour occuper leur loisirs et satisfaire leur soif d’interdit? Qu’est-ce que des criminels sont-ils prêts à faire pour les sustenter? Jusqu’où sont-ils prêts à aller? Seront-ils capables de défier l’innommable?

Tous les ingrédients sont là, il n’y a pas de temps mort, le rythme est haletant, l’ambiance glauque à souhait. Cétro fait partie de ces auteurs, comme Maxime Chattam, au sujet desquels je me suis dit: heureusement qu’il a choisi d’écrire… Une imagination débordante, diabolique. Les deux scientifiques et l’artiste sont truculents, cruels, géniaux! Les personnages de Soraya, Julien et Noah sont hyper attachants. Les autres… Je te laisse le plaisir de les découvrir.

Mention spéciale pour les personnages de Dudule, et du couple Brigitte et Emmanuel…

Pour moi, c’est un vrai page-turner. Je reviens vite te parler de la suite.

 


2018/07: Les contes d’Amy, Frédéric LIVYNS

amy-1ere-WEB-195x300.jpg

Tout commence par un petit cahier trouvé par hasard dans un asile désaffecté. L’inquiétude surgit au détoure d’un rapport psychiatrique qui laisse entendre que la petite Amy, la rédactrice de ces contes peu ordinaires, était perturbée mentalement. L’angoisse se matérialise sous la forme d’une affirmation: l’enfant a le pouvoir de vous faire vivre vos peurs les plus profondes. Que feriez-vous si, du jour au lendemain, tous les gens qui vous entourent apparaissaient défigurés, brûlés? Quelle serait votre réaction si votre fille se liait d’amitié avec un ami pas si imaginaire que cela? Auprès de qui chercher de l’aide quand votre famille se fait déchiqueter sous vos yeux par les créatures qui se tapissent dans les ténèbres?

Lu juste avant Danse de sang, ce recueil a été une parfaite mise en bouche.

Si les sujets développés sont plutôt classiques, c’est bien écrit et ça se lit très facilement.

Coralie et son mari visitent un vieil asile désaffecté. Pendant que l’agent immobilier fait visiter les étages au mari, Coralie s’installe dans un bureau et fouille dans les vieilles archives oubliées. Elle tombe sur le dossier d’une fillette, Amy, la décrivant comme très perturbée. Le dossier contient le cahier d’Amy, dans lequel elle met en scène des personnes de son entourage dans des histoires tragiques… Mais ce qu’Amy écrit se réalise… Suit une série de nouvelles, les contes écrits par Amy…

Ces contes sont un peu oppressants, inquiétants, curieux, mais pas horrifiques. J’avoue que je m’attendais à quelque chose de plus stressant, à la lecture de la 4ème de couv. Pour autant, j’ai aimé le style et la fluidité de l’écriture.

Je crois qu’il serait intéressant de retrouver Amy dans un roman, son personnage alors plus travaillé, lui donnant plus d’ampleur et lui laissant le champ libre…

 


2018/06: Danse de sang, Frédéric LIVYNS

51Gp5vsmSPL__AC_US218_

Veuve depuis peu, Véronique a l’étrange sensation de toujours ressentir la présence de son époux. En cherchant des réponses à ses questions, elle va libérer un démon aussi ancien que le monde lui même: le Dévoreur. Elle seule peut mettre fin à cette vague de meurtres cruels qui s’abat sur la ville mais le temps lui est compté car, à chaque âme absorbée, le démon devient plus puissant. Un terrifiant thriller fantastique qui nous plonge dans l’univers du vaudou.

Le mari de Véronique décède subitement d’un accident de la circulation. Quelques temps après les funérailles, Véronique remarque des phénomènes étranges et parfaitement inexplicables. Elle commence à croire que son mari est encore là, près d’elle. Elle évoque ses soupçons à sa meilleure amie, qui l’emmène rencontrer un prêtre vaudou. Mais lors de la cérémonie, Véronique va malgré elle déroger aux règles élémentaires de cette pratique et de ce fait libérer l’un des pires démons qui soit: le Dévoreur…

Ce roman est une plongée dans l’univers du vaudou et de ses pires démons. C’est un roman très noir, glauque à souhait. Par différents écrits et films, j’ai découvert le vaudou comme un art de vivre, presque une philosophie. En tout cas, le vaudou recèle un patrimoine, une culture, des traditions bien ancrées. Ici, il dépasse le folklore habituel. Ici, il est présenté plus comme une religion avec ses rites sacrés spécifiques. Les protagonistes en font une pratique plus que sérieuse et en exposent tous les dangers.

Les scènes de meurtres sont …. dégueulasses, ignobles. Même moi, j’ai lâché un « beurk »… C’est dire! Ames sensibles, passez votre chemin, ce récit n’est pas pour vous. Il y règne une atmosphère violente, irrationnelle, surnaturelle parfaitement maîtrisée bien qu’impalpable. L’angoisse et l’horreur montent rapidement pour très vite atteindre des sommets. Les cadavres s’accumulent, les crimes sont d’une cruauté incroyable, il y a des litres d’hémoglobine et des tripes à l’air… C’est juste immonde.

Tout ça pour dire que j’ai adoré ce livre, ça fonctionne parfaitement. Si comme moi tu aimes les histoires très sombres et glauques, ce livre est fait pour toi.

Merci à Frédéric Livyns et aux Editions Lune Ecarlate.


2018/04: Ame à âme, Christian PERROT

51zpvmOQcWL

Un homme désespéré essaye de se suicider en se jetant du haut d’un toit. Par malchance, il fauche avec lui une âme innocente passant par hasard à cet endroit au mauvais moment.

Les deux êtres vont se retrouver intimement liés pour un bien étrange voyage aux confins de l’esprit et de la démence.

Ensemble, ils affronteront les plus horribles facettes de l’âme humaine jusqu’à l’ultime vérité, car, de cette rencontre fortuite, dépendra la vie de trois personnes diamétralement opposées…

A paraître le 15 février 2018.

Public averti, 18ans +

AVERTISSEMENT AU(X) LECTEUR(S)

Ce roman est particulièrement angoissant, voire profondément dérangeant par les thèmes qu’il aborde : la mort, la haine, le meurtre, les violences sexuelles et morales. De nombreuses scènes psychologiquement et moralement éprouvantes attendent le lecteur.

En vertu de quoi, cet ouvrage est fortement déconseillé aux enfants et aux adolescents pouvant se voir choqués. Parents, merci de prendre garde à ne pas laisser ce livre entre les mains des plus jeunes.

John est au bout du rouleau. Il a tout perdu. Sa femme et ses enfants sont décédés dans un accident de la route. Ensuite, tout s’est délité, sa vie est partie à vau-l’eau: il perd ses amis, sa famille, son travail, son logement. Alors John a pris une décision: il en a fini avec la vie. Le roman s’ouvre sur son suicide: il se jette du toit d’un immeuble de cinq étages.

Mais voilà: au même moment passe un piéton. Pas de bol, hein! John va tomber sur Nathalie. Le choc est bien sur d’une extrême violence. Quand John « se réveille », il ne sait pas où il est ou ce qu’il est. Est-il mort? A-t-il survécu? Est-il dans le coma? Sous médicaments à l’hôpital? Et la jeune femme qu’il a percuté?

Pendant un temps, leur âmes vont se rencontrer. Et la surprise va être de taille…

C’est… particulièrement sombre et glauque, glaçant. C’est un récit très dur, cru. un récit percutant et très dérangeant. En effet, il évoque le suicide, le meurtre mais surtout les violences tant sexuelles que morales. Les scènes décrites soulèvent le cœur. Ames sensibles s’abstenir!

Je ne sais pas trop comment définir ce roman, roman d’épouvante, d’horreur, mais pas que. Il ouvre une porte terriblement morbide sur la folie humaine dans ce qu’elle peut recéler de pire.

Au départ, on se croit un peu dans un récit fantasmagorique, on s’imagine devant la porte des enfers. Avant de réaliser ce que l’auteur dévoile. Nous sommes plongés dans les profondeurs les plus noires de l’âme. Y règnent la perfidie, l’horreur, le machiavélisme, l’abjection, l’ignominie, le dégoût, l’écoeurement mais aussi un petit peu quand même l’empathie et l’héroïsme.

Bref, j’ai adoré!