Archives de Catégorie: Horreur

2019/44: La Tour de Sélénite, Arnaud CODEVILLE

Adel Blanchard est un écrivain en perdition. Depuis quelques mois, sa vie ne se résume qu’à éviter les huissiers et à courir après son ex-femme pour voir ses deux enfants. Pour sortir la tête de l’eau, il accepte un poste de professeur de Lettres dans une faculté de Lille, mais peu à peu, il ne peut s’empêcher de glisser dans la dépression. Un soir, alors qu’il est prêt à commettre l’irréparable, sa voisine de palier intervient miraculeusement et l’en empêche. Il voit en elle l’opportunité de démarrer un nouveau chapitre de sa vie, c’est donc naturellement qu’il participe au projet universitaire qu’elle organise avec un collègue : la restauration d’un phare en Loire-Atlantique. Malheureusement, il ne se doute pas que ce périple le mènera au cœur de la terreur et de la folie où il y laissera une partie de son âme

J’ai vu passer beaucoup de critiques élogieuses de ce livre sur les réseaux. Alors j’avais noté ce nom-là dans un coin de ma tête. Aussi, quand j’ai rencontré Arnaud Codeville à Livre Paris cette année,  il m’a paru évident de repartir avec son premier roman.

Frissons inside!

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2018/35: Peau morte, Thomas DESMOND

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Au fond des bois se cache une vieille cabane. Elle semble abandonnée, mais un homme atteint d’une maladie mystérieuse y vit seul, loin de la société, oublié. Mais ce soir, il a un invité très spécial. Ça fait longtemps qu’il n’a pas eu un peu de compagnie. Il n’a plus l’habitude de discuter, bavarder, tailler le bout de gras… Pourtant Dieu sait qu’il aime ça. Arrivera-t-il à tenir sa langue ?

Bienvenue chez Vincent Delair! Vincent est un enfant de la Lune. C’est-à-dire qu’il est atteint de Xeroderma Pigmentosum, un nom barbare qui signifie littéralement « derme sec et pigmenté ». Cette maladie génétique très rare touche un enfant sur un million, et concerne 91 jeunes patients en France. La peau est agressée par les ultraviolets et ne se régénère pas. Aucune parcelle de peau ne doit être exposée à la lumière du jour, il ne peut donc sortir que la nuit.

Vincent vit dans une cabane, cachée dans les bois, où l’on exilé ses parents. Son père, alcoolique et violent, lui a mené la vie dure. Jusqu’à ce que sa mère l’égorge. Autant dire que Vincent a très rarement la possibilité de rencontrer du monde… Mais aujourd’hui, Vincent a de la visite. Cette nouvelle est d’ailleurs la conversation que Vincent tient à son invité.

Si au départ, l’ambiance semble très conviviale, presque fraternelle, on se rend vite compte que quelque chose cloche. Thomas Desmond installe l’angoisse, le stress puis la terreur au goutte à goutte: au fur et à mesure de son monologue, puisque son interlocuteur semble muet, Vincent donne des indices sur sa vie très particulière. On devine vite qu’il a depuis longtemps sombré dans la folie… L’inspecteur André Lemaître n’aura pas dû venir inspecter cette partie de la forêt. Une initiative qu’il va vivement regretter.

Un récit efficace donc, parfaitement mené, anxiogène à souhait. J’aime beaucoup.

 


2018/23: Le souffle des ténèbres, Frédéric LIVYNS

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Bryan et Suzy se rendent en Bretagne afin de se ressourcer. A proximité d’un étrange village que Bryan ne connaît qu’à travers les récits de son grand-père, ils découvrent les ruines d’un vieux château qu’aucune carte ne mentionne mais que tous les villageois paraissent craindre. Ils décident d’ignorer les avertissements et, animés par la curiosité, entreprennent de s’y rendre. Ils vont bien malgré eux réveiller la force maléfique qui y sommeillait. Un huis-clos surprenant oscillant entre légendes bretonnes et fantastique contemporain.

Après la mort de sa fille, Bryan se reconstruit doucement. Avec son épouse Suzy, ils viennent découvrir Munoz, un village breton d’où est originaire la famille de Bryan. S’il n’est encore jamais venu dans ce coin de Bretagne, il connaît l’endroit par les nombreux récits de son grand-père, qui a quitté le village à l’âge de huit ans dans des conditions qui restent troubles.

Bryan compte bien visiter tout ce qu’il est possible de voir dans la région, à commencer par ce mystérieux château noir à proximité du village, qui n’est répertorié nulle part. L’aubergiste tentera vainement de l’en dissuader, lui expliquant que de sombres légendes étaient attachées à ce lieu et qu’il était préférable de ne pas y aller. D’ailleurs, dans la région, tout le monde évite soigneusement d’y mettre les pieds. Même, on n’en parle pas. Mais Bryan est têtu…

Un thriller ésotérique et fantasmagorique intéressant. Moins sanglant et moins glauque que « Danse de sang », il reste un récit sombre construit sur d’horribles légendes: magie noire, satanisme, messes noires, sacrifices, … Tout y est. Jusqu’au cadre de ce roman: le château de la fille de Gilles de Rais, dans lequel elle avait entrepris de parfaire l’œuvre de son père… L’angoisse est bien distillée, le récit plutôt bien mené.

Un bon roman du genre. Merci aux Editions Lune Ecarlate pour ce service presse.

Je laisse la conclusion à l’auteur: « Le passé devait faire office d’assise, mais jamais de refuge. […] du chagrin peut jaillir l’espoir et des ténèbres peut naître la lumière. »

 


2018/14: Au nom de la vie, CETRO

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La suite de « Au nom de l’art ». Ames sensibles s’abstenir.

Au nom de l’art ou de toute autre concept présenté comme étant d’intérêt supérieur (science, patrie, religion, …), certains sont prêts à tout, y compris au pire.
Au nom de la vie, la leur et celle de leurs proches, d’autres sont prêts à se surpasser, jusqu’à se mettre en péril.
Asseyez-vous, préparez votre coeur… et lisez.

Nous retrouvons Soraya, Noah (et les autres) en pleine fuite. Ils se sont séparés pour avoir plus de chances de survivre. C’est une course poursuite folle qui s’engage, avec pleins d’espoirs, de désillusions, de surprises. Des héros insoupçonnés. Des salauds bien campés.

Le rythme reste intense. Il y a moins de descriptions de supplices, l’action est plus centrée sur la fuite de nos victimes et leur traque par ce qu’est devenu Dudule. Quoique l’idée de l’arbre sanguin est … stupéfiante. On en apprend plus sur Edmond et sur ses motivations. Icare se dévoile, Noah aussi. Sinon, j’ai quelques doutes sur le personnage d’Estelle qui me laisse dubitative. Quant à Soraya, elle incarne toutes les figures féminines à la fois.

Donc c’est mordant, prenant, incisif, brutal. Certaines situations paraissent aberrantes mais pourtant ça fonctionne. J’aime!


2018/13: Au nom de l’art, CETRO

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Texte susceptible de choquer . À déconseiller aux âmes sensibles.

L’Art. Jusqu’où certains sont-ils prêts à aller en son nom?
Des familles entières disparaissent, enlevées à leur domicile.
Une horrible machination est mise en place pour satisfaire les appétits déviants de fortunés amateurs d’art.
Soraya, adolescente de 16 ans, sera-t-elle le grain de sable dans ces rouages infernaux?

Soraya est une adolescente rebelle, sauvage, à fleur de peau, qui seul Julien a réussi à apprivoiser. Mais voilà, une nuit, Soraya, sa mère et son petit frère disparaissent sans laisser de traces. D’abord, Julien tourne en rond. Puis, il se met à chercher et suit son instinct. Dont il devrait peut être se méfier…

C’est …. wouah… Décidemment ces derniers temps, je cumule les romans très sombres et très forts! Donc après « Ame à âme » de Christian Perrot et « Danse de sang » de Frédéric Livyns, voici « Au nom de l’art » de Cétro… C’est noir, c’est moche, c’est violent, c’est dégueulasse!

Que de riches mécènes sont -ils prêts à financer pour occuper leur loisirs et satisfaire leur soif d’interdit? Qu’est-ce que des criminels sont-ils prêts à faire pour les sustenter? Jusqu’où sont-ils prêts à aller? Seront-ils capables de défier l’innommable?

Tous les ingrédients sont là, il n’y a pas de temps mort, le rythme est haletant, l’ambiance glauque à souhait. Cétro fait partie de ces auteurs, comme Maxime Chattam, au sujet desquels je me suis dit: heureusement qu’il a choisi d’écrire… Une imagination débordante, diabolique. Les deux scientifiques et l’artiste sont truculents, cruels, géniaux! Les personnages de Soraya, Julien et Noah sont hyper attachants. Les autres… Je te laisse le plaisir de les découvrir.

Mention spéciale pour les personnages de Dudule, et du couple Brigitte et Emmanuel…

Pour moi, c’est un vrai page-turner. Je reviens vite te parler de la suite.

 


2018/07: Les contes d’Amy, Frédéric LIVYNS

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Tout commence par un petit cahier trouvé par hasard dans un asile désaffecté. L’inquiétude surgit au détoure d’un rapport psychiatrique qui laisse entendre que la petite Amy, la rédactrice de ces contes peu ordinaires, était perturbée mentalement. L’angoisse se matérialise sous la forme d’une affirmation: l’enfant a le pouvoir de vous faire vivre vos peurs les plus profondes. Que feriez-vous si, du jour au lendemain, tous les gens qui vous entourent apparaissaient défigurés, brûlés? Quelle serait votre réaction si votre fille se liait d’amitié avec un ami pas si imaginaire que cela? Auprès de qui chercher de l’aide quand votre famille se fait déchiqueter sous vos yeux par les créatures qui se tapissent dans les ténèbres?

Lu juste avant Danse de sang, ce recueil a été une parfaite mise en bouche.

Si les sujets développés sont plutôt classiques, c’est bien écrit et ça se lit très facilement.

Coralie et son mari visitent un vieil asile désaffecté. Pendant que l’agent immobilier fait visiter les étages au mari, Coralie s’installe dans un bureau et fouille dans les vieilles archives oubliées. Elle tombe sur le dossier d’une fillette, Amy, la décrivant comme très perturbée. Le dossier contient le cahier d’Amy, dans lequel elle met en scène des personnes de son entourage dans des histoires tragiques… Mais ce qu’Amy écrit se réalise… Suit une série de nouvelles, les contes écrits par Amy…

Ces contes sont un peu oppressants, inquiétants, curieux, mais pas horrifiques. J’avoue que je m’attendais à quelque chose de plus stressant, à la lecture de la 4ème de couv. Pour autant, j’ai aimé le style et la fluidité de l’écriture.

Je crois qu’il serait intéressant de retrouver Amy dans un roman, son personnage alors plus travaillé, lui donnant plus d’ampleur et lui laissant le champ libre…

 


2018/06: Danse de sang, Frédéric LIVYNS

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Veuve depuis peu, Véronique a l’étrange sensation de toujours ressentir la présence de son époux. En cherchant des réponses à ses questions, elle va libérer un démon aussi ancien que le monde lui même: le Dévoreur. Elle seule peut mettre fin à cette vague de meurtres cruels qui s’abat sur la ville mais le temps lui est compté car, à chaque âme absorbée, le démon devient plus puissant. Un terrifiant thriller fantastique qui nous plonge dans l’univers du vaudou.

Le mari de Véronique décède subitement d’un accident de la circulation. Quelques temps après les funérailles, Véronique remarque des phénomènes étranges et parfaitement inexplicables. Elle commence à croire que son mari est encore là, près d’elle. Elle évoque ses soupçons à sa meilleure amie, qui l’emmène rencontrer un prêtre vaudou. Mais lors de la cérémonie, Véronique va malgré elle déroger aux règles élémentaires de cette pratique et de ce fait libérer l’un des pires démons qui soit: le Dévoreur…

Ce roman est une plongée dans l’univers du vaudou et de ses pires démons. C’est un roman très noir, glauque à souhait. Par différents écrits et films, j’ai découvert le vaudou comme un art de vivre, presque une philosophie. En tout cas, le vaudou recèle un patrimoine, une culture, des traditions bien ancrées. Ici, il dépasse le folklore habituel. Ici, il est présenté plus comme une religion avec ses rites sacrés spécifiques. Les protagonistes en font une pratique plus que sérieuse et en exposent tous les dangers.

Les scènes de meurtres sont …. dégueulasses, ignobles. Même moi, j’ai lâché un « beurk »… C’est dire! Ames sensibles, passez votre chemin, ce récit n’est pas pour vous. Il y règne une atmosphère violente, irrationnelle, surnaturelle parfaitement maîtrisée bien qu’impalpable. L’angoisse et l’horreur montent rapidement pour très vite atteindre des sommets. Les cadavres s’accumulent, les crimes sont d’une cruauté incroyable, il y a des litres d’hémoglobine et des tripes à l’air… C’est juste immonde.

Tout ça pour dire que j’ai adoré ce livre, ça fonctionne parfaitement. Si comme moi tu aimes les histoires très sombres et glauques, ce livre est fait pour toi.

Merci à Frédéric Livyns et aux Editions Lune Ecarlate.


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