Archives de Catégorie: Biographie et autobiographie

2019/45: Chute ascendante, Alban BOURDY

  • Auto édition 
  • 552 pages, 9,99 € en format kindle
  • Pour le commander: Amazon

« Chute Ascendante » est une histoire d’amour d’essence autobiographique. Comme son titre l’indique, je ne sais si c’est une tragédie ou un avènement. Tout part en amont de la lecture de « Métaphysique des tubes » d’Amélie Nothomb, mais surtout du coup de foudre dont j’ai été la cible lors de ma rencontre avec María Montserrat, une Sud-Américaine membre de la secte Ashram Shambala. L’autobiographie est mise en parallèle avec un futur imaginé, vécu par un alter-ego, et qui exprime parfois de façon métaphorique le réel. Un alter-ego qui fascine les foules et vit une ambivalence extrême, rongé qu’il est par ses émotions débordantes. Ce livre, écrit d’une traite, est un cri d’existence relatant une histoire d’amour atypique et intense.

Merci à la Voie de Calliopé, conseil littéraire bénévole, et à Alban Bourdy de m’avoir proposé ce service presse.

Ce roman est un curieux mélange entre une histoire d’amour passionné, un récit ésotérique, une épopée épique, un engagement sans bornes, une folie déroutante. Comme le dit Alban lui-même, c’est « une tragédie ou un avènement », « une déchéance ou une transfiguration ».

C’est un roman double, en partie autobiographique et en partie fictif, et écrit en deux temps. D’une part, l’histoire de Philibert Dumont, auteur enflammé et imprévisible, et de l’autre le roman de celui-ci, « Trajectoires vibrantes », dans lequel il raconte sa passion pour la belle et énigmatique Maria. Maria qui est l’écho de Montserrat, jeune femme sud-américaine qui est au cœur de la vie de Philibert.

Ce roman et son héros sont comme l’auteur: tout en complexité, en contradictions, en paradoxes, et hypersensible. Philibert est l’absolu opposé de Montserrat, à laquelle il est voué corps et âme. Tout le long de ce récit, Philibert est sur le fil: entre amour et loyauté, fidélité et trahison, foi et désaveu, à la vie à la mort, à la limite entre raison et folie… Philibert s’est perdu à l’instant même où il a posé les yeux sur Montserrat. Depuis, il navigue à vue et à cœur, à corps perdu pour les beaux yeux de cette femme indifférente à la vie qui lui est offerte en offrande.

C’est une histoire d’amour compliquée et contrariée, et des histoires d’amour palliatives. Mais pour autant, chacune de ces histoires est sincère et intense. Et le tout sur fond d’embrigadement sectaire. En effet, l’auteur a été, avec Maria, membre de la secte russe Ashram Shambala, avant de se rendre compte de son influence malsaine et de prendre ses distances.

Notre héros a des réactions emportées et excessives, toujours guidées par ses sentiments, mais fait montre d’une incroyable capacité de résilience. Philibert est déterminé et obstiné. Il m’a un peu fait penser à Cyrano de Bergerac. Cet amoureux pudique, invisible aux yeux de sa bien-aimée, que pourtant il protégea et chérit dans l’ombre toute sa vie.

Un roman original et plein de rebondissements.

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2019/25: Le confort de l’autruche, Martine MAGNIN

 

A paraître le 3 Juin 2019

 

« Tu sais, Jenny, derrière ces murs, on enferme les petites filles qui parlent trop. »

Petite fille docile et sensible, Jenny passe les sept premières années de sa vie dans le mensonge et la douleur. Elle survit, et raconte avec courage et détermination la maltraitance sexuelle et le déni familial. Le ton, sobre et pudique, est celui d’une violence rentrée et maîtrisée sous forme d’interrogations quant au rôle d’une mère.

Plutôt que de se concentrer sur les agissements du prédateur et d’accuser, « Le confort de l’autruche » dénonce avant tout le comportement des proches, mère et grand-mère, engluées dans leurs mensonges, leur passivité et leur confort organisé. Toute la particularité de ce texte se situe dans l’évocation d’une tacite malfaisance familiale et affective.

Si tu me lis régulièrement, tu sais déjà qu’à force d’enchaîner ses livres, tous différents mais tous empreints de sa très fine sensibilité, Martine Magnin est devenue une copine.

Aussi m’a-t-elle confiée son dernier ouvrage qui paraîtra lundi prochain.

Et vois-tu, tu vas très étonné, il s’agit encore une fois d’un très beau récit, un roman témoignage, un roman dur et fort, un roman coup de poing.

Jenny est une petite fille comme toutes les autres, qui vit ses premières années dans la joie et l’allégresse des années d’après-guerre, dans un Montmartre encore rustique, joyeux et insouciant. Elle y occupe un petit appartement, très chiche, avec sa mère et sa grand-mère.

Mais voilà, le bonheur ne va pas durer. Sa mère rencontre M, l’homme de sa vie… Le cauchemar de Jenny. Et la vie bascule.

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2019/18 : Où on va papa? Jean-Louis FOURNIER

  • Editions Le livre de poche
  • ISBN: 978-2253127840
  • 160 pages
  • Pour le commander: Amazon, Cultura, chez ton libraire.

Un père décide d’écrire un livre à ses deux garçons handicapés : ses peines, ses remords mais aussi ses joies. Une œuvre littéraire plus que documentaire, sorte de déclaration d’amour disloquée, dans un style incisif et clair, faits de chapitres courts comme des respirations suspendues. 150 pages pour se souvenir de Mathieu et de Thomas, rire pour ne pas pleurer.

J’aime ces petits livres de Jean-Louis Fournier dans lesquels il livre ses drames, toujours avec un humour acide.

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2018/67: Une vie au service de la police technique et scientifique, Patrick NAZET

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Passionnant ! On entre dans un monde dont le nom seul évoque quelque chose : police technique et scientifique. Avec le récit de son expérience, agrémentée de sa participation à des affaires célèbres, comme l’enquête sur la mort de Claude François, Mesrines, ou l’enlèvement du baron Empain on est au coeur de l’évolution du métier que Patrick Nazet a exercé pendant 32 années.

Quand on parle de police technique et scientifique, on a tous tout de suite en tête l’image d’une flopée de séries TV, à commencer par Les Experts… Eh bien sache que les enquêteurs français n’ont vraiment rien à envier aux Américains: voici exposée dans ce témoignage la réalité derrière la fiction.

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2018/45: Line, Marie-Claude MARAN-SCREF

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L’auteur s’immerge dans la relation intime qu’elle a eu avec sa mère et nous conduit à la rencontre de cette femme. On se prend au jeu de la découverte d’un personnage dans son époque.

Agrégée de lettres c’est avec un style délicat, tout en pleins et en déliés, que Marie-Claude nous livre ce récit, émaillé à la façon d’Annie Ernaux des petites choses de son enfance.

Ce livre est un très bel hommage de Marie-Claude Maran-Scref à sa maman décédée, Line. L’auteure nous fait découvrir qui fut cette femme, aussi forte que fragile, et à travers elle, qui elle est elle-même, puisqu’elle s’est construite à partir de Line.

Line est une femme incroyable, toute en ambiguïtés et en contradictions. Line a peur. De tout. Sans cesse. La peur lui colle au corps et au cœur. Comme une sangsue. Pendant sa jeunesse, Line et sa sœur subissent la présence de leur beau-père, ses humeurs et son alcoolisme. Alors, Line se jure qu’elle épousera un homme sobre, sérieux et droit. Ce sera Raymond. Quand il est mobilisé, six semaines après leur mariage, Line est déjà enceinte de leur premier enfant, Jean-Luc. Elle restera donc avec sa belle-famille, connaîtra la solitude, l’exode… quand Raymond revient, Jean-Luc a cinq ans. Suivront Anne-Marie et Marie-Claude.

Line vit sa maternité comme une vocation. C’est touchant le mal qu’elle se donne pour offrir une enfance à ses trois enfants. Marie-Claude, la dernière, est une enfant et une jeune femme svelte. Sa mère l’appellera toujours « ma puce », surnom dont elle ne parviendra jamais à se défaire. «  Quand on est installé dans le petit et le gentil, il est difficile de viser le grand et l’important. Je m’y suis efforcée pourtant. J’ai grandi en savoir, j’ai grossi par la tête. Mais je suis restée légère, inconsistante, invisible. »

Et puis Line vieillit. L’âge la rattrape. Elle se met à refuser. Tout. De sortir, de bouger. La peur reprend le dessus. Sa vie a trop de rides, elle traverse ses dernières semaines en s’abandonnant, en se perdant. Line est partie, Marie-Claude reste. C’est le récit d’un manque profond, d’un abysse insondable.

Alors Marie-Claude écrit. Pour combler le manque de sa mère. « Pour réparer la perte, pour restaurer le lien. […] Comme si je pouvais te reconstruire à coups de mots, te redonner corps et chair avec ma seule écriture… »

Je ne peux pas dire que ce récit m’ait embarquée. Sans doute trop intime. Mère et fille sont liées à tel point qu’elles se confondent parfois.

Mais l’écriture est très belle. C’est très fin, léger, subtil, délicat. C’est un récit touchant, duquel déborde cet amour inconditionnel pour sa mère, mais aussi le deuil si difficile et la douleur incommensurable de la déchéance et de la perte.

Merci aux Editions Chum et à Emma Freya, agent littéraire bénévole, de cette découverte.


2018/41: La meilleure façon de marcher est celle du flamant rose, Diane DUCRET

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La loi de Murphy n’est rien comparée à la loi d’Enaid: tout ce qui est susceptible de mal tourner tournera plus mal encore qu’on aurait humainement pu le prévoir. Après avoir été quittée à Gdansk par téléphone, Enaid se rend à l’évidence: les fées qui se sont penchées sur son berceau ont dû s’emmêler les pinceaux. Comment expliquer, sinon, la sensation qu’elle a depuis l’enfance qu’il lui a toujours manqué quelqu’un? Il y a de quoi se poser des questions quand les parents adoptifs sont en fait les grands-parents, que la mère est danseuse de nuit, que le père change de religion comme de famille, que les bunkers de l’ETA servent d’école buissonnière. Et que l’accident d’un instant devient la fracture de toute une vie… On peut se laisser choir ou faire le saut de l’ange. Etre boiteux ou devenir un flamant rose. Sur ses jambes fragiles, tenir en équilibre avec grâce par le pouvoir de l’esprit, un humour décapant et le courage de rester soi.

Ce livre s’ouvre sur un coup bas. Le compagnon d’Enaid attend qu’elle soit en interview en Pologne pour la quitter par téléphone. Très classe… Mais voilà, toute la vie d’Enaid n’est qu’une succession de coups du sort.

Diane Ducret se livre dans cet ouvrage, une autobiographie romancée. Enaid est l’exact reflet de Diane. Ce récit est magistral de sincérité, et pour cause, Diane (comme Enaid) (Enaid = Diane) a vécu tout ce qui est narré.

Le moins que l’on peut dire, c’est que les tragédies de sa vie sont racontées avec beaucoup d’humour. Sans doute ce qui lui permet de garder un certain recul narratif. Enaid se construit sur du vide, elle n’a aucune réponse quant à ses racines.  Sa mère a été déchue de ses droits parentaux, son père est parti vivre sa vie ailleurs. Un couple de personnes âgées, Yvette et André, la recueillent et l’adoptent. Elle se rendra compte bien plus tard qu’ils sont ses grands-parents. Cela semblait tellement évident que personne n’avait jamais pensé à le lui dire. Des grands-parents envers qui elle ressent une profonde gratitude, qui l’ont élevée et lui ont donné tout ce qu’ils pouvaient.

Mais Enaid a du tempérament. Elle devient une ado rebelle et elle n’épargnera rien ni à ses grands-parents ni, surtout, à elle-même. Elle brule sa jeune vie, fait les 400 coups, s’étourdit dans les fêtes et se perd dans les drogues, sans doute dans un besoin éperdu de se sentir exister. Peut être une réaction à cette histoire familiale chaotique et douloureuse.

Ce roman est lourd d’empathie pour elle-même; elle fait la paix avec ce qu’elle est et avec les siens. Un seul mot d’ordre: Ne jamais accepter l’impossible. Elle aborde des thèmes difficiles, comme l’abandon, l’adoption, la filiation, le handicap, l’homosexualité, la maladie, le manque, les rancoeurs et le pardon, les diktats, la difficulté d’être soi envers et contre tous, mais aussi la résilience et l’espoir. Diane Ducret montre ici que quel que soit le drame, quelle que soit la hauteur de la chute, il est toujours possible de se relever. Par volonté, par conviction. Jamais elle n’accepte l’impossible qu’on lui impose. Elle refuse de mettre des barrières à sa vie, surtout si ces barrières sont érigées par d’autres. Elle choisit d’être maîtresse de sa vie.

La métaphore du flamant rose? C’est là toute son histoire. La fragilité, la délicatesse, la grâce du flamant rose. Sa vaillance. Ne pas être une victime, se relever toujours, avoir la conviction que rien n’est impossible et qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire.

Un beau roman, une très belle sensibilité, une belle écriture aussi.

Un grand merci à Babelio et aux Editions Flammarion pour cette étonnante mais très belle découverte.

 


2017/99: Faim de vivre, Julie MARTIN

« Il faut que je fasse confiance à mon corps; c’est lui qui gère mes besoins. » L’auteure raconte dans ce récit le tourbillon de l’anorexie, ses deux hospitalisations successives puis sa longue reconstruction. Elle est aujourd’hui une jeune fille épanouie, mais à quel prix?

Julie Martin nous raconte son enfer, la façon dont elle a vécu et subi son anorexie. Elle raconte la spirale des troubles du comportement alimentaire, ce cercle vicieux dans lequel on s’enfonce malgré soi. Elle raconte le mal-être qui l’a entraînée, les préjugés sur la maladie, les hallucinations, mais aussi l’envie de s’en sortir. Ce texte est une sorte d’exutoire. Un message d’espoir, un appel à la vie.

Il y a cependant une remarque dans ce récit qui m’a fait faire des bonds. Page 12: « Pourquoi stigmatise-t-on les anorexiques et non les personnes en surcharge pondérale alors que les maladies cardio-vasculaires sont la première cause de décès dans le monde? Si je suis malade, eux le sont aussi. » Chère Julie, oui en effet, les troubles inverses sont aussi une maladie. J’en sais quelques chose, il y a peu, j’étais encore obèse. Mais de lire que les personnes en surcharge pondérale ne sont pas stigmatisée…. Ca me fait hurler. Vous l’avez vécu au travers de l’anorexie, moi au travers de l’obésité. Je peux vous dire qu’on s’en prend tout autant dans la gueule que les anorexiques…

 


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