2022/08: Seul avec la nuit, Christian BLANCHARD

Blanchard

Eric de la Boissière veut sauver sa fille Élodie qui souffre d’une grave maladie rénale nécessitant une transplantation. Faute de trouver un donneur, Éric envisage de passer par un système parallèle. Gilles Patrick, lui, est contraint de pratiquer de lourdes opérations sur de jeunes patients en pleine santé. Pour l’y obliger, sa fille et son épouse sont retenues en otage. Jusqu’à quel point sommes-nous prêts à faire le mal pour faire le bien ? Tel est le fil rouge de ce roman hors norme.

Tu aimes le roman noir? Bienvenue dans le monde de Christian Blanchard!

Encore un auteur que je découvre, dont j’ai eu le plaisir de faire la connaissance rapidement au salon Polar à la Plage en juin dernier.

Là, le moins que l’on puisse dire, c’est que nous sommes dans un univers très très noir … Les sujets abordés sont terribles, mais c’est pourtant le quotidien de toute une population: les « miséreux », ceux qui n’ont plus d’autre choix que de fuir sans savoir ce qui les attend de l’autre côté, celui tant espéré … Ceux qui pour leur malheur ne sont pas nés au bon endroit et qui sont quantité négligeable. Des êtres dont on ne remarquera pas la disparition, dont on se fout, mais qui sont monnayables. Vivants ou non.

Et puis ceux à qui on ne laisse pas d’autre choix que de tremper là-dedans.

Christian Blanchard nous parle d’immigration clandestine, de réseaux de prostitution et de mendicité, de sévices sexuels, de maltraitance, de trafic d’organes et de personnes.

Vous allez rencontrer des personnages détruits par la vie, mais ô combien attachants.

Il y a Gilles Patrick, chirurgien, qui se retrouve obligé de pratiquer des interventions qui le révulsent. Pas le choix, on a mis un flingue sur la tempe de sa femme et de sa fille jusqu’à ce que le travail soit achevé. Et il n’est pas le seul dans ce cas. Un système parfaitement rodé.

Il y a Nemo, pour qui la fin approche à grand pas. D’ailleurs, depuis qu’il a perdu sa fille, il l’attend, cette fin. Il l’espère. Jusqu’à ce qu’il tombe sur Muette. Une rencontre des plus improbables. Muette est seule, elle ne prononce pas un mot. Nemo devine que son comportement découle d’un très grave traumatisme. Alors Nemo va recueillir cette gamine paumée et va la porter à bout de bras.

Il y a Sayid et Diara. Sayid a été amputé des deux jambes et se déplace grâce à une vieille planche de skate. Diara a perdu un bras. Ces deux-là sont inséparables. Des ados. Des clandestins récupérés par des criminels qui les ont mis à un carrefour à mendier. Deux enfants éclopés, ça rapporte pas mal à la manche… Ils sont soumis, comme une ribambelle d’autres , au Grand Serge, qu’ils cherchent à fuir.

Il y a Aïcha, qui est arrivée de Lybie cachée dans un container. Elle est la seule survivante de la « cargaison ». Et de très très peu. Elle aussi va être récupérée à son arrivée sur le territoire français par un petit malfrat qui veut construire son business… Elle a 13 ans, et c’est le début de sa descente aux enfers. Finalement, il aurait peut-être mieux fallu succomber au voyage.

Et enfin, il y a Eric de la Boissière. Sa fille Elodie est en train de se mourir faute d’une greffe d’organe. Elodie a besoin expressément d’un rein, et elle n’a plus beaucoup de temps. Mais il n’y a pas d’organe disponible pour elle pour le moment. Alors son père est prêt à tout pour sauver sa fille unique…

Dis comme ça, c’est une horreur, bien sûr. Mais vous,  jusqu’où seriez-vous prêt à aller pour sauver vos enfants, ou vos proches?

Voilà, le tableau est brossé. C’est un très bon roman, c’est très bien écrit, c’est cash, on va droit dans le sujet. A vif.

Les hôpitaux font face à une pénurie d’organes pour les transplantations. Et les dons d’organes sont peanuts en comparaison de la demande. Situation qui provoque l’explosion des trafics. Les réseaux internationaux de trafic d’organes fourniraient jusqu’à 10 000 des 100 000 transplantations annuelles réalisées dans le monde. La plupart étant clandestines, ce n’est qu’une « petite » estimation. Les bénéfices générés représenteraient de 600 millions à 1,2 milliards de dollars par an…

D’autre part, il apparaît qu’environ 60 000 enfants disparaissent chaque année dans le monde. Une partie de ces enfants sont enlevés et contraints à la mendicité par des groupes mafieux. Ils sont souvent affamés et maltraités pour être émaciés et faire le plus possible pitié afin de susciter les dons. Les handicapés rapportant plus, les mafias n’hésitent pas à défigurer ou amputer une partie de leur cheptel…

 ISBN 978.2.75788831.5. 360 pages. 7,90€. Editions Points, collection Policier.


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