2022/06: Après les mots, Manuel FAGNY

apres les mots

A trente-quatre ans, Edouard Mérin est un célibataire sans emploi, parfois solitaire, souvent perdu. Orphelin de mère, il éprouve de la rancoeur pour son père qu’il juge taciturne et distant. En attendant que sa vie prenne enfin un sens, Edouard s’étourdit comme il peut: avec de multiples conquêtes, qui réjouissent le corps mais pas forcément le coeur, et de l’alcool, qui dégourdi l’âme sans noyer les tourments. Cette séduisante brune rencontrée un soir de fête ne va pas le sortir de son égarement, au contraire. Avec elle, il s’enfonce davantage.

Jusqu’au jour où un évènement dramatique et intime va tout bouleverser. Les fenêtres s’ouvrent, mais ce courant d’air ne risque-t-il pas de la renverser pour de bon?

Service presse

Ce court roman fait partie des services presse dont j’aurais dû vous parler depuis belle lurette… Je crois que l’éditeur ne fera plus jamais confiance… (et c’est tout à fait logique).

Bref.

Souvent, un premier roman, ce n’est pas facile à aborder. Mais celui-ci est une réussite.

Edouard est un type paumé, qui fait beaucoup la fête, boit tout autant. Edouard est un queutard, le pote sur qui tu ne peux pas compter. Il est en rupture avec son père, mais garde cependant le lien avec la compagne de celui-ci. Le décès de sa mère a creusé le fosse entre eux deux, le père étant taiseux et effacé. Le lien entre eux est ténu, mais il tient.

Il y a aussi Céline, la meilleure copine, qui est toujours là, même si l’inverse n’est pas forcément vrai. Mais c’est une amitié forte, ils savent tout l’un de l’autre. Et il y a aussi Pat, le pote avec qui il bourlingue.

Et un jour, arrive Romane. Enfin, un soir plutôt. Edouard le noceur va laisser la place à Edouard le passionné. Romane ne fait pas de promesse, elle prend cette relation comme elle vient, ne change rien à ses habitudes. Lui y croit à mort. Ca y est, il a trouvé son Elue… Il se remet en question, envisage monts et merveilles. Entrevoit enfin un avenir à deux.

Alors, quand Romane le quitte, il sombre. Littéralement.

Et puis survient le drame…

Voici un roman que me parle beaucoup, intimement. La relation entre Edouard et son père me rappelle très fortement la mienne avec mon propre père. Et je pense que les questionnements d’Edouard parleront à beaucoup d’entre vous, aussi bien du point de vue amoureux que familial. Il est question de moments clés de nos vies, ces moments où tout paraît dérisoire ou, au contraire, tout prend une importance démesurée. Des moments qui vont bouleverser nos existences, des questions existentielles, des remises en questions nécessaires, parfois salvatrices. Des blessures profondes qu’il faut panser, aussi difficile cela soit-il. Parce que la résilience n’est pas toujours une évidence.

Et si j’avais dit ceci. Et si j’avais osé lui parler franchement. Et si je m’étais imposée près de lui, si je lui avais forcé la main? Pas attendu son avis? Qu’y a-t-il après les mots? Dans mon cas, des actes manqués et des regrets éternels, et la place énorme de l’absence.

Essai transformé donc pour ce premier roman, abouti et réussi. D’une grande sensibilité et d’une grande justesse. Je suis vraiment ravie que les Editions Academia m’aient proposé cette lecture. Un grand merci à eux et à l’auteur.

 ISBN 978-2-8061-0586-8. 144 pages. 14€ en broché. Editions Academia.


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