2019/37: Fantazmë, Niko TACKIAN

  • Editions Le livre de poche
  • ISBN: 978-2-253-23753.2
  • 288 pages, 7,70 €
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Janvier 2017, Paris, XVIIIe arrondissement. Le corps d’un homme atrocement mutilé est retrouvé dans une cave. Le commandant Tomar Khan pense d’abord à un règlement de comptes. Le genre d’affaire qui reste en suspens pendant des années, se dit-il. Mais voilà, l’ADN relevé sur les lieux a déjà été découvert sur le corps d’un dealer, battu à mort dans une cave lui aussi. Et bientôt une rumeur court dans les quartiers chauds de Paris, celle d’un tueur insaisissable, un Fantazmë, un « spectre » en albanais, qui s’en prend à la pègre.

Avec cette enquête troublante, Tomar Khan plonge dans des zones d’ombre où s’affronteront inévitablement son devoir de policier et ses sentiments d’être humain.

Assan revend des cigarettes de contrebande pour un Algérien qui s’en met plein les poches. Il vient d’entrer dans le métro et attend sa rame. Il remarque alors une silhouette proche de lui, au visage parfaitement camouflé. Les sens d’Assan sont immédiatement en alerte et il tente de s’échapper du métro. Mais l’inconnu est trop rapide…

Tomar Khan et son équipe sont appelés sur une scène de crime, dans les sous-sols d’un immeuble. Un genre de no man’s land consciencieusement évité par les habitants, dans une cave duquel a été retrouvé un corps méconnaissable…

Voici un thriller efficace! C’est très noir. C’est glauque et sordide. L’atmosphère est oppressante. Le rythme est soutenu, on ressent parfaitement les nerfs qui se nouent, la peur, l’angoisse. On voudrait fuir cette angoisse qui nous fait suffoquer. Pousser les murs, les parois du crâne de Tomar, partir vite.

J’ai beaucoup aimé, le récit est prenant, l’intrigue captivante et les personnages attachants. Niko Tackian nous traine dans les bas-fonds parisiens. Et il ne va rien nous épargner… Oui, c’est très violent, mais c’est très bien écrit.

C’est aussi un constat cash et sans concession de notre société. Il aborde beaucoup de choses dans ce roman, de nombreux traumas: les attentats de 13 novembre 2015, les trafics en tous genres, l’esclavagisme moderne, les migrants et les problèmes posés par leur accueil. Il parle du peuple kurde et des atrocités vécues. Il parle de combat pour la dignité et pour la liberté. Il parle de personnes qui ont tout perdu, qui ont vécu l’horreur, qui sont traumatisées, qui n’ont plus grand chose à attendre de l’Autre.

Il parle de vice, de cruauté, d’une violence inouïe. Il parle aussi de maltraitance, de violence conjugale, d’addiction, de résilience. D’une très difficile résilience.

Mais il évoque également une main tendue, une humanité défaillante mais pas irrécupérable, l’espoir. Un combat inégal, un idéal auquel se raccrocher, la possibilité d’une lueur crevant les ténèbres. La possibilité d’un mieux. 


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