2019/25: Le confort de l’autruche, Martine MAGNIN

 

A paraître le 3 Juin 2019

 

« Tu sais, Jenny, derrière ces murs, on enferme les petites filles qui parlent trop. »

Petite fille docile et sensible, Jenny passe les sept premières années de sa vie dans le mensonge et la douleur. Elle survit, et raconte avec courage et détermination la maltraitance sexuelle et le déni familial. Le ton, sobre et pudique, est celui d’une violence rentrée et maîtrisée sous forme d’interrogations quant au rôle d’une mère.

Plutôt que de se concentrer sur les agissements du prédateur et d’accuser, « Le confort de l’autruche » dénonce avant tout le comportement des proches, mère et grand-mère, engluées dans leurs mensonges, leur passivité et leur confort organisé. Toute la particularité de ce texte se situe dans l’évocation d’une tacite malfaisance familiale et affective.

Si tu me lis régulièrement, tu sais déjà qu’à force d’enchaîner ses livres, tous différents mais tous empreints de sa très fine sensibilité, Martine Magnin est devenue une copine.

Aussi m’a-t-elle confiée son dernier ouvrage qui paraîtra lundi prochain.

Et vois-tu, tu vas très étonné, il s’agit encore une fois d’un très beau récit, un roman témoignage, un roman dur et fort, un roman coup de poing.

Jenny est une petite fille comme toutes les autres, qui vit ses premières années dans la joie et l’allégresse des années d’après-guerre, dans un Montmartre encore rustique, joyeux et insouciant. Elle y occupe un petit appartement, très chiche, avec sa mère et sa grand-mère.

Mais voilà, le bonheur ne va pas durer. Sa mère rencontre M, l’homme de sa vie… Le cauchemar de Jenny. Et la vie bascule.

La mère de Jenny préfère ne rien voir, ne rien savoir. Elle a trouvé un homme qui l’entretient, un statut. Alors, elle ne sait pas et détourne les yeux des évidences. Il est plus facile de ne pas savoir que de devoir renoncer à sa nouvelle vie et à sa nouvelle aisance.

Alors, le petit appartement familial devient une zone de non-droit, sur lequel M règne en toute impunité. M exige respect, soumission et obéissance absolue. La mère apparaît d’une cruauté incroyable, moralisatrice et culpabilisante, tout aussi abjecte que son compagnon. Et, Jenny grandit la peur au ventre, dans l’indifférence générale. Elle survit: elle se plie aux exigences de son bourreau, elle se fait transparente, muette, elle se dissocie.

Même la grand-mère ne lui tend pas la main. Mère et fille sont mutiques. Jenny va devoir s’adapter, plier, survivre seule. Jusqu’à ce que quelqu’un ait enfin une réaction. Alors que la petite fille prend de plein fouet « l’effet judiciaire », c’est, contre toute attente, son père qui viendra à son secours.

Un récit percutant et pudique qui pose des sujets difficiles s’il en est, de l’inceste et de la maltraitance, de la trahison, le poids de la famille et le pouvoir des adultes, de la responsabilité de ceux qui préfèrent « faire l’autruche ».

 


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