2018/81: La Grosse ou les tribulations d’une factrice, Raphaële LACROIX

Agnès, jeune factrice à Auxerre, s’ennuie. Abandonnée enfant par un père énigmatique, mal aimée par sa mère qui ne s’est jamais remise de cette séparation, elle n’est pas bien dans sa peau. Un matin, par pure curiosité, elle subtilise une lettre qui l’intrigue… Que s’est-il passé dans sa tête ce jour-là, et qu’est-ce qui la pousse à continuer, semaine après semaine, à s’immiscer dans l’intimité d’une aventure épistolaire aussi intrigante qu’improbable?

A travers cette correspondance volée, Agnès va peu à peu s’ouvrir au monde et découvrir un lourd secret: le sien. Elle en sortira transformée. A la fois touchant, drôle, cruel, tendre et émouvant, le récit d’Agnès nous laisse appréhender les conséquences du manque d’amour et de confiance en soi.

Elle part de loin, Agnès!

Agnès est grosse, pas jolie, et pas du tout à son avantage. Elle se laisse aller, ne prend aucun soin d’elle-même et n’a absolument aucune confiance en elle. Elle est submergée par l’ennui de son quotidien et par sa solitude.

Elle vit dans un mal-être évident et permanent. Le père les a abandonnées, sa mère et elle. Et la mère, elle, ne lui a jamais donné d’affection que le minimum syndical, c’est-à-dire que dalle. Et elle a élevé sa fille dans la haine des hommes et la méfiance absolue de l’amour et des relations affectives en général. L’échec de la relation de ses parents rejaillit de façon directe sur Agnès, comme un uppercut.

Agnès est factrice. Et Agnès est gentille. Aussi est-elle un rayon de soleil quotidien pour un certain nombre de personnes à qui elle distribue le courrier et dont, de fait, elle connaît par cœur la vie et les habitudes. Mais un jour, Agnès s’apprête à distribuer son courrier comme chaque jour quand une enveloppe retient son attention.

Et c’est le début de la fin!

Voici un roman frais, drôle, limpide. Le constat sur Agnès, sur sa fragilité, sur sa dépendance aux beaux sentiments, est à la fois tendre, doux-amer, empathique. C’est à la fois futile, subtil et profond. Agnès, on a envie de la prendre dans ses bras, de la protéger. Agnès est imprévisible, têtue, tenace. Quand elle a une idée en tête… Mais Agnès est aussi fragile, émotive, en manque d’amour et de reconnaissance.

L’absence et le manque de l’autre creuse tout d’abord le désir, puis le désir non comblé se teinte de frustration, pour finir par ne porter que la couleur du ressentiment. Lorsqu’il se mue enfin en rejet, c’est qu’on a atteint l’ultime stade de protection face à ce vide qui nous a rongés.

Bref, j’ai passé un bon moment. J’ai beaucoup souri et ri aussi. Agnès, elle décoiffe! Merci aux Editions L’Astre Bleu de cette découverte.


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