Pour aller plus loin: La sociophobie

Suite à la lecture de Ashley Loyd , de Matthieu ELHACOUMO

 

La sociophobie, aussi appelée « phobie sociale » ou « anxiété sociale », fait partie des troubles anxieux, comme l’état de stress post-traumatique ou les TOC. C’est une peur massive, excessive et durable du rapport à l’autre.

2 à 4% de la population serait atteinte de phobie sociale. Elle toucherait davantage les femmes que les hommes et débuterait à l’adolescence.

Histoire

Hippocrate avait déjà décrit la timidité aux alentours de 400 av. J.C.. L’expression « phobie des situations sociales » apparaît au cours des années 1900. Dans les années 1930, des psychologues ont utilisé le terme de « névrose sociale » pour décrire des patients extrêmement timides.

L’idée que la phobie sociale est une entité à part des autres est due au psychiatre britannique Isaac Marks, durant les années 1960. Cette idée a été officiellement incluse dans la troisième édition du « Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux » (1980).

Symptômes

  • Aspects cognitifs

La sociophobie se caractérise par une peur intense des situations dans lesquelles la personne phobique est confrontée aux regards des autres. Cette peur devient rapidement une angoisse profonde lorsqu’elle est amenée à prendre la parole en public ou lorsqu’elle est observée par des gens ne faisant pas partie de son entourage.

Le fait d’être exposée au regard et au jugement des autres crée, pour la personne souffrant de phobie sociale, une anxiété importante, voire même handicapante, nourrie par la crainte d’agir de façon humiliante ou embarrassante. Elle s’isole donc peu à peu afin d’éviter ces situations qui provoquent chez elle un malaise important.

La personne est tendue, soucieuse, stressée, incapable de se raisonner ou de relativiser. Elle anticipe les situations qu’elle redoute bien à l’avance, et lorsqu’elle s’y confronte, peut être prise de crises de paniques plus ou moins paralysantes.

La phobie sociale pourrait s’apparenter à une timidité extrême et pathologique ayant un impact important sur la vie sociale, familiale et professionnelle des personnes qui en sont atteintes. Ces personnes ont très souvent une faible estime d’elles-mêmes.

Les phobiques sociaux prêtent une grande attention aux comportements des autres et les interprètent toujours négativement. Ils ont l’impression que les autres les rejettent et les critiquent.

Ils ont en général peur de prendre la parole en public, de rougir en public, de manger ou boire en public, de participer à des réunions, d’être chahuté, de devoir téléphoner à des personnes non-familières, peur de situations de performances (examens, tests, …).

L’anxiété importante générée par une situation redoutée évolue souvent en attaque de panique avec des symptômes physiques tels qu’une augmentation du rythme cardiaque, une sensation d’étouffement, des tremblements, des rougissements, …

  • Aspects comportementaux et émotionnels

Attaque de panique, tachycardie, hyperventilation, oppression thoracique, difficultés respiratoires, douleurs abdominales, nausées, tremblements, bégaiement, larmes.

Ces symptômes sont le plus possible évités bien sûr, et le phobique tend à s’isoler progressivement de la société.

On perle de comportements évitants mineurs lorsqu’un individu tente d’éviter tout contact visuel ou qu’il croise les bras pour éviter d’exposer un tremblement.

Diagnostic

Il faut s’assurer que la personne présente une peur persistante des situations dans lesquelles elle est exposée au regard des autres. La personne souffrant de sociophobie est terrifiée à l’idée de dire ou de faire quelque chose qui pourrait amener les autres à avoir un jugement négatif à son encontre. Cette peur va rapidement devenir une angoisse permanente qui amènera la personne à éviter ces situations par des conduites d’évitement.

La personne craint d’agir de façon embarrassante ou humiliante. Attaque de panique, détresse intense, sentiment de souffrance important.

Comorbidités

La phobie sociale est souvent associée à d’autres pathologies psychiatriques.

La dépression est fréquemment associée. Ceci pourrait être causé par un manque de relations personnelles et aux longues périodes d’isolement dues à l’évitement des situations sociales.

Pour diminuer leur anxiété et en limiter les effets, les patients compensent parfois en consommant de l’alcool ou des drogues et créent ainsi une dépendance. Ces dépendances, si elles peuvent sembler aider au départ, entraînent de nouvelles difficultés.

Des troubles anxieux peuvent aussi être associés, comme le trouble anxieux généralisé ou le trouble de la personnalité évitante.

D’autres troubles peuvent entraîner des difficultés relationnelles notamment à cause de déficits de théorie de l’esprit. Le handicap est plus important chez les patients qui ont un désir d’avoir des relations sociales mais qui sont conscients de leurs difficultés relationnelles.

La phobie sociale serait souvent associée au trouble bipolaire ou au TDAH (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité). Certains chercheurs ont émis l’hypothèse d’une sensibilité cyclothymique-anxieuse. Certaines études montrent que les patients traités avec des antidépresseurs développaient plus fréquemment une hypomanie que les non phobiques.

Causes de la phobie sociale

Comme dans la plupart des troubles psychiques, la sociophobie n’est pas la conséquence d’une cause unique, mais résulte d’une association de facteurs. Les uns liés à la personnalité et au tempérament, les autres aux expériences et évènements de la vie.

D’une façon générale, les causes physiologiques de la sociophobie peuvent être les mêmes que pour les autres troubles anxieux. Une proportion importante de cas peut être due à la prise de médicaments ou substances ayant des propriétés de stimulant psychique, ou à l’arrêt de substances à effets sédatifs.

  • Dopamine

Des études se sont intéressées à la perturbation des neuromédiateurs; elles relèvent un hyperfonctionnement du système noradrénergique et une hypoactivité du système dopaminergique.

La sociabilité est fortement liée au système lié à la dopamine. Or chez le phobique, l’affinité des récepteurs D2 dans le striatum est plus basse que chez le sujet sain. Il existe une anomalie de la densité du transporteur de la dopamine dans le striatum de ces patients.

  • Sérotonine

Il existe une augmentation de la libération de la sérotonine dans l’amygdale, la région des noyaux du raphé, le noyau caudé, le putamen, l’hippocampe et le cortex cingulaire antérieur chez ces patients. Il existe aussi une augmentation du transporteur de la sérotonine dans la région des noyaux du raphé, le noyau caudé, le putamen, le thalamus et le cortex insulaire.

  • Facteurs génétiques et familiaux

Bien qu’aucun gène n’ait été clairement identifié, des études mettent en avant un risque familial. Si l’un des membres de la famille souffre de sociophobie, il y a plus de chances qu’un autre membre de cette famille soit aussi atteint. Avoir un parent atteint augmente le risque, du fait notamment à l’apprentissage des évitements grâce à l’apprentissage par observation et l’éducation parentale.

D’autres études mettent en avant des perturbations hormonales. Les sociophobes testés révèlent un taux hormonal de cortisol perturbé.

  • Attitude éducative peu encourageante.

Comme une famille vivant repliée sur elle-même, n’invitant jamais personne, n’envoyant pas ses enfants en colonie ou en vacances, …

  • Expériences sociales

La sociophobie peut débuter brutalement suite à un évènement traumatisant et/ou humiliant.

La sociophobie pourrait être causée par le fait d’être rejeté ou d’avoir des difficultés d’intégration. Des enfants timides ou évitants ont pointé des expériences négatives avec leurs pairs ou du harcèlement. La popularité pourrait être inversement corrélée avec la phobie sociale.

  • Facteurs sociaux et culturels

L’attitude de la société envers la timidité et les évitements a des conséquences sur les relations interpersonnelles, l’accès à l’emploi, les relations scolaires, la honte.

Des difficultés à développer des compétences sociales pourraient induire une incapacité ou diminution de la confiance à agir avec d’autres ou le moins bon accueil des autres avec moins de réactions positives.

Traitements

La première étape vers la guérison est l’acceptation. Apprendre à s’aimer, à voir ses qualités, apprendre à poser un regard bienveillant sur soi-même pour accepter de s’exposer à celui de l’autre.

  • Psychothérapeutiques

Les TCC (psychothérapies cognitivo-comportementales) ont montré leur efficacité. Le thérapeute expose progressivement la personne aux situations redoutées. Grâce à la relaxation et au travail effectué sur les pensées et émotions ressenties,  le thérapeute va établir une liste d’objectifs à atteindre.

Les thérapies d’affirmation de soi ont pour but d’aider la personne à interagir de façon plus efficace avec les autres. Leur but est d’amener la personne à exprimer et à affirmer ses opinions et sentiments sans anxiété.

La relaxation peut être efficace pour lutter contre l’anxiété; elle aide à obtenir une détente musculaire et une bonne respiration.

L’art-thérapie permet de se connecter avec son inconscient par la création artistique. Cela aide à résoudre des problématiques autrement que par la parole.

L’hypnothérapie: l’inconscient occuperait l’avant-plan, laissant en veilleuse le conscient habituellement hyperactif. Cela permettrait de rendre accessible au sujet des ressources peu exploitées par son cerveau.

  • Médicamenteux

Associés à une psychothérapie, les antidépresseurs sont souvent utilisés. Ainsi que les anxiolytiques.

 

 

Sources

Wikipédia: Article Phobie sociale.  Contenu soumis à la licence CC-BY-SA 3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/deed.fr) Source : Article Phobie sociale de Wikipédia en français (http://fr.wikipedia.org/wiki/Phobie_sociale).

https://www.passeportsante.net/ : Article La phobie sociale: qu’est-ce que l’anxiété sociale?

https://www.psychologies.com/ Article Phobie sociale: vivre dans la peur de l’autre, de Anne-Laure Vaineau

https://www.cerveauetpsycho.fr Article La sociophobie: la timidité extrême, d’Antoine Pelissolo

https://coysecrets.fr/ Article Oubliez tout ce que vous avez jamais appris sur la timidité: définition de la timidité, d’Eric

https://coysecrets.fr/ Article La vérité douloureuse et étonnante sur la phobie sociale, d’Eric

https://coysecrets.fr/ Article Ce que vous devez absolument savoir sur la timidité maladive, d’Eric

 


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