2018/71: Les Yeux, Slimane-Baptiste BERHOUN

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Tout en haut du Plateau, le vent pouvait rendre fou. On avait choisi d’y construire un asile. L’Orme : une grande bâtisse lugubre, battue par les vents et la neige. Même les bombardements de 44 n’avaient pu en venir à bout. À croire qu’il échappait à toute influence humaine.
Et des morts étranges, violentes, il y en avait toujours eu et il y en aurait encore, là-haut. D’ordinaire, personne ne venait s’en mêler. Ni la gendarmerie du Village, ni les réducteurs de tête de Paris. Si on avait écouté les fous enfermés derrière les murs de l’Orme, on y aurait peut-être vu l’oeuvre d’un monstre. Mais les fous, ça ne s’écoute pas, ça se traite. Ce que le psycho-chirurgien à la tête des affaires médicales de l’établissement sait faire d’une main de fer. À l’abri des regards. À condition de parvenir à se débarrasser définitivement de cette trop curieuse disciple de Lacan venue fouiner dans les dossiers de ses malades.

1952, hôpital psychiatrique de l’Orme. Le corps atrocement mutilé du P’tit Etienne vient d’être retrouvé dans la cour de l’établissement. Etienne, 10 ans, souffrant d’hallucinations paranoïaques et de délire de persécution. Enfermé aux Ormes malgré son jeune âge, et au même régime que les autres pensionnaires. Car comme le dit Valmont, psycho-chirurgien en charge des patients des Ormes : « Un malade, ça n’a pas d’âge. Ca a une maladie. » Les gendarmes du cru, menés par le commandant Durieux, se contentent de l’explication de Valmont et du directeur Vidal, à savoir une surdose médicamenteuse (du fait du patient).

C’est sur ces évènements tragiques qu’arrive une jeune étudiante, disciple du Professeur Lacan, envoyée par le maître en lieu et place de sa personne. Lucie Klein vient étudier le cas d’une des pensionnaires des Ormes, Marguerite Linard. Mais Lucie sait-elle où elle vient de mettre les pieds?

Voici un thriller ésotérique prenant et efficace, non dénué d’humour. Une belle brochette de portraits. Les personnages et leurs pathologies sont pour certains truculents. Le suspens et l’angoisse s’installent petit à petit, montant crescendo, goutte à goutte, pour éclater sur le dernier tiers du roman. Beaucoup de rebondissements et un final dont je ne m’étais pas doutée.

En toile de fond, le monde psychiatrique du début du XXè siècle, avec ses convictions éculées, sa barbarie. Un univers sombre et glauque, les traitements inhumains et sadiques des maladies mentales et psychiques, les punitions. La vie en autarcie, puisque c’était la norme pour ce type de grands établissements à l’époque.

 

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