2018/24: Demonica, Hervé GAGNON

demonica

Le Mal est partout. En 1563, une poignée de protestants fuient la guerre de religion qui embrase la France et se réfugient secrètement au Canada. sur le site abandonné du village iroquois d’Hochelaga, ils fondent Havre-Grâce, où ils aspirent à vivre en paix. Mais le nouveau Monde se révèle inhospitalier pour ce groupe d’idéalistes mal préparés. Les premières récoltes sont mauvaises et le gibier a déserté les environs. L’hiver est cruel et le froid dévorant. La neige fait de la colonie une prison. La faim s’y installe et emporte les plus faibles. Petit à petit, le Mal s’insinue dans Havre-Grâce. Une fillette semble être possédée, des envies de cannibalisme animent certains colons et une créature mystérieuse rôde aux alentours. Homme, bête ou démon? Nul ne peut le dire. Le jeune Guichard tente de le découvrir.

La 4ème de couv. résume parfaitement le contexte de ce récit. Ces gens fuient l’horreur des tueries qui sévissent en France. Quand ils arrivent au village d’Hochelaga, c’est pour eux comme une providence. Ils imaginent que les indigènes qui vivaient ici autrefois ont dû être décimés lors des précédentes invasions coloniales. Alors ils prennent possession du village. Mais les conditions de vie sont différentes là de ce qu’ils ont connu en France. En effet, les quelques cultures semées ne donnent pas. Ils ne trouvent pas de gibier autour du village, et l’hiver est sans aucune commune mesure avec l’hiver français… Très vite, le froid et la famine vont s’installer. Et les premiers décès arriver. Ils devront user de toute leur volonté et du peu d’énergie qui leur reste pour s’organiser et survivre. Seulement il y a une chose qu’ils ne savent pas encore: cette soif de survie désespérée n’est que le début de leur cauchemar.

J’ai aimé l’écriture d’Hervé Gagnon. Le récit est parfaitement mené et circonstancié. C’est prenant, impossible de le lâcher sans savoir… La description de la fuite de ces quelques personnes, leur intense soulagement quand ils s’installent à Havre-Grâce, leur confiance absolue d’avoir gagné un avenir meilleur. Puis la réalité qui les rattrape, la prise de conscience de l’hostilité de leur nouvel environnement, leur survie qui ne tient qu’à un fil, les premiers morts qui entament leur confiance et leurs espoirs, les possibilités envisagées pour leur survie qui va diviser la colonie, et puis cette enfant dont on ne sait pas quel mal l’habite…

Une tension palpable, une communauté qui s’écroule, un récit très efficace et addictif.

 

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