2018/01: La Serpe, Philippe JAENADA

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Un matin d’octobre 1941, dans un château sinistre au fin fond du Périgord, Henri Girard appelle au secours: dans la nuit, son père, sa tante et la bonne ont été massacrés à coups de serpe. Il est le seul survivant. Toutes les portes étaient fermées, aucune effraction n’est constatée. Dépensier, arrogant, violent, le jeune homme est l’unique héritier des victimes. Deux jours plus tôt, il a emprunté l’arme du crime aux voisins. Pourtant, au terme d’un procès retentissant (et trouble par certains aspects), il est acquitté et l’enquête abandonnée. Alors que l’opinion publique reste convaincue de sa culpabilité, Henri s’exile au Venezuela. Il rentre en France en 1950 avec le manuscrit du « Salaire de la peur », écrit sous le pseudonyme de Georges Arnaud.

Jamais le mystère du triple assassinat du château d’Escoire ne sera élucidé, laissant planer autour d’Henri Girard, jusqu’à la fin de sa vie (qui fut complexe, bouillonnante, exemplaire à bien des égards), un halo noir et sulfureux. Jamais, jusqu’à ce qu’un écrivain têtu et minutieux s’en mêle… Un fait divers aussi diabolique, un personnage aussi ambigu qu’Henri Girard ne pouvaient laisser Philippe Jaenada indifférent. Enfilant le costume de l’inspecteur amateur (complètement loufoque, mais plus sagace qu’il n’y paraît), il s’est plongé dans les archives, a reconstitué l’enquête et déniché les indices les plus ténus pour nous livrer ce récit haletant dont l’issue pourrait bien résoudre une énigme vieille de soixante-quinze ans.

Sincèrement, j’ai du mal à comprendre le battage médiatique qui a eu lieu lors de la sortie de ce livre. J’ai longuement hésité à l’acheter: il y a eu pléthore de retours ravis et élogieux. Pourtant, j’ai aussi croisé quelques avis plus tempérés qui m’ont laissée indécise. Je remercie donc mon homme d’avoir tranché pour moi.

Voici donc une enquête criminelle minutieusement documentée et étayée, agrémentée de l’humour de l’auteur qui détend l’atmosphère. 634 pages d’étude appuyée du dossier d’instruction de l’époque, des rapports d’enquête (à charge contre Henri Girard), de démarches et de questionnements divers. Je précise pour une fois le volume de ce livre, car je t’assure que cela a son importance si tu te lances dans cette lecture.

Philippe Jaenada affectionne les digressions. Beaucoup. Trop. Elles sont très nombreuses;  l’auteur agrémente son récit de parenthèses plus ou moins opportunes et à-propos, rarement essentielles ou indispensables, souvent superflues. A mon sens, même si quelques unes sont pertinentes ou m’ont fait sourire, la plupart alourdit le texte. Cette façon de passer sans cesse du coq à l’âne m’a semblé lourd et parfois ennuyeux.

Bien sur, le sujet reste intéressant. La vie d’Henri Girard a été singulière, bien remplie, riche et éloquente. Henri fut un personnage extravagant, excentrique, déraisonnable, étonnant, inénarrable mais incroyablement et irrémédiablement abîmé.

L’enquête menée par Philippe Jaenada a été méticuleuse. Il n’hésite pas à passer du temps (des pages…) à étudier certains détails qui ont pesé lourd dans la balance à l’encontre d’Henri, testant et démontant tour à tour un nombre certain d’hypothèses. (Excessivement?) Le cheminement de sa pensée est très largement détaillé.

Bref, je reste sur une impression mitigée. Je n’encenserai pas ce livre, trop long. Cependant, je dois avouer que le sujet m’a intéressée et que certains passages m’ont donné envie d’en savoir plus sur la Vie et l’œuvre d’Henri Girard.

 

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