2017/97: Petit pays, Gaël FAYE

Avant, Gabriel faisait les quatre cents coups avec ses copains dans leur coin de paradis. Et puis, l’harmonie familiale s’est disloquée en même temps que son « petit pays », le Burundi, ce bout d’Afrique brutalement malmené par l’Histoire. Plus tard, Gabriel fait revivre un monde à jamais perdu. Les battements de cœur et les souffles coupés, les pensées profondes et les rires déployés, le parfum de citronnelle, les termites les jours d’orage, les jacarandas en fleur… L’enfance, son infinie douceur, ses douleurs qui ne nous quittent jamais.

Un très beau récit, très touchant. C’est à la fois empreint de douceur, de violence, de joie, de regrets, d’humour, de drames. C’est prenant, bouleversant. Ca serre le cœur.

Gaby est métis. Son père est un Français installé depuis des années au Burundi. Sa mère est une réfugiée rwandaise, pays limitrophe. Gaby n’est donc ni vraiment Français, ni vraiment Rwandais, ni vraiment Burundais. Sa famille vit dans un quartier résidentiel, au milieu d’autres familles aisées et/ou immigrées. Ils sont des privilégiés. Blancs faisant des affaires en Afrique, employant des locaux pour toutes les tâches ingrates.

Dans cette impasse où il vit et qui constitue son univers, il y a sa bande de copains. Inséparables.

Et puis, les évènements vont se précipiter. Sa mère va s’en aller, la guerre éclate avec ses attentats, ses guet-apens, ses génocides. Le Burundi et le Rwanda sont en sang… Son enfance va se déliter en même temps et au même rythme que l’Histoire qu’il est en train de vivre. Gaby témoigne de la tragédie, de l’absurdité des conflits.

Ce récit en partie autobiographique est déchirant de finesse, de réalité.  L’émotion palpable. Le choc de la guerre civile qui déchire le Burundi, le choc du génocide auquel est confrontée sa famille rwandaise. Une enfance quittée trop brutalement, qu’il devra fuir.

Laissés derrière lui les amis, les jumeaux, Gino, les voisins, les récoltes de mangues, les baignades, les 400 coups, le soleil, la chaleur, les senteurs et les harmonies… Laissés sa mère perdue, les cadavres, les fantômes. Laissées les horreurs.

Un gros coup de cœur.

 

Publicités

2 responses to “2017/97: Petit pays, Gaël FAYE

  • bibliblogueuse

    J’ai adoré ce roman moi aussi, pour cette ode à l’enfance poétique et son ambiance si particulière ; j’espère que l’auteur en écrira un autre prochainement !

  • amaryllis58

    Tout pareil, un gros coup de cœur pour ce roman. Une enfance qui essaie de se poursuivre malgré la guerre, puis le génocide et rien n’est plus pareil. Un roman très doux et en même temps terrible.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :