2017/94: La comtesse rouge, Bénédicte CHAPLART

Ce n’est pas sans humour et légèreté que l’auteur nous raconte son enfance terrifiante dans les années 70. Entre un père violent et incestueux et une mère alcoolique et suicidaire, Bénédicte a dû faire face à un quotidien terrifiant, où l’innocence enfantine n’avait pas sa place. Si des parents aimants cherchent à transmettre à leurs enfants des valeurs positives telles que l’honnêteté et le respect, pour les parents de Bénédicte, le mensonge était une règle et le vol un passe-temps, voire un art. Comment se construire dans un monde sans repère ? Comment bien grandir sans avoir confiance dans les adultes qui doivent nous servir de modèles ? Heureusement, Bénédicte trouva un peu de stabilité auprès de sa grand-mère, la seule personne à lui avoir appris ce qu’est l’amour véritable. Entre espoirs et désillusions d’une enfance malheureuse, ce récit ne tombe jamais dans l’auto-apitoiement et reste malgré tout une ode à la vie.

Une enfance pareille… Comment peut-on à tel point abîmer ses enfants?

Ce récit autobiographique est terrible. Bénédicte a grandi à Reims, où avec son frère aîné Philippe, ils doivent se gérer seuls, puisque leurs parents travaillent de nuit. Bénédicte a alors sept ans. Le père est violent, il a la main leste. Bientôt, il ajoutera l’agression sexuelle aux coups. La mère est alcoolique et cumule les tentatives de suicide, que la petite Bénédicte doit gérer seule. C’est elle, en pleine nuit, qui va à la cabine téléphonique du coin appeler les secours. On lui apprend le mensonge et le vol. Les parents, la mère particulièrement, l’utiliseront tant qu’ils pourront. Heureusement, sa grand-mère maternelle, bien qu’elle se refuse à accabler sa fille, tendra la main à Bénédicte et l’aidera à se construire.

Un récit choquant. En tant que maman, ma fille étant mon moteur, je ne peux pas comprendre qu’on puisse infliger cela à ses enfants. Pourtant, malgré les maltraitances qu’elle a subies, Bénédicte ne s’apitoie pas. Elle livre un témoignage. Elle montre que même si les épreuves semblent vouloir avoir raison de nous, il est toujours possible de s’en sortir, à force de volonté. Elle aime la vie ; l’espoir et la détermination sont les moteurs de son adolescence. Elle n’est jamais triste ; son frère et elle survivent, se soutiennent et apprennent à faire avec les moyens du bord.

Ce témoignage est un exutoire ; Bénédicte est une personne simple, qui souhaite montrer qu’il faut s’accrocher et apprécier toutes les petites choses que la vie nous offre. Parce qu’elle dit que même si la vie peut être vacharde, elle est un cadeau qu’il faut chérir.

Un livre lu d’une traite, impossible de le poser avant d’avoir tourné la dernière page. Un grand merci, Bénédicte, de la confiance que vous m’avez accordée.

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :