2017/75: Réparer les vivants, Maylis DE KERANGAL

Dans l’insouciance de leurs dix-neuf ans,  trois lycéens rentrent au Havre un matin de février après une session de surf au pied des falaises du pays de Caux. Mais quand leur van percute un poteau, Simon, qui roule sans ceinture de sécurité, vient percuter de plein fouet le pare-brise. Il sombre dans un coma sont il ne se réveillera pas. Son cœur, lui, bat encore. Il est attendu à Paris, où il doit sauver la vie de Claire, traductrice en attente de greffe. Du C.H.U. du Havre à l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière, l’aventure d’un cœur et des vies qui palpitent autour de lui.

Un roman dur, très fort. Une vraie claque.

Un sujet difficile, traité avec sensibilité: le deuil et le don d’organes. Le titre de cet ouvrage en est à la fois le résumé, la conclusion, le but à atteindre.

Une écriture percutante. Une construction étonnante, déroutante, un peu incommodant. Le style reflète parfaitement l’urgence. L’urgence de faire un choix, la décision à prendre est si compliquée; l’urgence de l’acheminement et de la transmission. La réimplantation n’attends pas, le temps est compté. On est pris dans un tourbillon qui ne s’achève qu’à la dernière ligne.

Ici, nous suivons le parcours d’un cœur, de l’accident jusqu’à sa transplantation. Pendant tout ce temps, chaque point de vue donnera son sentiment, la famille et les soignants. La priorité des uns n’est pas celle des autres, bien sur. Il faut calmer les angoisses, affronter le chagrin, le deuil. Il faut mener les responsables légaux à prendre la décision qui en sauvera un autre. Il faut réussir à la prendre cette décision, à sauter le pas. Il faut très vite (trop vite) faire ses adieux à l’être aimé et accepter de le laisser partir… Accepter sa fin, admettre qu’il ne pourra pas se réveiller. Parce que là, devant eux, il est encore vivant (grâce aux machines).

Il faut mettre la famille en confiance, expliquer, leur laisser un temps de réflexion et d’acceptation qu’ils n’ont pas. Il faut rendre ce don possible, essentiel.

Un roman dur et marquant.

 

 

 

 


One response to “2017/75: Réparer les vivants, Maylis DE KERANGAL

  • amaryllis58

    Tout à fait d’accord, très dur et marquant. Un très beau roman. Il faut pouvoir écrire avec beaucoup de sensibilité sur un thème difficile et retranscrire ce sentiment d’urgence d’une décision à prendre dans la douleur et la rapidité. Ce roman reste vraiment.

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