2017/52: La meilleure part, Bertrand SAVOYE

« Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part: elle ne lui sera pas enlevée. » Ces paroles de Jésus dans l’Evangile de Luc ont inspiré la trame de ce roman dans lequel Marthe et Marie ne sont pas deux soeurs sous le même toit mais deux femmes vivant à un siècle de distance. Marthe, notre contemporaine, divorcée et désoeuvrée depuis le départ de ses enfants. Marie, une jeune couturière qui travaille dans les années vingt pour la célèbre maison de haute-couture de Madeleine Vionnet. Marthe fait la connaissance de Marie en découvrant son journal intime trouvé par hasard dans une vente aux enchères. Dans son journal, Marie se montre enjouée, légère parfois, habitée par une joie intime. Comme un étonnement d’être, écrit-elle, que tout cela soit, plutôt qu’il n’y ait rien. Au fil des pages, elle communique à Marthe une force de vie qui l’aide à renouer avec le plaisir des sens et la chaleur des sentiments. Le récit, animé par la quête et la transmission de cette mystérieuse « meilleure part », évoque au travers des extraits du journal de Marie les milieux de la haute-couture et de l’art, le travail et la condition sociale des petites mains, les fêtes luxueuses et la recherche spiritualiste de l’entre-deux guerres, l’émancipation des femmes pendant et après la guerre de 1914-1918. Un monde a basculé et, entre deux cataclysmes, il faut tellement vivre.

Merci cher Olivier de Lagausie de cette nouvelle découverte.

Voici un roman tout en simplicité et en douceur. Marthe achète un lot dans une vente aux enchères dans lequel elle va trouver trois cahiers, représentant une partie du journal intime de Marie, petite main dans la haute-couture.

Marie est une jeune femme émancipée, vive, joyeuse, frivole, libre. A l’opposé, Marthe est liée à des chaines intimes dont elle n’arrive pas à se défaire. Ou bien n’en a-t-elle pas vraiment envie. Elle donne parfois l’impression de se complaire dans son quotidien morne. Finalement la lecture de ces cahiers vont donner à Marthe le petit déclic qui va l’aider à s’ébrouer et à renouer avec le plaisir de vivre.

J’ai adoré le personnage de Marie. Cette jeune femme libre de sa vie et ses pensées. Un esprit et un électron libre dans l’immédiat après-guerre, notamment marquée par les gueules cassées qui tentent de survivre comme ils peuvent. Marie donne une image du quotidien des petites mains et des travailleuses désargentées de cette époque, une vision aussi de la société des années vingt, des sujets en vogue dans les salons bourgeois…

A contrario, j’ai eu envie de secouer Marthe. Au début du roman, elle m’a agacée de par son inertie. Heureusement que Marie entre dans sa vie.

Bref, une très agréable découverte.

 

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