2017/17: Abîme, CETRO

David, 14 ans, ne connaît pas l’insouciance de l’adolescence. Sa vie est rythmée par le harcèlement perpétuel dont il est victime, les humiliations et les coups que lui dispensent ses pairs sans compter. Le monde qui l’entoure n’a que mépris pour lui, et c’est dans l’indifférence générale qu’il vit un cauchemar au quotidien. Il ne doit son salut mental qu’à ces moments où, seul, il se retire dans un petit bois abritant un étrange gouffre, sorte de puits naturel apparemment sans fond. Il se déleste là, dans la profondeur et l’obscurité de la terre, de ses chagrins et de ses mauvaises pensées. Mais que recèle vraiment ce gouffre, nommé par les locaux le « chaudron du mal »? Quels effets auront sur lui ces descentes quotidiennes sous la surface?

David est victime quotidiennement de harcèlement de la part d’un groupe d’élèves. On ne parle bien sur pas de quelques brimades, mais bien d’humiliations et de violences, tant verbales que physiques. Seule sa mère s’inquiète de son état. En dehors d’elle, il est seul au monde. Tout le monde se fiche bien de ce qu’il vit et de ce qui peut lui arriver. Pour respirer un peu, David va chaque jour vider sa colère et son désespoir dans un petit coin de forêt, dans le gouffre maudit qui se trouve là. Là, il est seul et est sûr de ne pas être dérangé, tout le monde a peur de cet endroit. Et pour cause… David va apprendre à ses dépends que les légendes locales peuvent parfois avoir un fond de vérité et qu’on ne joue pas impunément avec le démon…

Le harcèlement, scolaire dans ce cas précis, est un vaste sujet. Il va être la base du drame qui va se jouer. Ainsi que la colère, la détresse du personnage principal. Parce qu’il est faible, vulnérable. Parce qu’il a peur de l’ampleur des représailles s’il tente de réagir face à ses bourreaux. Alors lui aussi finit par n’éprouver que honte et mépris vis-à-vis de lui-même. Le seul lien qui le lie encore à la vie est sa mère qui se débat comme elle peut pour lui venir en aide. Sa mère et ce gouffre qui l’attire irrépressiblement et qui semble le décharger de ses fardeaux.

Une ambiance très noire et très lourde, donc, parfaitement retranscrite. Cetro nous emmène en plein cœur du cauchemar de David. Un sujet délicat et complexe. Mais un récit impitoyable, pétrifiant, obscur, déchirant (sans pour autant devenir sordide)… funeste. Lu en quelques heures, j’en ai beaucoup aimé l’écriture.

Une agréable découverte.

 

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