2016/65: L’enlèvement, Claudine HOURIET

524blog

Un enlèvement extraordinaire. Celui d’une fillette de douze ans dont la mère refuse la mort accidentelle. Malgré la pression des siens qui tentent de lui faire accepter la douloureuse réalité, dans un déni total,  elle arrache littéralement l’enfant au trépas et s’enfuit à travers le monde avec celle qui n’a de réalité tangible que pour elle.  Pour tous ceux qu’elle côtoie, Marielle n’existe pas. Le périple qui aurait dû être idyllique tourne au cauchemar, à l’affrontement, l’enfant grandie finissant par se rebeller et refuse la pseudo-existence qui lui est imposée. C’est à Cordoue que se déroulera l’ultime étape de cette équipée tragique.

Je remercie les Editions Luce Wilquin et Babelio de l’envoi de ce roman.

Marielle décède accidentellement lors d’une sortie scolaire. Le choc de sa disparition passée, le père tente tant bien que mal de rebondir et de se reconstruire. Mais la mère, elle, est submergée par la douleur et nous entraine avec elle dans son déni. Sa dépression nous aspire. Pour survivre, elle décide d’arracher sa fille à la mort. Elle va la faire revenir auprès d’elle et continuer son existence comme si elle était là. Ne supportant plus le renoncement de son époux, dans son obsession à garder sa fille près d’elle, elle va embarquer Marielle dans un long périple qui ne se passera pas vraiment comme prévu.

Le récit est raconté tour à tour par Clara, la mère, Fabien, le père, et Marielle, leur fille. Chacun va expliquer sa situation vis à vis de l’autre, exprimer ses sentiments et ressentiments, ses convictions, infirmer ou resserrer ses liens, en créer de nouveaux. Pour tous, Marielle est décédée. Sauf pour Clara. Clara continue à vivre avec sa fille: elle interagit avec elle, lui parle, la conseille. Une réflexion sur la difficulté du deuil, le déni et la perception d’une « après-vie ». Une écriture fluide et un récit plutôt bien mené.

Pourtant, je reste sur une impression mitigée. Je ne suis pas parvenue à m’attacher aux personnages. A aucun d’entre eux. Marielle qui au long du récit se révolte et crie sa colère et sa détresse, qu’on devrait se prendre en pleine face, ne m’a pas du tout percutée. D’ailleurs, un fantôme, ça vieillit? Pas dans ma mythologie personnelle. Je suis peut être trop pragmatique. Il y a une chose qui m’a vraiment gênée: les trois personnages parlent de la même façon. Que les deux adultes aient un mode d’expression proche, d’accord. Mais une fillette de 12 ans, qui devient une ado révoltée qui plus est, ne s’exprime pas de façon aussi poétique et imagée que sa mère. Elle ne va pas employer les mêmes mots. Cet aspect là de la construction du récit m’a vraiment chiffonnée. Pour autant je ne saurais dire si j’ai aimé ou pas; je suis entre les deux.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :